‹ Commentaire sur les Epîtres catholiques de S. Jacques, S. Pierre, S. Jean et S. JudeChapitre 96 sur 119 · DEUXIEME EPITRE DE SAINT JEAN · texte numérisé non relu

DEUXIEME EPITRE DE SAINT JEAN

A ÉLECTE

PREFACE

Saint Jean adresse sa seconde Epîtreàune dame chrétienne nommée Electe ; il l'exhorte à persévérer dans la foi avec ses fils, et lui recommande de n'avoir aucun commerce avec les nouveaux hérétiques.

L'Apôtre écrivit cette lettre vers le même temps que la première; elle contient, dans sa brièveté, à peu près les mêmes idées, exprimées souvent dans les mêmes termes. Ainsi, dans la première, il dit : Non mandatant novum scribo vobis, sed mandatant vêtus (n, 7) ; et dans la seconde : No)i tanquara mandatum novum scribens tibi, sed quod kabuimus ad initio, ut diligamus alteruirum (5). — Dans La première : Omnis qui ner/at Filium, nec Patrem habet ; qui con/îtetur Filium, et Patrem habet (n, 23); dans la soconde : Omnis qui recedit, et non permanet in doctrina Christi, Deum non habet; qui permanet in doctrina, hic et Patrem et Filium habet (0). — Dans la première : Mulii pseudoprophetœ exierunt in mundum. Inhoc cognoscitur Spiritus Dei : Omnis Spiritus qui con/îtetur Christum in carne venisse, ex Deo est; et omnis qui suivit Jesum ex Deo non est, et hic est Antichristus (iy. 2) ; dans la seconde: Mu ni seductores exierunt in mundum, qui non cou/îtentin' Jesum Christum venisse in carnem ; hic est seductor et An/ichristus (7). — Dans la première: Hœc est enim charitas Dei. ni mandata ejus custodiamus (v, 3); dans la seconde : Tlœc est charitas, ut ambulemus secundum mandata ejus (G).

Il est peu probable que suint Jean ait écrit cette Epltre de l'île de Patmos, durant son exil, puisqu'il annonce qu'il

espère aller bientôt visiter Electe et ses fils. On conjecture qu'il l'écrivit peu de temps après son retour à Ephèse.

L'authenticité de cette Epttre n'est pas douteuse ; elle a été citée par saint Augustin : Joannes enim dicit aliène1 duel fine hominïbus Ave non esse dicendum. (S. Aug. de Bapt. contra Donat., 1. VII, ch. xlix, n. £0.) Et dans son bel ouvrage de Doclrina christiana, dressant le catalogue des livres canoniques, il compte « trois Epîtres do saint Jean » (1. Il, ch. vin).

Saint Jérôme la nomme avec la troisième : Clan gai tuba Evangelica .filius tonitrui, dit-il, quem Jésus amavit plurimum, qui de pectore Salvaloris doctrinarum fluenta potavil : « Presbyter Eleclœ Dominer et flliis ejus, quos ego diligo in veritate. » El in alla Epislola : « Presbyter Gaio carissimo, quem ego diligo in verilate. » (S. Hieron. Ep. 146 ad Evangel.)

Saint Irénée la cite de même : 'Iwocwyîç o toû K-jçicj u-aO/irr,;

ir.i-t'.vz 77,7 xstTaot&rjV c.Gtwv, u.riiïz Xa'.ûciv aùrcï; ucp' r,y.Ôjv Xs-Yscôat [jCjay,6s':. 'O *j'àp as^mv aùroï;, or.a'tv, Xxîpc'.v, /.cvaiveï roï; êp'voiç aùrcôv r:or/;o&ï;.

Joannes enim Dornini discipulus intendit damnation em in eos (hœrelieos), ne Ave quidem eis a Jiobis diei volens : Qui enim, inquit, dicit eis Ave, communicat operïbus eorura malignis. (S. Iren. Hier., 1. I, ch. xvi, n. 3.)

Au concile de Carthage, présidé par saint Cyprien, l'an 256, un des Evêques nommé Aurelius dit : « Joannes Arposlolus in Epislola sua posuil dicens ; Si quis ad vos venit et docirinam Christi non habel, nolite eum admittere in domum vestram, et Ave illi ne diœeritis. Qui enim dixerit illi Ave, communicat faclis ejus malts. Cette sentence de l'évêque Aurelius, est la quatre-vingt-unième dans les actes du concile. La seconde Epître de saint Jean, d'où ces paroles sont tirées, était donc alors regardée comme Ecriture divine par tous les Evêques d'Afrique.

Quelques anciens écrivains attribuaient, il est vrai, cette Epître à un certain prêtre Jean d'Ephèse : mais à partir du Ve siècle elle a été unanimement reconnue comme l'œuvre de l'Apôtre saint Jean.

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