‹ Commentaire sur Tite-Live: Complément de l'édition du Tite-Live de la Collection des auteursChapitre 10 sur 159 · p. 199; Creuser, ouïr, cité, p. 139, 1 lu · texte numérisé non relu

p. 199; Creuser, ouïr, cité, p. 139, 1 lu

Cbif. IX. — Ejuidrm rorporis ernnl. Remarquei qne Tite-Live prend plus d'une fois le mot corpus dans te sens d'ordo (I, 17) : • A'iii rorporis erfari rtgem voltkaiit i VI, 5-S I; auarn in 1er lui cor/loris hominci. Cf. Justin, XY1II, 3; XIV, 2.

lein. — Aim'l romand plebis similis. L'auteur veut dire par la que le peuple ardéate ne garda pas dans celte circonstance la modération dont le peuple romain avait précédemment donné des preuves dans deui occasion» semblables, loriqu'il se retira sur le mont Sacré (11,32), et plus tard sur le mont Aveutin (III, 50).

Iiid. — Multitudinc apifteum. Il semblerait résulter de ce passage que, dans les villes du Lalium, la classe de» artisans (car tel est le sens du mot opificts) ne faisait pat partie de* plébéiens. C'est que sans doute ils étaient inscrits pour la plupart dans la centurie des prolétaire», qui, bien que très -nombreuse, n'avait presque aucun droit dani l'étal , et devait s'intéresser fort peu aux querelles des deui ordres, donl ils dépendaient également par Icnr profession. S'il pouvait rester quelque doute à cet égard , ils seraient levés par un autre passage { VIII, 20 ), ou Tite-Live nous apprend qu'a Rome , sou» le consulat de L. jEmilius Hamercinus et de C. Plantins (l'an 326 avant Jésus Christ), * la nouvelle d'une

lue des Gaulois (tumutlus gnJliruj), on Dt marcher même le» artisans (opi/ire*) et let ouvrier* sédentaires lieWuforii), aorte de geo» qui n'étaient nullement propre* su métier des armes (minime mififi« fdoneum gtnui). D'après ce qui précède , je serais disposé t admettre la correction proposée par Drakenborcb pour le membre de

le qui précède, et qui consisterait a lire txptrtt au lieu de eiperlem, eu taisant rapporter cet ablatif a mufUtudinr. En effet, il est absurde de dire qn'Ardée n'avait eu jusqu'alors a souffrir d'aucun combat , puisqu'il vient

■mention d'une lutte sanglante (/il prœlium afro.rl, tandis qne l'apposition l'appliquant i la classe paisible et

le des artisans devient d'une entière eiactitude. Celle correction est celle qui se rapproche le plia de U leçon de* manuscrit* , où let «pistes ajoutent et retranchent »i souvent, au gré de leur caprice , la barre transversale, signe abrévialif de la lettre ot ; je la crois donc

préféra Me à exptrtam que propose le mémo crilique,

qu'on trouve ailleurs dani Tite-Live (XL,B) exptrlus construit avec le génitif.

Chip. X. — Qvibus deortnatuoi txtreitum stih juger» miserai. Voyez la notetnr lecbap. mm dulivn- précédent. Avant de faire passer let troupet vaincues sous le

on leur enlevait leurs armes et même leurs vè-

its, a l'exception d'une simple tunique. De U le* expressions srninudi (IX, 6) cum tingulis reilimenlU IX.I9), inennef nudique sud jugum (III . 23), mifti.

Casr. XI. — Coloni ro prirsidii rama , etc. Il ne peut 'agir ici , comme l'avait cru d'abord Sigooius , d une olonie militaire. Toute* let colouiei établie* par les Romain» ponr défendre les lieux exposés aux incursions det ennemi» n'étaient pas ponr cela des colonies militaires. Tel était cependant le principal but qn'ili »e pru-

posaient bien avant l'établissement des colonies militaire!, qui , comme on le sait, ne datent que da temps de Sylla. Voyes Denys d'Halic, VII, p. 452. Sicul. Flaccns,de Cond. agr., p. 2 : • Coloni» auteni inde dicta? sont quod

