‹ Commentaire sur Tite-Live: Complément de l'édition du Tite-Live de la Collection des auteursChapitre 7 sur 159 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

Notre historien , dans ce livre, ne cite nominativement que Vtlfrius Antias (cb. v). Il lui reproche des inexactitudes dans renonciation des nombres; mais il le suit dani le récit assex prolixe de la guerre contre les Èques (ch. iv et v ), et peut-être aussi dans les chapitres vm et xxii. Aux chapitres vin , xxm et xxvi il nous apprend f qu'il a suivi plusieurs auteurs, bien qu'il ne fasse pas Mooaitre les variantes de leurs récits (voyez Denys d'Ha- Baroasse, X, 20). On voit même qu'au moins pour le eh. lxx, il avait consulté toutes les sources dont il poufait disposer. Dans ce livre , il se guide aussi de préférence sur les écrivains de la date la plus reculée. Ainsi , reJativemeot aux événements rapportés chapitre uni , la ptopart des historiens racontaient que la ville d Aotiom s'était révoltée et avait été assiégée et prise par Cornélius (voyez les Tables triomphales et Denys d'Haï., X, 22), tandis que les plus anciens gardaient le silence A cet égard ; or, c'est à ces derniers que Tite-Live donne la préférence. Du reste , M. Lachmann se trompe quand il suppose que dans Tite-Live le consul Cornélius ne prend aucune part à la guerre. Il est bieu vrai que d'abord il reste à* Rome pour la défendre {ut Romœ prœstdio esset, cb. xxii ) ; mais l'auteur ajoute au chapitre suivant que Cornélius, après la déroute des ennemis, jugeant les remparts de Rome A l'abri de tout danger, s'éloigna hû-méme de la ville. Tite-Live peut donc sans encourir le reproche de contradiction le faire triompher avec son collègue au chapitre xxiv.

Cbàp. I. — Unus exstinctœ ad Cremeram genti superfnerat. Fabius, à cette époque, ne pouvait avoir que vingtquatre ou vingt-cinq ans , car a l'époque de la destruction de sa famille près du lac Crémère, il était encore enfant, et onze ans seulement s'étaient écoulés entre cet événement et le consulat de Quintus. Or, comme l'usage n'était pas d'accorder le consulat a cet âge , plusieurs critique» en ont conclu, comme ou l'a vu plus haut , que l'histoire du dévouement de la famille Fabia avait été falsifiée. Mais ce n'est pas le seul exemple de dispense d'âge accordées cm Jeune patricien de grande espérance. L'exception

dont Scipion fut l'objet ne peut laisser de doute à cet égard, ainsi que nous l'avons déjà dit (voyez la note du cb. l, livre II).

Chap. L— Fabius Quintus. Remarquez le prénom placé devant le nom comme au cb. xxix, et IV, 47, 48; VII, 22. Par une exception contraire , on rencontre quelquefois le surnom placé devant le nom , ainsi, IV, 23 eUVJI, 9 , on lit : Macer Licinius au lieu de Licinius Macer ; et, XXIII ,14, Marcellus Claudius pour Claudius Marcellus. Voyez Schweighsuser sur Appien, Hann. 57.

Ibid. — Triumriri agro dando. Ailleurs ces magistrats sont appelés triumviri coloniœ deducendœ ou de coloma deducenda, ou agrarii ou simplement encore triumviri. Voyez IV, H; VI, 21; VIII, 16; IX, 28, 46; XXI, 25; XXVII , 21 ; XXXI , 49 ; XXXII , 29 ; XXXIV, 45 , 55; XXXIX, 55;XLI, 15.

Cbap. II. — Romanus. Pour Romani , comme on l'a déjà vu , II , 27, et comme on le verra encore , VIII , 5 , XXIV, 27, etc. De même on rencontre Samnis pour Samnite* , VU, 55; Tarquiniensis pour Tarquinienses . IX, 41 ; et Carthaginiensis pour Carlhaginienses, XXIV, 47 ; XXVIII , 44.

Cbap. III. — Agrestes. Le traducteur, en rendant ce mot par paysans, n'a sans doute pas voulu prouver qu'il partageait les singulières idées qu'un érudit en gants jaunes a émises récemment sur la prétendue féodalité des temps anciens ; idées dont la critique judicieuse et spirituelle d'un savant universitaire, M. Rossignol , a fait si complètement justice (voyez Revue des deux mondes, 15 février 1859). Il fallait, pour ne pas laisser d'incertitude, traduire agrestes par gens de la campagne , comme l'ont fait MM. Dureau de la Malle et Liez.

Ibid. — Justïiio. Dans les malheurs extraordinaires, dans les grands dangers de la république , tout travail , toute affaire cessait , soit par un mouvement spontané , soit d'après un ordre de l'autorité. Le cours de la justice était aussi interrompu , ce qui faisait donner à cet état de choses le nom de justitium. Voyez ch. xx*n; IV, 26, 51; VI, 2, 7; VII. 6, 28; IX, 7; XXIII, 25; XXVI, 26, etc. Cf. Adam, Ant. rom., t. II, p. 104 et 552 de la tr. fr., 2* édit.

Jjiid. — Prœfecto urbis relicto. Quand les rois, et après eux les consuls, jusqu'au règne d'Auguste, s'absentaient de Rome, ils nommaient un préfet de la ville (Tac, Ann., VI, II). Ce magistrat, qui les remplaçait temporairement, pouvait assembler le sénat, quoiqu'il ne fût pas sénateur (Aulu-Gelle, N. A., livre XIV, ch.dern.);il pouvait aussi tenir les comices , comme nous l'avons vu plus haut , livre I, ch. lu et li. Mais depuis l'instituilon du préteur il fut uniquement chargé de la célébration des feriœ latinœ. Sous Auguste, cette magistrature reprit une très-grande importance, et fut confiée aux hommes les plus distingués de l'état. On peut consulter, sur 1 ex tension qu'elle reçut alors, Adam, ouvr. cité, 1. 1, p. 255.

Ibid. — Census deinde actus. Le cens, comme nous l'avons va (I, 42), fut institué par le roi Servius Tullius et eut lieu quatre fois sous son règne, s'il faut en croire Valère Maxime ( 111, 4). Interrompu sous Tarquinle-Superbe , il fut rétabli la seconde année après l'expulsion des rois ( voyez Deoys d'Haï., V, 20). Il eut lieu depuis trois rois avant celui doot il est question ici : la première, par ordre du dictateur T. Larlius, l'an 256; la seconde, sous le consulat de Sp. Cassius et de Postumna Cominius, l'an 251; te troisième, sous L. Furius et

A.ou C . MaoUut ,eo 280. C'eit ce qne qoui apprend Denya d'Halicarnasse , V, 75; VI, 63; VI, 96; et IX, 56. Celui dont parle Ttte-LIve dan* ce passage était donc le neuvième depuii la fondation de Rome.

Voltaire, dont le scepticisme s'attaquait ■ tout, ajoute peu de fol an cens de Servioi.

■ Le premier dénombrement que nom oyons d'une nation profanent celai que fil Servius Tulhus, siiiéme roi de Rome. II se trouva , dit Tite-Live, quntre-vingl mille combattant*, toui citoyens romains. Cela suppose trois cent quarante mille citoyen! au moins , tant

vieillard! que femmes et enfants , ! quoi il faut ajouter au moins vingt mille domestiques, tu jl esclaves que

■ Or ou pent raisonnable ment douter que le petit élat romain contint cette multitude. Roiuulus n'avait régné (lupposé qu'on puisse l'appeler roi ) que sur environ trois mille bandit! , rassembles dans un petit bourg entre des moutagnei. Ce bourg était le plus mauvais lerraiu de l'Italie. Tout son pays n'avait pas trois mille pas de circuit. Serviu* était le sixième chef ou roi de cette peuplade naisaaute. La règle de Newton , qui est indubitable pour les royaumes électifs, donne à chaque rut vingt et un au* de règne , et contredit par là tous les anciens historiens , qui n'ont jamais observé l'ordre des temps , et qui n'ont donné aucune date précise. Le* cinq rois de Rome doivent avoir régné environ cent ans.

