‹ Commentaire sur Tite-Live: Complément de l'édition du Tite-Live de la Collection des auteursChapitre 15 sur 159 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

Pourle huitième liTraTite-LiTe a en sousleiyeui plnlieurs écrivains : c'est ce qui ressort du chapitre )l, où, parmi lu narrations diverses iF.xauimalum. guoniam aurions non omnci utnt ), il préfère celle qui présente le moins de merveille» ; du chapitre si , oïl il suit, moi aucun doute, le récit le plui vrai sembla» le. ajoutant a ta lin que quelques auteurs racontent le 'ait diffèremmetil ;

dea chapitre! m uni, mi, où il mit les plus

digne* de foi . et enfin des ebap. lit , iiivu , mu , il, où il est bon de remarquer que la tradition qu'il rejette comme trop obscure cil cependant confirmée par le» fastes Capilohns el par lei lasie» Triomphant.

Chip. I. — C. fiuutiuj srcandam. C'est le C. Plautius dont le premier consulat est mentionné an ebap. nui du livre précédent. Le consul C. Plautiut, du ebap. ut du même litre , appartenait à une autre branche de la gens Plautia, et se nommait C. Plauliui Procutui; celui dont il est question ici, est C. Plautïus Huptaus.

Iijb. — hua malri. Parmi lea divinité» que l'on implorait dans lea anciennes prière» publiques ( couprirafio- •u), selon le rite romain, Aulu-Uelle (fVorf. M., XIII , Î2) mentionne l.uam Saturai, d'aprèa lea litres dea pontifes. Les Romains dérîT aient ce nom de luire, eipier, (Varro, de !.. L. VIII, 56 } ; ou même de xiin, suivant un passage du grammairien Diomède, III, p. 4SI : bia- «•« Aùin cognomtnarmmt, quaii solutriccm nu forum. Celte dernière étymologie où l'on reconnaît l'influence de la mythologie grecque, e»t par cela même plus une suipecie ; la première pourrait, a la rigueur, satisfaire , si le mot lues ne mettait pas sur la voie d'une opinion plus vrsi sembla d le, La pêne et d'autres maladie», provenant d'une atmosphère infectée, s'étaient sautent déclarée* a la suite dea grandes batailles : dans les quatre cent cinquante premières années qui suivirent la fondalion de Rome, Tite-Liie en mentionne plus de vingt. Un conçoit dès lors que les anciens habitants de l'Italie, Latin», Étrusques ou Romains, aieul été conduits a croire qu une divinité était la cau-ede ce fléau. Aruone et saint Augtutin olîreol I cet égard de uombreiU'* analogies, qui ne permettent pas de douter que la m) thologic italique u'ait créé de celle manière nue partie de ses divinités. Tite-Live bit encore nue fois mention de celle déesse, el e'esl encore a l'occasion d'uni graude défaite, essuvée par lea ennemis de Rome, XLV, S5 : Cetera on is qe- RérU arma, cvmulala iu iuqenlnA arcrcuni, prtentus Marttm. Mineriai». Lunmqiie malrem, et cettros deux, gwifttis spolia ftosiium dirare jus jasqut ttt, ipst impiralor, face suMilo. jmtenitit. Ce passage parait continuer l'opinion que noua avons émise sur cette déesse. Le génitif Saturai qui suit le nom de Lua dans le passage d Au lu-Gel le que noua avons cité plus haut, a été interprété de plusieurs manières; les uns veulent qu'on l'ait regardé comme la fille, d'autres comme la femme de Saturne. M. llartung i fitlij. der ftttm., 1. Il, p. 130) adopte ce dernier sens qui n'est pas le plus traiscmbhible.