• popnli romani in ea municipia miserint colonos, tel » ad ipsos priores mnnicipiorum populos coerceodos , Tel » ad bostium incursus repellendos. » C'est ainsi que Miotume et Sinuessa sont rangées par Velléius Paterculus au nombre des colonies qui n'étaient pas militaires , et cependant Tite-Live < X , 21 ) nous apprend que ces deux colonies furent en? oyées à l'occasion des ravages exercés par les Samnites. Du reste, les colonies civiles (civiles, plebeiœ» togatœ, paganœ) envoyées par le sénat, se distinguent facilement sur les médailles des colonies militaires (militare s ) envoyées par Sylla d'abord, puis par les autres imperatores. Les premières offrent pour type un bœuf avec nne charrue , les autres un étendard et un aigle. Voyei Fabretti , de col. traj., cb. i, p. H.

Gbap. XI. — Quant omnibus Rutulis. Ardée était la capitale du paya des Rutules.

Gbap. XII. — Ludi , ab decemtiris pet secessionem plebis ex senatusconsullo voti. La retraite dont il s'agit est celle du mont Aventin ( III, 50, 51). Tite-Live, il est vrai , n'a pas tait mention plus haut du fait qu'il rappelle ici ; mais il lui arrive souvent de passer sous silence à l'endroit convenable un événement auquel il fait allusion plus loin , comme s'il en avait déjà parlé. Voyex Drakenborchsur le cb. xuv du livre XXIII.

Uw.—Capitibus obtolutit. — Ches les aociens, quand on te dévouait A la mort ou qu'on en sentait l'approche, l'usage était de se voiler. Ainsi Socrate et Cyrus mourant, ainsi César tombant sous les poignards des assassins , te couvrent la tête de leur manteau (voyes Plat., Pkœdon., | «55; Xénoph., Cyrop., VIII, 7, 28; Suét., Cas., 82). Dans Tite-Live ( VIII , 9 ), Décius prononce, la tète voilée, la formule par laquelle il se dévoue. C'est A cet usage qu'Horace fait allusion , Il , Sat. m , 57 :

Nain, maie re gtsta, cum vellem mittere operto • Me capite ui Ouau n.

Pétrone , Satir., 102 : • PraHigemus vestibus capita ,

• et nos in profundum mergamus. a

Cair. XIV. — Macte rirhtte. Sur cette locution , dont nous avons déjà rencontré un exemple ( II , 12 ), on peut consulter les notes de Drakenborch , L I , p. 289; Briatouius, de Formula p. 5i8; P. Burmann sur Val. Flacc, Vl,547,etDukersiirFlorus,lI, 17,16.

Case. XV. — Etiemsi rtgni crtmine insons fuerit. La culpabilité de Sp. Mélius est loin d'être prouvée par ce que rapporte Tite-Live de cet événement, sur lequel nous n'avons malheureusement que l'opinion intéressée des patriciens, même dans l'allusion qu'y bit Cicéron an commencement de sa première Catilinaire : • C. Servi-

• lins Ahala Sp. MaHium , novis reboa studentem, manu » sua occidit. •

Cair. XVI. — Bore earato. Nous savons par Phne (X VIII . 5 on 4 , et XXXIV, 5 on 1 1 ) qu'une statue élevée aux Irais du peuple avait été consacrée à MUmcins ea dehors de la porte Trigeuùna. D'après les données de Pline et celles de Tite-Live, Lecterc avait conjecturé que cette statue n'était antre chose qu'un bœuf en airain doré ; mais an savant a victor kuaci n cn t reraté cette errenr dans ses .tfbrl ces.. L V, p. 210, et pense qu'il tout lire ainsi et p tsttfe de Tite-Live : Bore enraie et statua ertra