• Il u'esl certainement pas dans l'ordre de la nature qu'un terrain ingrat , qui n'avait pas cinq lieues eu loog et trois en large, et qui devait avoir perdu beaucoup

d'habitants dans ses petites guerres presque continuelles, put être peuplé de trois cent quarante mille flmes. 11 n'y en a pas la moitié dans le même territoire où Ruine aujourd'hui est la métropole du monde chrétien, où l'affluenco des citoyens et de* ambassadeurs de tant de nation* doit servir a peupler la ville , où l'or coule de la Pologne, de la Hongrie, de la moitié de l'Allemagne, de l'Espagne, de la France, par mille canaux, dans la boune de la daterie, si d'antres causes ne l'interceptent.

■ L'histoire de Rome ne fut écrite que plus de cinq cents ans après «a fondation. Il ne aérait pas du tout surprenant que le* historiens eussent donné libéralement quatre-vingt mille guerrier* * SeriiusTulllui,au lieu de huit mille , par un bux zèle pour ta patrie. Le icleeùt été plus grand et plus vrai s'ils avaient avoué les faibles commencements de leur république. Il eat plu* beau de s'être élevé d'une si petite origine i tant de grandeur, que d'avoir eu le double dea soldats d'Aleiandre pour conquérir environ quinte lieues de paya en quatre cents année*. ■ Voltaire , Ciel, philoi ., art. Dinojiiiuixt.

Tout cela, comme on le voit, est plot piquant que juste. On pent sans doute, comme noua avons eu plus d'une fois occasion de le dire, révoquer eu doute la plupart de* tait* relatif* aux deux premier* rois de Rome. Haii l'époque de Servlna a un caractère historique incontestable , et il dan* l'année où noua sommes parvenus le cens présentait un effectif de cent vingt-quatre mille deux cent quatorze citoyens, chiffre qni n'a pas été contesté, que je sache, on conçoit que son* Servins il ait déjli pu s élever a quatre-vingt mille citoyens, comme le ditTite- Llve (I, ■Ni, mali non de quatre-vingt mille citoyens en état de porter les arme* , comme le disait Fabius l'ictor, dont Tite-Live récuse le témoignage dans cet endroit. Niebuhr lui-même , si peu crédule pour toute l'histoire qni précède le* guerres puniques, regarde le* chiffres diicens comme entièrement exact* (voyca t. I, p. 613;

, p. 3*5 de la tr. fr.), bien qu'il en tire dea conséquences en faveur de son idée favorite.

Chip. III,— Prœtor orbos orbasqiit. M. Lies, dans une i vante noie . a prouvé que par ces mots il fallait entendre «célibataires. • Heinecciui, dit-il au chapitre xxv du vre I de son livre intitulé .-tniiçuiiatutn rnmanornn» jnisfirudentinin i tin strontium syntajma. énumère le* snsesde l'êloigoemeDl des Romains pour te mariage, et termine par ces mots : ■ Et prsecipue illa orbitatia pmmis , que loties célébrant veleres. Colebantur eiusmodi pniyoLjUH ab omnibus. • Ici le «eus de orbital, interprété par fumfyiifui ne saurait être contesté. Nous pourris citer encore de nombreux passage* de* ancien* on loit se traduire par célibat. Nous nous bornerons I il ou trois. • Cœpisse orbilatem in auctoritale summa c potentia esse, captaliouem in questu maximo. ■ inc, ff. K., XV, procem.) • Filium Qliamqne Ingereat orbis seuibu*. • (Petron. SaUjr . ad Su.) ■ Hum ;ilur sordidum orbos senes circumveniendi uiodnm. • ., ibid.i Plus haut il emploie la périphrase : «Qui >rm ec mores unqusm duxerunt, ■ pour exprimer absoluut la même chose.

Servius, ajoute H. Liez, avait fait passer les droit! citoyens de* hommes aux choses, des individus aux propriétés. Ainsi cbex noua l'importance des contribo ; fait les électeurs et les éllgibles : mais i) fallait prer la concentration de ce* propriétés et l'épuisement ette classe privilégiée de citoyens , diminuée sans i par la guerre. De la ce* faveurs , ces distinction* accordée* aux chers de nombreuses familles, et ces peines portées contre les célibataires, rayés du role des citoyens. (Voyez Montesquieu , Gr. et DU., ch. un.) •

Chip. IV.— Fnrioi, Fuaiossrripspregiridam. La permutation des lettres a et r, non seulement a la On de* mots, comme dau* arhus et orfcor, mais même dan* l'intérieur de* mots entre deux voyelle* , comme dan» le* vieille* formel citée* par Vairon et Feslui, fsrdesum, putsimu, mWiojrm, jnajnsihiis, devenus plus tard fademm, pfurima, mriiorem, majorions 1 , est nu fait grammatical que la lingue latine ne présente pas seule, tuai* qu'on retrouve dans toute cette grande famille d'iditimes connue sous le nom de lingues indo-européennes. Consultes sur ce point M. Bopp, i 'ers (tir dm de Grnmmaliit des à'uiiiarit. Zend, Gritchisrhen, Lafeinisrtien. Ut- Ihauischtn, Gotlisrlun uiid Undsrhrn , Berlin, 1853 et suiv . S 22 , 86 et 1 27 . Voyez aussi pour le sanscrit , Bopp, Grninm. rrtt. fine, soiurr., $ Î5, d; pour le grec, Maillaire, Gr. llag. diaiecli, p. 116, B; Matthias, Gr. gr.. i 13, p. 61; pour le latin. Job. Adam Harlnng, Uebtr die rosiis, p. 106 et suit., et pour les idiome* germaniques, Jacob Grimm , Deutsche gramm., 1. 1, p. 802. Aux exemples cités par M. Harlnog pour la langue latine on peut encore ajouter ce passage de Tite- Live , livre lit, cb. vin : . T. Veturium tiemimun, me ■ ille Vetusiua fuit.. Et cet autre de Cicéron ( Ep. fam.,

IX, 21) : • Quorum princeps L. Papirius Mugillaou)

• *ed tum Papi*lidicebainini.>— l.a traduction: Comme or ('écrit qutlqiitfois , n'indique pas assez l'ancienneté de cette orthographe.

lira. — Vidcret ne quid respublica rfcfrimenfi cuperct. C'est le premier ciemple de ce séna tus-cous ni te qui, dani des cas graves, où le salut de la république était compromis , ronflait un pouvoir dictatorial à l'un des deux consul*, et même quelquefois! tous deux. Depuis un eut souvent recours a celle mesure de salut public exclusivement

HISTOIRE ROMAINE. - NOTES

dirigée contre les attaques extérieures.Opimius le premier fs fit usage contre les citoyens à l'époque où les tentatives démocratiques des Gracques mirent l'aristocratie romaine dans un si grand danger. Plutarque , en rapportant cette dernière circonstance dans la fie des Gracques ( Caius Gnrck. en. xvin), n'a pas voulu, comme quelques-uus l'oat cra , faire entendre que cette institution datait de l'année oà les généreux défenseurs de la cause populaire succombèrent sons les coups de leurs ennemis. Manuce , dans son traité de Senatu romano , p. 928 , et Drakenboreb, sur ce passage, en ont déjà fait la remarque.

Cmàp.IV.— ProcpRSiiZe T. Quinclium...mitti. C'est la première mention du proconsulat qu'on rencontre dans THe-Live et dans les autres historiens. Toutefois , comme T. Quinctias ne fut nommé que pour le moment, on est autorisée reculer cette institution jusqu'à Publilius Philo, le premier dont on ait prorogé le pouvoir consulaire , fa de Rome 427. Voyez Tite-Live , VIII, 23 et 26. Le titre de proconsul , dans l'acception la plus ordinaire , désignait celui qui, après avoir rempli le consulat ou la prétoire (XXIII, 50), était préposé à l'administration d'âne province avec l'empire et la juridiction ; ou bien eoeore celui dont on avait prorogé le pouvoir pour continuer une guerre commencée. Quelquefois aussi de simples particuliers étaient investis de cette autorité, comme P. Corn. Scipion, qui l'obtint à l'âge de vingtquatre ans, durant la deuiième guerre punique (XXVI,

Cil*. Y. — Decumana porta. Les camps romains étaient de forme carrée et avaient quatre portes, une à disque face ; celle qui regardait l'ennemi s'appelait porta prmtoria vel extraor&inaria ; les deux portes latérales porta principales dextra et porta principalts sinidro, et celle de derrière porta decumana. Contentonsmas de citer sur cette dernière le passage classique de Tacite, Ann.,1, 66 : • Tanta inde consternatio irrupisse

• Germanos credentium, ut cuncti rueriut ad portas,

• aoarum decumana maxime petebatur, aversa hosti et ■ fagientibus tutior. • On n'est pas d accord sur létymotogie de ce mot : les uns le tirent des dimensions de la porte, les autres de ce que près de là se trouvaient les dixièmes cohortes. Voyez X , 52 ; XXX IV, 47 ; XL, 27 et 51; Potyb., VI , 26 ; X , 39; Lipsius , de Milit. rom., II , 37; IV, 8 etV; 5., Stewech, ad Veget., I, 25; Patrie, de Rewûtit.; Schel.ad Hygin. et Potyb. in Grœv. Thés. t. X, p. 945, 1084, 1152,1164,1279.

