‹ Commentaire sur Tite-Live: Complément de l'édition du Tite-Live de la Collection des auteursChapitre 12 sur 159 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

Dans ce livre Tite-Live ne cite n Claudius, dunl il rejette la Darralio chapitre ). 11 a eu cependant sous lea nombre d'auteurs, car il remarque s liuicnts, Voyn.ch. 11,11, iii.liiiMi,

1 (voyet le dernier

eui un plus grand uvent leurs dissenlut. Souvent aussi

il a consulté tous ceux qu'il avait sous la main, puisqu'il afDrme ou queles auteurs s'accordeul(ch. ni) ou bien que ions se taisent sur tel fait ( cb. »). llest vrai que dans ce dernier exemple le fait en question te trouve raconté par Zonuras, VII, 3-1 ; mais ce récit parait n'avoir pris naissance que pins tard; et ce qui y donna probablement lieu, c'est que Hanlius habitait au Capitule, el qu'il fut précipité de cet eudroil. Peut-être Tite-Live cou trediMl ce bruit populaire, parce qu'il n'est appuyé sur aucune autorité. Dans le dissentiment desautrurs il choisit quelquefois une opinion, sans mentionner les divergences (Couf. Plut. ','aniiU-, cb, iiivi, les ch. tvelsuiv.de ce livre el les trois récita divers de Dioduro XIV, 117: Plat. ch. iitiv, Tite- Live ch. 11). Quelquefois il suit l'opinion du plus grand nombre et des plus anciens, de Fu hiiis, par exemple (cf. infra ). Ainsi au ch. u il laisse de cûté un récit fabuleux , emprunté tans doute tut iradilions religieuses ( Plu la r-

que, 35; Varro», L. t. p. i'i), pour suivre l'opinion sur laquelle, suivant Plutarque (ch. mvi), s'accordaient la plupart de» auteurs 1 lui-même, auchap. un, dit s'en rapporler an récit qui a pour lui les autorités les plus nombreuses. Dans le rha: i tre 1 on reconnaît deux sourrs différentes; l'une qui place le jour d'Allia avant le 15 des calendes de Sntilis, qui fut la journée même de la bataille; l'antre, suivant laquelle le 17 det calendes sérail ans*! an jour néfaste , parce que les auspices ayant été défavorables ce jour -la , la batailla fut néanmoins livrée trois jours après, le 15 des calendes.

loin. — A'fou* fiim abdicart ledirlnftirn, niii nui rirrumurfo, pniii suit t. Les commentalenrs ne sont pas d'accord sur le sens de ce passage. Suivant le* uns , Camille aurait exercé la dictature nn in entier. Les autres prétendent qu'il l'exerça seulement pendant le reste de l'année civile, A la On de laquelle II sortit de charge avec les autres magistrats. Cette dernière interprétation n'est pas contrariée par le passage suivant de Plutarque (Camille, cb. Ulll : çc&cOLÎaa to» k'pD&* i fytiMi tn uh KafuMcs six iÏioi Pouio'fuicv âiroflirfit rh* ifr/yn imt svii'jTi-j- ïiÎTrtp l\ (iTvaî cû3iu.Ûic OirspCâUxvTo; éri'eo-j duTXTupoc- Elle esl pleinement justifiée par la création des inler rois , dont il est question plut loin ; création qui ne pouvait avoir lieu que pour suppléer A l'absence de toute magistrature curule.

IbIO. — hitrrre finira inilum. P. Cornélius Scipio in In-™ , el poil tum M. Furius Lumitlus. Is tribumu militum ronnilori potistate eral. On a suivi le texte de Drakenborcb ; seulement après Caniillm on a retranché i(cnim,qui se lit il est vrai dans tons la manuscrits, mais uni est Bssci difficile A eipliquer. Au reste, le traducteur n'a pas suivi ce texte, mais bien celui qu'a adopté M. Lemaire : • Interregnum iniit lum P. Cornélius Scipio io-

• terres , et post eunt H. Furius Camillus. llerunj is tri-

■ bunus militum... •

Ibid. — Tum de dirons rriigioii* atjilari capiton. On trouve sur l'établissement des jours religieux quelques détails dans deut fragments de Castius Hemina et de Venins Flaccui, qui nous ont été conservés, l'un par Macrobe [Satura., liv. I, ch, 1*1), l'autre par Aulu-GHIe |1.X, ch. im (.Voici le récit de Vcrrius Flnccus; • Urba

■ a Gallis Senooibus récupérais, L. Alliiius In tenatu

■ verba ferit, L. Siilpiciuro tribunum militum , ad Al-

• liant adversus. Gatlos pngnalurnm, rem divinam di-

• micandi gratia postridie idus fecisse .- tnm eiercitnm

• populf romani oecidione occisnra , et post diem tertium

• ejus diei urbem praeter Capîtolium caplam esse ; cotn-

■ pluresqne ilii seoalores recordarl tesediiernot.qno-

■ lient belli gerendi gratin ret divina postridie kalendat,

■ nouas , idus , a magitlratu populi romani facla esseni,

■ ejus belli pruximo deinceps pralio rem publicam maie

■ gestam esse. Tum senatus eam rem ad ponlilice* reje-

• cit , ut ipsiquod videretur.ala tuèrent. Ponlificea decre-

■ verunl , nullum iis diebus sacriBciam recte futaruro. ■ Le récit de Casslut Hemina ne diffère pu essentiellement de celui de Verrius Flaccus; seulement il attribue A nn

laruspico, L. Aquinius, appelé dans le sénat sur la pro- Misilion des tribuns militaires, lea parole* prêtées par Vérins à L. Alliiins. Voyes d'ailleurs Plutarque (Querslto*. oman. n. xxv ) , sur les motifs qui ont lait placer an nombre des jours religieux les lendemains des calendes ,

HISTOIRE ROMAINE. — NOTES

et de* iiiea. Anlu-Gelle lor. rit. el 1. IV, cb. u) • qu'il ne tant pu, comme le vulgaire Ignorant, la jours religieui malheureni [ritigiosi itiftuU], «ce 1rs jours néfaste* (nefasl» ).

Les joan, dm In Romains, furent d'abord divisés en jonrj [tutti et jour» ne jasles , permis et défendus ; c'estk-&n eu jours destinés ans affaire* et en jour» destiné» an repos. Pendant les jour» néfastes, l'action

; c'est ce qu'Ovide «prime par i

Ces trois mots, qu'il De désigne pas, caractérisaient

10 différentes fondions du préteur, c'étaient do, diro , iiiiic o. Tint que doraient ces jours , tout acte public était détendu ; ou ne pouvait porter aucune loi, ni assembler le peuple, ni nommer les magistrats. On les désirait sur les calendriers par la lettre fi ; le» jours faites (nient marques par la lettre F.

Il y avait encore des jours milles qu'on appelait di« Mtrctsi parce qu'ils ne pouTaieut être fastes que pen- (bsl l'espace intermédiaire de l 'immolation de la victime il de lofirande des entrailles : infer rata et pomelo, dit Turoo ( t. L. VI, Si, p. 61 Egger).

