‹ Commentaire sur Tite-Live: Complément de l'édition du Tite-Live de la Collection des auteursChapitre 51 sur 159 · LIVRE XXXV · texte numérisé non relu

LIVRE XXXV

Meierotto {de Testimoniorum Livii fide, p. 15 remarque avec la plus grande raison , au sujet de ces livres et des suivants , que Tite-Live, quand il fait le récit des événements de la Grèce, à partir de la première paix conclue avec Philippe, et qu'il raconte la guerre contre Persée, a imprimé un nouveau caractère à sa narratiou. D'abord il donne avec beaucoup plus d'ordre et d'exactitude, jusqu'aux plus minces détails; ensuite il cesse presque entièrement de désigner soit par leurs noms, soit par certaines formules, les auteurs où il puise chacun des faits. Dans ce livre encore, ainsi que dans ceux qui suivent, il s'attache principalement à Polybe. (Cf. le cbap. xlv avec Poljbe, XX, i, et le ch. l avec Polybe, XX, 2. ) Il y a plusieurs passages dans ce livre et dans les autres que l'on pourrait regarder, avec assez de certitude, comme venant de Polybe. Wesseling, eu plusieurs endroits, et Mai, dans l'éd. des Excerpta, ont prouvé que Diodore, pour cette partie de sou histoire, avait emprunté beaucoup de choses à Polybe. Ainsi en comparant Tite-Live, XXXII, 5 (sur Héraclide) avec Diodore, XXVI, p. 573 Wessel.; Tite-Live, XXXV, 51 (sur De liuui) avec Diodore, p, 574; Tite-Live (sur les honneurs décernés à Philopœmen ) XXXIX, 58, avec Diodore, p. 575, on restera sans peine convaincu que tous ces détails sont dus à Polv.be. Du reste Valérius Antias est cité ch. u et ch. xx, ainsi que Claudius qui avait suivi le récit d'Acilius, ch. xiv. Ce que Tite-Live, ch. i, dit des Lusitaniens, serait, au jugement de Becker {Die Kriegeder Rœmer in Hispan., p. 84 ), appuyé de l'autorité de Valérius.

Cbap. I.— Idempro pralore. En qualité de propréteur, son commandement ayant été prorogé jusqu'à l'arrivée de 6on successeur. Il faut faire la même observation pour L. Valérius. Cn. Domitius et P . Cornélius, auxquels Tite-Live donne (XXXIX, 46; XXXVI, 36; XXXVI 11, 2,) le titre de proconsuls, et pour Bœbius qu'il nomme également propri leur, sans parler de la loi qui leur avait confère ces titres. Les provinces et les armées ne pouvaient rester sans commandant supérieur; cependant, l'autorité cessant à l'expiration de la magistrature, passé ce terme les magistrats ne pouvaient continuer de l'exercer, à moins d'y avoir été formellement autorisés par une prorogation. Tite-Live parle souveut de magistrats continués pour un an, soit dans la province qu'ils venaient d'administrer, soit pour être envoyés dans une antre. Mais il fait rarement mention de la prorogatiou des magistrats jusqu'à l'arrivée de leurs successeurs; et pourtant cette prero-

gatioo devait être souvent nécessaire. Il y a tout lieu de croire avec Dulcer qu'elle était ordinairement décrétée par la même loi qui distribuait aux nouveaux magistrats leurs départements.

Chip. IV. — Triarios vallum circumjicere. Cornélius avait un double but, suivant Crévier, en donnant cet ordre aux triaires : il voulait d'abord mettre les bagages à l'abri d'un coup de main, et» en second lieu, ménager à son armée une retraite où elle pût trouver un asile, si la chance du combat ne lui était pas favorable. C'était aux triaires qu'était ordinairement confiée la garde du camp. Voy. Juste-Lipse, Mil. Rom., IV, I.

CB4P. VII. ~ Feralia. C'était la fête publique et solennelle des morts. Elle se célébrait à la fin du mois de février, et consistait principalement en libations faites aux mânes.