Ion. — Antias Valerius. Nous avons déjà eu occasion dédire (p. 770, col. 2) que Antias était un surnom propre à la famille Valéria , et le ch. xxxiv du livre XXIII ne peut laisser aucun doute à cet égard. Nous avons prouvé aussi dans les notes sur le ch. i de ce livre que le surnom précède quelquefois le nom de la famille. C'est donc à tort que le traducteur a rendu ici Antias Valerius par VAn- Hote Valerius , et Valerius Antias ( XXIII , 54 ; XXVI , 49) par Valerius d'Antium. Du reste, M. Liez est tombé dans la même erreur.

Ibid. — Et exsequendo subtiliter numerum. Nous verrons plus loin Tite Live faire des reproches plus graves à Valerius Antias et le taxer tantôt d'exagération (XXXVI, 38), tantôt même de mensonge (XXVI, 49 : Adeo nullus vienliendï modus est ).

Chip. VI. — Principium anni agebatur. Il s'agit ici de l'année consulaire et non de l'anuée civile , qui commençait toujours an l«* janvier. Les consuls entrèrent en charge d'abord le 25, on 24 février, joue où , sui-

vant la tradition, avait eu Heu l'expulsion des Tarquins, puis le 1 er août. A l'époque des décemvirs, le commencement de l'année consulaire fut placé au 1 er mai; cinquante ans plus tard au 15 décembre ; puis au 1 er juillet jusqu'à l'an de Rome 550, année où il fut transféré au 15 mars. Enfin en 598 ou 599, il fut définitivement fixé au 1 er janvier, et depuis, l'année consulaire et l'année civile commencèrent le même jour. Sur le motif de ce changement voyez Deoys d'Halicarnasse , X , p. 678 et Ovide, Fast., I, 81; III, 147.

Cbap. VI.— Et auxere vim morbi. Je m'étonne que les critiques, qui ont reproché à l'histoire romaine tant de prétendus emprunts faits à l'histoire grecque, n'aient pas vu ici une imitation de la peste d'Athènes en 429. Il y avait cependant des rapprochements curieux à faire, et il était facile de retrouver une graude analogie entre le récit de Tite- Live et celui de Thucydide, dont je crois devoir transcrire ici quelques passages pour qu'on puisse en juger.

•Ce qui par surcroit de malheur accabla surtout les Athé-

• niens, ce fut l'afiluence de ceux qui vinrent de la cam- » pagne dans la ville; les nouveaux venus en souffrirent

■ particulièrement. Par le manque de maisons, comme ils

• logeaient durant l'été dans des cabanes étouffantes , la

■ mortalité s'ensuivait et avec le plus grand désordre, lis » expiraient entassés les uns sur les autres ; plusieurs à » demi morts se roulaient dans les rues , autour de toutes

• les fontaines, pour s'y désaltérer; et les temples dans » lesquels ils s'étaient abrités se remplissaient de morts » qui y avaient expiré. • (Thucyd., II, 52, trad. de M. Ambr. Didot.)

• Ce que ce mal avait surtout de plus affreux, c'était le

• découragement de ceux qui se sentaient attaqués, et qui, » bientôt saisis de désespoir, périssaient par leurs soins » mutuels en se communiquant la contagion de l'un à » l'autre comme des troupeaux de moutons.» (Ibid., 51.)

On le voit , avec un peu de bonne volonté , il serait facile d'accuser Tite-Live de plagiat; mais ce serait à tort: les mêmes faits doivent amener les mêmes résultats, et rien dans la narration de notre historien ne choque la vraisemblance. S'il eût copié Thucydide, il se serait étendu sur les symptômes de la maladie , tandis qu'il ce borne à en constater la cause et les effets; Niebuhr lui-même n'a pas ici révoqué en doute la véracité de l'historien romain , et même il en tire des conséquences favorables à son système. Suivant lui , les g ente s eurent à souffrir plus de diminution que la commune, • et ainsi les patriciens perdirent de plus en plus le caractère de bourgeoisie pour se réduire à l'état d'oligarchie. •

Ibid. — Cura œdilium plebei erat. Tite-Live parle ici pour la première fois des édiles plébéiens, magistrats dont l'institution remonte à celle des tribuns (an de Rome 260), dont ils étaient en quelque sorte les assesseurs. Us étaient particulièrement chargés de la célébration de certains jeux , du soin des édifices publics et c'est de là qu'ils tiraient leur nom (ab œdium cura), des bains, des égouts, de la voie publique, des marchés, des approvisionnements, de la surveillance des femmes de mauvaise vie, en un mot de tout ce qui concernait la police urbaine. On voit que leurs fonctions offrent beaucoup d'analogie avec celles qu'ont remplies successivement les lieutenants puis les préfets de police.

L'an de Rome 587 , les édiles plébéiens ayant reculé devant les frais qu'entraînerait la célébration des Grands. Jeux, les jeunes patriciens offrirent de s'en charger si on

les nommait édiles. On créa donc deux édiles patriciens. Telle fut l'origine de l'édilité enraie , dans laquelle, ainsi que dans la prétare instituée à la même époque» les patriciens Toyaieot une compensation de l'admission des plébéiens au consulat. Mais ils ne jouirent pas longtemps de cet honneur exclusif; la même année les tribuns réclamèrent énergiquement et le sénat eut honte, dit Tite- Live, d'exiger qu'on choisit encore les édiles curules parmi les patriciens. On contint d'abord de les prendre de deux ans en deux ans parmi les plébéiens ; puis on unit par laisser le choix libre (Tite-Live, VI, 42 et VII , 1). L'édilité curule et l'édilité plébéienne n'en restèrent pas moins distinctes. La première, à laquelle ne furent sans doute admises que les familles plébéiennes les plus riches, puisqu'elle exigeait de grandes dépenses , se distinguait par la robe prétexte, le droit d'images, la prérogative de prendre place dans le sénat et d'y donner son avis , et enfin la chaise curule, tandis que les édiles plébéiens n'avaient , ainsi que les tribuns, d'autre siège que des bancs {subsellia). Voyez sur les édiles romains le savant ouf rage de Fr. Guil. Schubert, de Romanorum AZdilibus. Regiomonlii, «828, in-8°.ISous renvoyons aux notes sur le chapitre i du livre VII la discussion des opinions émises par Niebuhr sur cette importante question.

Chap. VI.— Fer lavtcanos agros.U a déjà été question, livre I , ch. xxxix , de Latici , ancienne ville du Latium, située sur la via Lacicana, près de la ville moderne la Colonna. Les manuscrits varient sur l'orthographe de ce nom : les uns l'écrivent par un v, les autres par un b , et cette différence n'a rien qui doive étonner quand on se rappelle que les copistes confondent continuellement ces deux lettres. Ce qui semblerait assurer la préférence à la leçon Labici , Labicani , c'est une inscription publiée par Reinesins , class. II , inscr. 26; par Spoo, Miscell. erud. ant. 9 p. 134; et par Fabretti, Jnscr. ant., p. 411, où il est mention d'un CYRATOR. VU3.LAB1C, id est, Labicans.

Chip. VII. — Cwio maximus. Chacune des trente curies établies à Rome peu de temps après sa fondation ' avait son chef ou curion particulier, dont la principale fonction était de sacrifier ou de présider aux sacrifices pour les curies. Voyex Vairon, de L. £.., V, 85 , p. 25; VI , 46 , p. 65 (Egger ); Denys d'Haï icar nasse, II , 7, 25 , 64. Les trente curions étaient tous subordonnés au grand curion, lequel était élu dans l'assemblée des .comices par curies. Paul. Diac. : « Maximus Curio cujus auctoritate a curiœ omnesque curiones reguntur. » C. Mamilius Vitulus fut le premier plébéien revêtu de cette dignité, l'an de Rome 544. Voyex Tite-Live , XXVII , 8.

