SW TITE
larque noui apprend que Marius ayant échoué dan* m candidature à l'edilile curule, se présenta aussitôt 1 l'cdilité plébéienne, où il échoua encore, el que, uni *e laisser abattre par ces deux échecs, éprouvé» en un même jour, ce qui n'était encore arrivé a personne avant lui , il alla , quelques jours après, s offrir aux suffrages du peuple pour la préture. Moins malheureux cette fuis, il Tut élu , mail ion élection ne Fut pai exempte du soupçon de brigue. ( Vie de Marivi, ch. v.)
Cair. I. — Veremndia indf impoîila est «notai expatribus jubendi adilts curulet rreari. Niebubr, t. III, p. 39; I. V, p. 46 et suit, delà Ir. fr., entre dans beaucoup de détails pour prouver qu'on ne peut voir rien de sérieux dam ce sentiment de délicatesse qui décida les patricien* à partager l'édilité curule avec les plébéiens. Mais tel n'est pas le ieus de la phrase de Tite-Live, et Kiebubr ne tient huciiu compte de ce* mola : non palientibm tacitum tribunii, qui prou veut en effet ce que Siebubr n'avait pas besoin de deviner, savoir que ce partage de l'édilité curule ne fut qu'une concession forcée de la part des patriciens, qui cédèrent moins à un sentiment d'équité qu'a uue réclamation énergique des tribuns.
Iaio. — Gratta campestri. ■ Par l'influence des tribus
■ de la campagne. • Piuus peuaont qu'au lieu d'adopter cette traduction de Bureau de Lama Ile, il eut mien t valu s'en tenir a l'explication donnée parûr*lfeuburch,Crevier et M. Lemaire. Urubu campeitris signifie certaine meut la faveur du L ha ni u -de- Mars, ou des centuries qui s'y réunissaient, comme, daua Valère Maxime, tnmpeilrii Irmmloi veut dire les hasards du Cbamp-de-Mars, les chances des élections. On pourrait citer une (ouïe, d'e temples où le mot campeslri* est employé dans ce sens. D'ailleurs milieu tribus est l'expression consacrée pour désigner les tribus de la campagne; camprslm Iribui n'est pas latin.
Quant an mot ceperunl, où Dureau de Lamalle voit l'eipressiou d'une aorte de lutte, il est ici tout 1 bit sjnoujme dé effererunt ut tue copertt. Ainsi celte phrase du li*»V, cb. xiil, LirtnlU» ut Ceptral faoud tumultuost magistrat)»* , exclut tuute Idée de lutte, et il en est de même de cette antre, du liv. VII, c. m, gui trois). teinte tpreta nterctdem comulatam cepisstt.
Nous traduirions donc ainsi ta phrase qui donne lieu o cette note : • Les patriciens , par leur influence dans
• le Champt-de-Mars , obtinrent la préture pour Sp.
■ Furius Camilhss, Dis de Marcua, el lédilité pour
• Cn. Quinctius Capitoliuui, et P. Cornélius Scipion, < trois hommes de leur ordre. • Tite-Live dit atsex clairement que le Spuriux Furius Camillus , dont il esl ici question , était le Dis de Camille le dictateur. 51 l'on eu doutait cependant, on pourrait recourir à l'autorité de Suidas , qui dit au mol ira aiTtup -, irpàiTt; eTpsnrjo; im* tûyftn iPcùpiot Kàu.iU.o;, «aï; Ksu.iU.ou i(û iroUim; fuovspjiiosvTot , 1* itpsitbifi rç tSts -[Iûtt^ t\ 'Puiiaïu Wsium
Cuir. — I. Ludi quoque xranici. Ce que Tile-Live dit ici des jeut scéniques parait emprunté aux annales. Déjà Fabius était entré dans quelques détails sur les jeui du cirque (IX'uys, VU, Il ); et Tile-Live y revient encore après lui, et il donne la raison morale qui t'a engage à le faire. 11 n'est pas vrai qu'il «oit sur ce point en dissentiment avec Valérius Aolias (Cf. X XX VI, H). Car V*lerius ne dit pas que le) jeux scéoiqnes furent donnés alors pour la première lois, maïs que j>our la première fois ou les ajouta aux jeux de Cybdo.
Ciip. II. — t-'nrmnino p«rsti. Les poésie* fescesinines étaient des dialogue* en vers grossiers. Improvisés le plus souvent 4 la suite des moissons et des vendangea, et imités, si l'on en croit Horace (Ep. II, I. 159 | , des Étrusques et des Falisquea. Elle* tiraient leur nom, soit de Fesrennia, ville de Campanie (Servins ad Virg., A£n.,vu, 6931, aujourd'hui Cïita CatteUnna, soit de r'ascinvs, dieu des sortilèges, qu'elles avaient, disait on la vertu de conjurer. (Festni, au mot ftscennini.l
Les vers fescennius, suivant Servius, n'avaient d'autre mesure que celle du chant, c'est-à-dire qu'ils étaient rhylhmique) et non métriques; il ne nous reste d'ailleurs aucun monument qui puisse nous taire connaître quelle était leur forme. On ignore même en quoi il* différaient des vers saturnins qui , avec eui , formaient A cette époque reculée loul le domaine de la poésie italienne. Seulement on sait que les vers fescenuins étaient usités dans les Mes joyeuses , dans les noces, dans les trio ni plies , et semblaient renfermer une idée de raillerie et de licence, tandis qne les veis saturnins paraissent avoir elé plus particulièrement destinés aux sujet) graves et religieux.
La licence qui régnait dans ces poésie) était extrême. Aussi fut-un obligé de la réprimer par les peinn le* plus sévères : une loi de* douze table* , appliquée depuis a ut scène, et renouvelée par Auguste (Citer, de ReptM., I. IV, ap. Augustin, d* Ctrif. Dei. 11, 9) condamnait a la peine du fouet ou du bâton les auteurs de vers diffamatoires. Voy. Schcell, llLt.de ta l.itt. (ton-, 1. 1, p. ÏS, et M. Magnio, Origines du théâtre moderne, t. I, p. 395. Nous voudrions aussi pouvoir renvoyer no* lecteur* aux travaux de U. Patin, qui, dans ses cours de 1833 el 1833, a traité avec autant d érudition que d'ingénieuse critique toute* le* question* qui te rattachent aux origine* de la poésie latine.
Iein. — Sortant». Voyez l'abbé Dubo* : Réflexions critique* nu- ta poésie et la peinture. HI* partie, «éd. 13.
laio. — Saturas, Ce* pièces, ainsi que non* rapprend
Tile-Live, différaient par un peu phi* d'art de* improvisations fescennines; elles en dureraient aussi par une plus grande étendue. Ou les appelait salira à anse du mélange do musique, de parole* et de danses qu'elle* offraient. C'est ainsi qu'au moyeu Sge on douna le nom do farces, (arcituret. pièces farcies, à certaine* eomporiliont ecclésiastique* qui offraient nn mélange de plusieurs langues. Satura | salui a tans), signifiait, en langue osque, un plat rempli de tontes sortes de fruit*, que l'on offrait chaque année * (1ère* et aBacchns comme les prémices de la recolle, et par suite uu met* fait de plusieurs choses , un pot-pourri. Satura Ux, dam le droit romain, est une loi qui renferma plusieurs litres.
Ces pièces composèrent seules , pendant plu* d'un siècle, les jeux scéniques a Rome. Elles sont le véritable drame romain, le dranm indigène de l'Italie. 11 D'y eut qu'une ressemblance de noms purement fortuite entre elles et le drame satirique des Grec*. La Grèce n'offre même rien qui soit analogue A la satura romaine. ( V. Frid. Slieve, de rtï srruicœ roman. Orig. p. 43. )
Lorsque dans la suite ces drames populaires firent place, sur les théâtres de Home, d'une part aux tragédies traduites ou imitées des Grecs, de l'autre a nue nouvelle forme du drame indigène, les aiellanei. In sutura ne périt cependant pat tout à fait. Le nom resta dans la langue, non plus, il est «rai, pour désigner un ouvrage dramatique, mai* no poème didactique, uior- I daut et railleur. Telles furent le* taUras d'Luuiu* do
HISTOIRE ROMAINE. - NOTES
fttf
Loàhtts, d'Horace, de Perse et de Juvénal; dans lesquelles on peut du reste remarquer une tendance à retenir à l'ancienne forme dialoguée , qui avait fait, dans forigine, le caractère essentiel de ce genre de poésie.
Quant à la satire Yarrooieniie, composition mélangée de prose et de vers, et qui fut imitée par Pétrone, Séneqoe, Julien et Marcianns Capella, son nom est romain , et loi vient de sa nature même; mais sa forme a été imitée de Mènippe, et c'est de là que lui est venu le nom de Mnippee, par lequel on la désigne encore. Cicéron (Académiques. I. I, en. ii ) met dans la bouche de Varron, luimême, un aveu de cette imitation.
Aucune question peut-être n'a donné lien à une poléœique plus traie et plus durable que celle de l'origine delà signification du mot satura, Sans entrer dans la discussion , nous nous sommes bornés à présenter l'opinion la plus probable et la plus généralement admise aujourd'hui. On peut la voir appuyée de toutes ses preuves , dans l'ouvrage déjà cité de M. Magnin, pages 304 et sui- Taoles. Ceux de nos lecteurs qui seront curieux de conmitre les conjectures émises par les différents critiques qui se sont occupés de cette question , pourront consulter Dader. Discours sur la Satire, dans les Mémoires de ÏXctuLdes Inscript, et Bettes Lettres, t. II.— Dussautx, Discours sur les Satiriques Latins, en tête de sa trad. de Javéoa] ; — De Guérie, Questions sur Pétrone, deuxième partie, g 2; — M.Tbery, de la Satire, en tête de sa trad. de Perse ;— et Schcell , Histoire abrégée de la Litt, Rom,, LI*p. 144 etsuiv.