On appelait jours religieui ( Aulu-Gelle , tbid. ) ceui toi. ayant été marqués par quelque grande calamité pu- Uque, avaient été déclares par les pontifes rtligiost, Ncuti, ntri. Sur les fastes publics, ils étaient marque* im de la craie et du charbon. Pendant ces jours on dena l'absteuir d'offrir dea sacrifices et d'entreprendre sMane affaire- Us «aient doue néfastes aussi , nuis tout as jours néfastes n'étaient pas religieui.

Clsr. IL — Ad fanum Vollumna.... ( Voyet p. 830, «I. I ) Vollumna, dan» le temple de laquelle te tenaient les «wutblees générale* de la confédération étrusque, et dont i rappellent uneépilhèlc et une aide Jupiter et de Minerve (Beuiaiec «s»™«, dessus, roniUiinn, d'où Bsultur^, qui , avec blermiuaisou passive en nfuta, aurait formé KoJtumna), avait avoir été la même que la Cousu dea Romains , sNtss des conseil* publics et protectrice des sénateurs ICreuer, SaaaasoHaist , traduct.de M. Guiguïaul, tomel, tanième partie, p. 483).

Isib. — Seniorra... in ttrba raa juratns emhiriarei

11 Je* enrôla dans les centuries, c'eut- A -dire parmi le* fantassin*. Les cavaliers étaient diiiiés par décuries. On tnuve dan* Anla-GeUe, II». XVI, cb. iv, une ancienne formule de serment militaire, qu'il avait lui-même ei-

de l'ouvrage de C inclus Àlimeo-

r l'ai

militaire. La vi

u C. Lœlii, C. niii, coniulii, L. Cor-

• ndii, P. lilii, coosulit, in eiercitu decemque millia

• paasuitmpropefurtum non faciès dulo malo; solusncque

■ cum pluribus pluris nummi argentei iu dies singulos.

• Eitraqoe hastanj, bastile, ligna, oapum, paliulnm, « Durent follein, kesdaun, siquidibiinveneriisutluleriiie

• quod tu u m non erii , qnod pluris nummi arfteutu erit

• lui.tuad C. Lolium, C. filium, cousulem, L. ve Cor-

■ ndium, P. Blium , cousulem , si ve quem ad utrum eo-

• ma jus erit profères, aul proDtcberein tri duo proiimo

■ qnsequid ioveneris suslulerisre sine dolo m.lo. aut

■ domino sno cujum id censebia esse reddes, uti quod

• rectum factnm e*se voles. • — • Sous la magistrature dtC Lélius.fllsdo C., consul, el de L. Cornélius , Dis de P., cousait, i I armée et àdii mille pas à lenteur, tu

ne voleras pas par mauvais dol , ni seul ni avec plusieurs, pour plus d'une pièce d'argent par jour; et , si, hors une Lance , un fer de lance , du bols , un navet , du fourragé , une outre, un sac, une torche, tu y trouve» ou enlèi es quelque chose qui ne soit pas a toi et vaille plu* ii'nue pièce d'argent , In le rapportera* a C. Lélius , fils de C, on a L. Cornélius, fils de P., ou A qui de droit d'entre eus; ou tu déclareras , dans les trois jours , ce que lu auras trouvé ou enlevé sans mauvais dol, ou tu le rendras A celui que lu en croiras le maître , de la manière qui ta paraîtra juste. •

Csir. V. — Tribus çjtiufuor ex nocis ctri&us adiila, Sttttatina, Tronc ut inn. Sofinliiia, Arniensit : raipitvigiufi qniiujiis irioiium numerum rxpletere. La tribu Stellaline tirait son nom de la plaine de Stellate , en Ktrurie, entre Capëne et Veies; la Sabbaline, du lac Sabbatiu, aussi en Étrnrie.et la Tromentinc, du territoire de Tromenie. Quant a la tribu Antienne, son nom a donné lieu A de nombreuse* contestations ; les uns l'ont appelée ennemis, d'autres, el parmi eui Doujal <ed, ad tfiumDitphïni), Axietuis: d'autres enfin iïarniensii. C'est celle leçon , qu'ont suivie Cretier et Dureau-de-la- Malle. Cependant Drakeuborcb , el avant lui Cluvier \ttal. uni., I. 11 , ch. m j, avaient prouvé jusqu'à l'évidence que le véritable nom de celle tribu ne pouvait être quMrniensis, et ils le fout venir da fleuve Arnus, en Étruric.

Le nombre des tribu* , fiié A vingt par la constitution de Servitu Tulliu*, fui porlé A vingt et une par l'adjonction de la tribu Claudia , l'année de la mort de Tarquin. Nous le voyous ici de vingt-cinq ; plus tard il s'éleva jusqu'à trente-cinq , limite qu'il ne dépassa pas.

Caip. VI. — TVrliwj txt buique. On appelait cnusar légitime* eiemptaient du s

niort-

i. Ce* cause* i privilège accordé pour quelque grand service rendu A l'étal, cum me on en voit un exemple dans la personne de P. Xbalius, Ut. XXXIX, ch. iti ; (voyez aussi liv.XXIll, cb. », uun eiemption de ce genre, mais pour cinq ans seulement , accordée aui soldats de Préneste); c'elairal encore certaines dignités, comme les magistratures, les sacerdoces; l'émèrltat, ou l'accomplissement dea années de service auiquelles on était obligé par la loi ; enlin les maladies , les vices de conformation. Les colons maritimes étaient aussi eiempls du service militaire, et leur eiempliou était qualifiée de sarrosonclo (voj . I. XXVII, cb. iiivui). Cependant, dan» certaine» circonstances Impérieuses, comme celle* où se trouvait la république a l'époque où nous sommes parvenus, on n'avait égBrd A aucune eiemption, et les ransarii étaient enrôlé* comme les antres citoyens (voyez lit. VII, ch. tivm, ell. VIII, cb. n). Les guerres contre les Gauloia Étaient toujours an nombre de ces circonstances eiceplionnelles { voyez Cicér., Pro Fonleio, n. m ; PliWipp.. n. su, et Plularque, Vie de Camille, -il ad Un. éd. Reisk.) Au reste, quand les rausw-ii étaient appelés A faire comme les aunes le service militaire, on leur en réservait toujours la partie la motus pénible.

Ceir. IX. — l/giones uroMtt, quibus Quinrlius pra-

futrut ISousavum iu , cliap. vi, que Quinclius commanda iH'armee composée des causa rii etdesvieillards.il n'est pas probable qu'on ait choisi celte armée pour la donner i Camille tandis que, sous les ordre* de Q. Servillus , il y

eo avait une autre composée de soldats jeunes et valides, et dont on pouvait également disposer. Il semblerait donc convenable de substituer ici , dans le texte, Q. Servilius à Quinctius. Cependant, un peu plus bas, c'est bien Quinctius et non Q. Servilius qu'on envoie prendre le commandement de l'armée laissée par Camille chez les Volsques. Ce passage ne peut s'expliquer qu'en supposant, avec Grooove, que les généraux avaient changé d'armée, et que Q. Servilius avait pris celle de Quinctius, et Quinctius celle de Q. Servilius.