Festus trouve l'étymologie du mot feralia dans l'usage où l'on était, dans ces jours religieux , de porter des mets sur les tombeaux, et d'y immoler des victimes : « Feralia diis manibus sacrata festa, a fermais epulis vel a feriendis pecudibus. • Varron et Ovide ont adopté aussi cette étymologie : • A ferendo, quod ferunl tum epulas ad sepulcrum , quibus jus ibi parentare. » De Ling. Lat„ V, 5. • Uanc, quia justa ferunl, dixere feralia lucem. » Fast., II, 569.

Les offrandes que l'on faisait aux mânes étaient, selon Festus, du vin, du lait , du Ter, du sel , ou sang , des parfums et des Heurs. Plutarque y ajoute des fèves, parce que, dit-il, ou croyait que la forme de ce légume ressemblait a celle des portes infernales.

Ces fêtes duraient plusieurs jours , et le dernier, qui portait plus particulièrement le nom de feralia, tombait le douzième jour des calendes de mars, c'est-à-dire onze jours avant la fin du mois. i Voyez Ovide, Fast, II, v. 557 et suiv. ) Pendant ces jours consacrés au deuil , il était défendu de se marier, et en général d'entreprendre aucune affaire importante ; les statues des dieux , même dans les rues étaient couvertes d'un voile ; les portes des temples étaient fermées , l'encens cessait de fumer sur les autels , c'est ce qu'expriment ces vers d'Ovide :

Dom tamen hœc fiunt, vidas cessate puella:

Exspectat puras pinea tsda dies.

C inde tuas , h y menace , faces ; et ab ignibus atrls

Aufer : habent alias mœsta sepulcra faces.

Di quoque templorutn foribus celentnr opertiss

Thure vacent ara) ; stentque sine igné foci.

Et les suivants, tirés de la consolation è Livie, par Albinovauus :

Dique latent templls , non iniqua ad funera vultus Prasbent ; nec poscunt thura ferenda rogo.

Chez les Athéniens anssi il était défendu de se marier pendant la fête qui se célébrait dans le mois anthestérion, en l'bonnenr des morts.

Les anciens n'avaient pas des idées bien fixes au sujet des mânes. Tantôt ils voyaient eu eux des dieux infernauz, de* génies tutélaires des défunts, et leur donnaient pour mère commune la déesse Mania, ou Larunda ; tantôt ils les prenaient pour les âmes des morts elles-mêmes. Dans cette acception, le mot mânes désignait tout à la fois, et d'une manière indéterminée, i° les Lares, ou esprits, des hommes vertueux , qui s'attachaient à la postérité qu'ils avaicut laissée sur la terre, et prenaient en quelque sorte possession des lieux qu'elle habitait , pour exercer sur elle une influence favorable. ( Voy. Corn. Nép., Lettre de Cornelie, 2* fragm. ) 2° Les Larves ou Lémures, qui , à cause des fautes qu'ils avaient commises durant leur vie ,

ne trouvaient dans la mort aucun lieu on se reposer avec plaisir, et apparaissaient comme des fantômes, inoffensifs pour les bons, redoutables pour les méchants. ( Voyez saint Augustin ; de la Cité de Dieu. IX, Il .) Au reste tout le système de la démonologie des Romains est rempli d'obscurité et d'incertitudes. C'est d'ailleurs une chose à laquelle on devait s'attendre; car partout et dans tous les temps le vague et l'indéterminé ont été le caractère naturel et particulier de la doctrine des esprits.

Cicéron {de Legibus, II, 21) et Plutarque (Quasi. roman, ch. xxxtv ) nous apprennent que D. Brut us, qoi fut consul en 616, et triompha des Lusitaniens , célébrait les feralia dans le mois de décembre. C'était, dit Plutarque, pour se conformer à l'intention du législateur, qui n'avait placé ces fêtes à la fin de février que parce que ce mois était, à cette époque reculée, le dernier de l'année. Creuzer trouve dans ce choix , et dans l'usage pratiqué par D. Brutus, des motifs mystérieux et systématiques, dont il donne l'explication au liv. VII de son ouvrage sur les religions de l'antiquité.

