REFUS DE RECONNAITRE
[Part. I,
du Nord ne doit pas être considérée comme une révolution, selon l'acception ordinaire de ce mot , et encore moins comme un acte de rébellion ou d'insurrection, mais bien comme le terme d'une confédération qui pendant une longue période avait violé les conditions du pacte fédéral.
«Je prends la liberté de dire, en premier lieu, que le gouniqulïé pré- vernement de Sa Majesté n'a jamais prétendu porter un jugepoîSî ïo ju- ment sur cette question de droit de séparation, tout aussi peu iVdîoit ïe <l UQ sur 1* conduite antérieure des États-Unis. L'interpréta- •éparation. t j on ^ j a cous titution des États-Unis, et la nature des actes du Président et du Congrès des États-Unis, sous cette constitution, doivent être laissées, selon le gouvernement de Sa Majesté , au jugement des États et du peuple de l'Amérique du Nord , qui ont hérité de cette constitution , et qui l'ont maintenue jusqu'à une époque récente. Le gouvernement de Sa Majesté se refuse, eu tous points, à prendre sur lui la responsabilité de se constituer juge dans une pareille controverse.
«Vous maintenez que la Confédération a une population de douze millions; qu'elle s'est montrée capable, pendant dixhuit mois, de se défendre avec succès contre tout effort fait pour la soumettre ou la détruire; que d'après le jugement éclairé de toute l'Europe, la séparation est définitive, et que l'ancienne Union fédérale ne peut, en aucun cas , être rétablie.
«D'un autre côté, le Secrétaire d'État des États-Unis a affirmé, dans un dépêche officielle, qu'une grande partie de la population, auparavant mécontente, est rentrée dans l'Union, et fait preuve aujourd'hui de sa loyauté et de son attachement sincère pour l'Union; que la population blanche, aujourd'hui en état d'insurrection , n'atteint pas le chiffre de cinq millions , et que la Confédération du Sud ne puise sa principale force que dans l'espoir de recevoir aide de l'Europe. La gouverne- «En présence des vicissitudes de la guerre; des alternatives décidé ïïl-* de victoire et de défaite ; de la prise de la Nouvelle-Orléans ;
du progrès des Fédéraux à Corinthe, à Memphis et sur les rives du Mississipi jusqu'à Vicksburg, succès balancés d'un autre côté par l'insuccès de l'attaque sur Charleston, et par la retraite de devant Richmond — placé ainsi entre les assertions si contradictoires des parties engagées dans la lutte — le gouvernement de Sa Majesté s'est décidé à attendre encore.
tendre encore.
Chap. II.] l'indépendance des étàts-confédébes. 207
a Pour avoir droit à un rang parmi les États indépendants ce qu'il tnde la terre , un État devrait non seulement posséder la force Éuï-conré 1 et des ressources pendant un certain laps de temps, mais il avoir «Coiî faudrait aussi qu'il pût faire espérer la stabilité et la durée. Si les États-Confédérés de l'Amérique obtiennent ce rang parmi les nations, il pourrait paraître juste aux autres nations de reconnaître une indépendance acquise par la victoire et maintenue par une résistance heureuse contre tous les efforts tentés pour la renverser. Le gouvernement de Sa Majesté ne pense pas que ce temps soit encore venu. Tout ce que le gouvernement de Sa Majesté peut donc espérer, c'est que le terme, par des voies pacifiques ,' de la lutte sanglante et destructive qui se livre aujourd'hui , n'est pas éloigné. » 1
Lord Campbell demanda, le 4 Août 1862, copie de la corres- L ord camppondance avec M. Mason, et après s'être prononcé pour la f a e " f reconnaissance des États-Confédérés, tant à cause du détriment qui résulterait pour l'Angleterre de la soumission du Sud par le Nord , que par rapport au tort fait aux districts manufacturiers par la continuation de la guerre, il dit: a Depuis que l'Europe moderne existe, aucune guerre civile ne s'est terminée par la souveraineté du pouvoir insurgé, avant que ce pouvoir n'eût été reconnu par les États neutres , donnant par cette reconnaissance l'exemple au pouvoir qui visait à le reconquérir. Ce ne fut qu'après que le Portugal eût été reconnu depuis vingt-cinq ans par l'Angleterre , que l'Espagne consentit à reconnaître son existence comme pouvoir indépendant. Presque tous les gouvernements de l'Europe avaient reconnu depuis longtemps les Provinces-Unies de la Hollande, avant que l'Espagne n'abandonnât l'espoir de les incorporer de nouveau dans ses possessions. Les mêmes circonstances se sont présentées pour les États-Unis, pour les républiques de l'Amérique du Sud, pour la Grèce, pour la Belgique, pour l'Italie. La reconnaissance par les puissances neutres a toujours précédé celle du pouvoir qui a cherché en premier lieu à réprimer l'insurrection. On ne s'aventure pas trop , en posant comme principe, que la guerre doit continuer contre l'État insurgé, tant que les puissances neutres n'ont pas reconnu celui-ci. La guerre faite pour reconquérir l'État ré-
1 Parliamentary Paper».