Cbâp. XI. — Solum eum in magislratibus , solum aptui exercitus esse.

Mes bienfaits vous font peur, et d'un esprit tranquille

Tous regarde/ l'excès du pouvoir de Camille!

A l'armée , à la ville . au sénat , en tous lieux,

De charges el d'honneurs on l'accable à mes yeux.

De la paix , de la guerre , il est lui seul arbitre :

Ses collègues , soumis et contents d'un vain titre,

Entre ses seules maius laissant tout le pouvoir,

Semblent à l'y fixer exciter son espoir.

D'où vient tant de respect , d'amour pour sa conduite ?

Des G a u lob à son bras vous imputez la fuite ;

Vos éloges flatteurs ne panent que de lui :

Mais que dcveniez-vous avec ce grand appui

Si , dans lr temps que Rome aux barbares livrée,

Ruisselante de >ang , par le feu dévorée ,

Attendait ses secours loin d'elle préparés ,

Du Capitule encore ils «'étaient emparés ?

C'est moi , qui, prévenant votre attente frivole,

Renversai les Gaulois du haut du Ca pi tôle?

Ce Camille si fier ne vainquit qu'après moi

Des ennemis déjà battus , saisi» d'effroi ;

C'est moi qui par ce coup préparai sa victoire ,

ht de nombreux secours eurent part à sa gloire.

La mienne est à moi seul , qui seul ai combattu.

Lipossb , Manlius Capitoliuus , act, I, se. m.

Coap. XI. — Ipse armât us capientesque arcem. Dans la traduction de cette phrase , il s'est glissé une faute d'impression : liseï tout armés au lieu de tout rames.

Dans les lignes suivantes , illius gloriœ pars virilis apud omnes milites , The-Live a indiqué une idée que Ci ce ma avait développée sous toutes ses faces, et avec une admirable éloquence, dans son di&cours pour Marcellus.

Chaf. XII. — Quœ nunc servitia romana ab solitudine vindiiant. Au temps où Tite-Live écrivait, et déjà même bien auparavant , dans les campagnes d'Italie, le nombre des esclaves surpassait de beaucoup celui des hommes libres. Cela tenait a trois causes principales : l'agglomération de toutes les terres entre lés maius d'un petit nombre de possesseurs qui les faisaient cultiver par des esclaves ; l'émigration de la plus grande partie de la population pauvre ou peu aisée , attirée à Home par les distributions de blé qu'où y faisait au peupie ; enfin la dispersion des citoyens dans l'immense étendue de l'empire. On se fera une idée de l'importance de celte dernière cause de dépopulation pour l'Italie, si l'on se rappelle que , dans la 6eule province d'Asie, et seulement quarante ans après la soumission de cette contrée , Mitbridate put faire égorger un nombre de citoyens romains tjue Valère-Maxime évalue à quatre-vingt mille, et qui •'élevait à cent soixaute mille , si l'on en croit Plutarque et Dion Cassius.

Au reste , les premiers empereurs , effrayés de la diminution progressive de la populatiou libre en Italie, et de l'accroissement du nombre des esclaves, essayèrent à plusieurs reprises d'y remédier ( voy. Soétooe , Cœs. t 42, et

Aug. 42); mais leurs efforts furent Tains : le mal ail*, encore en augmentant , au point que le sénat ayant pensé, dit Sénèque [de Clément., liv. I, cb. xxiv ), a distinguer foi esclaves par un habit particulier, fut obligé d'y renoncer, à cause des dangers qui eussent menacé l'empire, s'ils eussent pu se compter.

Chaf. XII. — Libraque et are liberatum emtm'f. « Manlius achète, par le cuivre et la balance, les droits du créancier sur son débiteur , auquel il donne ensuite la liberté. La vente par le cuivre et la balance se consommait ainsi : le peseur public tenait un balance, en présence de cinq témoius , tous citoyens romains et en âge de puberté; l'acheteur, tenant une pièce de monnaie d'airain, prononçait cette formule : «Hune ego hominem « ex jure Quiritium meum esse aio , isque mihi emptus

• est hoc are sneaque libra. » Eusuite il frappait la balance avec la pièce de monuaie , qu il remettait au vendeur, comme prix de sor acquisition. Cette coutume avait pris son origine dans le temps où les Romains pesaient le cuivre, faute de monnaie. » Cbevibb. — Voyez, dans la note sur le cb. xxxiv, les droits que la loi accordait au créancier sur son débiteur.

Chap. XII. — Thesauros gallici auri ocntllari a Patri- 6ii5. • Ce qui pouvait , dit Rollin (Hist. rom. t tome II, p. 526 ) donner quelque ombre de vraisemblance au reproche calomnieux de Manlius , lorsqu'il accusait les sénateurs de cacher l'or des Gaulois , c'est ce que Tite-Live rapporte dans le livre précèdent, ch. l, qu'on avait placé sous le piédestal de la statue de Jupiter l'or enlevé aux Gaulois. »

Nous avons reconnu dans une note du livre précédent ( p. 832 et suiv. ), que Camille n'avait pu reprendre aux Gaulois l'or qu'ils avaient reçu pour la rançon du Capitule. Faudra-t-il donc aussi rejeter comme également faux , et les reproches adressés par Manlius aux patriciens , et le fait rapporté par Tite-Live , livre V, chapitre l, et la tradition qui, suivant Pline, Hist. nat., livre XXXIII , chap. v, attribuait cette origine aux deux mille livres d'or enlevées par M. Crassus du temple de Jupiter? Nous ne le pensons pas: Niebuhr {H Ut. rom., t. IV, p. 550 de la tr. fr. ) donne de tous cessait s une explication fort simple , la voici : • Pour contenter l'ennemi , on aura pris l'or des temples du Capitole , et on aura fait vœu de le rendre au double. On prétend que, pour payer la rançon, on leva une taxe de propriété (• cum conferen-

• dum ad redimendum a Galhs civitateui aurum fuertt, ■ tributo collatiouem factam » ); mais cette taxe, iniposihle à percevoir dans la détresse où l'on était, aura bien pu être imposée plus tard , pour restituer avec usure ce qu'on avait pris dans les sanctuaires. »

Cbâp. XV. — Agmine ingenti... venit... hinc senatus, hinc plebs , etc.

Et quels soupçons surtout ne doit pas faire naître Le jour où , devant nous forcés de comparaître , Votre parti nombreux et celui du sénat Semblaient deux camps armés résolus au combat.

Lapossi , Manlius Capitolinvs , act. I , se. m.

Ibid. — Jam sibi ex favore multihtdmis crimen et per* niciem quœri.

VALÉBIUS.

Jusqu'à qumd voulex-vous , si prompt , si redoutable, Sans vous inquiéter de nos soupçons secreis , De tous les mécontents prendre les intérêts.