Les feralia n'étaient pas les seules fêtes célébrées à Rome en l'honneur des mânes. Le 24 août, le 5 octobre et le 8 novembre leur étaient également consacrés. « On ne saurait s'empêcher d'admirer, dit M. Guigniaut, le sens profondément moral des croyances qui enfantèrent ces touchants usages. Les âmes des ancêtres étaient divinisées, révérées à l'égal des dieux; elles venaient, à certaines époques, visiter leurs descendants. Quel avertissement, pour l'homme simple et grossier de la nature, de se détacher de la terre, et de porter ses regards vers le ciel comme vers sa patrie véritable ! Et, sous un autre point de vue, quel lien sacré entre les membres de la famille, que le trépas même ne pouvait séparer toui-à-fait' Aussi le peuple romain témoigna-t-il toujours un grand attachement pour le culte des morts, dont le pieux Énée, suivant la tradition populaire, avait été le premier instituteur. Les familles nobles ne lui furent pas moins fidèles. La fête des mânes , la visite annuelle des tombeaux des aïeux ramenaient les esprits sur le passé et ses grands hommes. Le père de la ville, Romulus lui-même, avait, dit-on, établi les lemuralia, ou la fête des lémures, pour apaiser l'ombre de son frère Rémus , qui , sous la forme d'un malin esprit, apparaissait dans Rome en lui dénonçant des malheurs* Ce fut dans la suite une fête d'expiation générale, solennisée la nuit pendant trois jours, les 9, 1 \ et 15 mai. » Religions de l'antiquité, t. II, f rc part., p. 427.

Nous ferons remarquer en terminant de singuliers rapports de ressemblance entre cette fête de trois jours et nos processions des rogations, qui se font aussi par trois jours consécutifs, dans la première moitié du mois de mai, et dont le chant des litanies des saints est la partie principale. On sait d'ailleurs que les lémures exerçaient surtout leur influence sur les biens de la terre ; Caton ( de re rustic. ) nous a laissé une formulée laquelle il attribue la vertu de les conjurer, et ils sont énumérés dans la chanson des frères Arvales, parmi les puissances malfaisantes dont ces vers avaient pour but de délivrer les champs.

Chap. VII. — Quibus debitor vellet legibus, jus créditer» dicerelur. Il fut permis aux débiteurs de choisir pour faire juger leurs différends avec leurs créanciers , entre la législation romaine et la législation latine. Celle-là était plus favorable au débiteur, celle-ci au créancier. Voyez la note sur le ebap. xvi du liv. VU.

HISTOIRE ROMAINE. - NOTES

Cair. VIII. — Qitttm triant vertu* eitet . Ti. Stmpra~ aio t«prrini» liabenli frndi t xerritum , ONast If gala. Ce naasage a beaucoup embarraisé lescomraentaleur»; et. ™ effet, il eit fort difficile de l'expliquer d'une manière HliifaiuQie. Tile-Live,aucbap.v, ne donne à Ti. Sainprooiuj , que le litre de lieutenant de Scipion ; M. Marcelin» était comme lui eoujulaii-e, et l'on ue voit pas pourquoi il eût eu moin» de droi là commander que lui, Amoint qnel'no ne suppose, *iee Duker, que Ti. Simproniui, consul de l'année précédente . avait élé continue dans sot commandement. Mail alon il resterait A expliquer comaMat U pouvait i la foi», avoir en s» qualité de proconsul, ont autorité égale i celle de Scipion . et lui être soumit comme »on lien tenant.

