Novit Domimis pios de tentatione eripere, iniquas
vero in die m judicii reservare cruciandos. Si les impurs habitants de Sodome ont été consumés par la pluie de teu, et si le juste Lotli a été sauvé, cela prouve que le Seigneur sait délivrer de la tentation les hommes pieux et réserver les pécheurs pour le jugement général, où ils seront condamnés aux tourments éternels. Les méchants sont déjà punis dans l'enfer : mais après la résurrection ils subiront un surcroit de supplices, étant désormais tourmentés dans leur corps et dans leur âme. Cette phrase est comme l'apodose. je veux dire la seconde partie de la grande période commencée au verset 4e. En voici l'analyse :
Si Dieu a puni les anges rebelles, le genre humain coupable et les villes impures de Sodome et de Gomorrhe, en sauvant les innocents, il montre par là qu'il sait délivrer les justes et réserver les pécheurs pour le jugement et le supplice.
10. M agi s aatem (cruciandos reservabit) eos qui post carnem in concupiscentia immunditiœ ambulant. Ces exemples anciens nous assurent qu'à plus forte raison
(1) La vraie leçon peut se rétablir. Au lieu d'écrire ENEATOIKQN en un seul mot, séparez et écrive/ h xserotxfiw ; puis au lieu de h prononcez ?,•■>. vous aurez ijv xsrouôv, erat habitons. < 'n voit combien ce changement e>t facile à faire. Enfin mettez iGxs&viÇn h la place d'iâxeâvtÇsv. Le sens devient alors parfaitement naturel, tùéfipxrt yàp xa\ y.rir. àixoctoj vjv, y.xrotx&v ï- »./T',ïi, &î qftipvLit éï TtfAsp*i ty'jyr,v âuctlav Avô/ioti Spyiti fôscvdcvtÇov. Ainsi portait l'exemplaire que traduisait L'auteur de la Vulgate. C'est la bonne leçon. M:ti> an copiste a lu BNKATOIKQ3 en un seul mot; prenant cela pour an barbarisme, il a mis ENKATOI&QN. Apres cette prétendue correction, comme la phrase était inintelligible, il a changé en E 1*0 de '<Çr;, et supprimé le conjonctif Ol pour avoir un sens quelconque. L'orthographe BN&ATOIKQ*, au lieu d'i i'katoimin, est donnée par le sinaïtique et favorise notre explication. Combien de leçons véritables établie! dans les auteurs classiques par d'heureuses conjectures, maigre les anciens exemplaires ! Ici nous ne donnons pas seulement une conjecture appuyée lur la raison, mais nous avons l'autorité d'un très 8 témoignage, celui de la Vulgate, antérieur de plus de deux siècles m Les manuscrits grecs qui non- restent, et qui présentent tous une leçon absurde.
Dieu punira par des châtiments terribles ceux qui s'a bandonnent aux concupiscences de la chair, pour satis faire leurs passions honteuses.
Ambulant. Plus haut il disait : Il y aura des docteurs de mensonge ; et maintenant il dit au présent : Ils marchent après la chair, ils suivent leur brutale concupiscence. Il y en avait donc déjà plusieurs qui dogmatisaient et scandalisaient par leurs dissolutions (1).
Domiiiationemque contemnunt, « et ils méprisent la domination. » Non seulement ils rejettent les lois humaines, mais ils secouent même l'autorité souveraine de Dieu. Dominationem, xup'.orrjTa. Ces hérétiques supprimaient tout titre de seigneur et de maître, comme l'ont aujourd'hui nos révolutionnaires. Les Simoniens, précurseurs des Gnostiques, s'affranchissaient des lois saintes en rabaissant la grandeur et la puissance du Christ; ils refusaient de l'appeler « Seigneur », Dominum, Kyptov ; et par leurs fables sur la création et le gouvernement du monde ils reléguaient dans le ciel le Dieu suprême, pour se livrer, loin de ses yeux, à toutes les passions de la chair.
Audaces, sibiplaceutes, sectas non metuunt iniroducere blasphémantes. Audacieux, épris d'eux-mêmes, ils ne craignent pas d'introduire des sectes dans l'Eglise du Christ, et ils blasphèment nos dogmes et nos institutions sacrées (2).
Audaces, xo\\xr(i^., ils sont audacieux, téméraires, ils se portent aux entreprises les plus coupables et ne reculent devant aucun forfait pour atteindre leur but.
Sibi placentes, aùGaost; (R. avroç, àvS-ivto), ils se complaisent en eux-mêmes, sont superbes, présomptueux, insolents. L'audace et l'arrogance sont bien le caractère de
(1) In concupiscentia immunditiœ, èv è-ib^^ncç pxsajLoxt^ in concupiscentia pollutionis. Saint Jude dit avec concision la même chose : carnein 'maculant, ac/.p/x p.ex.ivroart. Saint Paul flétrit les mêmes hérétiques : « Ce qu'ils font dans l'ombre, écrit-il, est honteux même à dire. »» (Eph., v, 12.)
(2) Audaces et sibi placentes sont deux nominatifs du verbe metuunt.