Chip. VIII. — Quum oliquot interregna exissent. Sous les rois, lorsque le trône était vacant, le sénat nommait un de ses membres qui, pendant cinq jours, avait la principale direction des affaires , avec toutes les marques distindives de l'autorité royale. Celui-ci «es transmettait à un autre , et elles passaient ainsi entre les mains d'un certain nombre de sénateurs jusqu'à l'élection du roi. Voy. Tite-Live , 1 , 17 et 22 ; Denys d'Halicarnasse, II , 57. Sous la république , on créait un interroi lorsque , comme dans la circonstance dont il s'agit, l'un ou l'autre consul était mort avant la fin de son consulat, ou lorsque les deux consuls étaient absents , ou enfin lorsque l'intervention des tribuns du peuple avait empêché les élections (voyex VI , 56). Les comices devant être présidées par un magistrat suprême qui eût le droit de prendre les auspices, il fallait nécessairement, quand il n'y avait ni

consuls ni dictateur, créer un magistrat extraordinaire, qui pat remplir ces importantes fonctions. Aussi l'interrègne fut-il la seule magistrature que les patriciens ne partagèrent jamais avec les plébéiens. « Quem in ipsum • patricium esse , et a patriciis prodi necesse erat.» Cic, pro Dont., f 4. Le passage qui nous occupe semble prouver que l'interrègne sous la république avait la même dorée que sous les rois.

Chap. IX. — C. Terentillut Arsa. Kiebuhr (t. m, p. 569 de la tr. fr.) prouve que des différentes leçons Terentilitis , Terentillius , TerentiUus , la première doit être préférée par analogie , TerentiUus venant de Terentius de même que Quinctilius de Qninctius, Publilius de Publius. « Comme nom de gens , ajonte-t-il , TerentiUus est une leçon inadmissible; elle est née de l'i de récriture lombarde , que l'on peut à peine distinguer de 1. Il faut donc, au chapitre x, lire aussi /ex Terentilia. » Quant au surnom , le même critique prétend que la véritable orthographe en est Harsa , qu'on trouve en effet dans plusieurs manuscrits. M. Michelet le dérive de ardere et le traduit par boule-feu.

Ibid. — Tempore capto. Glareanus a eu tort de vouloir changer capto en aplo. Cette formule se rencontre pins d'une fois dans Tite-Live (cf. XXVI, 42; XXX, 42; XXXIII , 28 et peut être XXXV, 19) et équivaut à capta occasioiie, qu'on rencontre dans Frontin , Strat., 1, n, I. Les Grecs disaient de même Xauu xaupt*. Voyex Eurip., Jph. Taur., 907; Heliod., .Ethiop., II, 17 et 55.

Ibid. — Ad tollendum e republica consulare imperium. La proposition de Terentilius Arsa avait une portée que ne se dissimulaient pas les patriciens, mais qu'ils n'avouaient pas. Le droit de rendre la justice était passé des rois aux consuls, et , dans leurs arrêts, ils suivaient pour règle l'arbitraire et les coutumes bien plus encore que les lois , qui étaient alors en petit nombre et souvent négligées , la connaissance en étant exclusivement réservée aux patriciens. Ces derniers avaient trop d'intérêt à laisser dans le vague et l'indécision la limite de leurs droits et de ceux du peuple , pour consentir à la codification des coutumes et des lois. Aussi s'opposèrent -ils dix ans à la loi Terentilia. TSiebuhr justifie la proposition de Terentilius, qui en effet était de toute justice. « Ces époques désastreuses , dit-il , ont cela d'avantageux qu'elles font connaître les vices des institutions existantes; beaucoup de citoyens attendent de leur abolition le retour du bien-être. Il n'y a point de doute que telle fût la cause des motions qui , après la peste et les désastres de la guerre, eurent pour objet l'amélioration des lois. » (T. III , p. 36» de la tr. fr.)

Chap. X. — Ovans sine militibus urbem iniret. Le général dont la victoire n'avait offert aucune difficulté, présenté nnl péril (Aulu-Gelle, JS. A., V, 6), amené aucun résultat important , n'obtenait qu'un triomphe d'un ordre inférieur, l'ovation. Il entrait dans la ville non pas sur un ebar, mais à pied ou à cheval; couronné non de laurier, mais de myrte; entouré non de ses soldats, mais d'une troupe de musiciens. An lieu d'un bœuf on immolait une brebis ( ovem), et c'est de là , suivant Plutarque (Vie de Marcel!., ch. xxii), que ce genre de triomphe tirait son nom. L'étymologiede Festus , qui fait dériver le mot ovatio des acclamations / dont les toldats remplissaient l'air, parait aussi fausse que ridicule. Le premier qui obtint cet honneur fut P. Posturoius Tubertus, la septième année après l'expulsion des rois (Plin., H. iV.,XV,29).

HISTOIRE ROMAINE. - NOTES

Cuf . X, — Gvwm pUit. Le même prodige, qui eit

tarante par V**re-M*ïirne (I, il , S) et par Denyï d'Haï . (1,1), t «M plu* d'âne foii révoqué en douta. Nicbuhr M partage pu le scepticisme des commentateurs de TUf-Liie, et croit qu'il y a un rond de vérité dam re rtdt. • Il oebut pu rejeter ce phénomène comme rabotai, quelque incroyable qu'il paraisse. It plemait, ditas, dej flocons de chair, que lei corbeaui lingent nume ni ariHm, Tite Lîtc ; «wwA» tyiim , Denya d'Haï] irioraierit.rnalsccqui eurrsiait sur le sol ne te corrompt point . Peut-être que depuii qu'on oliserve généra lèsent et avec soin , on n'a rien <n de pareil ; el cependant aatâen peu t'est écoulé de lempi depuit que l'on ressaie le* expérience* qui ne paraissent pat rationnelle! m eoarordaulei aiec le ijstame dominant. Mais cela ne Kfàl-il jamais repréaenté. faudrait-il pour ce motif re- |rlcr un rapport formel al testé pardet contemporains r Pu plus qn? nous n'avons de raison pour nous moi|uer it la loi de Moite, parce qu'il et! encore inconcevable (j« lea habits et let muet soient infeciéi de la li-pre , a t- Kodu que cria n'arrive pat aujourd'hui.» (T. Itl , p. 366 it it tr. Ir.)

Iiid. — l.iftri prr duumriruï sarrnrumaitïtï. C'étaient tr^vreiSibytlins, appelé* ailleurs fatales (XL11, 2). Cet litres, tuiiant la tradition rapportée par Deajs ÎBtlkanuuse (IV, 62), mais tur laquelle TUe-Live prdele silence , avaient été apporléaà Rome, sousTar- ^ain-r Ancien ou tout Terquinle-Superbc , et étaient au ■ombre de tiois. Les duiimriri sarrorum étaient chargés le let coniullor dans let circonstance) difficiles; l'an de ttrat 587, le nombre de ces ministres fut porté à dû ; plat tard même Sylla l' éleva A quinze.

Caip. XI.— Di$redtre pnpulun jiuttaent. An moment h TDter let lois , le héraut appelait let centuries selou learrang; el lea quittaient alors la place où elles étaient wcmblees , et chacune allait te renfermer dans fendus IcjHiii» oa orile) qui lui était destiné. Celait un eapace ealooréde planchet (locu* tabulons inriWui), qui était ■approché du tribunal consulaire. De la venait l'ej pression 'tira i-orular te. in oriie (Tile-Live, X , 13). On étroit ""stage élevé au-deuut du toi et nommé nom ou ponfioJu j conduisait. Chaque centurie j passait l'une après lautreldiicedefttt.).

Caip. XII. — Cui Cinrinnalo eognonun erol. Dion Cassiui {Excerpta Peirac, p. 579) prétend qu'il était tiasi mr nommé parce qu'il te frisait Ici cheveux , ce que Zooaraa (VII, l»;a répété, tant doute d'après cet historien. Mai» celle étymologie s'accorde difficilement avec la simplicité des merurt de Quincliut. Il est donc beaucoup plnt vraisemblable que ce surnom lai Tenait de ce que ta chevelure était si naturellement bouclée qu'on eut pu croire qu'il avait recours a des moyens artificiels.

Cas*. XIII. — InSubnra. Subitra On Suburra était un quartier de Home tres-fréquenté , entre l'Eiquilin el le fjKiot Vov. Juvén., Itl , 5, el Ailler, Dtlcript. dt Romt, p. I43etinir.