Cbap. II. — Descripto jam ad tibicinem cantu. On pourrait croire que ces flûtes qui accompagnaient licteur ne servaient qu'à le remettre de temps en temps sur le ton , et qu'elles ne jouaient que pour lui rendre à peu près le même service que Graccbus tirait d'un joueur de flûte tandis qu'il narauguait; mais on se désabusera bientôt, pour peu qu'on fasse réflexion à ce que nous disent les anciens de ces accompagnements. Voià un passage de Lucien qui suffit, ce me semble, pour détromper ceux qui seraient là -dessus dans l'erreur. C'est Hermonidès qui parle à son maître Timolhée: •Je voudrais, dit-il, le même succès que vous eûtes,
• lorsqu'à votre arrivée de Béotie vous accompagnâtes de
• h flûte le comédien qui jouait les fureurs d'Ajax; vous •jooàtes mieux de la flûte qu'il ne chanta, et vous l'em- « portâtes sur lui : après cela il n'y avait personne à qui
• Timothée , le Thébain, fût inconnu. • L'abbé Yathy, IwertaHon sur la récitation des tragédies anciennes, iosérée dans les Mem. de l'Acad. des Inscriptions et Belles-Lettres, t. VIII.
Jim. — Livius postaliquotanno s. Andronicus, l'auteur de la première tragédie latine, était né dans la grande Grèce, à Tarente. Lorsque cette ville tomba au pouvoir des Romains , il fut fait prisonnier et devint l'esclave du consul M. Lhius Salinator, dont il fut chargé d'instruire les enfants. Ayant été affranchi , il prit le nom de son patron , et s'appela Livius Andronicus. Il florissait immédiatement après la première guerre punique. Sa mort arriva en 554, lorsque Caton n'avait encore que quinze ans. C'est, dit Quintiiien ( Inst. Orat., X, 2), le plus ancien des poètes latins, nil in poetis supra Livium Anéronicum ; et la littérature romaine commença avec lui. Il donna sa première pièce en 51 4, sous le consulat de C Ciaudius Cento et de M. Semprooius Tuditanus , un an ayant la naissance d'En ni us, plus décent soixante ans, suivant Aulu-GeUc (XVII, 21), après la mort de. So-
phocle, et environ cinquante-deux ans après celle de Ménandre.
Livius composa , ou plutôt traduisit du grec dix-neuf pièces de théâtre, dont nous avons les titres. D'après ce passage de Tile-Live, on a conjecturé que ces pièces n'étaient pas toutes des tragédies, et que dans le nombre il y avait aussi quelques comédies. Cicéron ( Brutus, cb. xvni ), lui attribue une Odyssée latine, et Festus ainsi que Priscien citent quelques vers d'un poème , en trente-cinq livres au moins, dans lequel il célébrait les exploits des Romains.
Les fragments qu'on a pu recueillir de Livius- Andronicus s'élèvent à peine à cent cinq vers ou parties de vers, lis ne peuvent offrir quelque intérêt que sous le rapport philologique. Sa diction était rude, et telle qu'on pouvait l'attendre du premier écrivain qui ait entrepris de composer un ouvrage de longue baleine, dans une langue encore barbare. Au reste, sous le rapport de la composition même, ses ouvrages n'avaient pas grand mérite, si l'on en croit Cicéron, qui dit que ses pièces de théâtre ne valaient pas la peine d'être lues deux fois, et qui compare son Odyssée à ces statues attribuées à Dédale, dont l'ancienneté faisait tout le mérite.
Chaf. II. — Venia petita puervm ad canmdim... Ce passage a été l'occasion de grandes et nombreuses discussions, qui ne l'ont nullement éclair ci. Schœll (Hist, de la litt, rom., t. I, p. 108 et suiv. ) nous semble avoir assez nettement résumé les opinions les plus probables. « On se demande,, dit il. en quoi consiste la faveur accordée à Andronicus. Le grammairien Diomède distingue entre canticum et diverbia; le premier mot signifiait, selon lui, les monologues, parce que ces morceaux étaient chantés au son d'une flûte, tandis que les diverbia étaient les scènes en dialogue, où paraissaient deux ou plusieurs interlocuteurs. Si le passage de Tite-Live doit être interprété d'après cette remarque, Andronicus ne faisait plus, dans les monologues, qu'accompagner de gestes les paroles d'un chanteur placé devant le musicien, c'est-à-dire devant Yhyposcenium, ou ce que nous appelons orchestre, tandis qu'il continuait de parler aussitôt qu'il y avait plusieurs personnages en < cène. 11 peut paraître surprenant qu'on ait ainsi fait grâce à un acteur favori des morceaux où sans doute son talent pouvait principalement briller, pour ne plus le faire parler que dans les passages où il jouait un rôle secondaire. Mais ce qui doit augmenter notre étonnement c'est l'observation qu'ajoute l'historien, que l'usage introduit pour soulager Andronicus se maintint dès lors sur le théâtre romain. Comment les contemporains de Cicéron et d'Auguste se soumettaient-ils à ce partage de la récitation et du geste, qui n'est pas sans exemple sur la scène moderne, mais qui se prête plutôt à quelques bouffonneries qu'à un jeu noble, senti et brillant? Comment surtout, ni Cicéron , ni Horace , ni Quintiiien ne parlent-il jamais d'un usage si bizarre et si contraire au bon goût? Cependant tous les éditeurs de Tite-Live entendent ainsi le passage de cet écrivain . et ne trouvent aucun inconvénient à ce qui nous parait si choquant. Le célèbre Dubos a bâti, sur cette supposition , son fameux système sur la déclamation notée des anciens, d'après lequel les intonations de l'acteur auraient été prescrites par le compositeur de la musique; système que nous croyons entièrement abandonné aujourd'hui.
« Duclos, au contraire, a pensé que si Andronicus fut déchargé de l'obligation de chanter, c'est que ces mor-
ceaux étalent accompagnés de dame, et, formant des eipiiccs d'iulennpdes. m voix ie trouiait étouffée par Ici mouvements qu'il était obligé de se donner, et que, du moment qu'il ne chaula plut, il pat danser avec plut de liberté et de force. C'est ce que dit Tile-Live : Contient» tgXlte oiiquanlo m agi» ri génie mol u, quia nikil coeit
iuui itnppdiffcai Cependant Valère-Haxlme lemble
contredire celte opinion , eu disant eipressément que des ce moment cet acteur se contenta de faire les geste* : geilicuialionem tari lus ptregit 1 1. II, c. iv, u. i l ; mai) ce passage ne prouve rien ; car il est évident, par l'identité dea expressions, que l'auteur avait sou» les yeui le même annaliste où Tile-Live a puisé son récit : il raconte l'éréoement de la minière dont il l"a entendu; mait comme il D'y voyait pas ce que , selon noua , Tile-Live y avait vu, l'origine de la séparation du ebaot et de la danse, mail un exemple de la séparation du chant et des gestes, il n'ajoute pas que l'usage introduit pour Androuicus ae «oii maintenu sur le théâtre romain; il ne le pouvait pas en effet, si, comme noua le croyons , la séparation du ebant ou de la déclamation et des gestes n'avait pas lieu snr ce théâtre.
■ Un passage de Lncieu vient a l'appui de cette eipllation. Autrefois, dit cet écrivain ( de Sali., eh. 30 | , It mtmt acteur chantait it dansait; mais comme on obierva que Us mouvements de la danse nuiraient à ta voix et empêchaient iartsplralion, on jugea convenable de partager Itenant et la danse.JItiXaiu.i'i -[àp «irol an iiSov mil ùp-
XOÛVTO- Elt' imid'ï) UV0E)[I1VUV TQ îaûrtï TTV Ùd7)V iïTSri-
pHTrr*, fyan» tStf.tv âUcu; wtTGÎe ftm&Ut, Ce pastageest d'autant plus concluant qu'il provient d'un auteur judicieux, qui, quoique postérieur a Valère- Maxime, mérite beaucoup plus de croyance eu ma lière de roui el decri lique . • U nous parait que toute difficulté disparaît , et que le passage de Tile-Live t'explique naturellement de la minière queDuclos l'a entendu, pourvu qu'on ne veuille pas donner une trop grande importance i la remarque de Tliomede, qui oppose les divtrbia aux monologues. Ou peut, ce me semble, prendre les diwrtiia pour les paroles en général, qu'elles fussent cbaoléet ou tiroplemeut déclamées, en opposition a la partie de la pièce, qui, formant l'intermède, était nécessairement chantée , mais en même temps accompagnée de danse. Une remarque de Douât , snr l'Andrienoe de Téreuce ( cllée par Uoojat, VII, 2) vient A l'appui de l'interprétation que uout donnons au mot dlrerbia : le scoliatle dit que les comédiens seuls prononçaient les dicerbia. Il les oppose donc a nue partie de la pièce étrangère aux comédiens, savoir, aux intermèdes. •
Nous avons cru devoir citer en entier ce long extrait de l'histoire de la littérature romaine , parce qu'il nous a semblé résumer, d'une manière complète, la discussion aoulevéepar le teste de Tile-Live. Piout ajouterons seulement ici que, depuis Schœll, let recherche» de ta critique n'ont fait que confirmer tes conjectures. Tout II monde admet mainlenant que le drame romain te composai! de Irais parties, savoir: I" les canlira, ou airs à une voix, désignes par Scbmli, sous le nom d'Intermèdes : 2- loi direrbin, on le dialogue prononcé par les histrions; 5° les chœurs nu chants exécutes par des voix nombreuses, çrex OU caler va.