Les combler de faveurs? ordinaire industrie De qui veut à ses loto asservir sa patrie.

HISTOIRE ROMAINE. — NOTKS.

Fi quels marra» , «rigueur, de guérir »m soupçons ? M mol de lot frayeurs le» secreres raison»?

Doitje pour ennemli prendre loin cent qu'aiït n»e D'un sénat inhumain l'injuste violence?

Ktnii-jc criminel quand, par un doux accueil , l'apaise leur courroux, qu'lrrile ion orgueil ? Col mol , c'etl mon appui qui la couierre à Rome ;

.1 qu'ui

•Ulbu

Det dMki d'tutrul soigneux de >e cacher.

Offre à lou* nue main prompte à le* soulager?

Doue pitié al Jute est-ce k voua de voua plaindre?

SI c'est une tertu qu'en mol l'on doive crainJre ,

S du peuple un elle on ae fait un appui .

Pourquoi «lia- Je le seul qui I tierce aujourd'hui?

Queue m'eintei-vous un il noble avantage?

Puorqiioi chacun de voua, pour être eiempt d'ombrage,

Ne a'eltorce-l-il pu .par les mêmes bifnlaiU.

Oc gagner, d'attirer lea ami» qu' II» m'ont (alla ?

Ne peut-on do lénal apaiser lea alarmea

Qu'en affligeant le peuple, en mépriiaut le» larmes?

L'avarice, l'orgueil, lea plua dura traliement»,

Na bienfaits voua font peur

Lara», Mantiui Capitotinut , aet. t, ae. m.

Ins. — Sortem aliquam fertl. C'est II leçon de tout 1er inauuacTila et de» plu» ancienne* édition» ; c'est celle qu'a suivie Grouove et qu'ont adoptée aprèt lui MM. Leraaire et Lia. Ht l'expliquent comme dam notre trajuttiuu : • Demsndei-noui enfin ud capital quelconque , et ne change* pat incessamment vos réclamation! en y ajoutant tous les jours de nouveau» intérêts- • Cependant , il bot l'avouer, le sens donné a fer te rla ns cette étant Cette uilficnlté arrêta si des 1331 , Frohein tub«titua-t-il oiianv i allouant. Sa leçon, qui des tara lot reçue dans tons lea telles, a élé adoptée par Urakenbonlt, qui l'eiplique ainsi : • Hall pourquoi vous catUrté-je i rien sacrifier de ce qui vous appartient? «rrrutei d'autres conditions ; retranches du capital, etc. > D l'appuie sur ce que, dans les manuscrit), alnu et n/iquis not très-souvent confondus , et justifia d'ailleurs le sens (tonné par M à sortent et i ferle par de nombreux eiern pas pris, et dan» Tite-Live lui-même , et dans les écrl- >tiua du mente siècle ; il a été suivi par Crévier et Durera de la Halle. Doujal , dans son édition ad nsum Delstnti, tout eu adoptent le [eue des manuscrit», dit qu'on pourrait V expliquer d'une antre manière) • Supportes ■un, dit suivant lui Msnlius aux patriciens, supporte i sassi rolre part des malheurs publies : venez en aide aux pxhéamas, retranches du capital de leura dettes , etc.

Cair.XVII.— t'ont exprobrantium .miiititudint qnod irfworrt snos, etc.

Cn peuple variable . incertain et timide, Dont lewle. d'abord ardent. Impétueux, Prête t ar* protecteur» un appui fastueux, Ftqui , dans le péril . tremble cl le* abanuonnu.

Lirossa, Munlivt Capilolinm, ad. I, »c In.

Ctu. XX. — Ne fraîrei guident... domines prope ouq- Oasmios... dons...

Tandis que tout se tilt. Jusqu'à vos propres frères. C'est lui ( Servuiu» ) qot, s'oppoaantamaênaleura sévère», A. produit i leur» veux quatre cents citoyens . De l'horreur des prisons radiâtes de voa Mena , tant d'autre» par vos mains >aarét dans les batailles , Tant d'honneur a remportés en forçant (in muraille», uii couronnes. Le pris de dis combat» fameux. Et votre sang versé cent et cent fats pour t tu,

Larncsi.Hanfltrs t'opilofttt*» , act. T, se. i.

DsUU maralei eoratwit . dHroi orio. Il j espèces de couronne* militaires. • Los plus bouorsbles, dit Aulu-Gelle [N. A., V, 6), sont celle» que l'on nomme triomphales , ofrsidtotiales , dritju-j , muralri. raitralts et nara'es. Oo cite encore la couronne mal* ; la dernière de toutes est celle d'o licier, qui se donne A ceui qui , sans s'être trouvé» an combat , procurent le triomphe au vainqueur.

Le* couronne* triomphal» sont de* couronnes d'or, qu'on envoie au* généraux pour s'en parer à leur triomphe ; c'est ce qu'on appelle ou mm eoronarium. Dans les premier* temps elles étaient de laurier; depuis ou les fit

obaidiona'e est celle qui est offerte par de* assiégés au général qui les a délivrés. Elle est de galon cueilli dans le lieu où les assiégés étalent enfermé*, v On appelle couronne ririçue celle que reçoit comme un témoignage de reconnaissance on citoyen de la main d'un autre citoyen a nui il a sauvé la fie dan* un combat. Elle est faite de feuilles de chêne on d'yeuse,...

• La couronne murale est celle qne décerne an général I celui qui le premier a'eat présenté a l'assaut et a escaladé lea murailles d'une ville ennemie; c'est pourquoi elle est ornée de créneaux.

• On appelle castrai* la couronne qu'on général décerne an soldat qui a pénétré le premier, en romliatianl , dans le camp ennemi. Elle est surmontée d'ornement* en formé de retranchement».

■ La couronne natale se donne a celui qui , dans oo combat sur mer, s'est le premier élancé avec ses armes sur nu vaiiseau ennemi. Elle est ornée de prônes.

• Les couronnes murale, casirale et no cale, sont eu or, La couronne orale n'est que de tnyrlbe ; elle ornait le front des généraux qui rentraient en ville avec le* honneurs de l'ovation. •

Pline Iffiil, nnt., Il v. VII, th. xiviu) dit qu'avant ta dix septième année Mauliui avait enlevédeui dépouille*; qu'il fut le premier chevalier auquel on donna une couronne murale; qu'il obtint sis couronnes civiques , trente-sept récompenses militaires; qu'il reçut vingt trois blessures par devant, et sauva P. Servilius, maître de la cavalerie, quoique blessé lui-même a l'épaule et i la cuisse.