Ciir. III. — DodweU (de Cuciis, 1 3T, p.5%) . soq.; bOi\ pense que dans ce chapitre et dans le anv Tite-Live suit surtout Fabius, et qu'il mêle maladroitement les années de Tère de celui-ci avec relies d'autre* IJttènii s cbronologi que*. Aleiandre d'Ëpire, ayant commencé a régner , la Iroiaième année de la cent huitième olympiade, a pu se trouver en Italie l'année qu'indiqua Tile- Lite; maisc* qui

s'y oppose c'est la durée du aéjour qn'fl y aurait fait, et eo outre c'eit que, suivant qnelquesauteura.il ne partit pour l'Italie qu'après l'eipédilion d'Aleiandre-le-Gr*sl ( Liuri rhronici opud Gellmm . IT, SI ). L'ère de Fabius offre encore ici, avec l'ire vulgaire, nue différence de cinq ou sis ans; et pour rétablir la concordance il ne suffit pas d'omettre, comme le veulent quetqnes-nna, quatre annéea dn règne des rois, ou de rejeter une année a diverses époque», comme le voudraient DodwrJI, Pela u, elc. Tite-Live n'a pas non plus emprunté ce récit A Fabius seul , puisqu'il dit dans ce chapitre que tous les auteurs l'accordent sur ce point. Hais l'erreur provient ou de ce que cette année il était question d'un autro- Aleiaudre, ou de ce que ce fat celle même année qu'Arenidamus envoya des secours aui Tareotins; on peutétre aussi a-l-elle été introduite dans lea annale* par un faut calcul de» olympiades.

Cuir. III. — Eo untio Alexandrum Epiri regem ia Itaiiam rlassem appuliitt ronslat. Il ne fallait pas l'érudition d'uu Dodivell pour voir que la date donnée par Tite-Live ne s'accorde pas avec l'Histoire grecque. L'année 357, dans laquelle Tite-Live entre ici, est antérieure même n la mort de Philippe de Macédoine. t>n ne connaît aucune eipédilion faite par Alexandre en Italie avant ceti* dont l'historien parle plus bas, ebap. un, et qui ent bien I au 339. 11 ie pourrait cependant que le roi d'Ënireait tait antérieurement une tentative, que lea historiens grecs passèrent sons sueuce; mais quoi qu'il en soit, les aolioua fournies par l'histoire ne permettent pas de la placer avant la mort de Philippe, et Tite-Live s'est évidemment trompé. Si on ne peut en dire autant de l'assertion qui suit : £a atas rtnim Mo jni Alrxandri est, llfautau moins convenir qu'elle n'est pas rigoureusement eiacte. Niebi.br» cherché les cause» de ces erreurs, t. III , p. 186 et suivantes

lato. — Sorore hiijui. Le roi d'Épire était la frtre d'Ohmpiaa.

Cuih. IV. — Literlafis de>id>riiim renordet animai. Eipressiou poétique : voir Virgile, .£*., 1 , 261 ; VII, «H.

lain. — Plus daeentorun) «anorum saorem solrerimtt. L'orateur veut dire dès le temps de Servit!* Tulllna (I,49l el deTarquinle-Superbe(I.50|. U y avait en

cependant des intermissions (VU, 12] : Magna ris miltlum oti iis { Lulims ) tx fadert cetisio, quod muliit inlir-

Ciip. T. — AudiU, Jus Fasaue. Je ne me rappelle pas avoir vu Jus ainsi personnifié. Il n'en est pas de même de Fus qui est invoqué au ebap. uni du lis. I. Ou connail le vert d'Auaone :

Que) Themia e;

Grade,

i,Fa»,

Chip. VI. — Diitiplina nifilarU od prise OJ rtdtçtrtlur mores. ■ Les Romains n'ont rien eu dan» leur gouvernement dont ils se soient tant vantés que de kur discipline militaire ; ils l'ont toujours considérée comme le fondement de le. ir empire. La discipline militaire est la ebose qui a paru la première dans leur état et la dernière uni ■'y est perdue, tant elle était attachée a la constitution de leur république. ■ BossitT, Discours sur fflist. unir., III, part., ch. vi.— iToutes 1rs fuis que les Romains se crurtot en Jauger, ou qu'ils voulurent réparer quelque perte, ce lui une pratique constante ehei cui d'affermir ta discipline militaire. Ont-ils a taire la guerre aux Latins, peuples aussi aguerris qu'eu i-roemei, lUnliua songe i augmenter la force du commandement , et bit rooortr aon

