‹ Commentaire sur les Epîtres catholiques de S. Jacques, S. Pierre, S. Jean et S. JudeChapitre 100 sur 119 · Plura habens vobis scribere, nolui per cliarlam et · texte numérisé non relu

Plura habens vobis scribere, nolui per cliarlam et

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airamentum : spero enim me futurum apud vos, et os ad os loqui, ut gaudhim vestrum plénum sit. « J'aurais encore plusieurs choses à vous écrire, mais je n'ai pas voulu les traiter avec le papier et l'encre, car j'espère aller vous voir et vous entretenir de vive voix, afin que votre joie soit pleine et parfaite. »

Nolui per chartam et airamentum. Il y avait, soit dans la doctrine, soit dans l'administration de l'Eglise, des choses qu'il n'était pas prudent de confier au papier, car une lettre pouvait tomber entre les mains des infidèles. Ce texte de saint Jean nous fait entendre, comme nous l'avons déjà vu, que les Apôtres n'ont pas écrit tout ce qu'ils enseignaient de vive voix touchant la doctrine, la piété ou le gouvernement de l'Eglise. Il s'ensuit que la Tradition supplée aux Ecritures, et qu'elle doit être accueillie avec un égal respect. Car Notre- Seigneur a dit à ses Apôtres : Enseignez, et je serai avec vous jusqu'à la fin des siècles. (Matth., xxvnr, 20.) Lors donc qu'ils enseignent, soit par écrit, soit de vive voix, il garantit toujours la vérité de leur parole.

Ut gaudhim vestrum plénum sit. Sans doute, c'était partout une grande joie pour les fidèles de voir le dernier survivant des Apôtres, le bien-aimé disciple de Jésus; mais, ce n'est pas là ce qu'entend saint Jean. Il veut dire que la joie d'Electe, de sa maison et des chrétiens de l'endroit sera parfaite, parce qu'il leur communiquera de vive voix la doctrine de l'Evangile, leur donnera tous les éclaircissements qu'ils souhaitent, et célébrera au milieu d'eux les saints mystères.

13. Salutant te filii sororis tu se Eleclœ. « Les enfants de votre sœur electa vous saluent. » Cette phrase brève soulève plusieurs questions que nous avons discutées plus haut. La dame à qui s'adresse la lettre porte le nom (Y Electa dans l'assemblée chrétienne. Mais sa sœur avait un nom différent. Le mot electa, au dernier endroit, n'est pas un nom, mais un adjectif; il doit s'écrire sans majuscule, et la phrase peut se traduire ainsi : Les enfants de votre sœur qui est aussi « une élue » comme vous,

c'est-à-dire une chrétienne, vous saluent. On trouve de ces jeux de mots dans les plus anciens livres de la sainte Ecriture.

Les neveux d'Electe, à qui saint Jean écrit, se trou vaient auprès de l'Apôtre, mais leur mère n'était sans doute pas alors dans la même ville, puisqu'il n'ajoute pas les salutations de la mère à celles des enfants.

On voit dans cette Epître que l'Apôtre saint Jean veille avec soin sur les Eglises d'Asie. Pendant que les hérétiques sèment leurs pernicieuses doctrines parmi les fidèles, il aperçoit au fond de la province une femme chrétienne, avec une partie de ses enfants chrétiens comme elle. Il lui envoie cette lettre pour l'encourager et l'affermir dans la vraie foi, afin qu'elle soutienne ellemême les chrétiens du même lieu ; et non content d'écrire, il annonce qu'il ira en personne, malgré son grand âge, visiter ce petit troupeau et lui porter les consolations avec les bénédictions du ciel.

Dans l'Epître suivante, à Caïus, ce n'est plus seulement une famille chrétienne, c'est une Eglise opprimée qui sera l'objet de sa vigilance.

SUR LA

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