portât* Trigeminam est donatus, ajoutant avec beaucoup de vraisemblance que les mots et statua ont disparu à cause de la similitude du mot voisin extra, comme cela arrive si souvent dans les manuscrits. prouve en outre que par bove aurato il faut entendre un bœuf destiné an sacrifice, et dont les cornes ont été dorées suivant l'usage, comme on peut le voir dans Tite-Live , VII , 37, et notamment XXV, 12: « Bore aurato, et capris doabus t albis auratis Apollini, et Laton» bove femina aura** » sacrnm factura. » Ce qui ne peut laisser aucun doute sur la forme qu'avait la statue consacrée à Minucius, c'est l'image qu'on en retrouve sur les médailles de la famille Minucia, où on la voit placée sur nne colonne ( voyez Patin , p. 179 ; Liebe , Gotha nummaria , p. 233; Eckhel , Doctr. mm., t. V, p. 254 ). D'antres critiques ont proposé de lire bove et arvo , bove et agro , bove et prato, mais toutes ces conjectures , qui s'écartent trop du texte , doivent être rejetées , d'autant plus que l'usage était de donner comme récompense plusieurs bœnfs on m éme un seul. Voyes VII , 26 . et XXVI, 48.

Chip. XVI. — sEquimalium. C'est-a-dire remplacement resté vide après qu'on eut rasé la maison de Mélins.

Ibid. — Undecimumque tribunutn plebis. Tite-Live jette le récit de certains écrivains dont Pline , an livre XVIII (ch. m on iv), reproduit les assertions , bien qu'an livre XXXIV (chap. v ou xi ) il parle de Minnema comme ayant été récompensé en sa qualité d'intendant des vivres.

Ibid. — Falsum imagmis tihtlum. H est souvent question dans Tite-Live d'inscriptions falsifiées par l'orgueil des familles (voyes VIII, 40; X, 7; XXII. 31). Mais . comme je crois l'avoir prouvé ( p. 792, cet. I ), ces falsifications portaient moins sur les faits que sur les noms. Ici au contraire c'est le frit et non pas le nom qui est contesté.

Ibid. — Paucis amie «rais lege contes» ne tribunis collegam cooptare liceret. — 11 s'agit de la loi Trébonia rendue l'an de Rome 508 avant J.-C. Voyes m, 63.

Cbap. XVH. — Legatorum ont Fidenis cœsi erani, stotna publiée in rostris positœ sunt. Elles existaient encore du temps de Cicéron ( Phil., X , 2 ), et même de PUno (XXXIV, 6 on 1 1). Voyes p. 765, col. 2.

Cbàp. XIX. — Vmboneresupinat. On donnait le non d'umbo , en grec *&*!* , au centre du bouclier, partie à l'aide de laquelle on repoussait l'ennemi (Cf. V, 47 ; IX, 41; XXX. 54; Q. Cuit., III, 10; Martial, HI, 46; SU. IU1., II, 256; XIV, 155; XV. 797, et BlasiiisCaryophilus , de Veterum clupeis, p. 8.

Iain. — Dextra primcipalL Le traducteur, ainsi que M. Lies, a rendu cette expression d'une manière pea exacte. Il fallait , comme l'a fait Dnrean de la Malle, dire: par la porte principale è eVeile. Voyes la note aur le chap. v du livre LU.

Cbaf. XX. — Carmimm tweendito. Cest-è-diro de» chants improvises, violant et le rhythme et le aaeeure. C'était l'usage des soldats dans les trioaspoes. Voyes IV, 53; V, 49; VII, 2, 10 et 58; X, 50; XXIV, 24 et 29. Cf. Martin de Gukharao, De amfàfass spettaemiis . p. 586 . AmsL, 1661 .

la».— OpùnaspaUa fcairafur ena? eux De temps de Tite-Live on entendait par opiases cènes qu'un général rnsnain avait enlevées aprea avoir taé un général ecneam ffoy . la note sar fecn*p.x

HISTOIRE ROMAINE. — NOTES

<m livre I). Soi? aot Vairon , elles pouvaient être le partie d'an simple soldat : « Opima spolia etiam esse, si

Msipa/aris miles detraxerit, dummodo dnci boetium. •

Festos , s. ▼., pag. 262 éd. Egger.

Clip. XX. — Titulus ipse spoliis inscriptus. Cette in-

seription, qui n'était sans doute pas de l'époque même où

fesilepOfnJlesaTaient été consacrées, était peut-être conçue

ea ces termes : A. Gobrilics Cossus Cos. spolia opina....