Isio. — IVibuni de saxo Tarpelo dejictnml. Deuya. Plutarqué et Varron , cité par Aulu-Gelle , Pi. A , livre XVII, es. ui , sont ici d'accord avec Tite-Live. Des termes de Dion-Cassiui (fr. un. éd. Reinur) compares à ceux de Zonaras et de Diodore de Sicile (XV, 25), on tire un autre récit qui n'est pat non plus sans wnlsemblance. Manliut, voyant qu'il ne pouvait échapper aux efforts qne le sénat faisait pour le perdre , *e serait décidé à risquer le tout pour le tout, et te serait emparé du Capitale. Abandonné alors par le* plébéiens de distinction, H aurait accueilli un esclave, qui, paraissant s'être glissé a travers les poste* du dictateur, lui promettait l'tppni de ses pareils, parmi lesquels, disait-il, une conjuration s'était formée. Msnlius se promenait sans défiance avec lui sur le bord dn précipice , lorsque te traître te tertit jeté sur Ini et l'aurai t poussé dans I abîme. Voyex Niebuhr, Htst. rom. t. IV, p. 41 1 de la tr. fr. — D'après un fragment de Cornélius Nepos que non) a conservé Aulu-Gelle { toc. cil. }, Mauliui aurait péri par le* verge*.

Isid. fliaiceïihrm hobtiit tir, nijt in libéra rititof' notut ettii. memoroMi*. ■ Les hommes qui vivent eu société, sou* quelque forum de gouvf«tnmeut que cn

8ÔK TITE-

Mil, ont besoin d'élre ramenés souvent 4 «aï-mêmes, ou aui principe* de leurs institutions , par des accidents citernes ou internes. Quant n cet derniers, ils sont de deux sortes : ou il but qu'ils soient l'effet d'une loi qui oblige lotis les citoyens A rendre souvent compte de leur conduite. Ou c'esl un homme qui, par l'excellence de son caractère et la supériorité de set vertus, supplée a ce que la loi n'a pas o|iéré. Ainsi le retour au bien , dans une république, dépend ou d'un homme ou d'une loi. Les lois dont les Romains te servirent pour ramener la république a sou principe furent celle qui créa des tribuns du peuple , celle qui nomma des censeurs, et toutes celles tendant à réprimer l'ambition et l'insolence.

• Pour donner de la vigueur et de la vie a ces sortes d'établissements , il faut un homme vertueux qui puisse opposer son courage a la puissance des transgresse un. Les cicmples les plus remarquables de pareils coups Trappes par celle autorité sont , après la prise de Rome, la mort de M. Hantius Capitolinus, celle du ris de Manlius Torquatus ; la punition infligée par PapiriusCursorAFabiut, son maître de la cavalerie , et l'accusation des Scipion. Ces événement*, aussi terribles qu'éloignés des règles ordinaires, n'arrivent jamais sans ramener les hommes au premier principe de la république. Quand ils commencèrent A devenir plus rares , ils laissèrent 6 la corruption le temps de Taire plus de progrès, et ne purent avoir lien eut mêmes qu'en devenant plus dangereux el •'opérant avec plus de luinulle....

• L'eiemple de Maulius prouve combien les plus belles qualités , les plus grandi services rendus A l'état , sont effacés par cette affreuse ambition de régner. On voit qu'elle eut sa source, cbexMnulias, dans ta jalousie qu'il conçut des honneurs accordés a Camille. Il fut tellement aveuglé par cette passion , que sans examiner l'état des mœurs de Rome, sens s'apercevoir que le sujet sur lequel il avait A opérer n'était pas encore apte a recevoir une tonne de gouvernement vicieuse, il se mita eiriter des troubles contre le sénat el contre les institutions de son pays. C'est A cette occasion que se Ht sentir l'eicelleace des lois M de la constitution de Rome. A l'instant de ta cbule , pu un de ces noble» si ardents 1 se soutenir et a se défendre réciproquement entre eus , ne (II uu mouvement pour le servir; pas un de ses parents ne lit une démarche en sa faveur; et taudis que les autres acculés voyaient leur famille en deuil, les cheveui couverts de poussière, et avec tout l'eitérienr de la plus profonde tristesse , se montrer avec cm pour esciter la commisération du peuple, Maulius ne vit aucun des siens paraître avec lui. Les tribuns , si accoutumés A favoriser tout ce qui paraissait A l'avantage du peuple, et dont l'intérêt était d'autant plus marqué qu'il paraissait nuire A la noblesse, les tribunsdans celle occasion te réunissent aui noble* contre cet ennemi commun. Enfin le peuple, qui avait montré d'abord tant de faveur A Maulius, au moment où celui-ci est cité par les tribuns, qui portent fa cause A son tribunal, ce même peuple.de défenseur devenu juge, sansancon ménagement le condamneau dernier supplice.

■ J'avoue que je ne crois pas qu'il y ait de Tait dans l'histoire qui prouve plus l'escellence de la constitution romaine que celui où l'on voit un homme doué des plus belles qualités , qui avait rendu les sert ires les plus signalés et au public et aui particuliers , ne trouver, dès qn'il devient coupable, personne qui fasse le plus pelit mouvement pour embrasser sa Jeteuse. C'est que l'amour do la patrie avait dans tons les ercuri plut de pouvoir qu'aucun autre seutimeut. Ayant plu d'égard aux dan-

gers présents , auxquels l'ambition d.' Hanliua l'avsit exposée qu'a ses senice* pissé* , Rome ne rit que ta mort pour se délivrer de ces dangers. ■ Telle lut, dit Tile-

• Live , la Ou de cet homme , qni eût ete raoosnmandaMe ■ s'il ne fût pas né dans un pays libre. ■

i Sans contredit , si Manlius fût né au temps de Marins et de Sylla , où les cœurs étaient déjà corrompus et où il eût pn les diriger d'après son ambition , il aurait eu les mêmes sucrés que Marins , Sylla et tous cens, qui depnis aspirèrent A la tyrannie; et si Marin* el S) 11* entsent vécu au temps de Maulius , ils eussent échoué comme lui. Car un homme peut bien par sa conduite et ses manières criminelles commencer A corrompre un peuple; mais il est impossible que sa vie soit assez longue pour qu'il puisse en recueillir le fruit; el quand bien même ce temps lui suffirait pour réussir, le caractère naturellement impatient des hommes , qui ne peuvenl souffrir de retard dans leurs jouissances, serait un obstacle a ses succès, en sorte que, par trop d'empressement ou par erreur, on le verrait A contre-temps tenter sou enlrepriie et y échouer. ■ (MicBlivEL, DiiMMrl i»r In yremirre décade de Tïlt-Libt: lit. III, t. ■ et vin, trad. de Guirodet. }

Voici le jugement que porte sur Maolius un ancien historien latin, Q. ClaudiusQuadrigariut, dan* un fragment qui nous a été conservé par Aulu-Gelle (XVII. 2).