HISTOIRE ROMAINE

h qui util raiucu uu or.lre. Soul-ils battus à Ni muse. Scipioa Kmilicu les prive d'abord de loul ce q les mil amollis. Le* légions romaines oui -elles passé soi kJMgenNumidif, Hélellus répare celte bonledès qu Int a tait reprendre les institutions anciennes Marin: pour battre le* Ombres et les Teutons , commence pi ■tourner le* fleuves, et S] II* Tait ii bien travailler le* tsUats de ton armée effrayée de la guerre contre Milbri- 4iK, qu'il* lui demandent le combal comme la Un de leur* fanes. • Homtsauiui, Grand, tt Diead. dis Humain* , «su. H.

Ci». VII. - T. JUanliu rouklti M'"*- Tite-Live rtsete l'histoire du fils de Manlius uni indiquer aucune InJition différente. Cependant, selon d'autres auteurs, il te fut p» provoqué au combat daui une reconnais. ance; mais il quitta aon poste pour combattre, et le fait ■riva dan* la guerre contre les Gaulois iDeuys, VIII. ÏB. Ciion, dans Sallusl. Catil. en. un Elien, Mal. An. 111, Si: Parallèle* du foui Plulirque, I. VII. p. 228, M.Bei.ke). Le plus grand uombi-e le fait p rir par la ssebe, quelque* uiu, cependant, du supplice des bapetlè*, fuslaarium, qui «tait la peine réservée a ceux qgi abandonnaient leur poste (Ti le- Lire, Y, 6;Pol)b. M, II; Cit. Plut- III, 6). Le dernier récit parait plus ancien, «irra qu le* biatorieni , qui vinrent plu* tard , chercherai, en diminuant la faute, a augmenter 11 pitié pour le Us et l'admiration pour le père; et peut-être Tile-Live ■Hneme, l'a-t-U eu eu vue, quand il dit. Ht. XXIV, 4. wvii ; ntet liberorum etiam suontni parente* Mm «s™ (prasidio ne dectdtrrnt) tanxiltt.

liais la brillante narration , qu'on lit aujourd'hui dani Tiie-Liie, a probablement pris ta place de ce récit que Tiu-Live devait avoir suivi dans la première édition de ces dit premier* livres. C'est pour ce njo.it que Servi us ludiÉiwid. VI, StIJeuteud ces mots de Virgile: Savam irru-i, non pas de la bacbe même, mai* du droit défaire atanrir par le supplice de* baguettes, ptr fustuarium. Quant 1 cette conjecture d'une première édition des dii premier* livre* , elle n'est pas hasardée. C'est ainsi que Deojs d'Hiljc. publia d'abord séparément les deui premier* livre* de son histoire; puis les donna de nouveau en même temps que le reste, mais aiec un autre préambule. Pline nous apprend {Uni. Hat. prci-f), et nous le lojoo* par le* sommaires des différents livres de noire auteur, que les histoire* de Tite-Live furent divisées en plusieurs parties et publiées * des époques différentes. C'est la première édition de la première décade que 5ervio* a eue entre le» mains. En effet , ce qu'il cite des du premiers livret est presque toujours différent du leste que noua avons. CI. ad Aïneid. I, U2 et ,353, VI, S el

tu-.VL.ia.

Koaiat, mu mat balUut, p. (94 (MercerJ, cite ce passage du livre IX de Tite-Live, aurais regina, aurata eoilrt tUis eranl, qui appartenait è la description des arme* d'or des Samniles, cil. il, et qu'on n'y. retrouve plus

lain. — Lopins per grains. Ce sont probablement les cent marches ( rcniiim gratins) . qui conduisaient du Velabrumsur la roche Tarpéieune. Telle esl du moins l'opinion de Mebubr, t. III-, p. 131, éd. allcm.

