‹ Commentaire sur les Éléments du droit international, et sur l'Histoire des progrès du droit des gens de Henry Wheaton. Précéde d'une notice sur la carrière diplomatique de M. Wheaton (volume 4)Chapitre 66 sur 138 · LES NATIONALITÉS · texte numérisé non relu

LES NATIONALITÉS

[Part. I,

« Je n'ai pu oublier que de grandes affinités de race , de langage et de mœurs rendent vos rapports avec la France de plus en plus intimes et naturels. » 1 Aspiration» L'Allemagne n'a jamais cessé de nourrir l'espoir d'avoir un

allemande» ° " r

à uu gouver- gouvernement basé sur une commune nationalité.

nement base

surunecom- Quoique le roi de Prusse n'eût consenti en 1860 qu'avec

mune nationalité, une extrême répugnance à reconnaître Victor Emmanuel

Déclara- comme roi d'Italie , son ministre des Affaires Étrangères , tout

tion dn mi- ... , ^ .

nistredesAf- en s élevant dans sa note du 13 Octobre de cette année, contre '"ères de'u la conduite du Piémont à l'égard des autres États italiens, dé- Pr 8 uj 8 et eV* clarait qu'il reconnaissait « la haute valeur de l'idée nationale, qu'elle était le mobile essentiel et hautement avoué de la politique prussienne qui, en Allemagne, aura toujours pour but le développement et la réunion dans une organisation plus efficace et plus puissante des forces nationales. » 2

La Chambre des Députés déclara avant sa dissolution en Deia 1863, « qu'une alliance plus intime des États allemands, que Députés de celle qu'offre le lien international de la Confédération , peut russe ' seule répondre aux intérêts moraux, politiques et économiques du peuple allemand, et ne saurait être ajournée plus longtemps, en présence des incertitudes de la situation politique de l'Europe, sans mettre en danger, par la tension extraordinaire des forces de la Prusse, l'indépendance et l'existence de la patrie prussienne, comme de la patrie allemande.» 3

Malgré les dissidences qui existaient pendant toute la durée LAutriche de la Confédération germanique dans les vues de l'Autriche d aciord^suî et de la Prusse sur presque toutes les questions politiques ordTschiTs- dinaires, et malgré la rivalité de ces deux puissances, la pre- *&n. 01 " mière, quoique composée de nombreuses nationalités, ne tenait pas moins, en sa qualité d'État germanique, que la seconde à une commune Allemagne. C'est le principe avoué de leur accord sur tout ce qui avait rapport à l'autonomie du Schleswig-Holstein, jusqu'à l'absorption des duchés par la Prusse seule, lors de la guerre de 1866. Comment expliquer autrement la poli-

1 Mabtens, Nouveau recueil général, tom. XVI, part. II, p. 541.

2 Baron Schleimtz au comte Brassier St. Simon, Annuaire des Deux Mondes, 1860, p. 786.

3 Le Nord, 3 Mars 1862.

Chap. II.] LES NATIONALITÉS. 159

tique suivie par l'Autriche dans cette affaire des duchés , politique qui ne semblait viser qu'à l'agrandissement de la Prusse?

Quelque malheureuse qu'ait été l'issue de la guerre récente unification pour la prépondérance de l'Autriche et pour son existence issue de u comme État germanique, elle n'en a pas moins, par le fait '"îffi. " des victoires de la Prusse, rapproché l'Allemagne de cette unification à laquelle les populations n'ont cessé d'aspirer.

La diversité d'origine a été considérée comme offrant un Diversité obstacle à la réunion en un empire chrétien, capable de main- d s taciè a à , i a J tenir son indépendance , tout aussi bien contre la Russie que 'chrétiens! 8 contre les puissances occidentales, des populations grecques SSmh iifîïi et roumaines avec celles de la Servie et des autres provinces lur, i u,e d'origine slave, aujourd'hui sous la suzeraineté de la Porte ou soumises directement à son gouvernement. On a invoqué en même temps le principe de nationalité pour effectuer l'union des peuples limitrophes de race commune en Turquie et en Autriche.

Quoique des siècles se soient écoulés depuis que la Suède et Royaumes

• Scandinaves.

le Danemarck ont cessé de tenir à l'Union de Calmar, de 1397, la fusion des trois royaumes Scandinaves en un seul serait un fait auquel peut aboutir le démembrement de la monarchie danoise. Ne serait-ce pas aussi de l'union des pays de la péninsule ibérienne sous le sceptre de la maison de Bragance qu'il faudrait attendre le rétablissement de l'ancienne gloire de l'Espagne? L'expédition française au Mexique nous a offert E^jdjtion l'exemple de l'appel le plus direct qui ait été fait à l'affinité Mexique:"

. appeldirectà

des races. Cette expédition, ainsi que nous aurons occasion l'affinité de» de le dire, lorsque nous viendrons à parler de son dénouement déplorable, était envisagée ostensiblement par l'empereur Napoléon, comme devant rendre à la race latine, sur le continent américain, la force et le prestige qu'elle possédait autrefois. 1

Ce sont des différences essentielles de mœurs , de langue et Le royaume

dt-s Pays-

de religion qui ont rendu impossible l'union des races qui corn- Bas, tel qu ii posaient le royaume des Pays-Bas, tel qu'il avait été constitué par le Coupai le Congrès de Vienne. Vienne. Les États-Unis, dans leur récente lutte ont semblé perdre de

1 Lettre an Général Forey, 3 Juillet 1862. Moniteur, 15 Janvier 1863.

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