Ciir. IX. — Censa tant cicium cnptla cxstVM quadrafi*ia tria mllia teptingenlu quatuor. Lei commentateur» ont soupçonné ici une altération dam le leite, ei proposé de lire durenta. an lieu de renlum. En effel, dix ira auparavant, en 54') (voy. XXIX, 57), le cens avsil produit deux cent qualorie mille clloyena,ioiianla-dii aille de ptiia que le nombre mentionné ici, et l'on ne mneewrit paa comment, dam on ai court espace de ttmp». lea forces de l'empire, dont la prospérité allait toujours croissant , eussent pu diminuer dans une proportion antii considérable. D'aulrea critique* ont pensé que «'Etait plutôt le nombre de l'année 5(9 qni était altéré, parce que le cent précédent n'avait produit que cent trente-huit raille qiloycn», et qu'il ne leur paraissait paa frobable que le nombre s'en Ml accru de pins de quatre- Tingl mille en cinq ani, et cela au milieu des désastre* et la seconde guerre punique. Hait ils n'ont pas lait atkntioa » une circonstance rapportée par Tile-Live [XXIX, 57 ), et qui explique parfaitement cette augtneu- Wion exiraordiuairr. C'est qu'en 549, pour la première bis, In censeurs firent comprendre dam* le recensement fédéral lotxa lea citoyens qni étaient disperses dan* lea province* et dani les armée*. Au reste, ce qui confirme pleinement selon nous, les doutes des commenta leur» sur

e du nombre renl qnarante-troii mille sept cens que ire, mentionné ici par Tite-I,iïe, c'esl qu'a La dUtnra du lotlrc mirant, cinq ans après ( XXXVII, 36 ). on tnmre deux cent cinqnaote-buit mille citoyens , c'està-dire pretque le double de ce nombre.

Caur. X. — Qua rts minus xtrrndos magnai domines ■>■ «atteinte facit. Talère-Haitme ( II, t ) ajnute un autre motif qui pournit avoir aliéué de lui l'esprit de* plébéien» : c'est a savoir l'usage, introduit par le* édile* et a non instigation, sous son second consulat, de donner aux amateur» de* place* distinguées dans les spectacle» l'oyei Tïle-Live, XXXIV, 51). Consultez au reste, sur les causes qni commencèrent à faire perdre aux Scipion» leur popolirilé. l'un des plus curieux chapitre» de l'histoire romaine de H. Hicbelet, t. II, p. 71 et suit.

lan». — Pro freurr gtrmaiw, non palrtitfé. Scipion l'Africain n'était en effet que le cousin germain du candidat, taudis que T. Quinctiu* était le propre frère de «ou compétiteur. Noua avons tu cependant nn peu plut haut Tite Live le* désigner également tout deux par le nom de frère : fratrei eandidalorum. Cette confusion était d'un mage général cbei les Romains. Voyet le* ■ombreoi exemples qu'en cite Drabenborch , dans aea note* sur ce chapitre. Conf. Justin, XVII, 3. et Gronove, Obttrv., II, 6.

- Hit «Minuit «I praftrrttur. On Terra , livre laip. — T'oto orbe (en-arum

i, combien il était peu digne de

XXXIX, cb. iui i ortie préférence.

Ciie. XIII. — Raphia in PAoïtice. Strabon, livre XVI, bittusai de cette villenne place de la Phéuicie. Mai» Pline { V, 13), Diodoro i XX, 74 ), Etienne de Byiance et l'itinéraire d'Anloniu, la placent en Palestine, a égale distance de Rhiuocolure, la dernière Tille de l'Egypte, et de Gaxa. Pline ta nomme Rapkea, Etienne de Byxauce l'aida, et Strabon Pà-jin. Elle «'appelle aujourd'hui Htfah. Vojei p 'An ville, Mèm. sur l'Egypte , d'aprêf AioULrioi.

ItiD. — AdPisidai qui cu'cnStdaminroliml La Tille de Side était située sur la frontière de la Pamphilie et de la Pisldie. Aussi Polybe (V, 73) la place- t-il comme Tite- Live. dans cette dernière prorince. Hais Pline (V, 36), Strabon ilib. XII) et la plupart de* géographes la comptent air nombre dea Tille* delà Pamphylie. Elle ae nomme aujourd'hui Lanttetara (toy. D'AnTilie et Beaufort; conf. Arrien, VII, 37; Scylax, ap. Strabon.; Sanuli, Secret. Fidel., Ut. I, sect. it ; £neas SyiTiua, Cosmogr. , cb. ici j VVeaaefrf , ad Jfléroet., p. 682, Eckbet, Doctr. nutn. set-, I. 111, p. 16).