1 1Nam M. Manlius , quum Capitolium serrasse a Galiit

• supra oslendi, cujusque opérant euro M. Furio dicta-

• tore apud Gallos comprime fortrm olque exsuperabi-

• lem retpubliea sentit, Is et génère, el vi, et virtute

• bellica nemiui coucedebat timul forma, faclis. elo-

• quentla , dignilate, acrimonie, conlidentia pari 1er prav

• cellebat : ut facile intelligeretur magnum Halicum ex t se alque in se ad rempublicam evertendam hahere. •

• Car M. Manlius, qui sauva des Gaulois le Capitule, comme je l'ai montré plus haut, et dont l'activité, secondée par M, Furius, dictateur, se montra merveilleuse ment forte et insurmontable contre eus , au profit de la république, ne le cédait a personne en naissance , en vigueur, eu vertu guerrière Il se faisait également remarquer par sa taille, ta bravoure, son éloquence, ta dignité, sa sévérité, son assurance, en sorte qu'il était facile de voir qn'il avait par lui el en lui de puitsaotee ressources pour le renversement de la république. ■ ( Trad. de M. Armand Cassa n , lettre* inèd. de Fronton et Marc-AariU).

Cm p. XXIX. — Ea qnaque rijiugnalte. Piiebuhr ( I. II, p. 661 ; t. IV, p. 5T9 de la tr. fr. | combat a tort Tite-LWe an sujet de la prise de VéJilres. Il s'appuie du témoignage de l'ancienne inscription citée plut bas par notre auteur; or ce monument est au contraire favorable A l'historien romain. Tîte-Live en effet dit que Vélitret fut prise avec huitautret villes, et c'est aussi ce qu'affirme Paul Diacre (11,1). De plus, il remarque expressément que Prêneste ne fut pas enlevée de vive force, mais qu'elle *e rendît; d'ofi l'on peut conclure que Vélitre* était comprise dans les neuf villes prises d'assaut. Si Tite-Live, dans son récit, ne parle d'abord que de buit villes , c'est qu'il veut distinguer Vélilres, et insister sur ta couquétt-. C'esl A lorlaussi que Wachsniulh ( Die œttere GftrhithU des rarm. Sliales. p. 416 ) avance que l'inscription ne

liant

donner le sommaire de ce monument , n'avait pas besoin d'ajouter que Préncste se rendit le dîiième jour, ou bien que les neuf villes avalent été prises en neuf jours, comme le voudrait Hcusinger, dont la conjecture uppida

HISTOIRE ROMAINE. — NOTES

tam di/btu novem, ne parait pai nécessaire. La prinripate difficulté, élevée par Klebubr, lient A ce que Vélitrra est prise ici sans grand'peioe par lei Romains, umdisqoedaus la auite toute la puissance romaine échoua denol cette place Jurant plusieurs année*. Mais rien n'empêche d'admettre que In Yélilernieni . ayant recourt leur indépendance a la faveur des (rouble! de Rome, tortillèrent leur fille arec plui de soiu et, l'élut mit a l'abri d'une nouvelle surprise, opposèrent a une secoade attaque nue résistance longue et opiniâtre. a,eb.iim.

Cas». XXXIV. — In nrfce rit patrum in dits mistrifffw plroij crtirebant. Nous ne pouvons noua refuser ici m plaisir lit: citer quelque* belles paies où M. Micbelet a doqueminent exprimé celle misère du peuple romain: le lecteur y trouvera d'ailleurs les principaus traita de la législation dea doue tables su sojet dei débiteur*. La (smaiaunce de ce* lois jettera de rive* lumière* sur ptaiieur* passages de ec livre, qui , sans cela, prêter le nient de sérieuses difficultés.

• Voyons quelieélai! à Romela situation des plébéien*. Le cens dn consul Valérius Pnbticola donna cent trente mille nommes capables de porter lei armes, ce qui ferait apposer une population de [dus de sis cent mille Ame* . uns compter le* affranchis et le* esclave*. Il fallait que MU multitude tinli *a subsistance d'un territoire d'enîiroo Ireîie lieues carrée*. Nulle autre industrie que l'agriculture; entouré de* peuples ennemi*, le* terre* «aient exposées a de continuels ravages, cl la ressource iunrUme du butin enlevé a la guerre ne suffisait pas poar le* compenser. La guerre oie plus au raiucu qu'elle «donne au vainqueur, quelques gerbes de blé que rapportait le plébéien ne compensaient pas la perte de sa ebau- Eihr incendiée, de ici charrues , de ses bœufs, enlevés I innée prcvédcnle par les Ëques ou les Sabius. Lorsqu'il reatorit dan* Rome, vainqueur et ruiné . et que ses entais l'entouraient en criant pour avoir du pain , il allait sipper à U porte du patricien ou du riche plébéien , deaandait h emprunter jusqu'à bt campagne prochaine, promettant d'enlever aux Volsques ou ani Étrusques de ipoi acquitter ai dette, et hypothéquant sa première nuire. Cette garantie ne suffisait pis : il fallait qu'il en- PCeaisou petit champ . et le patricien lui donnait quelque subsistance, en stipulant le Uni énorme de douze pour Mit par année. Depuis l'institution de* comices par cenlarie», le pouvoir politique ayant passé de la noblesse è li richesse, l'avidité naturelle du Romain fut stimulée par l'ambition, et l'usure était le seul moyen de salissure cette aridité. La valeur du champ engagé était bientôt absorbée par le* intérêt* accumulés. La personne ia plébéien répondait de la dette, quand on dit la personne du père de famille, ou dit sa famille entière; car sa femme, ses enfants ne sont que ses membres. Dès lors il pouvait encore voter au forum , combattre a l'armée ; il n'en était pas moine nexus, lié; ce bras qui frappait I ennemi, sentait déjà la chaîne du créancier. La terrible «iminaiio copiii» était Imminente. Le malheureux allait, venait, et déjà il était mort. Enfin l'époque fatale arrive. tant payer. La campagne n'a pat été heureuse. L'armée rentre dans Rome. Qae deviendra le plébéien ï Le* dusse tables donnent la réponse ; elles n'ont Tait que consacrer le* usages antérieurs. Écoulons ce chant terrible Je la loi i tex horrendï carmin il irai). Tite-Livz.

• Qu'on l'appelle en justice i s'il n'y va , prends des lé- • moins , contrains- le. Vil diffire , et veut lever le pied ,

■ mets la main sur lui. Si l'âge ou la maladie 1 empêche

■ de comparaître, fournis un cheval, mais point de

■ litière. • Eb quoi! le malheureui est revenu blessé dans Rome; son aang coule pour le pays, le jcllerezvoua mourant sur un cheval .' n'importe , il faut aller. Il se présente an tribunal avec h femme en deuil et ses enfants qui pleurent. •

• Que le riche réponde pour le riche; pour le prolé-

• taire, qui voudra. — La dette avouée, l'affaire pigée ■

• trente jour* de délai. Puis, qu'où mette la main sur t lui , qu'on le mène an juge. — Le coucher du soleil

■ ferme le tribunal. S'il ne satisfait pas au jugement, si

• personne ne répond pour lui, le créancier l'emmènera

• et l'attachera avec des courroies ou avec des chaîne*

■ qui pèseront qui nie livres; moins de quinze livres, si

• le créancier le veut. — Que le prisonnier vive du sien.