CaiF. VIII. — Scula pro dypris. Voyei la note sur le ehap. iLiudu liv. I,p. 785. col. 2. Poitquam stipetidiarii fudi suai, ■ Depuis l'établissement d'une solde. ■ Voir IV, 59 ; V, 7. Beaucoup d'interprète* ont, i tort, rapport* le mot itipvuharti aux Latins.

C bip .VIII. — Afaitipiilntim , de telle sorte qu'il y avait de* intervalles entre le* manipules L'ancien ordre de bataille n'en avait pas, mais était continu connue la (.lialange des Macédoniens.

I*ID. — Orrto seragtnos... minima fidueia manum. C'est un des passage* les plus controversés de Tite-Live, el peut-être fan'.- il al tri bu er a l'historien une partie de* embarras qu'il a causés a ses interprètes. Celte description dé la légion romaine . telle qu'elle était organisée a celle époque , ne parait guère élre le produit d'une idée bien nette et bien arrêtée sur tous les détails, et je ne aérais pas él igné de souscrire au jugement naïf que Biaise de Vigenère émet sur notre historien : • En quelque sorte qu'on vueille a y puisse tourner ce lieu ici du latin, je ne pense pas pour cela que les lecteurs en puissent tirer beaucoup de cognoissance uy instruction Car en premier lieu (el cecy soit dit une fuit pour toute* ) ou voit assri par lout le conteitc de Tile-Live, que c'esloit a la vérité, un homme docte et de bonnes lettre*, propre B tenir une chaire de Docteur régent dedans Home, en quoy il passa lout le cours de u vie, mais de la guerre, je ne voy pas nulle part qu'il en ait eu guère* de cognoissaoce, Tors que ce que la lecture et l'oujr dire lui eu ont peu imprimer en la fantaisie. De manière que ce qui est excellent en lui consiste es formules de l'antiquité; et sur tout en ces concons et harangues, qui sont moïleuse* et tontes entretissue* de graves sentences et beaui traïcls; si qu'elles se peuvent paragouer a loul ce que mesme la Grèce peut avoir produit en semblable : la où toutes les fois que le fil de l'histoire ramène en quelque combat et faict d'armes , soil par h terre, soit par la mer, Il ne me semble point, quant à moy (chacun neaolmoin* en juge I sa fantaisie) qu'il tralcte cela es termes el en la manière qu'il faut .- si que te traducteur, s'il est homme versé ans affaires. Cl qu'il se vueille en sa conscience juger soj-mème de ce qu'il en sent en son esprit, se trouvera plus empesebé qn'en nul autre enlroicl, si non de le redresser, a tout le moins de le soulager. •

Voici, selon moi, comment 11 faudrait entendre le teste , ti l'on croit ne devoir se permettre aucun changement. D'abord il paraîtrai! qu'on peul appliquer ici la remarque de Polybe ( VI, 22], sur la légion romaine: Kii ta |itv ulpec sVaotcv iii>.!03> «il ti-tui ( orriinrmf km entgs» 1 moniputum ) saù oYstaEcv (reiiKwmls ce qui ne peut avoir, en grec, d'autre sens que celui-ci : • les mots ordo, manipulas , retHiam, sont synonyme* dans l'usage. • Si l'on n'admet pas celte synonymie, attestée d'ailleurs par un écrivain digne de fui . on ne pourra se tirer de la description suivante. 11 faut cependant reconnaître que les mot* qui précèdent (quod anttn pnafflngrs limites Marcdotiiris . hoc pollen mlniptiialim jb-uda «rie* ra-pll ttst -.postrtmo In pfurt* ordine* instriieliaiilur), pourraient porter à croire que Tile-Live a voulu Indiquer une différent»-; mais il parait avoir eu seulement l'intention de dire que quand on eut renoncé A l'ancien ordre de bataille, semblable a la phalange, on divisa les légions en manipules, et pin* tard on multiplia encore les divisions. L'orâo avail, dit-il ensuite, soixante trois hommes; mais plus bat, il est question d'orrfinesbien plus forts : donc il faut restreindre cette première définition aui liajlnii etaui prin cipts, donl noos avnns parlé, ainsi que de* triarii, au chap. mu du livre précédent. — Le mut (jo-su m est expliqué par Pionins(p. 5S5, 10) : telum Galtiarum ttrutnai.