Du reste, ces morceaux lyriques on rantira étaient peu ueinbreui.et l'on etlparvenu a let reconnaître dausce qui nous reste du théâtre latin ; 11. God. Aug. Ben. Wolfl t de Cnnlieis in Homanor. fabul. seen. Halte, 1825 ) ec compte d jus Piaule quarante-deux certains, el quatre
vingt-qnloie douteux. Dans Térenee, il en signale qninie ceriains et trois douleui. Donat lui-même avait détigné positivement nn passage de VHicyre (acte V, se. 2, v. IS soi?. ) comme étant nne monodie ou un tMlicws*. Enfln Ciceron ( ad. famil., t. si. ep. 22 ) nous a conserve quelques mots d'un cantirum, joué par Récriai , dans une pièce intitulée le Démiurge, el attribuée n Tarpillutt par le grammairien Non i us Harcellut.
VovesM.Hagnin ( Origines du théâtre moderne, 1. 1, p. 528 et suiv.l, et pour des exemples de Cet usage de lu séparation de la danse et du chant cbex d'antres peuples que les Romains , p. 19, 20, 55, 56 et 57 du métue ouvrage.
• Est-il vrai , dit Voltaire , qne chet les Romains nn acteur récitai 1 et qu'un autre faisait les gesfear
t Ce n'est point par méprise que l'abbé Duboe imagina celle plaisante façon de déclamer ; Tile-Live. qui ne né' gllge jamais de nous instruire dea mirurs et dea unag » dea Romains, el qui, en relu est plus utile que l'ingénieux et satirique Tacite, Tile-Live, dii-:e, nous apprend qne Audronicua, l'étant enroué en chantant dans les Intermèdes, obtint qu'un aulre cbanUt pour lui tandis qu'il exécuterait la danse, cl que de la vint la continue de partager les intermèdes entre les danseurs et les chanteurs. Dicilur ronlnin rgilse munis rfgcntc motu qnim KtMi vocisusus impediebat. Il ei prima le chant par la danse. Canlum eçiite magit tigente molu,avec des mouvements plus viganreui.
• Mais on ne parlagea point le récit de la pièce entra nu acteur qui n'eût fail que gesticuler et on antre qui n'eût fait que déclamer. La chose aurait été aussi ridicule qu'impraticable. * ( Dictionnaire philosophique, au moi CtUHT-l
Cnir. U. — Juventas more antia»o ridiruJo......
jnrliinre rtrpit. • La jeunesse romaine laissa lelbéétre libre, et ne rappona pas ses intires pendant que let poètes jouèrent eux-mêmes leurs pièces , car le magistrat peut pas permis qu'on eût troublé let poètes dans leur art , et interrompu leur aclion. On avait cette considération pour eux. Hais après qu'ils eurent donné leurs pièces nus bistriont , comme on n'avait pas les mémet égards pour eus, la jeunesse rapparia les satires et s'empara du théâtre dans les intermèdes. On ne s'étonnera point de cette licence qnand on se souviendra de ce qui arriva ani comédiens mêmes qui jouaient Vllècyre de Térenee. Aui deux premières représentation) ils furent obligea de quitter le théâtre pour Faire place a des danseur* de cordes, et entnile a des gladiateurs: car au milieu delà plus belle pièce, le peuple, toujours ignorant et grossier, demandait souvent des athlètes ou un ours, et it fallait le lui donner, auirement il devenait un ours lui-même. Cela durait souvent des quatre heures et davantage avant que let comédiens passent recommencer.! [Dieux, discours sur ta satire.)
laio. — Qua> inde ezodin postra appeltata, conserta- <pu fabellis potiuimum atellanis sunt. Suivant Daeier, les exodes et les alellants auraient constitué deux genres difïéreuts de poésies dramatiques ; c'est une erreur. Le mol eiode ( du grec j|Mn, Issue , sortie), ne signifie pas a ni re chose que la pièce bouffonne destinée * terminer le spectacle; il n'en désigne pas l'espèce, et ne la détermine quepar le raug qu'elle occupait dans la représentation. Tite-Live nous apprend id qu'A cette époque on choisissait de préférence des air liants, pour ces der nierai pièce*. Mais dans h suite, on leur substitue dea tnfmrf(Cir. ad
H1ST0IBE ROMAINE. - NOTES
fam.il. Ut. Il, en. 16 ) que Ton désigna également par b nom tTtxtràes. li'rhoi. ad Jurai., Sal. m, t. IIS, et II. Magnin,, oui. aie , p. 530.)
le» aielUne*, ainsi pommée* d'Atella, ville de* Oiqw*. aujourd'hui Averse ou Sauto Arpioo, furent, selon tente* probabilité*, introduite»* Rome, Ter* l'an 540, (orirou trente an* apr+s la première représentation , inr le tWatre romain , de pièce* empruntée* on imitée* de* Crus, à l'époque où la condamnation de Nsrin*,qni •e fit pt* un* doute la seule application de la dure pesante de* dame tables, dut faire renoncer lux farce* fetrManea et am tnlara , dont les personnalités trop direHei taisaient ombrage ani noble* et au sénat.
Quant à la langue dam laquelle furent composée* le* ttrilane*, U Tant pour la déterminer, diitlnguerdeui énoqaa.-la première commençant en 540, et finissante Poraponius Boooniemi* , qui liiatl du lempt de Sylla ; la seconde commençant à Sjlla, et s'étendant jusqu'à Julei Cror. Pendant la première époque, il est à peu pré* certain que le* atellane* furent entièrement composées eu bagne caque. Celle* de la seconde, an contraire, of ■ raient n mélange de cette langue et de latin. C'est ce qui rémhéévidemraenl du témoignage de Strabon (1. V, p. 225, M.Ctsanb'.et de Cicéron (ad/imil., I. VII, ep. i|, enfin, do fragment* aises, nombreui que les trammairiens ■m ont conserve* de* pièce* de cette période.
Les atellanéi eurent d'abord pour objet la peinture des maori de* villageois campaniens; plu* tard, on y joignit reJesdes habitants des muaicipe* , et même, il l'on peut tirer cette conséquence de quelquet-nni de* titres qui sut parvenus jusqu'à nous, le* IraTers de la bourgeoisie romaine j furent plus d'une fois tourné* en ridicule. Quelque* critique*, entre autres Scbœll (HUI.de lo lut. nm„ LI, p. 75), H. Arni. Cassan lettres intd. de Marcitrttr rt de Fronton, 1. 1, p.412, note*) et, d'apreslui, H Corpet, dans les note* du Tite-LÎTe de M. Lies, pré- ■ntent le* atellane* comme de petite* comédies décentes, ra la pudeur de* spectateur» était ménagée, et que l'on poiiU comparer ani Proverbes dronuU'iawjdeM. Théotare Ledrrcq. Ce n'est cependant pas la l'idée qu'il est possible de te faire de pièce* ayant pour titres Lena, rrosiiha'um, Portatia, etc.-, litres auxquels répondent fauteurs parfaitement, par leur cynisme et leur groinfitfé , le* fragments que non* a conservés la grammairien Soniu* Harceltiii. L'obscénité était tellement un •etearactère» du genre osuue, que l'on cberebalt, dans le aom de ce peuple, l'étymologie du mot obscène (Festus, suiuot Obaëauwet Oacot). Heat irai qne Douât se sert. as parlant des atellane*, de l'eipresalou «nuira ttrgantia ; mai* c'est qu'il le* compare ans mime*, dont l'orueémte fut portée, sous le* empereurs, à un point presque incroyable.
Le* atellane* étaient quelque analogie avec les drame» satirique* des Grec*. Ce» deui espèces de pièce* se repré sentaient, en effet, a la no de* jeui , âpre* le* pièce* sérieuse* , pour essuyer, soif ant l'eipresaiou dn acoliasle de Jnvénal (sur la ni. m, t. 176), les larmes qu'atait 'ait répandre la sue des douleur* tragique* ; et leurs auteur» employaient également de* type* grotesque* et toujours les mêmes, qu'il* mettaient dani toutes sorte* de situation*. Ce* types étaient, pour les atellane*, Maceus an long net en forme de bec ; Mandimu , dont la bouche immense, dit Juvéual, effrayait le» calants ; fiurro, Papsnsa, toinar, etc..., personnage* dont le* analogue* se retrouvent encore et dan* la comédie italienne , el dans notre théâtre de la Foire.
ind'alellancs furent KxTim, Nnmmiua,PomponiusBouonienaia,ïtQ.NoTin».SniTautMcolasde Damas (cité par Athénée, li t. VI, p. 261), Sylla luimême aurait aussi composé quelques pièces dece genre.
Pions avons dit qu'au temps de Jules César les mime* remplacèrent les atellane*. C'est à la politique dn dictateur que l'un attribue généralement telle révolution ; mai», aui motifs qui le firent agir, tuïiant M. Maguin (ouvrage cité, p. 512), on doit, ce semble, eu ajouter un autre, dont la raison te trouve dant le passage même de 'Vite Live, qui a donné lieu a cette note. C'est que les auteurs des atcllanet étaient citoyens, qu'il] jouissaient do tonte* le* garanties attachées a ce titre, et qu'il était , par conséquent , plus difficile de réprimer chez eut de simples mai* piquantes allusions. Le privilège qu'il* avaient d'ailleurs. suivaDt Festns (TOC. Perionata), de ne pouvoir être forcés, comme les autre* auteurs. A se démasquer sur ta scène, semblait leur assurer eu quelque sorte la liberté de tout dire avec impunité.
Pions feront remarquer en terminant que l'épitbèle fabtllce. appliquée par Tite-Liie ani alellanes , est une prenne que ces poèmes avaient en général assez peu d'étendue. Fronton (Epixl. ad More. Anton., VI, 151 exprime la même idée, en di signant les pièces de Novius, par la jolie expression, atellaniola.
Cn»r. III.— Ctatoab dirtaîorc fixa. Pour ce qui te rapporte au clou enfoncé par le dictateur, Tile-IJ ve a consulté plusieurs annales, comme te prouvent les mots ft~ rnnl, riirifnr. II emprunté aussi quelque» fait* à Cinciua , qu'il parait avoir surtout auivi , ici comme dans le chapitre précédent, où il s'étend turlea antiquités plut longuement qu'à l'ordinaire.