• Sinon , donnes- lui une livre de farine, ou plus , a votre

■ volonté. • Grave soit rendue â l'humanité de la loi ! elle permet an créancier d'alléger la chaîne et d'augmenter la nourriture ; elle lui permet bien d'autres choses en ne les défendant pas ; et les fouets . et l'humidité d'une prison ténébreuse et la torture d'une longue immobilité

J'aime encore mieux m'arrèler dans l'horreur de ce cachot , que de chercher ce qu'est détenue la famille de ce pauvre misérable, esclave aujourd hui comme lui. lieureaisi, par une émancipation prudente, il a su présener a temps ses envols. Siuoo , leur p"re pourra , de l'eroashifaim obscur où on le retient , tes entendre crier sous le fouet, on peut-être, an milieu dos derniers outrage*, l'appeler à leur secours...

• S'il ne s'arrange point , tenn-le dans le* lieu

• soi sa nie jours ; cependant produisez -le en justice par > trois jours de marché, et là, publiez a combien se monte

• la dette. • Héla* I lorsque l'infortune sortira des tortures dn cachot pour subir le grand jour el l'infamie de la place publique, ne se trouvera 1-il donc personne pour l'arracher n ce* mains cruelle*!

■ Au troisième jour de marché, s'il y a plusieurs créan-

• ciers, qu'ils coupent le corps du débiteur. S'ils coupent < plus ou moins qu'ils n'en soient pas responsables. S'il*

■ veulent, Ils peuvent le vendre a l'étranger au delà du

• Tibre. • Ainsi, rions Shakspearc, le juif Sbylock stipule, en cas de non paiement, une livre de chair è prendre sur le corps de son débiteur. • | Histoire romaine , liv. I, cb. 2, 1. 1, p. 153 et tuiv., 2' édit. ).

Il parait difficile d'admettre que le terme t/rnnio, de la lot des douie tables, ait été jamais pris dans le sens que M. Michèle! lui donne, d'après Aula-Gelle. Si la prescription ne la loi eût été aussi cruelle , l'occasion n'eût pas manqué ù Tite-Livo d'en tirer des mouvements oratoires; or il n'y Tait pas une seule allusion. Du reste le sens prêté à tecare n'est pas le seul dont il soit susceptible. Dans Cicéron st rlor indique l'acheteur. Voyez Philipp., Il, 26; pro finir. Amer.. Xxll; de tarent., L *Si Asconius, sur Cic. in t'err.. II, I, 20, ne laisse aucun doute à cet égard. Ou peut donc penser que par itranto la loi prescrivait uniquement le partage de* bien* du deliteur; et, ce qui porterait encore a préférer ce aens, 'est qu'elle autorise plus bas a vendre le prisonnier au delà du Tibre. Elle n'avait donc d'autre objet que de satisfaire l'avidité et l'avarice des créanciers. Cuir. XXXIV. — Quum ad itf, ntori) rjiiî iniuefa,

■paiiistt minor h'abia, ri*i(i sorori fuit ..... nnpfn

i domo. quam nrr honos, tue gralia mtrare pomtt. Celte petite aventure n'est rien moins que traiteru-

blable. La jeune Fabia avait pu s'habituer au bruit du licteur dans la maison de ion père. D'ailleurs de ce que son mari, Licinius Stolon, était plébéien, il ne s'ensuivait pas qu'elle dût désespérer d'entendre on jour ce bruit chez elle : il y ai ait vingt quatre ans que le peuple était admis au partage du tribunal militaire; le père de Licinius avait été deux fois élevé à cette dignité ( I. V, cb. xvm et xi), et son grand -père, P. Licinius Cal vus, était le premier de sou ordre qui en eût été revêtu ( 1. V» eh. xii ). Du reste rien neprome que cette anecdote, dont Beaufort ( de llncert., II, c. 10,) et Niebuhr (t. III, 2; 1. V, p. s, tr. fr. ) ont démontré la fausseté , soit empruntée à des annales plus récentes, car Tite-Livc la donne comme authentique. 11 faut en voir l'origine dans la baine des patriciens qui la répandirent de bonne heure, aiin de dissimuler leur défaite , en assignant aux rogations de Licinius Stolon une cause aussi puérile.

La famille Licinia est une de celles qui fournirent le plus de grands hommes à la république. Trois de ses branches se sont surtout illustrées, les Crassus, les Lucullus, les Murena.

Cbap. XXXV.i— Creaiique tribuni C. Licinius el L. Sextius. Dodwell intercale ici nne année à laquelle il donue, pour tribuns militaires avec puissance de consuls , L. Papirius, L. Meneuius, Ser. Sulpicius, Serv. Cornélius, qu'il trouve mentionnés dans Diodore pour la première année de la cent troisième olympiade. Voyex, au reste, daus son ouvrage m^rae les raisons qu'il développe, pour justifier sa conjecture. Dissert. X, de Cyclis Ronianortim, sect. 82.

Cbap. XLI. — Omitto Licinium Srxtiumque, quorum annos in perpétua potestate, lanquamregum in Capitolio, numeratis. Ce passage a été expliqué de différentes manières , par les commentateurs. Les uns ont vu, dans ces mots, in Capitolio, une allusion aux fastes capitolins, les autres au lieu où se tenaien. alors les comices tribuniciennes. J. Gronove pense qu'il faut les retrancher du texte où ils ont pu, dit- il, être ajoutés par un copiste qui aura trouvé que la phrase ne finissait pas d une manière harmonieuse. Suivant M. Lemaire , qui adopte l'explication de Gisb. Cuper, Tite Live aurait eu en vue les statues des rois , qui , au rapport de Pline , XXXIII, 1 et de Dion Casai us, XLIII, se trouvaient au* Capitole , et sur les piédestaux desquelles était gravée la durée des différents règnes. Or, les années pendant lesquelles Licinius et Sextius avaient exercé le tribunat , se suivaient sans interruption , comme celles de ces règnes; on pouvait doue aussi les compter en se servant de l'adjectif numéral avec le mot minus {novem annos), au lieu de 1 adverbe termiuéen uni, nonum, dont on se servait ordinairement. Crevier, qui ponctue différemment, et place la virgule après reyum, au lieu de la placer après Capitolio, pense qu'il s'agit ici des clous que l'on enfonçait tous les ans dans le mur de droite du temple de Jupiter, et qui servaient , dit-on, à compter les années. 11 faudrait alors traduire ainsi : « Je laisse de coté Licinius et Sextius; vous pouvez compter au Capitole les années de leur pouvoir perpétuel comme celui des rois. » Mais il est constant que ces clous n'étaient pas une indication chronologique et n'avaient qu'un objet purement religieux. Voy. M. Leclerc, ouv. cit. p. 69.

lai o. — Quid enim , si pulli non pascentur. Benjamin Constant, dans son ouvrage sur le polythéisme romain, L XII, cb. i, fait allusion à ce passage de Tite-Livc.