TITE-LIVK,

Le dernier mot est omis A tort dans quelques manuscrits ; car, partout où le mot se trouve, il est fait mention de deux gœsa que le soldat portait à la fois. Varron , dans le troisième livre de Vita populi Rom. , cité par INouius : Qui gladiis cincti sine scuto cum binis gœsis essent. Et de même dans notre passage, qui ha^tnm tantum g^saqub gérèrent. Le traducteur a donc eu tort de rendre le mot gœsa par le singulier.

Les hastati formaient quinze manipules , qui , d'après le chiffre indiqué par Tite-Live, composaient un total de neuf cent quarante-cinq hommes. 11 en était de même des principes. Après ces deux bataillons , nommés antepilani, parce qu'ils précédaient les pilant, ou les triaires qui portaient \epilum, venaient quinze autres ordines, rangés, dit Tite-Live, sub sîgnis : passage que le traducteur a mal compris , puisque les mots sub signis appartiennent aux triarii , et non pas aux antepilani. Du reste, ces mots présentent quelque difficulté : car les hastati et les principes avaient aussi des étendards. Biais la difficulté disparait si l'on sauit bien la diiférence qui existe entre signum et vexillum. Signa est pris ici pour le drapeau de toute la légion : et cette explication est confirmée par ce qui suit, triarii sob vkxillis considebant.

Les rorarii étaient des corps légers qui commençaient ordinairement le combat, comme la rosée précède la pluie ( quod ante rorat qatam pluit, dit Varron ) : car les grammairiens s'accordent à faire dériver ce mot du verbe rorare. Le vieux poète Lucilius leur donne plus d'une fois l'épi thète velox.

Les accensi remplaçaient* selon Festus, les soldats morts (et àd censum legionum adjiciebantur ) , et ne combattaient qu'avec des projectiles (missi/ta). Mais comment se fait-il que les rorarii, troupe légère, et les accensi qui ne pouvaient avoir de place fixe, se trouvassent réunis aux triarii , près de l'étendard de la légion? Il est vraisemblable que tel était leur poste au moment où l'on rangeait l'armée en bataille; que les rorarii , après avoir escarmoncbé comme nos tirailleurs, se repliaient sur la réserve et venaient s'y reformer; tandis que de là aussi des détachements à* accent se dirigeaient sur tous les points où la mort avait fait des vides. Les triarii se trouvaient donc triplés par l'accession des rorarii et des accensi : et c'est pour ce motif que les manipules ne se composaient pas de soixante-trois hommes, comme ceui des hastati et des principes, mais bien de cent quatre-vingtsix hommes : ce qui donne, pour ce troisième corps, une somme de deux mille sept cent quatre-vingt-dix soldats qui, avec les deux bataillons de neuf cent qur.rantecinq chacun, dont nous avons parlé plus haut, portait l'efectif de la légion à quatre mille six cents quatre-vingts, somme qui ne s'éloigne pas beaucoup du nombre de cinq mille, que Tite-Live assigne plus bas A ce corps. Et si l'on admet , ce qui est très-vraisembable , que les viogt hommes de troupe légère, qui se trouvaient réunis à chaque manipule des hastati , n'étaient pas compris daus le nombre de soixante-trois , on aurait trois cents hommes de plus à ajouter aux quatre mille six cent quatrevingts, et par conséquent cette somme serait portée A quatre mille neuf cent quatre-vingt qui atteindraient facilement le nombre de cinq raille, et même le dépasseraient un peu si l'on y réunissait les tubicines, les cornicints, les fabri et les calones. Voyez du reste la note suivante.