Caip. V. — Tribunu* taijimm ad legione* snflraoio fltri. Les tribun* de* légion» , ainsi «lus par le peuple, étalent distingnéa par le nom de cotnitlali . de cens qui étaient nommés directement par le* consuls Ceux-ci, auivant Fealu* , l'appelaient Bufnti , dn nom de Ruiiiiu* Rirfiit, auteur du décret qui réglait leurs allribnliout. De là Tenaient aussi deui antre* dénominations , ftutili et Bululf , par lesquels on les désigna plus tard.
Dan* le principe, il n'y avait que trois tribun* par tégion ; on en créa quatre quand ces corps déflorent plus nombreui ; il y en atait six au temps dont août nous occupons, et ce nombre ne fut pas dépassé dans ut suite. Or on levait ordinairement quatre légions par année; c'était dune vingt-quaire tribuns qu'il fallait. On Toit que le peuple n'avait que le quart des nominations: une loi des tribun* Atilius et Marciw , lui en donna les deux tiers . en 415 (IX, 30); et lorsque le nombre des légions Tut porté à huit, un décret du sénat en fit un partage égal entre le peuple el les consuls (XLIV.SO).
Cuir. VI. — Tune M. Cirrfium juventm btllo cçrtgium... fenmt. Tite-Live rapporte fidèlement d'après les annale) ( fm.nl. diritur) le récit populaire snr Curtius que d'autres racontent tout différemment. Denis d'Halyc. (Eirerfit.. p. 40 ) ilonne le même récit, el quel ■ qnefois dans les même* termes.
Iim. — Locnmoue Curttum, non ab anlinno silo Tilt rutii milite Curtio Me tin , tut ab hoc apptltatum , Vairon ( L. (... liv. VI , cb. m» ) rapporte une troisième opinion qui avait cours dans ton temps tur l'origine dn nom du lac Carlins ; • Il lui serait venu , • dit-il, de ce que cet endroit du Forum, ayant clé frappé . de la fondre , avait été , d'après un séuatus- consulte ,
TITK-LIYE.
« entouré d'un mur parle consul Curtius , » qui eo aurait fait ainsi un Putcal. un Bidental . suivant la double expression d'Horace. Voyes au surplus Plutarque, Romul. 18, p. H 6., éd. Reiske; Denys., Ant. Rom. t I. II, 42; Pline, Hist. nat.< XV, 18; Zonar., VII, 25; Oros., III, 5: Augustin., de Civit. Dei, V, 18; Ovid. Fast. VI, t. 403 ; Suid. voc. A/€«/»voç; Festus , au mot Curtius lacus ; Stace, Silv. I, i, 66 ; Val. -Maxime, V, 6, n. 2.
Chap. IX. — Ferentinum. Le nom de cette fille rappelle un fragment du discours de C. Graccbus, de lcg\bus promulgatis, qu'Aulu-Gelle nous a conservé [H. A, x , 3), et qu'il cite comme un exemple de style concis , élégant et simple tout à la Ibis.
Ibid. — Per Feciales rébus rrpetitis. Les Fèciaux, dit Festus , se nommaient ainsi du verbe facere, faire, parce qu'ils avaient le droit de faire la paix et la guerre. Cincius Alimentas, cité par Tite-Live ( ch. m de ce livre > et a qui nous avons emprunté (I. VI, note sur le cb. u) une formule de serment militaire, rapportait dans le même ouvrage, de Re militari ( 1. III) une formule de déclaration de guerre par un fécial. C'est encore à Aulu- Gelle ( N. A., XVI, 4), que nous devons la connaissance de ce curieux fragment. Le fécial disait, en jetant un javelot sur le territoire eonemi :
c QVOD. POPVLVS. BEBHVNDVLVS. HOMMES. QVE. POPVM. BEBHVNDVLI.ADVIBSV8. POPVLVH. BOHARVH. BELLVH. PECBBB. DEL1QVEBVNT. QVB. QVOD. QVE. POPVLVS. BOHANVS. CVH. PO- PVLO BEBSVNDVLO. BOHIPI1BUS. QVE. BEBHVRDVLI8. BELLVH.
jvssrr. ob. eam. beh. ego. popvlvs. qvi. bohanvs. popvlo.
HEBHV*D>LO. BOHIMBVS. QVE. BEBHVNDVL1S. BELLVH. INDICO PACIO. QVE. *
• Parce que le peuple bermundule et les hommes du peuple bermundule ont, au peuple romain, fait guerre et injure, et que le peuple romain , contre le peuple bermundule et les hommes liermundules , a ordonné la guerre; pour cette cause, moi et le peuple romain, au peuple hermundule et aux hommes bermundules, je déclare et lais la guerre. »
Ibid. — Macer Licinus... scribit... cvjus mentionetn ejus rei in vetustioribus annalibus nullam inteniam , ma gis, ut belli galli ci causa dictatorem erratum arbitrer, inclinât animus. Tite- Live rejette la narration de Macer, qui prétendait que le dictateur avait été créé pour la tenue des comices. Il n'a donc pas pu le suivre dans les chapitres suivants; et il n'a pas suivi non plus Q. Claudius Quadrigarius, comme le pensent des commentateurs d'après un fragment qui se trouve dans Aulu-Geile ( N. A.. IX, 15, Voyez la note suivante). C'était dans un autre endroit que Claudius avait raconté le fait ( Cf. Tite-Live, VI, ch. xlii); et le récit de Tite-Live, beaucoup plus simple , est sans aucun doute puisé à des sources plus anciennes. De plus il n'est pas fait mention d'un interprète comme au cuap. vu ; l'adversaire de Manlius n'est pasuu chef gaulois , comme on l'a dit, pour rehausser encore la gloire du guerrier romain (Cf. Valére-Maxime , III, 2; Suidas, v. TcpxcuaToç, etc. ) ; Manlius n'est pas non plus an tribun militaire, comme daos Zonaras et d'autres encore; enfin le tout n'est pas couronné par nue victoire du cousul Quinctius, comme le racontent des historiens postérieurs à Tite-Live ( Appien, Gai/., I ; Orose, III, 6).
Ibid. — Gallus rrocess'd. Tite-Live, liv. VI, ch. xlii, è l'occasion de ce fait d'armes, a cité les Annales de Q. Claudius Quadrigarius. Le récit de cet historien luimême, comme nous l'avons dit dans la note précédente ,
nous a été conservé par Aulu-Ge lie (JV. A. Ht. IX, ob. xui ).
• Qttum intérim Gallus quidam nudus, preeter et gladios duos, torque et armillis decoratus, qui et viribus et magnitudine et adolescentia simulque virtute cœteris antistabat. Is . maxime prcelio commoto atque ulrisque summo studio pugnantibus, manu signîftrare ceppit, utrinque quiescerent pugnœ. Facta pansa est. Extemplo, silêntio facto, cum voce maxïma conclmmal, si qui secum depugnare vellet, uti prodiret. Ntm* audebat propter magnitudinem atque immanitatem (mciei. Deinde Gallus irridere atque linguam exerert. là subito perdolitum est cuidam T. Manlio , summo génère nato, tantum flagilium civitaii accidere; ex tanto exercitu neminem prodire. Js, ut dico, processit; nef ne passus est virtutem romanam ab Gallo turpiter spoliari. Scuto pedestri et gladio hispanico cinctus contra Gallum constitit. Metu magno ea congressio in ipso ponte. ulroque exercitu inspectante, facta est. Ita, niante dixi, constiterunt; Gallus, sua disciplina scuto projecto, contabundus; Manlius animo magis quam arteconfisus scw tum scuto percussit, atque statum Galli conturbavU. Du» se Gallus iterum eodem pacio constituere studet, Manlius iterum scutum scuto percutit, atque de loco tontine*! iterum dejecil : eo pacio ei sub gallicum gladium succèssit, ne Gallus impetum icti haberet, atque kispanico pectus hausit ; dein conlinuo humerum dexterum eodem concœsu incidit; neque recessit usquam donec subvertit. Ubi cum evertit, caputprœcœdit , torquemdetraxit, eamque sanguinolentam sibi incollumimponit, Quo ex facto ipse posterique ejus Torquali sunt cognominati. ■
« Cependant un Gaulois s'avance , nu et sans autres armes qu'un bouclier et deux épées , paré seulement d'un collier et de bracelets; par sa force , sa taille» sa jeunesse et sa bravoure, il surpassait tous les autres. Au milieu de la mêlée, au moment de la plus grande chaleur de l'action il se met a faire signe pour que de part et d'autre on suspende le combat. On s'arrête , on fait silence , et aussitôt il crie, d une voix forte, que si quelqu'un veut combattre avec lui , il paraisse. Persouoe n'osait, vu sa taille et son air féroce. Alors le Gaulois de rire et de tirer la langue. Cependant un Romain d'uoe grande naissance, nommé T. Manlius , fut tout à coup saisi de bonté en voyant un tel affront fait à sa patrie , et que, sur une armée si nombreuse, personne ne sortait des rangs. Il s'avança donc, et ne souffrit pas que la valeur romaiuc devint honteusement la proie d'un Gaulois. Armé d'un bouclier de fantassin et d'une épée espagnole, il se plaça en face de l'ennemi. La rencontre eut lieu sur le pont même , è la vue et à la grande terreur des deux armées. Le Gaulois, a sa manière, frappe son bouclier en chantant; Manlius, plus confiant en son courage qu'en son adresse , frappe avec le sien celui de son ennemi , qu'il ébranle par ce choc. Tandis que le Gaulois cherche à se remettre , Manlius frappe de nouveau son bouclier du sien , et le force à reculer encore. Alors il se glisse sous son épée gauloise, lui ôte ainsi le moyen de s'en servir, et lui plonge dans la poitrine sa lame espagnole. Puis, d'un revers, il le blesse à l'épaule droite, et ne se retire qu'après l'avoir terrassé. Dès qu'il l'a renverse, il lui coupe la fête , détache le collier, et se le met au cou, tout sanglant. De cette action, lui et ses descendants eurent le surnom de Torquati. ■
L'épée espagnole était, suivant Polybe,liv.VI,ch. xxni, nue lame courte, solide, à double tranchant, et également propre à frapper et à percer. Celle des Gaulois, an contraire, était longue, sans pointe, et ne pouvait servir
HISTOIRE ROMAINE. - NOTES
qtfa frapper de taille (Tite-Live, Ut. XXII, ch. xlvi ). Cest ce qui explique comment Manlins , en s'approchant très-près de son ennemi , se mit è l'abri de ses coups. Du reste , Suidas (an motMoxoipa ), prétend que les Romains ne connurent l'épée espagnole qu'au temps de la seconde guerre punique. Mais Polybedit le contraire ( liv. II, cb. met xxxiii ).