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tous les hérétiques. Omnes tument, dit Tertullien. (De Praescript., c. xli.)
Sectas non metuunt inlroducere. Ils ne craignent pas de former des sectes, en introduisant des opinions nouvelles (oo;ac) qui sont le fruit de leur imagination. — Blasphemantes,ei lorsqu'ils exposent leurs propres inventions, ils railleut et blasphèment la sainte doctrine reçue dans l'Eglise.
Tel est le sens de la Vulgate. Mais le grec en présente un autre : &ôjjaç ou rpéjjiowxt pfotayyiiL&bmç, glorias non metuunt blasphemare. « Ils ne craignent pas de blasphémer les gloires » ou les majestés. Ce sens paraît déterminé par le verset 8 de L'Epître de saint Jude : SdÇoçSè SXao^ooùVn, majeslates autem blasphémant. Par maj estâtes on entend anges. Les Gnosti nies débitaient en effet sur les anges des fables indignes de purs esprits. Ce sens nous paraît préférable à celui de la Vulgate, d'autant plus qu'il se lie mieux avec la suite.
11. L'ai angeli fortitudine et virtute quum suit majores, non portant adversum se exsecrabile judicium. « Et cependant les anges, quoique plus grands qu'eux en force et en puissance, ne portent point les uns contre les autres des sentences de malédiction. » Ils se contentent d'abandonner les rebelles au jugement de Dieu, le Maître suprême. Cette pensée est encore éclaircie par celle de saint Jude. L'archange saint Michel, dit-il, contestant avec Satan au sujet du corps de Moïse, n'osa pas prononcer contre lui une sentence de malédiction, il dit seulement : Que Le Seigneur te réprime !
Vie. Ili vero vint irratWHaàilia preora, naturaliter in captionem et in perniciem, in his guœ ignorant blasphemanteSy in corruptione sua peribunt. i Mais ceux-ci, pareils à des animaux sans raison, qui sont nés pour être capturés et périr, blasphèment ce qu'ils ignorent, et ils périront dans leur corruption. »
\ élut irratiounhUia pecora. La raison même se perd chez les hérétiques et chez les philosophes qui renoncent à h» foi : parce qu'ils n'ont pas voulu croire la vérité en-
seignée par un Dieu, ils croient l'absurde, et ils descendent au-dessous des païens qui n'avaient pas connu l'Evangile. Ainsi, on les voit se glorifier de n'avoir point d'àme et de ressembler aux brutes. Ils sont pareils, dit David, au cheval et au mulet, qui sont des bêtes sans intelligence. Sicut equus et malus, quibus non est intellectus. (Ps. xxxi.)
Maturaliter in captionem et peimiciem (1). Comme il y a des animaux qui sont nés pour être pris par d'autres animaux et devenir leur pâture, de même ces impies semblent nés pour devenir la proie des démons. Ils prononcent des blasphèmes contre les vérités qu'ils ignorent. Blasphèmes stupides, ignorance honteuse. Les rayons de l'Evangile illuminent le monde ; les plus beaux génies exposent les dogmes et les preuves de la religion chrétienne avec une éloquence incomparable ; de simples ouvriers connaissent, admirent et aiment ces vérités qui font leur noblesse et leur bonheur. Pour les incrédules, plongés dans leurs désordres, ils ferment les yeux et blasphèment. Ils périront dans leur corruption, in corritp tione sua peribunt. Une mort honteuse les précipitera dans le supplice éternel.
Cette prophétie redoutable s'accomplit de siècle en siècle. Ainsi est mort Galère ; ainsi est mort Voltaire ; ainsi de nos jours viennent de mourir plusieurs insulteurs de l'Eglise.
13. Percipientes mercedem hijustitiœ. Recevant le sa laire de leur injustice. Souvent les méchants reçoivent ici-bas la peine de leurs crimes et de leurs blasphèmes. Mais quand la Providence les épargne, leur prospérité
(1) Avec naturaliter on sous-entend genita. Les éditions grecques donnent : ois 'Ooyx Çwa •/syswrlfiévsi fuiiKÙ ii$ iïi'jizvj xot pOopâv, velat irrat-lonabilia animalia genita natv.roAia in captionem et perniciem. Le participe ye/ew^iiva, n'est pas nécessaire ; yjziAy. îU Slusiv veut dire naturalia in captionem, et cela suffit. Mais des manuscrits portent ïj-jixô*:, naturaliter, comme la Vulgate. C'est cet adverbe qui aura fait ajouter ysyswrj/Jiév». comme une glose. — In corruptione sua peribunt. L'énergie de l'expression grecque est impossible à rendre : ht rft 'r0o[-.v. stÔT&v au\ pBxpifarjTea, In ipsa s7ta corruptione corrupti peribcn/ .
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même est un châtiment. Car si Dieu les humiliait, ils se repentiraient peut-être et obtiendraient miséricorde. Au contraire, lorsque tout leur sourit, ils s'affermissent dans le péché, et ils tombent sous la malédiction que le Prophète a prononcée contre eux : « Qu'ils descendent tout vivants dans l'enfer ! » Descendant in infernum viventes!