• Tito Live, dit-il, ne peut s'empêcher de parler avec

un sourire involontaire des pratiques relatives aux pou- If ts sacrés; mais tout à coup il se le reproche, et, reprenant une gravité forcée : « c'est en ne méprisant pas

■ ces pratiques, dit-il, que nos ancêtres ont rendu la « république glorieuse. » On voit qu'il aimerait à rendre hommage aux institutions de Kuroa ; mais , après les avoir décrites avec éloge, il les fait redescendre, malgré lui, jusqu'au rang subalterne d'un calcul. II appelle la religion un moyen efficace de subjuguer une multitude ignorante et féroce. ■ La crainte des dieux, dit-il, ne

• peut s'emparer des âmes sans quelque supposition de c miracle. Nu ma feignit donc des entrevues secrètes avec

■ Égéric; et, comme il est beau de pouvoir à volonté

• suspendre les assemblées populaires, et frapper le pen-

• pie d'immobilité, il inventa les jours faste* et néfastes « (I. I, ch. xix.) • Ainsi chaque pratique, chaque rite, chaque tradition , chaque article de loi est analysé , expliqué, dépouillé de tout prestige. On croit défendre la religion en indiquant son but , et l'on ne sait pas qu'en lui donnant un but hors d'elle-même, on porte la hache à la racine de l'arbre dont on veut sauver les rameaux. »

« Ciiap. XLI. — Apicem dialem. Apex, du vieux mot latin apere, lier, signifie une petite branche d'arbre, de ceux qu'on appelait ftlires, laquelle s'attachait avec de la laine sur le bonnet du flamine. Le fil de laine s'appelait apicvlus. Souvent apex se prend, comme ici, pour le bonnet lui-même. • Cbevieb.

Cbap. XLII. — Beilatum cum Gallis. Pour le récit des combats entre les Romains et les Gaulois on ne peut prouver le défaut de sincérité des sources où a puise Tite-Live, et Ton n'est pas fondé à invoquer contre loi le silence de Polybe, qui ne parle que des incursions des Gaulois conire les Romains; incursions qui, suivant lui, n'auraient pas été repoussées. Polybe ne donne de celte guerre qu'un abrégé fort succinct. De plus les calculs chronologiques prouveut qu'il a omis plusieurs faits. Dans le compte qu'il a soin de toujours donner des années écoulées dans l'intervalle d'une expédition à l'autre , il manque huit années. II arrive en effet au nombre quatre-vingt-dix-neuf; tandis qu'il s'est réellement écoulé un intervalle de cent dix-sept ans depuis la prise de Rome jusqu'à la mort du consul Lucius. Niebuhr ( t. III, p. 87 ; t. \ . p. 104, tr. fr.) dit à ce sujet : « On doit à Polybe une foi entière pour son temps; mais il n'en est pas de même des époques plus anciennes , pour lesquelles il a dû chercher dans les annales , au risque d'omettre les faits d'une année, comme cela parait lui être arrivé pour la dictature de 59 1 ( 596 ) .

Isio. — Pluribus auctoribus magis adducor. Tite-Live rejette le récit de Claudius et adopte une version plus accréditée. Les annales variaient en ce que, suivant les unes, le premier combat, celui de l'année 588, fut livré sur les bords de l'Anio, tandis que le second, celui de l'année 594, eut lieu près d'Albe. Telle était l'opinion suivie par Claudius D'uadrigarius , Plutarque et Polybe qui toutefois omet le combat peu important de l'Anio. Suivant d'autres ( Tite-Live, Denys , etc. ) . le premier combat fut celui d'Albe, et le second celui de l'Anio. Le changement d'armes , la mention du vin d'Albe, et d'autres détails, qu'on trouve dans Denys d'Hatycarnasse, prouvent que les annales étaient sur ce point plus explicites que ne l'est Tite- Live, dont la brièveté eu cet endroit doit s'expliquer par son empressement habituel d'arriver à la fin du livre. C'est pour cela aussi que les grandes et dernières lottes

HISTOIRE ROMAINE. —NOTES

entra le* patricieu» et le» plébéien», qui assurèrent le triomphe (Winilrf de» loi* Llcinh-nnes, sontA pane in-

Csif. XLI. — L. A'earliu» de plebt primai eonini fnetitf . DubIi dorniére partie de ce liire Tite-Live suit surtout Fttw», ou du moins ion système chronologique. De 11 prise d* Some par les Gaulois a la création de* pre- ■ion «itunl» plébéien» il y a vingt-deui «ni, »elou le r*rit de Tite-Live (cf. Peritonlus Animadv. liât., c. •t. p. 462). Celait l'opinion de Fabiut i Aulu-Gelle, V, I). Suivant d'autres, cet Interi aile était de vingt-trois ans, atéana la vingt-quatrième année ae plaçait le coniulat plébéien. Ces* ce dentier ijilcme qu'adopte Tite-Live dans bkvre luivanl, mettant ainsi ta narration en désaccord xwceOedo tiileme litre; toit qu'il Tait empruntée à

fiulre* annale», toit qn'il ait eu do» faste» différents sou» loieni. Ainsi 1. VII, ch. i, il dit que Camille vécut viugiôbj ans après la prise de Rome. S'il en est ainsi, le* conse» plébéiens de l'année précédente ont été en charge pesdaiu la vingt-quatrième année , et durent par conséfutètre designé» la vingt- troisième. C'est ainsi encore tac dans le même livre, ch. mu, û ta Un de l'an WO.il roupie trente-ciuq ans depuis l'incendie de Rome, et saie depuis l'inititution dn consulat plébéien; ce qui ■■ce celle institution a la vingt-quatrième année qui «ii il la prise de Borne.

Cair.XLII. — Quhib tamenper dirtatorm condiliorttiiedata disrordia: .(uni. ■ Ce fut, dit Plutarque, en «nàiunt la biographie de Camille, le dernier acte de a rie publique. L'année mirante, une maladie cooladease exerça sur Rome fi ravages; une multitude inlùderitojeii», et parmi eai beaucoup de magistrat», en tant victimes ; Camille fut du nombre. A ne considérer •M Mo Age, et aa lie comblée d'honneur», sa mort ne tt certainement pas prématurée. Cependant elle affligea Mie» Romains, A elle seule, qae toutes celles qu'ils •sreU A déplorer dans ces tristes circonstances. >

laa. — VI htdi irtaxtml fièrent, et dits unus ad tri- •se» adjiceretvr. Il s'agit ici des fériés latines, dont il i«e question dans le liire précédent, ch. t. Le temoi- !■*»■ de Plutarque ne laisse aucun doute a cet égard ;

T«i; a .«lcvyU-oiii Anrl«o( pin ipipr, ipaiti-rraz, toprSfiiï <***?mç. **fturtxa M *(l»fii ïœI tttpcrftjfaptîv 'Fwpalouç ntflvrn;.

\yit & Camille . 43, éd. Relsk.lll ajoute que Camille 1» reconduit ebra lui aui applaudissements du peuple tost entier, et que , pour rendre grices ans dieux de la rteaocilialion des deui ordres de l'état , on décida qu'un teetpie serait eleté * la Concorde, selon le voeu qu'en l'ait fait ce grand homme,. de manière à dominer le lieu ai s'sMembUient les comices.

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