Cbif. XIV. — Africauum..... EpAui eolloeutnm rtrm Annibals. On peut lire aussi dans Appien i Sgriar.. X } lea détail» de cette eutretue de* deux grandi capitaines ; ils j sont raconté* A peu prèa dana le* même» terme*. Quanta Plularqne, «ans faire mention d'à ncon entretien entre Scipion et Annibal, il rapporte, d'une manière lou te différente, le jugement émi» par ce dernier sur le» plus grands généraux t Vie de Pyrra., cti. tm U II ne parle pas d'Alexandre : c'est a Pyrrhus qu'il donne le premier rang; il assigne le deuxième A Scipiou, et ne prend pour lui que le troisième.

Celte anecdote est loin d'Être authentique; on a pu l'apercevoir, è la réserve avec laquelle Tite Lire la rapporte , qu'il n'y croyait pi» lui-même. D'ailleurs quelques circonstances beaucoup plu* vraisemblables du liirc XXXIV, ch. lu et un, et de ce livre même, cb. x, m et xi semblent établir pour Scipion un alibi qui ne permet pas de supposer qu'il ait accompagné, en Asie , le» ambassadeur» enrojés rer* Eu mène et Antiochu*. Quoi qu'il en toit , c'était une tradition populaire dans l'antiquité, et l'on peut croire que c'est elle qui a dooné i Lucien l'idée de son dialogue entre Alexandre, Annibal et Sci-

Chif. XVII, — (Vijt errdVrenl, Persat. quum aquatn krraniaue ab J.aredrmonm nelimtnl . gltba terra et haustu aqnar rjuiiit. Cet exemple n'est peut-être pu ici très applicable La demande de la terre et de l'eau n'était pas une tentative pour parvenir à un but plus important, mais une injonction directe et eiplicile de reoouaallre la domination des Perses. Sur cette coutume des Perses, de demander la trrrr tl Iran, consulte» lea passages d'Hérodole, recueillis par les commentateur" de Quinle-Cnrce , 111, 10, dani l*cd. Lemaire, et Brisaon, •regio Penonint principal u, lïv. III, p. 330.

Cuir XIX.— Pater lltirniharparcum admodum me ... Cornélius Nepos fait aussi raconter par Annibal A Antiochns, A peu pré» dans le* mêmes termes que Tite Live, cette célèbre circonstance de la jeunesse do héros cartbajiuois. On peut en foir le récit poétique, dans le pojme de Siliua Itatlcu», *ur la seconde gnrrre ponique ( 1, 81

u uliuuol liuiHonti

hostes. Ftorus a emprunté à Tite-Live cette belle pensée , et l'a copiée textuellement dans son abrégé de l'histoire romaine (II, 8). • Hinc Annibal qui in Àfrica victus, profugus, et pacis impatiens, hostem populo romano toto orbe quœrebat. • Montesquieu , qui le cite comme un modèle d'une brièveté expressive, en fait honneur à l'auteur de VEpitome, sans se douter du plagiat.

Cbip. XXI. •— Vicum jugarium. Voy. Festus, p. 164, éd. Egger. Cette rue, suivant l'éditeur du rite-Lire de la collection Panckoucke, était ainsi nommée parce qu'on y faisait beaucoup de jougs. Charles Etienne {Dict. Géog. et Poèt. voc. Jugar. ) donne à ce nom une autre étymologie : il fient, suivant lui, d'un autel situé dans cette rue, et consacré à Junon Juga : « Quam putabant matrimonio eonjungere, » Du reste cette rue était située près de V^Equimelium et du temple de la Fortune, qui furent avec elle la proie d'un incendie, l'an 558 de Rome. Voy. XXIV, 47.