Le bouclier des fantassins était de forme ovale et nocive, long de quatre pieds et large seulement de deux et demi. Il différait en cela du bouclier des cavaliers qui état rond ( Voy. Lips. mil. rom., III ).
Ciap. XII . — M. PopUlio Lœnate. C'est pendait ce consulat qu'il reçut le surnom de Lœnas. Cicéron, de tkris oral., c. I 4, nous apprend à quelle occasion : « Licet «aliquid etiam de M. Popillii ingenio suspicari, qui, iqaum consul esset, eodenique tempore sacriQcium puibficumcum la?na faceret, quod erat flamen carmen- • Ulii, plebeii contra patres concitatione et seditione montiata, ut erat lœna amictus ita venit in concionem, •Kdiliouemquecum auctoritate, tum oratione sedavit. *
• Il est permis aussi de croire à M. Popilius quelque paie. Étant consul , et revêtu du manteau des augures , il accomplissait un sacrifice , en sa qualité de Flamine de Cannenta, quand tout à coup on viut lui annoncer que le pecple s'ameutait, et qu'une sédition allait éclater contre b patriciens. 11 parait à l'assemblée, et, sans quitter la robe sacerdotale, il apaise la sédition par l'autorité de m caractère et de ses discours. » Trad. de M. de Golbèry.
Tite-Live parle en effet, dans ce même chapitre, de la ftâtion dont il est ici question. Ce vêtement sacerdotal , qu'on appelait lœna, était une robe plus ample, plus qaisse; une sorte de double toge.
Cas?. XV. — Profigato dexlro cornu. Tite-Live s'est , ici trompé, si toutefois on doit lui aitribner cette faute, etoon aux copistes de ses ouvrages. Il veut certainement prier de l'aile gauche des Gaulois, qui avait commencé le combat avec tant d'ardeur, en attaquant l'aile droite des Romains. On a vu en effet que le dictateur «apercevant qnc les Gaulois commençaient à plier de ce côté, y enleva la cavalerie pour achever de les mettre en déroute, taadts qu'il irait porter du secours à l'aile gauebe. Or, il est évident que l'aile gauche des Gaulois était opposée à rafle droite des Romains, et l'aile gauche des Romains a la droite des Gaulois.
Ciaf. XVI. — Haud œque lœla patribus insequeiiti ano C'est une chose bien remarquable que ces dissensions qui ne cessent de troubler la paix intérieure de la cité. Le peuple n'a pas plutôt obtenu une concession, qu'il travaille à en arracher une autre ; et , de leur côté, les patriciens n'en ont pas plutôt fait une, qu'ils s'efforcent de la retirer (voyez, ch. xvii, fin). On attribue ordinairement à ces dissensions, la perte de la république; lis on ne voit pas, dit Montesquieu, qu'elles y étaient , qu'elles y avaient toujours été , et qu'elles y devaient toujous être. Ce fut uniquement la grandeur de la république qui fit le mal , et qui changea en guerres civiles les tumultes populaires. 11 fallait bien qu'il y eût a Rome des divisions ; et ses guerriers si fiers , si audacieux, si terribles au dehors , ne pouvaient pas être bien modérés au dedans. Demander, dans un état fibre , des gens hardis dans la guerre et timides dans la paix , c'est vouloir des choses impossibles ; et , pour règle générale, toutes les fois qu'on verra tout le monde tranquille dans uo état qui se donne le nom de république , on peut être
assuré que la liberté n'y est pas. • (Grandeur et décadence de Rome, c. ix.)
Machiavel est ici d'accord avec Montesquieu : « Ceux qui blâment les dissensions continuelles des grands et dn peuple, dit-il, me paraissent désapprouver les causes mêmes qui conservèrent la liberté de Rome , et prêter plus d'attention aux cris et aux rumeurs que ces dissensions faisaient naître , qu'aux effets salutaires qu'elles produisaient. Ils ne veulent pas réfléchir qu'il eiiste dans cha que gouvernement deux sortes d'oppositions, les intérêts du peuple et ceux des grands ; que toutes les lois que l'on fait au profit de la liberté naissent de leur désunion , comme le prouve tout ce qui s'est passé dans Rome , où d'ailleurs, pendant trois cents ans et plus qui s'écoulèrent entre les Tarquins et les Gracques, les discordes civiles produisirent si peu d'exils, et firent couler le sang plus rarement encore.» ( discours sur la première décade de Tite-Live , 1. 1, ch. îv.) «Les législateurs de Rome, ajoutet-il plus loin, auraient pu parvenir à la rendre aussi pai • sible que les républiques de Sparte ci de Venise , s'ils avaient voulu ou ne point se servir du peuple à la guerre, comme firent les Vénitiens, ou ne point adopter les étrangers comme citoyens, ainsi que firent les Lacédémoniens. Mais ils employèrent, au contraire, ces deux moyens, ce qui accrut la force du peuple et multiplia par conséquent les sources de troubles. Si la république romaine eût été plus paisible, il en serait résulté cet inconvénient, que sa faiblesse en eût été augmentée, et qu elle se serait elle-même fermé les chemins à la grandeur où elle est parvenue dans la suite. De manière que si Rome eût voulu se préserver des tumultes, elle se ravissait tous les moyens de s'accroître. » (ch. vi.)
Cbap. XVI — De vnciario fenere. Pour comprendre comment ces mots peuvent signifier l'intérêt à un pour cent par an, il faut se rappeler que l'intérêt se comptait chez les Romains, comme chez nous, à tant pour cent du capital ,et que l'usage était de le calculer par mois; que dans les calculs on prenait pour unité la centième partie du capital, et qu'on la désignait , comme toute autre unité, par le mot as; enfin que le mot uncia signifie le douzième de l'as , et en général de toute autre uuité. ( Nous avons vu, liv. V, ch. xxiv, ce mot employé pour désigner le douzième de l'arpent : terna jugera et septunces. )
Cela posé, il est évident que asses usurœ ou fenus ex asse est synonyme de centesima, ou de un pour cent , par mois , douze pour cent par an. et que fenus unciarium. unciœ usurœ signifie le douzième de la ceotésime, aussi par mois, et par conséquent la centésime entière, ou un pour cent par an, on aura donc :
Semonciz usurs, 1/2 once ou 1/24 d'as par mois 4/20/0 par an.
Uncic. . . 4 . . 4/12 .... 4.
Seitantes. . 2 . . 4/6 .... 2.
Qnadranies. 3 . • 4/4 .... 5.
Trientes. . 4 . . 4/3 . . . . 4.
Quincunces. 5 . . 8/12 .... 5.
semi*ses. . 6 • . 4/1 .... 6.
Septunces. . 7 . • 7/42 .... 7.
Be&ses. , . 9 . . 2/3 .... 8.
Dodrantes. 9 . . 3/4 .... 9.
Dextantes. . 40 . . 5/8 .... 40.
Deunces. • . 44 . . 41/14 .... 44.
Asses. . . . 42 . . 4 .... 42.
Quoique la réduction de l'intérêt à un pour cent, dit Tite-Live, eût déjà bien allégé les charges qui pesaient sur les débiteurs , ce taux était encore trop élevé pour des malheureux qui ne pouvaient paye: mé : e le capital;
aussile verrou»- non» bientôt (th. uni) abaissé jusqu'à on demi ponr cent. On Ira mime, nr la proposition du tribun L. Genuciu». jusqu'à défendre de prêter a no intérêt quelconque : ne (en; rare iirerel (cb. ilii ].
Le soin de raire eiécuter cet loi» était conlléaui édilet, et surtout nui édiles curules, qui, plua d'une fui!, condamnèrent le» mûriers a de lourde» amendes. ( Voyes VII, 28;X,23;XXXV, 41) Cependant elles tombircut bientôt en désuétude; car elle» faisaient tort a tout le monde : an» capitalistes, dont l'avance ne pouvait l'arranger de prêter tau» intérêt , ni même a un demi ponr cent, et qui UiiMieot dormir leur» ronds, etam emprunteur», qui ne pouvaient trouver l'argent dont il» niaient besoin.
Il y avait d'ailleurs plusieurs moyens de les éluder; c'était de comprendre l'intérêt dans le capital , ou d ■ le retrancher d'avance de la somme prêtre, ou enflu de mettre la créance son» le nom d'un allié, qui, n'étant pa» soumit an» lois romaine», pouvait prêter au tau» qu'il voulait.