Iiid. — Sofam remise nitii cauta. t'est l'éiprestion consacrée, tuyei ch. l.iii ; XXI . ti3; XL1II, 2. Cic, pro Donto $ua , 30 : ■ Qui cranl rernra capilalium con -

• demnati, non priui banc civltalew amiltebant quam > erant in eam recepti , quo vertendi, bue est, mutandl

• luli causa vénérant. • Dana ce dernier passage , let mot* aoc eu tnHlandi ton! évidemment une glose passée dans le teste. Cicérou n'avait nul beaoln d'eapliquer cette location a te* auditeurs.

Cas*. XIV. — Sotion-iPalrunt.... juniorei. Nlebuhr (t. III, p. SS6, cf. t. II . p. 32, n. 461, tout en reconnaissant que par junior» Tile-Live entendait parler de jeunet gens , prétend que cependant on ne peut méconnaître ici le* majorée et lea minores génie*. San* nier les dUhions qui pouvaient exister entre lea majores et les minores, comme il les appelle, divisions qu'amènent toujours des distinctions insultantes , je doute fort qu'il eu toit même indirectement question dent ce passage. On peut voir d'ailleurs ce qu'il faut entendre par Paire» majarum et minorant genlium dans une savante note de M. Burnouf sur Tacite, ,4nn., XI , 25. On y trouvera dé* idées beaucoup plus nclles que dans tout ce qui a été écrit sur ce sujet par le critique allemand (voyes les passades cités et I. III , p. 151 et suii . de la tr. tr.). Car qnoiqoe puisse dire ce dernier, je n'admettrai jamais que Lt écrivains du siéi le d'Auguste, et notamment Tile-I. ire, se soient méprit tur le teot dea mois majores el minores dans les livret ancient , et le* aient quelquefois traduit* dans leur aveuglement par jeuiorei et majore* , surtout quand je luis que Cicérou (de Hep., II, 28 1 connaissait parfaitement la portée et l'origine de ces deuidéoomiiu-

Cmr.XV.— Serritii*,ld est, terris. Remarques cet emploi dé l'abstrait pour le concret. De même plus haut , terrifia regum suprrbonim est pour ferre*, etc. (voyes encore ch. ivii; XXVIII, H, etc.); de même XXI, 22 et XXVI, 59 et 5l,r*miginm est pour reniât*; VIII, 12, dirtahira pour diriainr, etc.

Cuir. XVI. — FideHi abrogart, Id est «on fV-Btrt /idem, non rredere. De même Cieeroo , pro Q. Rosi-., M :

■ Quibut abroges lidein jusjurandi. ■ id étl,<iuil)us lldem habendam iu jurejuraudo negesj et Q;ast. Acad., IV, 36 ; • fequaliler omnibus abrogalur fldes, ■ id ett, nulli credilnr. Je regarde donc avec Creviêr let mois non rredendo comme nue glose passée dans le teite.

Caiv. XVII. Jupiter Ofilimus mujimus. Cicéron , d* iSat. Deor., II , 25 , cherche a cipliquer pourquoi l'épi théte oplimii* précédé mo.iimiu : > Sed ipse Jupiter .... . dicitur.... a majoribus noslris optimus maiimus; et

■ quidem ante oplimus , id est beueUcentistimui tintai

■ quammaiiniut; quia ma jus est cerleque graliut prn-

■ dette umnibns , quam opes magnat babere. • Hous*ean n'est pas de cet avit. • Celui qui peut tout, dll-il au livre IV de l'Emile , ne peut vouloir que ce qui est bien , donc l'être souverainement boa, parce qu'il est souverainement poissant, doit elre souverainement jusle. » Et il ajoute en note : • Quand les anciens appelaient opltm

i* le Diei

ils di.nienl irès-vi

en disant nxmmiu epliinui, ils auraient parlé plus eiaclement; puisque sa bonté itéol de ta puissance, il est bon parce qu'il est grand. . Quoi qu'eu dise Rousseau , quand let hommes invoquent l'Être suprême, iUaadreasent « u bonté , plut encore qu'à sa puissance.

Iirn. — Juptttr optimus ma.iimns , Junu reginu el .Mtnerra. Ces trois dit toiles étaient «-j-.-.™ el adorées dan* le temple du Capimle . comme protectrices de la république. C'étaient cellct que les poêles suppoaaient avoir été apportée* de la citadelle de Troie (i Borne. Voyea la IX' f.tnirsTis de lleyne sur le chant II de l'Enéide. Cet trois nomt se trouvent réunis dans Cicérou (pro Domo me , 57 I, dans Valère-Maiîme ( V, i , 2 ), aur les médaillet et tur let inscriptions. D'où l'on peut conclure que Junon ntaf était adorée a Borne «vint la prise de Vétea,

i la nilte de laquelle la statue de cette déesse fat apportée iur l'Aventln, où on lai éleva nu temple. Voye* V, 21, 22 et St.

Caip. XVII.— Cowrtiles, tribunal, dtoi , hamiiitsqut omnei urtnatos npem ferre. Grooovius, Crcvier el d'à utn» encore, pensent qu'au lieu de état il Tant lire Htttt ce qui donne uue gradation plut eut te. Par homines ili entendent tous ceux qui ne jouissaient pas du droit de cité, comme les esclaves, les artisans cl les étrangers. Pour moi , je suit d'avis qu'on ne doit rien changer, que l'orateur, dan» une circonstance aussi pressante, n'a pas froidement éuuméré le* différentes classes d'individus qui devaient prendre le* armes pour défendre Rome , mais que, voulant Irapper les esprits par des antithèses énergique», il oppose d'abord lei consuls aux tribuns, ces deux pouvoirs rivaui que le danger de la patrie commune doit réunir, et enfin les dieui et les hommes , également intéresses a protéger le sanctuaire de Jupiter treigrand et très-bon. L'invocation i Romulas qui tuil 1m média tem en t ne me parait laisser aucun doute a ce) égard. Dam Siliui Italiens , XII, G08 et suiv., au moment où Rome est assiégée par Acnibal , Jupiter court au Capitule , et les autres dieux sur les sept collines qui leur •ont consacrées pour les défendre avec les armes qui leur sont propres.

Isid. — Princtps familia star. Valérius Pnhiicola. Ce GlArMmtf sur lequel, su dire d'un brillant historien, le

vent proia'iqut des gtarier* arait soufflé le doute, a prétendu, et d'autres encore après lui, qneTite-Livr Taisait id parler P. Valérius comme s'il s'agissait de son aïeul ou de sou trisaïeul, bien que Denya d*Halicaruas*e , au livre XI , p. 688 , dise qu'il était fils de Valérius Publicola. Ce même Denys , ajonte-t-il, fait encore mention de P. Valérius au livre VII . p. 417 , et cependant il le fait mourir a la bataille du lac Régule , livre VI . p. 550. Hais Gronovins répond judicieusement au compatriote de '/.uingle qu'il ne comprenait pat bien le sent du mot familia , que princepi familia ma veut dire uniquement qu'avec le père de l'orateur avait commencé, dans la gens Valtrïa, la famille des Publicola: qu'il en existait d'autres dam celte gens, comme par exemple la famille des Volu- «li, celle des Maiimi ou Lsctlciui.Deson coté, Drakenborch justifie Denjt d'IIalicarnasse, dont l'apparente contradiction , comme nous l'avons vu ( notes du livre !I, cb. m) , a fourni un argument h Niebubr contre l'authenlicité du récit de la bataille livrée près du lac Résilie. P. Valérius, consul en 292 , était bien, dit-il , le tilt de Valérius Publicola, l'un des fondateurs de la liberté romaine. C est ce dont ne permet pat de douter le pussage des Fastes Cipilotina, où il est ainsi désigné: P. VALERIVS. P. F. VOLVSI. N. POPLICVLA. D'un autre rolé , Dents a pu , sans manquer à la vérité historique, dire que P. Valérius . fils de fublkula, avait été tué dans la bataille en question ; Publicola pouvait avoir en deux dix portant le même prénom , ce qui n'était pas tant exemple t Rome. En effet, nous voyons par un passage d'Aulu-Gelle («. .4., XVII, 21) qu'Appuis Claudius Caudex avait un frère appelé Appius Claudius, mais distingué par le surnom Ctecus : ■ Anno deinde poil Romam i condiUm quadringentesimo ferme et uonagesimo,

* consultons Ap. Claudio, cui eognonienlum Caudex

• fait, Ap. illius Csci fratre , et H. Fulvio Flacco, bel- > lum ad versus Pcenot primum cceptum est. s

Cair. X VIII. — Sua fortune a quoque sumplum suppftrium rit. C'est-à-dire que les hommes libres eurent la

tète tranchée, et que les esclaves furent mit en crois.