Cuap. XXII. — Toleium ibiparva urbs erat, sed loco tnuhito. Tite-Live répète ici ce qu'il a déjà dit a la fin du ebap. VII : Isapud Toleium oppidum, etc.. Il racontera de même uue seconde fois au ch. il. et presque dans les termes dont il s'est servi au commencement de celuici , mais en y ajoutant quelques nouveaux détails, le départ des deux cou suis, et les succès de Domitius chez les Boîens. Voyez un troisième exemple d'une semblable répétition, XXXVI, 21 et XLV, 15.

Chip. XXVI. — Pristesque. On appelait ainsi des navires un peu plus grands que ceux qu'on désignait par le mot limbi (voyez Polybe, XVII, 1, g 1), et qui devaient, a leur forme longue et étroite, une très-grande rapidité. Leur nom leur venait du verbe irpîÇsw, couper, scier, à cause de la facilité avec laquelle ils fendaient les flots, ou plutôt, si l'on en croit Nonius, du poisson nommé pristis (la acie) avec lequel leur proue avait quelque ressemblance.

Ibid. — lYaris erat vêtus... capta annis octoginta ante, quum Crateri uxorem Nicœam... veheret. U ne peut être ici question de Cratère, général d'Alexandre et de Nicée, fille d'Antipater ; car, depuis le temps où ils avaient vécu, il s'était écoulé plus de cent trente ans, et nous savons d'ailleurs par Diodore, que la fille d'Antipater avait épousé, non pas Cratère, mais Perdiccas. Il est probable qu'il s'agit d'uu frère d'AntigoneGonatas, qui portait aussi le nom de Cratère, et dont il est question daos le vingt-sixième prologue de Trogue Pompée , et dans le ch. xxxu des Choses merveilleuses de Phlégon de Tralles. Quant à sa femme Nicée, c'est la seule fois qu'il en soit fait mention.

Sigonius, sur la fol de Plutarque, qui parle aussi de ce vieux vaisseau, dans la vie de Philopœmen, et dit qu'il avait été pris quarante ans auparavant, propose de remplacer, dans le teite de Tite-Live, octoginta par çuadraginta; mais si l'on réfléchit qu'Antigone Gonatas avait régné trente ans, et qu'il y en avait au moins cinquante qu'il était mort, on sera fort embarrassé pour faire un choix entre la version de Plutarque et celle de l'historien romain.

Chap. XXIX. — Lycortas Megalopolitanus. C'était vraisemblablement le père de l'historien Polybe. Voyez XXXV lit, 52, où il est encore question de lui.

Chip. XXXU. — Thoas princeps gentis, quem mi*erant adAntiockum. Tite-Live a dit plus haut (ch. xn),

que c'était Dicéarque, frère de Tboas, alors prêteur, qui avait été envoyé vers Antocbus. On peut supposer néanmoins avec Duker que Thoas , è l'expiration de sa préture, était parti lui-même pour remplacer Dicéarque, et qu'on l'avait jugé plus propre a décider Antiocbus à la guerre , à cause du rang qu'il tenait dans son pays, et de sa haine bien connue contre les Romains.

Cdap. XXXV. — Ponere hastas fquites Alexamenus jubet Voyez , sur le sens des mots ponere hastas , I* note sur le ch. vm du liv. XXXI U.