Tout en promettant d'expliquer le passage, sans y faire aucun changement, je n'ai pas prétendu y comprendre les mots «arum unamquamque primum pilum tocabant, qui ne peuvent nous donner qu'un sens absurde. Il faut

absolument lire, avec Grooove, earum pbisui primum pilum, leçon que M. Lemaireareçudanssoxitexte^^^ ou, earum unamquamque primam primum pilum torsbant. Voy. IS'ast. Rœm. t Alterth. p. 1 26-142.

Niebubr, t. III, p. 112-120, trouve dans ce thapilrt^ des bévues immenses. Dans ce que Tite-Live dil sur triarii il prend tout à la lettre, quinze ordines, ordo de trois primipili ; chaque primus pilus, de troi cexilla; chaque vexillum , de cent quatre- vingt hommes** ( les six autres étant des centurions ; : ce qui ferait vingt — quatre mille trois cents soldats pour les triarii ; taodisss. qu'au dire de Tite-Live, toute la légion n'était que dts cinq mille. C'est évidemment vouloir tout embrouiller pour être en droit de tout nier.

Coàp. VU I.— Scribebantur autem quatuor fere legi quinis millions peditum. Trois interprètes s'accordent ici pour transposer la particule fere : quatuor legione fere quinis ou quinis fere miUibus peditum, parce q durant longtemps il fut de règle de ne lever que légions. Ce changement, fait dans une toute autre inten tion que celle qui me porterait A l'admettre, vient l'appui du calcul que j'ai établi dans la note précède

Ibid. — Veserim. C'était un fort ou une petite ville la Campa nie , comme le prouve Cluvier, Haliaaniiqua p. 1187.

Cbàp. IX. — A familiari parte, de la partie du foû dont les signes se rapportaient à lui et aux siens, o A la pars hostilis (Lucain, I, 619); les deux partiesi étaient séparées par une ligne imaginaire appelée fissumz mais on nommait aussi, par extension, (issa, les deux, parties produites par le fissum.

Ibid.— Jane, Jupiter, etc., Macrobe, SaturnaL. in. 9, nous a conservé en entier une autre formule religieuse» évidemment plusVécenle que celle que Tite-Live a trouvée dans les annalistes. Sur les diti Novensiles , qu'on appelle aussi Novensidcs { Varron , L. L. V, 74 ), nous n'a vons d'autres renseignements que ceux qui nous sont fournis par Arnobe , III, 122. On y voit que les uns faisaient dériver la première partie de ce mol , de novem, les autres de novus. Quanta la seconde, M. Hurtung ( Relig. der Rœm., p. 94 ) y retrouve le même radical que daus sedere, par suite d'une permutation dont on retrouve des exemples dans les anciennes formes : dingua ponr lingua, dacrimœ pour lacrimœ , Capitodium pour Cnpitolium, odor et olere, meditari et p.tXrrav, etc. ( Voyez Festus, p. 228, Egger . Ce même savant voit dans ces divinités des dieux nouvellement établis, noveinsides, par opposition aux indigetes , opinion qui était celle des anciens annalistes et de Cincius Alimentus. Kiebuhr compare aux dieux Novensiles les neuf dieux fulminateurs des Étrusques , sur lesquels on peut voir K. 0. Muller ( die Etntsker, t. II, p. 84 et 165). Les dit indigetes sont tout simplement les dii patrii, quoique presque tous les grammairiens» s'efforcent de n'y trouver que des hommes divinisés , in diis agentes. Voyez p. 774, col. 2.