Ce» loi» eurent donc le sort de tonte» les lois répressives de l'usure : elles produisirent l'effet opposé â celui qu'où en al tendait. Les capitalistes, forcés de le» violer, calculèrent les chances que celte nécessité leur faisait courir, et ils élevèrent en proportion le tatu de l'intérêt. Celui de un pour cent par mois , finiiu ex otte, finit par devenir légitime. (Cic. ad .411., v, 21.) Mais les citoyens tes plut tertueni eui-inémet ne se faisaient pas «cupule de le dépasser de beaucoup. Ainsi nous voyout dans Cicéron ( loi. cil.) que Scapius, agent de Brûlot, prêtait, a la cité deSalamiue, à quatre pour cent par moi», qnalni.it cent» uni». Quant a Verres, qui prêtait a deu» pour cent par mois, uiui» renie. imii, Cicéron ( Verr., 111, 71 ) n'en eut pas fait un sujet d'accusation contre lui, si cet argent, doulil lirait un revenu si considérable, n'eût pat été celui de la république. (V. Appion, de Mric, 1,5'; lliou.LXII, 2; Tacil.. tnn., III, 40; VI, 16 et la note de M. Buraouf aur ce dernier passage. )
SuiTtnt Niebubr ( Hist. ron. t. T, p. 70 et suiv. ), il faudrait voir dan» le mot ai, non pas la centième partie du capital, comme nous l'avons dit pins haut, mais le capital lui-même; d'où 11 résulterait que imiin serait le dotuieme du capital, et fënu» undorium, l'intérêt d'un oouiiènie. Mais un intérêt aussi élevé ne pouvait évidemment se percevoir par mois. Il se calculait donc par année» cyclique* de dii mois, et fallait, pour l'année civile de douie mois un diilème ou dii pour cent. Ici se présente une petite difficulté que Niebubr n'a pu prévue; tout te faisait par analogie cbe» le» ancien*. Or, d l'année eut été de dii mois, eu matière de prêts, H est probable qu'ils eussent aussi adopté le diiiime du capital pour le laui de l'argent. On ne conçoit pat pourquoi, a celte traclron si bien en rapport avec la diviiion rie l'année, ils eusienlpréJéré le donaième, qui eût rendu si compliqué les décomptes des intérêts par moi». Hais passons sur cette difficulté ; il faudrait encore, pour que Implication de Niebubr fut admissible, qu'il n'eût été fait mention , dan* let auteur», que des mura lemimrioi et nnrio». Or il y est souvent question de moltipks de l'unda. et il en est question comme d'intérêts peu élevés. Ainsi Julius Capilolinut | ht Anton. Pio , cb. n ! compte le trltalarium ftnits parmi les tau» les plus modique», ratnimti usuru: et Perte (Sal. V, ». U9., appelle modeste llulérèl de cinq once* : numwi , quoi kit qnbtftmrt modes lo nutrùrtu. Cependanl, d'après la conlectnre de Klebuhr, l'intérêt de quatre once*, triciUV
riwn/enut, aérait de guarani* nom- cent, et ce modeste Intérêt de cinq once», vnodesnu eufueunx, dont parie Perse, ne serait que de cinquante ponr cent ! Ou voit I quelles absurdes conséquences conduit celte conjecture.
ClIT.XVL— Les/m.... de cirtsiran e arum quimrm* mlftcrenfur, In/it. Cette loi obligeait le mailre a verser sa trésor public te vingtième du prix que Ini avait coûté, M que valait l'esclave auquel il donnait la liberté.
■ L'espérance, dit Gibbon, celte unique cousolatioa des malheureui, n'était 'pas réfuté à l'esclave romain. S'il trouvait quelque occasion de se rendre utile on agréable, il devait naturellement s'attendre qu'aprèt tm petit nombre d'année» ton tète et Fa fidélité seraient récom pentes par le présent inestimable de la liberté. Souvent les maîtres n'étaient porté* a ces acte» de générosité, qnet par la vanilé et l'avarice; aussi let lois crurent-elles pin» nécessaire de restreindre qne d'encourager une libéralité* prodigue et aveugle, qui aurait pu dégénérer en nnabnstt trèi-daupereui {voir Buriguy, sur le* affranchi» romains», dans les Mém. de l'Acad. des Intcript.. t. XXXVIII ; Selon la jurisprudence ancienne un esclave n'avait points de patrie; mai», dès qu'il était libre, il était admis dîna» la société politique dont sou patron était membre. Eue vertu de cette itiaiime la dignité de citoyen «eraildevenuff-le partage d'une vile multitude. On jugea donc i propos d'établir d'utiles restriction». Hist. de la Décadence et delà Chute de l'empire mm., part. I, chap. u.
Cuir. XX11I. — Ti sorti front... et ab hostntit prinripioiiioiir. Il y avait, dan* la légion romaine, trois espèce* de fau tanins; les hotlali, les principe» et le»
Les haitati étaient ainsi appelé*, à cause des longues lances, huila, qu'ils portaient, et qu'il! s ba adonner eui dans la suite, comme embarrassante* i Vcrr . de Ling. lai., IV, lti|. Ce corpa était composé des soldait les plut jeunes; il formait la première ligne.
La seconde ligne était formée par le corp* de* principe», entièrement composé d'homme» dans la force de Tige. Il parait que dans let premiers temps il» occupaient la première ligne , c'est de la qu'ils avaient prit leur nom.
Les friorii, ainsi nommés parce qu'Ut étaient place* a la troisième ligne, étaient tous de vieux soldat», d'une valeur éprouvée. On les appelait au*ti pilent, parce qu'ils étaient armés du pilutn, javeline de si» pieds de long, terminée par une pointe eu acier de dix-huit pouce* , et taillée en triangle. Les haslati et tes principes, considérés collectivement et par opposition «m triurii, ou pilant, étaient désignés par le nom de oair-
Yoyez , au surplus , Tite-Livo qui donne une partie de ces détails, I. VIII, c. 8. Voye» aussi Défi)* d'Haliearussse, I. V, 43; Végète , de As militari, U, I ; et Juste- Lipse , de Mililia romand , III, S-I.
CM. XXIV. — M. erat I aimai... aioUierni. Anlu- Gelle, Huiis Alliques (IX, Il ), raconte également le* circonstances de ce combat, mail tans citer les écrivains amquels il le» a empruntées. Seulement • il en est peu , ■ dit-il, qui n'aient fait mention de ». Veleriua, i cause t du secours que lui porta nu corbeau. ■ Cela prouva du maint s quel point cette histoire était populaire a Home.
• L'empereur Auguste, ajoule-t-il eu terminant, Bt ete ■
• ver, * Corvinu» . une statue dan* le forum auquel il i donna ton nom. Sur le caïqoe, l'image d'un cotbesui
• atteste et le combat et U victoire que nous veuons du
HISTOIRE ROMAINE. — NOTES
Ctsv. XXV. — Dtctm lésion» implœ àinmtur. C'est «des soorcra récentes, c! où les temps étaient confondus, 1» parait avoir été emprunté ce dénombrement de» troupe*. Car l'état du légions que nom indique Tito- Ut m fat pas constitué avant l'année 320 < voyei VIII, I; cf. Nast., Hem. Kriegsatlerlh. p. 90; Rnald, ad Pktarch. Romtulum). La même observation t'applique » nombre des soldats qui composaient chaque légion, sombre qni est encore beaucoup pins élevé dans Eutrope (II, fi). Tile-Live, en parlant dedii lésions, n'est pas, Mme oa pourrait le croire, en dissentiment avec Pof hte, qui atteste qn'à la bataille de Cannes on combattit '■ P c,r la première fois avec buïl légiooa reunies. En effet ,
■ Tiis-Live dit plus bai que ces dis légions furent divisées
■ b trou corps d'armée.
I Chif. XXVI. — ttaliam rtliqitere , cujus popult
f liait rerft esl. Plusieurs commeo ta leurs regardent la cuDjecturedeTite-Live comme fondée. Car si l'un ne pent admettre, atecSigoniut, que cette Qotte fut celle dm pirate Poslbumiui . ni celle de Timoléou , qni ne fut maiire de Syracuse qu'en 545, flt. J.-C, puisque Ces évé-
sentiment t l'opinion qui l'attribue à Denys le Jenne. Ce prince, chassé de la Sicile par Dion, en 556, s'était relire avec te* trésors S Locres , d'où il infestait de ses biïpndagei les cotes de l'Italie. Voyez, a cet égard, llevue, Opur. acad.. t. II, p. H, 56, seq., et t. III, p. 57; coll. Stnb , VI. p. 597, 508. Diod. de Sic, XIV, U, 103l07;Elien. Hiil.dir., VI, 12; IX, S; Atben., XII.p. Ml, (IPIntarque, Timol., p. 212. ch.nt.
Kiebuhr ne partage pas celte opinion ; suivant lui . il but attribuer les ravages exerces cette année pur des Grecs, sur les côtes de l'Italie, a quelqu'une des blindes îlTinluriera rassemblées en Ph.<ide par Pbala-cus, et nadaile an secourt de Tarente par le Spartiate Archi-
Iiid. — Inde Ajmtiam or mure suprnim petierunl. Cest la leçon qu'a suivie C relier ; c'est celle des anbeona édi.ioas, et de quelques manuscrits. Cependant tomme le plus grand nombre des manuscrits, et les plus ladeunes éditions ont tous mare in/enim, Drakenborch, elli plupart de ceux qui sont venus après lui, ont adopté cette dernière lecnn, tout eu avouant qu'elîe est mauvaise, et qu'on ne pent l'eipliquer. En effet, c'est le pays des VoJsqoes, qui touche la mer inférieure, tandis que l'Apn- Be est située sur les borda de la mer supérieure, ou Adriatique.
Drakenborch propose une correction {info Aputiai* ab mari iofero pelitrunt) que l'on devrait certainement acmetti e, si l'on n'était autorisé par quelques manuscrils a garder mare superum.
Il est inutile de Taire remarquer que le traducteur n'a pas suivi le teite adopté dans la présente édition , mais celui de Drakenborch.