Cbip. XXXVIII. — Miriio. Les manuscrit* ne sont nullement d'accord sur le nom de ce personnage. Celui de Mayence est le seul qui le nomme ainsi; daos les autres on trouve Altcion, Mittylo, Mittilio, Miclilo, Appien ( Syriac, ch. xu ) le nomme MuuOtw, de sorte que sou nom était peut-être Micylhion. Cela est d'autant plus vraisemblable, que Micythus est un nom grec connu; c'est celui que portait le tuteur des enfants d'Anaxilaùs, tyran de Rhegium ( voyez Holsten., ad Slephan., toc. n-4<£; ); c'était aussi celui d'un ami d'Épaminondas ( voy. Corn. Nép., Êpam., ch. iv ). Or, de MucuÔo; on avait pu former MucuOtwv, comme d'Eurytus, .Ewn/fion. ( Voy.Schweigh., ad Appian. Syriac., XII }. Ce qui donne beaucoup de probabilité à cette conjecture c'est que au nom Zpûxufcc (Aristoph., Eccles., 292), qui n'est autre chose qu'une variante dialectique de Mtxuôo;, correspond le dérivé Z|xutudia>v, dont on trouve plus d'an exemple. Voyez Aristoph., Eccl., 46, vers 401 ; Dem., contre Aristocr.. i 42, et mes Inscript, grecquts, t. II, p. 172, n» 242.

Ibid. — AmarynthidU Dianœ. Diane était ainsi appelée, d'Amarynthe, ville de l'Eubée , où elle était particulièrement honorée. Elle était aussi adorée sous ce nom à Athènes, à Ërétrie et à Caryste. Voy. Pausan., 1, 51; Strab., X; p. 448, le Scboliaste de Pindare, Olymp.. XIII, i57; Hesych., et Etienne de Byzance; Menrsins, Gr. Fer., liv. I; Monlfauc^nttç, Expl., t.I, p. 150.

Cuap. XL.— Quinctiusin Ligures, Domitius adeersus Boios. Voyez ebap. xxu. 11 est dit que tous deux vinrent connue consuls cbez les Boîens, et ravagèrent au loin le territoire ennemi. Mais on peut conclure de ce passage que Quinctins avait surtout agi en Ligurie, et qu'il y était parvenu si avant qu'il avait rejoint son collègue cbez les Boîens; qu'alors le peuple s'éiait soumis à Domitius» chargé de les combattre. Telle est l'opinion de Gronove.

Chap. XLI. — Et in cella Jovis, supra fastigium œdiculœ. Le traducteur n'a peut-être pas rendu ce passage avec toute l'exactitude désirable; cela tient sans doute à ce qu'il avait en vue le texte ordinaire de The-Live, et non celui qu'a ici adopté l'éditeur. Pour choisir entre les diverses conjectures, uu peu hasardées il faut le dire, proposées par Drakenbercn, il eût mieux valu se décider pour la première, et placer la conjonction et, non pas avant in cella, mais avant supra. Cette construction aurait eu l'avantage de faire disparaître toutes les difficultés qui ont embarrassé les commentateurs, et l'on pourrait traduire, en donnant au mot œdiculœ le sens proposé par Juste Lipse: «Des amendes qui provinrent de ces condamnations, on fit faire des quadriges dorés qui furent mis au Capitole , dans le sanctuaire de Jupiter, et douze boucliers dorés que l'on plaça au-dessus de l'édicule. «

Cbap. XLIV. — Kam simulprimum anni tempus navigabile prœbuisset mare. La plupart des commentateurs.

HISTOIRE ROMAINE. — NOTES

réunissant pour le sens itm*I avec printum, onl vu ici ■n pléonasme de mm» lia gon.1 , dont ils » oudrnlent purger le telle de Tite-Lise. Pour mol, malgré l'opiuiori ■e de Drakenborch et de Dater, il ine semble que rimil mail a Umput qu'il tant Faire rapi. On objecterait en vain que ce n'est pai 'année, mais au printemps que la mer al navigable : ebei les anciena Romain*, le com- ■aeacement de l'année et le printemps étalent la même (tune, puisque l'année commençai! an moi* de mari. C'est de celle locution , prtntunt lemput, que noua avons fait cotrt mot prinlrmpi. Ou doit la traduire ici par sondérivé.

Cair. XL VII. — Plucuil Achetas et Amynatulriim

(future. Il Tant ajouter Bcrotos ; dont l'omission ne peut Hie illri buée qu'a un copiste. C'est ce que prouve la suite da récit où Ti te- Liie expose les différent» motifs qui portent le* Etolicn* i sonder ce»

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