Ibid. — Se in medios immisit. On verra peut-être avec plaisir comment Ennius racontait cette histoire dans des vers qui ont échappé à la perte de ses Annales ( lib. V, 5-1 4, ( édition de Merula et Spangenb. ) :

c Divi , hoc audite parumper.

a Ut pro romano populo progtiaviter armis c Certando, prudens animant de corpore miito. » Se tura , sicut equus, qui de prssepibos actus Vincla suis magni9 auimis abrumpet, et indu

HISTOIRE ROMAINE. - NOTES

OÎK>

FM Mie campis per cacrula lstaque prata , Ctbo pectore . saepe jubam quassat simul altam , S, ii rit ii« ex anima calida spumas agit albas ; lapât irrita tu* , teoel occasu' , juvatres.

El cet autre vers que l'oo présume être tiré de l'exhortation de Fabius à ses soldats :

Dts^rge hostts , distrahe , diduc , divide, differ. A enfin ce vers qui se rapportait à la défaite des Latins :

Cogebaot hostes lacrimantes ut misererent.

Chif. X. — ConsurgiU nunc. Voyez dans le Cid ( acte t, se. 5 ). un mouvement semblable.

Juo — Suovetauritïbus. C'était un sacrifice où l'on immola it un porc, une brebis et un taureau au dieu Mars. Cf. le chap. xliv du livre premier, et voyez Musée des Antiques, n. 138, de Viscomi, 176 de M. de Clarac, no bas-rebYf représentant cette cérémonie. Tout ce passage , à partir de lierre consuli dictatorique, est de la pins haute importance. C'est un document d'autant plus l»recieiix qu'il ne se trouve point ailleurs et nous Tait connaître le plus curieux des rites guerriers en usage chez les Romains. Le style même de ce passage prouve qu'il est fidèlement extrait des anciens Ihtucls dout nous avons parlé plus haut, page 762. Tite-Live lui-même, en convient au commencement du chap. suivant, haud ab redujt, vérins quoque ipsis, ut tradita nuncupataque suvt, referre. Quant au regret qu'il éprouve de voir négliger les antiques usages de la patrie [prisca ac patria), oo peut voir aussi ce que dit Cicéron sur le mérite de Vairon, Académie. poster., I, 3.

Cbap. XI. — Veseia urbs, • C'est probablement , dit Niebohr(t. III, p. 158), l'endroit qui s'appelle aujourd'hui 5. Agata di Goti, où l'on trouve beaucoup d'antiquités prouvant qu'une ville a dû exister dans cet endroit. Les montagnes voisines de cette position, et que l'oo a a sa droite en allant à Capoue, sont indubitablement les montes Vescini. ■

Ibid. — Post diem decimum Latinamm, est traduit à dessein six jours après les fériés latines. Elles duraient qoatre jours; ainsi, dix jours après les fériés latines, comme traduit M. Corpet, en critiquant Dureau-Delamafle, donnerait une idée tout à lait fausse.

ibid. — Denarios nummos quadringenos quinquagenoe. Ledeoier d'argent, comme le remarque Kollio, n'existait pas encore , puisqu'on ne commença à frapper ce genre de monnaie à Rome que l'an 269 ayant J.-C. M. Letronne pense qu'il s'agit vraisemblablement ici de la drachme grecque , en usage dans les villes de la grande Grèce. Voyez, sur la valeur de cette drachme, M. Saigey. Traité de Métrologie, p. 42.

Caip. XII. — Campis Fenectanis. Ces plaines ne se trouvent mentionnées nulle part. Cluvier (Ital. Antiq., p. 963 , corrige Pedanis ; Doujat, Ftrentinis ; de Pedanum et de Ferenùnum , tous deux dans le Latium. Plusieurs manuscrits donnent Ferentanis. La conjecture de Cluvier parait plutôt contredite que couGrmée par ce qui suit.

Imo. — Lanuvio. D'après les tables triomphales il faudrait lire ici Lacinio, et dans le chapitre suivant, Lariniosque, au lieu de Lanuviosque. Les manuscrits offrent les mêmes variantes. Voici le texte des tables triomphales :

Page 1