Cmtr.XXVll.— CumCartliagiaieaaibnslegatisrtoma fbrdu ii-lura Tile-Live, d'accord en cela avec Diodore, Orme, etc., donne ce traité comme le premier qui ait été conclu entre les Romains et les Carlbaginois. Mais il est formellement contredit par le témoignage positif et irreensable de Polybe, qui donne le teste et la date d'un premier traité, antérieur A celui-ci déplus de cent cinquante ans, puisqu'il avait été conclu dans l'année même qui suivit l'expulsion des rois. Voici au reste la suite des traite* conclut entre les dcui peuples, telle que Polybe noua l'a cooteriée { III, 32 et ioït. ), Nous rapporteront
en même temps les explication* si Intéressantes de l'historien grec anr ces précieux documents.
• Ces traités, dit PoIjIip, subsistent encore, et toot conservés sur des tablea d'airain an temple de Jupiter Capitoliu dans les archives des édiles. Il n'est cependant pat étonnant que l'historien Philinua ne les ail pas connus; de notre temps meute il y avait de viens Romains et de vif ni Carlbaginois qui , quoique Tort versés dans les affaires de leur république, n'en avaient aucune connaissance . (111,26).
• Le premier est du temps de Lnciut J uni m Brnlus et de Marcus Iloralius, les premiers consuls qui furent créés après l'ei pulsion dei rois, sous lesquels eut lieu la dédicace du temple de Jupiter Capilolin, vingt-huit ans avant l'invasion de Xercèt dans la Grèce (vert l'an de Rome 2131. Le voici tel qu'il m'a été possible de l'eipliqner; car la langue latine de ces temps-la est si différente de celle d'aujourd'hui, que les plus habiles ont bien de la peine à entendre certaines choses. •
■ Acesconditions.il y aura amitié eolre les Romains et
• les alliés des Romains , les Carthaginois et les alliés des
■ Carlbaginois. Les Romains et leurs alliés ne navigue-
• root pas au delà du Beau Cap ( prom on torinm Hir- « ma-um, aujourd'hui cap Bon, ou Ila--Adder|, a moins
• qu'ils n'y soient poussés par la tempête ou par les eniie-
• mis. Si quelqu'un est jeté forcément sur ces côtes , il ne > lui sera permis de faire aucun trafic ai d'acquérir autre
■ chose que ce qui est nécessaire aui besoins du vaisseau
• et aui sacrifices. Au bout de cinq jours , tous ceux qui
• auront pris terre devront remettre a la voile. Les mar-
• ebands ne pourront faire de marché valable qu'en
■ présence du crieur et du scribe. Les choses vendues
■ d'après ces formalités seroot dues au vendeur sur la roi
• du crédit public : ceci concerne la Libye et la Sar-
• daigne. Un Romain Arrivant dans la partie de la Sicile
• soumise ans Carlbaginois, jouira des mêmes droits
■ que ceui-ci. Les Carthaginois n'ofTenseronl pas les
• habitants d'Ardéa , d'Aotium , de Laureutium , de t Circée, de Terracine, ni un peuple quelconque ries
• Latins tournis ans Romains, ils s'abstiendront aussi de
• nuireaui villes des autres Latins, non soumis a Home;
s'ils les
II* n
.ii livi
Ce beau promontoire, ajoute Poljbe, c'est celui de Curthage, qui regarde vers le septentrion, et au delà duquel les Cerlbaginui* interdisent ans Romains de naviguer sur de longs vaisseaus ver* le midi , de peur que ceut-ci, comme je croit, ne en n naissent les campagnes qni sont aui environs de Byiacium et de la petite Sjrte, et qn'ilt appellent Emporia i les marchés), a cause de leur fertilité. Ils permettent seulement, A ceux que la tempête ou les ennemis y auront poussés, de prendre ce qni sera nécessaire aus sacrifices et aui besoins du vais-eau , pourvu qu'ils partent au bout de cinq jouis. Pour ce qui regarde Carlbage , toute la contrée qui est en deçà du beau promontoire d Afrique, 1* Saruaigoe et la Sicile, dont les Carthaginois tout les maures, il est permis aux marchands romains d'aller dans tous ces pays, et on leur promet, sous la fai publique, que partout on leur fera bonne justice.
• Au reste, dans ce traité on parle de la Sardaigue et
de l'Afrique comme de possessions propres aniCarliiagi-
uois I itifi illi;); mais. a l'égard de la Sicile, on distingue,
les conventions ne tombant que sur cette partie qui obéit
aux Carthaginois. De la part des Romains lei conventions qui regardent le pay» lalin hmI conçue» delà même manière. Il n'es! pas fait mention du mie de l'Italie qui ne leur était pas son mi s.
* Il y eul depuis un autre traité , dans lequel le» Carthaginois comprirent les Tvricns et les babiiants d'TJtique , et où l'on ajoute au beau promontoire Mnstie et Tarseinm , au delà desquels il est défendu aui Romains de piller et de bâtir une ville. Voici ce traite. [C'est celui que Tile-Lfvo, VIII, 27 et Diodore, XVI, 69, placent a l'an de Rome 405, tous le consulat de M. Valérius Cortu» et de M. Popilius Laenaa , et qu'ils regardent comme le premier conclu entre les Romains et le* Carthaginois. 1 • Entre les Romains et les alliés des tto-
• mains, entre le peuple des Cartbagiuois, drtTyriens,
■ des TJlicéeoset leurs alliés, il y aura alliance à cescon-
• ditloni : que les Romains ne pilleront, ne trafiqueront
■ ni ne bâtiront tir ville an delà du beau promontoire,
• de Maslie et de Tarteium ; que si les Carlbagiuota
• prennent, dans le pays lalin, quelque tille non soumise
• am Romains, ils garderont l'argent et les prisonniers,
■ mais ne retiendront pat la ville, que ti des Carlhagi-
■ nois prennent quelque homme faisant partie de» peo-
■ pics qui sont en paix avec les Romaini par un traité
• écrit, sans pourtant leur être soumis, ils ne le feront
• pas entrer dans les porta des Romains ; que s'il y enire
• et qu il soit pria par un Romain , il aéra mis en liberté ;
■ que cette condition sera aussi ob>ervée du coté des Ko-
■ mains. Que s'ils font de l'eau ou des provisions dans
• nn pays qui appartient am Carthaginois, ce ne sera
• pas pour eni un moyen de faire lort a aucun des peu-
c les Carlbagin" nt tenus également è
s'observe pas, il ne ;
. pies qui on
• [que les Carthaginois
• conditions. ) Que si cel
• point permis de se fai
• quelqu'un le tait , cela sera regardé comme un crime < public; que les Romains ne trafiqueront ni ne bâtiront
• de ville dans ta Sardaigne ni dans l'Afrique;.... | qu'ils
• ne pourront y entrer ] que pour prendre des vivres ou
• réparer leurs vaisseaui ; que s'ils y sont jetés par la
• tempéle, ils eu partiront au bout de cinq jours. Qu'a
■ Carihage et dans la partie de la Sicile qui obéit tu)
> Carthaginois, un Romain aura , pour ton commerce et
■ ses actions, ta même liberté qu'un citoyen; qu'un Car-
■ thaginois aura le même droit a Rome. >
> On voit encore dans ce traité que les Carthaginois considèrent l'Afrique et la Sardaigne comme des poasessons propres ( igiJtagt'ptm ), et qu'ils oient aui Romains tout préteite d'y metire le pied ; qu'au contraire pour la Sicile il» ne parlent que de la partie qui leur obéit. Les Romains font la même chose a l'égard do pays latin : ils ne permettent pas aui Carthaginois dennire au». Antialea, aux Ardéafet, aui Circéeus, am Terraciuiens, tout habitant les villes maritimes du Latium.
• Au temps de l'eipé.tition de Pyrrhus en Utile, avant que les Carthaginois eussent entrepris la guerre de Sicile, il y eut un autre traité où l'on voit les mêmes conventions que dans le» précédents [ nu peut le rapporter a l'année 471!. au moment où Pyrrhus fut appelé eu Sicile { voyei Heyoe, Diiînt. AtaA . vol. III)}; mais on ajoute ; ■ que t si le* uns ou le» autres font alliance par écrit avec Pyr-
■ rbui , ils la feront de telle sorte qu'il leur sera permis
• ds te porter mutuellement secours sur le territoire ot-
> laqué; que, quelque toit celui des deux peuples qni ait
• besoin de secours, le» Carthaginois fourniront lei vait-
• team , soit pour tes transports de* troupe*, toit pour
■ le combat; que chaque peuple pourvoiera a la solde <te
• se» troupes; que les Carthaginois secourront les Ro-
■ mains, même sur mer t'il en rat besoin; qu'on as
■ forcera point l'équipage à sortir d'un vaisseau malgré
• lui. t
• Cet traité» forent confirmés par serment. Au premier, les Carthaginois jurèrent par les dieux de leurs père* , et les Romains, par Jupiter Pierre, aî« Ait» , suivant nn ancien usage , et ensuite par Mars et Enyalu». Le serment par Jupiter Pierre se faisait ainsi : celui qui jurait nn trailé, s'engageait surla foi publique, puis une pierre en main il prononçait ces parole» : • Si je jure vrai, que tout
• me toit prospère ; ti je pente autrement qne je ne jura,
• quêtons les autres jouissent tranquillement de leur pa-
< trie, de leurs lois, de leurs biens, de leur religion, da
■ leurs tombeaux , et que moi seul je sois rejeté comme je
• fais maintenant de cette pierre. • En même temp* il jetait la pierre.
Après la guerre de Sicile il y eut an nouveau traité rapporté par Poljbe, au cb. lui du livre 1; c'est le traité entre Luta tins et Hamilcar (513], moufle quelque temps après, puis renouvelé plut lard avec quelque* roodilkalions encore par Asdrubal. C'est uni ce traité et te* modifications que porle le débat élevé au aujel do siège de Sagonle. Voyei Ttle-I.ive, cb. xvin et ait.] Voici les principales conditions de ce trailé : ■ Il y aura alliance
• entre les Romaini et les Carthaginois, aux condition*
< suivante», si elles sonl ratifiées par le peuple romain.