Jovi FEarraio dbdicavit, et par là les Cornelii avaient

ronln rappeler, non pas la dignité dont Cossus était refétu

à répoque où il avait obtenu cet insigne avantage, mais

tous les titres qu'il avait à une glorieuse mémoire ; en un

mot le sens de cette inscription serait : Aulus Corn.

Cossus , oui depuis fut consul, a consacré ces dépouilles

opimes à Jupiter Fèrétrien. Quant à la difficulté tirée de

ce qu'il n'était pas chargé du commandement de l'armée,

elle est levée , ce me semble , par le passage de Varron

nous venons de citer plus haut.

Isid. — In thoroce linteo. C'était la cuirasse enlevée Cossus à Tolumnius. Car si les Romains ne portaient encore de cuirasse de lin à cette époque . il est évident que les Italiens en avaient (voyez Lips., Mil. Rom., III , 6). Ces cuirasses étaient sans doute faites de fils de lin croisés et superposés de telle manière qu'elles résistaient anx armes de trait.

Ibjo. — Subtmhere testem. RoDin remarque avec raiqoe Tite-Live , par égard pour le témoignage d'Auqn il n'ose pas réfuter, ne s'explique pas ici fort clairement. Il est cependant facile de voir à travers son que cette autorité ne lui parait pas décisive.

Chat. XXI. — Quœ wniora ad populum ipso auctore fuere. Valère Maxime (V, 5) affirme, contrairement à l'autorité de Tite-Life, que Servilius Ahala paya de l'eiil la défense de la liberté ( Custoditœ libertatis civium pœexsilio suo pependisse); et Cicéron, dans son dis- Pro domo sua (n. 86), rapporte qu'il fut exilé d'abord, puis rappelé.

Ian>. — ObsecraHo. Lorsque quelque grand malheur menaçait ou frappait l'état, on ordonnait des leclisternes, des sacrifices , des prières extraordinaires dont la formule était dictée par les duumviri sacris faciundis, et non, comme on Fa prétendu, par des duumvirs nommés à cet efTet. Sons Claude ce soin regardait le préteur (Suét., CUauL, xxji). Cette cérémonie était désignée par le mot supplïcatio , les prières prononcées recevaient le nom d'obsecratio. Voyes XXVI ,23, XXVII, 1 1 , XXXI, 9.

Ibid. — Duumvirisprœeuntibiis factaest. Les duumvirs étaient des magistrats auxquels était confiée la garde des livres sibyllins , qu'ils consultaient dans les circonstances difficiles. Us offraient les sacrifices qui y étaient prescrits et étaient même appelés à célébrer les jeux séculaires. En l'an de Rome 587 leur nombre fut porté à dix (VI , 37, 42). Plus tard, Sylla l'éleva à quinze (Serv.. sa Virg. An.. VI, 75), et César à seize (Dio Cass., XLII,3l;XLIII,5f).

Ibid.— Nocte diclatorem dixU. C'était l'usage , comme le dit ailleurs Tite-Live ( IX , 58 : « Nocte deinde silentio, af «os est, L. Papirium dietatorem dixit. » Cf. VIII, 25 ; Denys d'Haï. X , 25 ). Rollin se trompe quand il conjecture que la coutume de nommer le dictateur durant la nuit vient du combat do générosité qui signala , au dire de Denys d'Halicarnasse (V, 72), l'élection du premier dictateur. Le véritable motif de cet usage c'est que le

choix du dictateur étant de la plus haute importance et ne pouvant avoir lieu qu'après avoir pris les auspices , on choisissait de préférence la nuit pour cette cérémonie religieuse , comme étant le moment le plus favorable. Voy. Festus, s. v. Silentio etSinistrum, p. 258 et 240 éd. Egger.

Cdap. XXII. — Villatn publicam in campo Martio probaverunt. C'est-à-dire reconnurent que la construction de l'édifice était conforme au devis. Probaverunt était le mot consacré, comme le prouvent ces deux inscriptions publiées par Grater ( CLX, 5; CLXXXVII, 4 ).

Page 1