Cesr. XVIII.- QuadranUs...jactatltftrtur. L'as valait alors environ 0,08 c.; la valeur du quadrant ou quart d'à* n'était donc que de 0,02 c. Mais nous avons vu plut haut que le cens de l'année 290 avait donné an total de !0t,2M citoyens. Or, les ptébéirns composant la majoritl de la population >>la tomme résultant d'une aussi modeste contribution devait être encore asseï considérable.

Chip. XIX. — Comifia coiutitis subrogandi. Quand un consul ou un antre magistrat mourait dans l'exercke de ses fonctions avant respiration du temps que devait durer 13 ebarge , le consul survivant ou tout autre fonctionnaire désigné pour tenir les comices , demandait au peuple de pourvoir au remplacement (mbrojnbal). Celui qne le peuple substituait au défunt iwffirtebat).i}ontait a son litre l'épithète de luffectut. Voyex II, 8; XXIII, H, etc.

Ibid. — JVtçtie rarri , neque lame» mut. • Saeer est ce que la religion a consacré ; sanetus est ce qui est déclaré inviolable parnne clause particulière delà toi. {sanetione) Aiusi sanclas est moins fort que lacer. • (Csiviea.)

Cbip.XX. — Omnes in veria jurarrrint. «Le serment eut tant de force chez ce peuple ( les Romains ), que rien ne l'a Hacha pi ui aux lois. Il fit bien des fois, pour l'observer, ce qu'il n'aurait jamais fait pour la gloire ni pour la

• QuinctiutCincinnatut, consul, ayant voulu lever âne armée dans la ville contre les Equesét les Vulsqties.les tribuns s'y opposèrent. «Eh bien 1 dit-il, que tous ceux qui ont ■ prêté serment au consul de l'année précédente mar- • client sous mes enseignes. > En vain les tribun* j'éerîèrcnl-il* qu'on n'éta l plus lié par ce serment; que quand on l'avait fait Quincliu* était un homme privé i le peuple fut plut religieux que ceux qui se mêlaient de le conduire. Il n'écouta ni les distinctions ni les interpré In lions des tribuns.

■ Lorsque le même peuple voulut se retirer sur le mont Sacré , il se sentit retenu par le serment qu'il avait fait aux consuls de les suivre a la guerre ; il forma le dessein de les tuer; on lui lit entendre que le serment n'en lubsislerait pas moins. On peut jugerde l'idée qu'il avait de la violation du serment par le crime qu'il voulait corn.

■ Apre* la bataille de Cannes, le peu pic effrayé voululsc retirer eu Sicile; Scipion lui Ht jurer qu'il resterait i Rome; la crainte de violer leur serment surmonta toute autre crainte. Rome était un vaisseau tenn par deux ancres dans la tempête . la religion et les mœurs. ■ Montesquieu, Esprit de* lois, VII, un.

Isjid. — De profertndo txitu. L'ancienne leçon de proferendorxeTciUit été blâmée avec raison par les criliquft. Des différentes corrections proposées, de proferrnda mm exerciiu , de profertndo txercilut txitu , de profertndo exila , etc., la dernière , qui a été reçue dan* celle édition, parait la seule admissible.

Cair. XXI. — In reliquum magistrats* continuai! et eosdem rtfci. Ce passage confirme ce qui a été dit plus haut , que les tribuns n'étaient pas considérés comme des magistrats.

Cair. XXII. — Equet . cui mperare rallum hniid facile faerat. Les vainqueurs du monde , dil M. Lies , auraient pu apprendre det cuirassiers français, à la bataille de la Hoskowa, comment la cavalerie enlevé det retraa-

HISTOIRE ROMAINE. - NOTES

déments. Voyez Ph. de Ségur, Hist. de la campagne de Russie, litre VII , cb. u.

CeiP. XXIII. — Ad Columen exercitu reliclo,

cutra local. Columen, suivant Ortelius , devait être on feu situé dans le Latium, près du mont Algide , et qu'on appelle aujourd'hui Colonia. La leçon exercitu relicto , qvi est évidemment fautive . a été corrigée de différentes manières : exercitu relïquo , reduclo , relalo , rtfecto , ncollecto ou coilecto. Crevier se prononce pour reduclo, qui a été généralement suivi par les traducteurs.

Caip. XXTV. — Ferebant Volscio judices. C'est l'expression consacrée. Dans les affaires litigieuses , le demodear proposait au défendeur le juge ou les juges qu'il mit choisis (judxcem vel judices adversario ferebat), et loi demandait s'il n'en voulait pas d'antres (ne alium promet ,"\d est, posceret), en l'invitant à les choisir luimême (ut judicem direret, voyez en. lvi). Quand les prties étaient d'accord sur ce point, le préteur nommait {tstat tel addicebaf) le juge ou les juges agréés par elles, «ton une certaine formule qui répondait à la nature de F action . Voyez Adam , Antiq. rom., 1. 1 , p. 583 et suiv. delatr.fr.

Ciap. XXV. — Cnm M. Valerio Valerii Fi/io. On a proposé de lire Manii au lieu de Valerii , l'usage étant de désigner les Gis non pas par le nom , mais par le prénom de leur père. C'est ce même Manius Valérius qui fut dictateur l'an de Rome 261 .

Ciap. XXVI. — L. Quinclius Cincinnatus consensu omnium dicitur. Tite-Live, pour cet épisode, a suivi la narration la plus ancienne. Voyez Denys d'Halicarnasse , 1,24.

biD. — Operœ pretium est audire. Voltaire , qui dans no besoin de destruction s'attaquait aux traditions les plot respectables, ne partage pas l'admiration de Titc- Uve pour la pauvreté de cette époque. Voici ce qu'il en dit dans son Apologie du Mondain.

J'entends ici des pédants à rabats.

Tristes censeurs des plaisirs qu'ils n'ont pas , Qui , me citant Denys d'Halicarnasse , Dion . Plutarque , et même un peu d'Horace , Vont criaillant qu'un certain Curius , Cinciunatus , et les consul* en us , Bêchaient la terre au milieu des alarmes , Et maniaient la charrue et les armes , Et que les blés tenaient s grand honneur D'être semés par la main d'un vainqueur.

C'est fort bien dit , mes maîtres ; je veux croire Des vieux Homains la chimérique histoire.

Mais , dites-moi , si les dieux , par hasard , Faisaient combattre Auteuil et Vaugirard, Faudrait-il pas, au retour de la guerre, Que le vainqueur viut labourer sa terre ?

L'auguste Rome , avec tout son orgueil , Rome jadis était ce qu'est Auteuil.

Quand ses enfants , de Mars et de Sylvie , Pour quelque pré signalant leur furie , De leur village allaient au Champ-de-Marc , Ils arboraient du foin pour étendards.

Leur Jupiter au temps du bon roi Tulle Était de bob, il fut d'or sous Lnculle.

N'allez donc pas , avec simplicité , Nommer vertu ce qui est pauvreté.

VoLTiiiE , Apologie du Mondain,

Machiavel, qui jugeit beaucoup plus sérieusement l'antiquité, s'est défendu de ce scepticisme qui dessèche l'âme et ferme tout accès aux sentiments génércui. « Une des lois les plus utiles dans un état libre, est celle qui

maintient les citoyens dans la pauvreté. On ne voit pas quelle était la loi qui produisait à Rome cet heureux effet, car la loi agraire dont on devait naturellement l'attendre reçut toujours des oppositions. Il est cependant prouvé par le fait que quatre cents nos après la fondation de Rome , cette ville était extrêmement pauvre, et ce rare bonheur ne pouvait avoir d'autre principe que l'assurance où l'on était que la pauvreté ne fermait le chemin d'aucune dignité , d'aucune magistrature, et que les honneurs allaient trouver la vertu sous quelque toit qu'elle habitât. Cette vérité reconnue rendait les richesses moins désirables.