• Les Carthaginois se retireront de loule la Sicile; il» ne
• feront pas la guerre a Hiéron; ils ne prendront pas le*
• armes contre les Syracusains ni contre leurs allié*. 11»
• rendront tant rançon tous les prisonnier» romains; il*
■ paieront en vingt ans 2,200 talents enboique*. •
Ce traité ne fut pas d'abord accepté a Rome; on envoya sur les lieux dix députés pour examiner le* affaire* de plut prêt. Ceui-ci ne changèrent rien a l'ensemble, mais ils étendirent un peu plus les conditions. Il* nbrégirent le délai de paiement, ajoutèrent mille talent* a la somme; et exigèrent de plut que les Carthaginois abaudonnas:enl toutes les ilet qui aont entre la Sicile et l'Italie.
Voici le sommaire du trailé modifié ( Poljbe , III, ch. uni ) ; • Le* Carthaginois turtiront de la Sicile et de
• toutes les Iles qui sont entre la Sicile et l'Italie. De pari
• ni d'autre on ne fera aucun tort aux allies respectifs;
• on ne commandera rien dan» la domination lei nn* de*
• autres; nn n'y bâlira point publiquement: on n'y le-
■ ver* point de soldat» ; on ne recevra pas dans ton *l-
• liunce les alliés de l'autre parti. Les Carthaginois paie-
■ rout en dix ans deux mille deux cent* talent*, et mille
■ sur-le-champ. Ils rendront sans rançon tous lea pri-
■ sonniers qu'ils ont faits sur les Komaiu*. •
La guerre d'Afrique ( celle des Mercenaires ) terminée, les Romaini ayant porté un décret pour déclarer la guerre aux Carthaginois , on ajouta ces deux condition» | Polybe, liv. I, cb. LiIvUI) : «Que les Carthaginois abandonnei rontlaSardaigne et qu'il paieront 1 ,200 talents au delà
• de la somme Dice précédemment. •
Enfin dan» le dernier traité, qui fut celui qu'on fit avec Asdrubal en Espagne, nn convint de plut, • qne le*
• Carthaginois ne feraient pal la guerre au delà de . l'Elire. .
Caip. XXIX. - Ce que Tite-Live raconte de VaWriui est emprunté a dea auteur* récent*, et probablement a Valérius Anlias , qu'on reconnaît I la prolixité et * l'eiagérafondu récit , * quelques détails ridicules { cb. ixxiii).
HISTOIRE ROMAINE. - NOTES
ma éloges prodiguée à Cornis , à plusieurs discours» et «fin au nombre des morts si considérablement exagère.
Clip. XXX. — Lfgati in hanc stntentiam locuti sunt. Sgonius et tous les commentateurs de Tite-Live ont remarqué que ce discours semblait imité de celui que Thucydide prête aux Corcyréens dans le sénat d'Athènes, èasi'j*, m Àfavaîci, x. t. X. ( liv. I, 52-56. ) Les circonstances étaient en effet à peu près les mêmes.
Céiap. XXXI. — Tum jam fi de s agi visa , deditos non froii. • Les Romains, dit Machiavel, cherchèrent toujours à avoir, dans leurs nouvelles conquêtes, quelque uni qui fût comme un degré ou une porte pour y arriver et pour y pénétrer, ou qui leur donnât le moyen de s'y maintenir. CYst ainsi qu'ils te servirent des habitants de Capoue pour entrer dans le Samnium ; des Camertios, dans la Toscane ; des Mamcrtins, dans la Sicile; des Safootins, dans l'Espagne ; de Massinissa , dans l'Afrique ; desÉtotiens, dans la Grèce ; d'Eumène et de quelques antres princes, dans l'Asie ; des Marseillais et des Eduens, dans la Gaule, lis ne manquèrent jamais d'appui de cette opèce pour faciliter leurs entreprises, faire de nouvelles ttoqoétes et y consolider leur puissance. Les peuples qui observeront une conduite semblable , auront moins besoin des faveurs de la fortune que ceux qui s'en écarteraient.» [Discours sur la première décade de Tite-Live, LU, en. 1.)
CsiP. XXXV. — Tesseram darijubet. La tèssère était noe petite tablette de bois où l'on écrivait le mot d'ordre. Aa coucher du soleil, avant de poser les gardes, le tribun la remettait à un soldat, qui en prenait le nom de testerons. 11 la faisait courir de rang en rang , de manière qu'elle revint avant la nuit au tribun qui l'avait donnée. On se servait surtout de ce moyen de faire connaître à oo corps d'armée les ordres des chefs, lorsqu'on était observé par un ennemi , dont un signal donné au moyen de la trompette eût attiré l'attention. 11 y avait deux sortes de tesserœ : les unes servaient à i'usage que nous Tenons d'expliquer; les autres étaient distribuées aux soldais et leur servaient à se reconnaître dans la mêlée.
Cbap. XXXVIII. — Capua instrumente omnium vo~
kpUtum delinitos militum animos avertit a memoria
p*triœ. • De tontes les con'rées de l'Italie et même de
l'univers, dit Florns, liv. I , cb. xvi, la Campa nie est la
plus belle. Rien déplus doux que son ciel qui la fleurit de
deux printemps ; rien de plus fertile que son sol ; Cérès
et Baecbns y sèment à l'envie. Rien de plus hospitalier
que ses flots; là , les ports célèbres de Caiète, de Misène,
les tièdes fontaines de Baies, le Lucrin et l'Averne où la
mer vient se reposer; là, des monts chargés de vignes;
leGaurus, le Falerne, le Massique, et le plus beau de
tous , le Vésuve ( qui n'imitait pas encore les feux de
l'Etna ; ; près de la mer For mies, Cumes, Pouzzoles, Na-
ples , Herculanum , Pompeii , et la capitale Capoue ,
comptée alors avec Rome et Carthage, comme une des
trois grandes cités. •
Cbap. XXXIX. — A la fin de ce livré, ch. xxxix et suiv., on reconnaît l'empressement ordinaire de Tite-Live d'arriver au terme du livre qu'il rédige. Ne pouvant concilier les divers récits, il <n choisit un, et à la fin il dit quelques mots des autres. La narration de Tite-Live of rc des contradictions. 11 faut eucore la rapporter à Valérius Antias, qui était genlilis de Valérius Corvus. Anssi Valérius Cervus , qui , dans les autres récits ne joue aucun
rôle, est dictateur dans celui ci, réconcilie tout, pérore, et sauve la république.
Niebuhr ( t. III, p. 83; t. V, p. 99, tr. fr. ) préfère un récit différent, sans toutefois contester la dictature de Valérius qui, entre autres témoignages, a ponr elle l'inscription de la statue élevée à ce Romain, inscription que Borghesi a fait connaître le premier ( Giom. Arcadico, 1).
Cbap. XLL— Approbantibus rlamore cunctis.... Suivant Niebuhr, dont, il faut bien l'avouer, les opinions ne sont pas toujours des paradoxes, quoique presque toujours elles en aient l'apparence, Tite-Live aurait complètement dénaturé les circonstances de cette sédition, et il en aurait ignoré la véritable cause. Cette cause serait l'excès de misère où étaient tombés les plébéiens, et les dettes dont ils étaient accablés. ( Voyez Appieo, Samnit.) Serait-il possible en efiet, s'ils n'avaient été excités que par la pensée de s'emparer de Capoue. qu'ils y eussent renoncé tout à coup et se fussent contenés de concessions qui, sans leur apporter aucun avantage réel, ne faisaient que satisfaire de petits intérêts de vanité. Non, sans doute, un tel dénouement est tout à fait invraisemblable.
Mais ces concessions elles-mêmes, dont parle Tite-Live? il les a envisagées sous un point de vue trop mesquin: elles avaient une toute autre portée que celle qu'il lour donne. Ainsi, celte loi qui garantissait le service militaire, avait évidemment un double but : celui d'empêcher un consul malveillant d'arracher un débiteur à l'asile que lui offraient les camps, pour le livrer, en le renvoyant à Rome, entre les mains de créanciers impitoya-, blés ; et celui de garantir à chaque citoyen les années de service dont on devait faire preuve pour avoir part aux d stributions de terres. Celle qui défendait qu'un même citoyen pût être alternativement tribun légionnaire et centurion , et que Tite-Live dit avoir été faite en haine de Salonins , lui était au contraire favorable. Elle avait pour but de garantir aux plébéiens, une fois arrivés au tribunat, le rang que conférait ce grade , et d'empêcher que l'année suivante l'orgueil patricien ne les rabaissât au rang des centurions , qui n'étaient , après tout , qne les premiers des soldats.
Quant à la loi qui diminuait la solde des chevaliers, ainsi que celles qui défendaient le prêt à intérêt et le cumul des magistratures, qui voulaient qu'un citoyen ne pût être revêtu de la même magistrature qu'après dix ans d'intervalle , et que l'on pût choisir les deux consuls parmi les plébéiens ; c'étaient autant de victoires remportées par le peuple sur les nobles et les riches , et , si l'on eu compare l'importance à celle des concessions qu'il obtint sur le mont Sacré , on la trouvera bien supérieure.
Il faut donc qu'une sédition qui amena de si grands résultats n'ait pas été, comme le dit Tite-Live, une révolte de quelques soldats , mais bien une véritable secfssion, comme celle du mont Sacré et de l'Aventin. (V. Appien., loc. cit., — Aurel. Vict., de Vxr. illust., cb. xxix.)
Il y a d'ailleurs dans le récit de Tite-Live, des invraisemblances si notoires que nous avons cru inutile de les faire remarquer. Telle e>t la formation de cette armée, composée de soldats renvoyés isolément par le consul, et qui devient considérable sans que celle du consul en soit sensiblement diminuée.