» On en vit une preuve lorsque le consul Minutius fut enveloppé avec son armée par les Èques , et que la peur que l'on eut à Rome que cette ville ne devint leur proie obligea de recourir à un dictateur, dernier remède aux plus grands maux. Le choix tomba sur L. Quinctius Cincinnatus, que l'on trouva labourant lui-même dans une petite maison de campagne où il s'était retiré. Tite- Live a consacré ce fait par ces paroles admirables * « 11 » est bon d'entendre ces gens qui méprisent tout sur la » terre , hormis les richesses , et croient que l'honneur et » la vertu ne peuvent se trouver que sous des palais rem- » plis d'or 1 »

» Cincinnatus labourait lui-même ses champs , qui ne s'étendaient pas au delà de quatre arpents , quand les envoyés du sénat vinrent lui apprendre qu'on l'avait nommé dictateur, et le péril imminent où la république était exposée. Il prit sa toge , vint à Rome et forma promptement une armée pour aller délivrer Minutius. Il vainquit en effet les Èques, et prit sur eux un riche butin : mais il ne souffrit point que l'armée délivrée eût sa part de ce butin : Je ne veux pas, dit-il , que vous participiez aux dépouilles de ceux dont vous avez failli vous-mêmes devenir la proie. II priva aussi Minutius du consulat, et le réduisit à la qualité de lieutenant, en lui adressant ces paroles: Vous demeurerez dans ce grade jusqu'à ce que vous ayez appris à être consul.

» Il avait choisi, pour être maître de la cavalerie, L. Tarquinius , qui combattait à pied à cause de sa pauvreté. Remarquons ici les honneurs qu'on rendait à Rome n la pauvreté , et que quatre arpents suffisaient à l'entretien d'un citoyen aussi distingué par sou mérite que l'était Cincinnatus. La pauvreté des Romains au temps de Régulus nous est encore connue. Ce général, étant en Afrique, demanda au sénat la permission de revenir, parce que ses fermiers avaient totalement dégradé son champ.

» J'ai ici deux choses à remarquer : d'abord la pauvreté de ces grands hommes, et combien ils la goûtaient , contents d'illustrer leurs noms par des victoires, et laissant l'état en retirer tout l'avantage; car s'ils avaient songé à s'enrichir par la guerre , ils se seraient peu mis en peine de voir dégrader leurs pauvres métairies. Je remarque en second lieu la grandeur de leur courage. Se trouvaient-ils à la tête d'une armée? leur âme s'élevait à une hauteur supérieure à celle de tous les princes; ils ne comptaient pour rien ni monarchies , ni républiques; ils ne s'étonnaient d'aucun obstacle, ils ne s'épouvantaient d'aucun ennemi ; mais rentrés dans l'état de particuliers, ils devenaient économes , modestes , atteulifs à conserver leurs petits biens , soumis aux magistrats et respectueux envers les anciens. Conçoit-on qu'un tel changement puisse s'opérer dans la même âme?

» Cette pauvreté était encore en honneur au temps de Paul-Emile; on vit luire à cette époque les derniers beaux

jonrt de ht république; un citoyen dont le* triomphe* enrichirent Rome y vécut content dioi la pauvreté. Elle 7 était encore tellement estimée , qu'en Attribuant les récompense! méritées pendant 1g guerre,, Paul-Emile gratifia ion gendre d'une coupe d'argent, il première pièce de vaisselle qui fût entrée dam sa maison.

■ On Ternit voir, par bien d'autres raisons , quelapau- Treté est plut avantageuse que la richesse; qu'elle a Tait fleurir des cités , des provinces, des religion), et que la richesse les a perdue* . ti cette matière n'avait souve nt été Irailée par une infinité d'écrivains. ■ Micaime , Uefi. tur TUt-Livt, lin* III, chap. m, t. Il, p. 347 delà tr.fr.

Chip. XXVII. — Vallisqtie âuodtnis. • C'étaient de* branche* d'arbres ordinairement bifurquées, on ayant trois et au plu* quatre rameaux , afin qu'on pût en le* plantant les entrelacer et en former une palissade plus serrée et plu* impénétrable. • Chbvieb. Vujei Lipsius , Mil.roro., V, M.

Iud. — Purirto vrpt lemporis rerutn momtnta wrli. Nous verrons plus bas (XXXII, 17) une peoséeaualogue: • £i parfis reluis ssepe magnarum momenta pendent. • Cette réflexion n'a pas échappé A Voltaire, qui la met dans la bouche de César :

J'ii servi, commandé, vaincu qaaranle années, Do rouuile eutre me* mains J'ai vu let destinées, Et t'ai ion jour» connu qu'eu chaque événement Le Ueitin des étala dépendait d uu moment.

Cbip. XXV1U. — Tribu* haslit jugum fl. Dan* les temps anciens le joug imposé aux bœufs avait la forme d'un B , et de là le nom donné aux trois lances réunies sons lesquelles on faisait passer les vaincus eu signe de servitude. Les expressions consacrées en pareille circonstance sont lub jugum, ou subjugo miili, ou tradiici, OU

«milti (IX, 6, 15), ou a6ir«, comme dans le passagequi fait l'objet de cet e note. Paul Diac. : • Jugum snb qno vieil transitant, hoc modo fichât : Dxis duabus bastis, tuper easligabalur tertia.Sub iis vîctos deiciuclos transira cogebnnt.i Cf.Zonaras, VU, 17.

Chip. XXIX. — El ht L. Jl/inuri. • Non-seulement Rome fut moins ingrate que les autres républiques, mais même en punissant ses généraux elle mit toujours dans ses châtiments plus de bonté et plut d'égards. Avaient-ils péché par malice, elle les punissait avec douceur ; n'uvaienl-ïls failli que par ignorance, quelquefois au lieu de les punir elle les h raorait el les récompensa ît. Cette conduite était fort bien vue. Rome était persuadée qu'il importait extrêmement que se* généraux eussent l'esprit libre et dégagé d'inquiétudes, et que nulle espèce de considérations étrangères ne pût gêner leurs opérations. EUe ne voulait point ajouter de nouveaux embarras, de nouveaux périls, tune chose qui de toi-même en est remplie; elle croyait enlin qu une maladresse de cette nature l'en) péchera il de trouver jamais de* généraux qui te portassent vigoureusement A une expédition. Par exempte , envoyait-elle une armée en Grèce contre Philippe de Macédoine , ou en Italie contre nu peuple qui avait remporté d'abord quelque victoire , le général chargé de cette guerre était d'abord agité de tons les soins qui accompagnent de pareille* entreprises; ti, l'esprit déjt tourmenté de ces soins naturellement graves et importants , il avait eu encore sous les yeux l'cseropte effrayant de généraux mis eu croix ou livrés ù d'antre* supplices pour avoir H) de tant de sou-

cis, aurait-il été capable de prendre un parti ci Persuadée par conséquent que ses généraux étaient aises puni* par la honte seule d'être vaincus, Rome ne voulait pas les effrayer par la crainte d'une punition plut rigou-

• Citnnaunexemple de sa conduite relativement MU tantes où il entrait de la malice. Sergiut el Virginiut étaient campés sous let murs de Véies. Sergius occupait le côté par où les Toscans pouvaient apporter du secours ; le quartier de Virginiut te trouvait A l'opposé. Sergius , atitqu par IcsFalUques et par d'antres peuples, aima mieux te laisser rompre et mettre en fuite que d'envoyer demander du secoura A Virginiut. Celui-ci , attendant toujours que son collègue t'bumiliAI, pour ainsi dire, devant lui, aima mieux être témoin dn déshonneur de sa patrie et de sa ruine d'une de ses armées que de faire un seul mouvement. Tout cela sans doute était criminel , et l'impunité des deux généraux n'aurait pn faire porter qu'un jugement très-désavantageux de la discipline romaine. Mais, quoique une antre république les eût envoyés au dernier supplice , Rome ne let condamna qu'A une amende ; non que leur faute ne lui digue d'un châtiment plus rigoureux, mais parce que les Romains te piquèrent dans cette occasion de suivre le* principes de leurs ancêtres.

> A l'égard de* faute* d'ignorance, quel exemple plus frappant que celui deVarrou,dont la témérité fil gagner A Annibal celle fameuse bataille de Cannes qni mil Rome sur le penchant de sa ruine F Non-seulement nn ne la punit pas , parce qu'il avait moine péché par malice que par ignorance; mais lont le sénat fut le recevoir aux portes de Rome , lui rendit les plus grands honneurs , et, ne pouvant pat le remercier de la bataille qu'il avait perdue , lé remercia d'élre revenu A Rome et de n'avoir pas désespéré du aalut de la république.

■ Quand Papirius Curtor voulut faire mourir Fabius, pour avoir, contre ta dérense, donné bataille aux Samniles , parmi les raisons que le père de Fabius opposait A l'obstination du dictateur, il faisait valoir celle-ci, qu'après les défaites les plus sanglantes, les Romains n'avaient jamais traité leurs .généraux comme Papirius voulait traiter son fils après une victoire signalée.' Micuisvvl, fit/1, tur riW.lt*, livre I, en. un, t. 1, p. 2Ï7 et suiv. de la tr. fr.

Cbip.XXIX. — Volirins âtmnatus. Cicéron, dam ton dicoiirt pro Homo sua, prétend que Césou fut rappelé et que les tribuns , voyant combien ton père était aimé et considéré dn peuple , n'osèrent s'opposer A ce jugement.

Chip. XXX. — finreooliirque rintiulare fmperiu»! Iri- (mnilio auxifio. Crévicr rail avec raison observer ici la propriété dea termes ; roiisrifore imperiiim , parce que le consulat était une magistrature ; tnbuuitium aaxit mm , parce que le tribunal n'était qu'on secours, oiuifii folio, contre let abus de l'autorité.

Cuip. XXXI. — De Atentino jmbfiranda. • On A va , livre I, cli. xiiii, que l'Aventin avait élé donné am nouveaux cl loyent , tiret de l'olitoriurn , de Tellènes et de Ficane. Apparemment qu'ils n'eu avaient point occupé la totalité, on qu'ils avaient depuis changé de demeure; car Denys d'Haï car nasse rapporte , livre X , qu'A celle époque il était en grande partie couvert d'arbres. La loi d'Iciliut , en maintenant les propriétés dont l'acquisition avait été laite légalement , revenait tur celles qni étaient le fruit de 1s fraude onde la violence; elle les reprenait en remboursant ans possesseurs actuels leurs dépense* , tur l'estimation d'arbitres nommés A cet effet , et M rtm

toujours eu déliaoce .

I>es deux ordres

.le peuple et le tiiat

ois, l'autre le tribunal

Des decem 1 1rs encore

on t prolongé l'empire.

contre elle-mem.

as ; ainsi Rome compta

HISTOIRE ROMAINE. - NOTES

M gratiùtétDetU an peu pie, avec la partie restée vacante jear j construire dea habitations. ■ Chktih.

Cair. XXX11. — Plant ercari dtcevtviroi. a Dans le fca de» disputes entre le» patriciena et loi plébéiens , nai-ei demandèrent que l'on doonél de* k>ii Dieu, afin ij n , n fa vitt (,„,.

ci* lei jugements ne fussent plut l'effet d'une volonté "âetsse ou d'un pouvoir arbitraire. Après bien des ■ueei , le sêust y acquiesça. Pour composer ce* lois mma des déceravirs. On crnl qu'on devait leur acr bd grand pouvoir, parce qu'il» avaient à donner de) lou t dea partis qui étaient presque incompatible». On suspendit la nomination de tous les magistrats ; et, •M les comices , ils furent élus aenlt administrateurs de a république. Ils se trouvèrent revêtus de la puissance tuniuaire et de la puissance tribnni tienne ; l'une leur taisait le droit d'assembler le sénat , l'antre celui d'»s- Métier le peuple; mai* ils ne convoquèrent ni le sénat • le peuple. Dit hommes dans la république eurent rais toute la puissance législative . toute la puissance Wcntrice . toule la puissance des jugements. Rome se lit amnise à une tyrannie aussi cruelle que celle de Tarfân. Quand Tarquin eicrçait ses vexation* , Rome était iatigneedn pouvoir qu'il mit usurpé; qnand les tri umlirs exercèrent les leurs , elle lut étonnée du pouvoir (fi'elle avait donné.

< Hais quel était ce système de tyran nie, produit par de* (tra qui n'avaient obtenu le pouvoir civil et militaire rat par la connaissance dea affaires civiles, et qui , dans b drconslance* de ce* temps-la , avaient besoin au dedans de la Ucoeté de* citoyen* pour qu'il* se laissassent poierner, et de leur courage an dehors pour les débafref • HotraUQDiin, Esprit des loti, XI, 15. Ce* lottes éternelles.

Ou d'une et d'antre part on s'est précipité Dus l'abus du pouvoir ou de la liberté , Où nul . de deux partis . n'a connu U balance ni de l'autorité, ni de l'obéissance.

Enfin, pour s'accorder, d'une commune loti, tes Romains à la Grèce ont demandé des loi).

Home . pour éleier cet auguste édifice , De tout autre pouvoir suspendant "

la lois.

Des tribuns, des consuls, réunit tous

Li mars, Virginie, acLl, se. i.

Gair. XXXII. — Aliœque inrrolœ Irgcs abroçareuluT. Il aut en excepter la loi sacrée relative aui tribuns du peuple, dont le pouvoir fut nul sous les décemvirs. Sur les lois sacrées, voyci p. 798.

Cair. XXX IIT. — Anna trerenttsima altrro. U s'en ■rat d'un au que la chronologie de T Ile-Lire ne s'accorde ici avec celle de Dodwell.

Cair. XXXIV. — Tum Itgibta rond radis opem dabafur. • Le* décemvirs travaillèrent avec beaucoup d'application durant tonte l'année s dresser leur code de lois, qu'ils tirèrent , partie des anciennes ordonnances des rois de Rome, partie de ce qu'ils empruntèrent des lois de la Grèce , que leur interpréta un certain Ilermndorc , fort homme de bien, l'un des principaux d'Éphèse, lequel, exilé de sa patrie, se trouvait alors par hasard â Rome. Pline, livre XXXIV, ch. », nous apprend qu'or, lui érigea ssae stable dans la grande place de celle ville. • Koum . tain. — Quoi consensus omnium , non juisi sst foies suoit quam tulisit videri potsit. ■ Il faut distinguer ferre de jubere. Proposer des projets de lois, ferre leoes, était la fonction du magistrat ; Juter» , c'est *-di re cun -

Tertlr la simple proposition en loi, lui donner force de loi , appartenait an peuple. • Caiviea.

Case. XXXIV. — Deslderiom decemeiros iierum

iplanir le chemin.

■ , act. I

Cnàr. XXXV. — fn Irinunt Rtmdinum. Le* marché* auiqneb ou venait de la campagne vendre de* denrées « Rome étaient comme des jours de foire. Ils se tenaient régulièrement de neuf en neuf jours, noremdiet, d'où le root latin tjuudiruc. (Vojei Adaiu,.4ni. Rom., t. I,p. ISS et 519; t. II, p. 93 de la tr. fr. M. Liei le transcrit dan* sa longue note, sans en avertir ses lecteurs.)

Tain. — Tanin ejariit amoitio. i Ce mot exprime le désir des honneurs, mais innocent et légitime, an lien qu'nmbitui exprime les nrjgnes et les moyens illicite* employé* pour y parvenir. > Caiviea.

Inio. — Q. Fatllias, T. vtnloniui Mérenda, GrlO Dviliits , Sp. Oppivs Cornieni , Man. Sabultiui. S'il faut en croire Denysd'Halicarnasse, ces cinq décemvir* étaient plébéiens.

CiliF. XXXVI. - Primum honoris diem denunliallone ingenlii (erroris imianem ftctrt. « La création des décemvirs, chargés par le peuple romain de faire des lois , semble contredire ce principe , que le pouvoir nuisible a l'état est celui qu'usurpe la force, et non celui qui est conféré par les sulfrages d'un peuple libre. Devenus tyrans avec le temps, les décemvirs foulèrent aux pieds la liberté de Rome.

■ Il y a deux choses a considérer: ti manière de donner l'autorité, cl le lemps pour lequel elle est dounée. 11 est toujours dangereux de la donner pour longtemps, et j'appelle longtemps une année ou plus ; aes bons ou ses mauvais effet* dépendent des bonnes ou des mauvaise» qualités de cens qui en sont revitus. D'autre part, sien compare l'autorité des décent vira avec celle du dictateur, la première paraîtra bien plus étendue. La rre.ilion do dictateur n'anéantissait pas l'autorité des tribuns, dn consul, du sénat; le dictateur ne pouvait les en dépouiller ; s'il avait le droit de priver un consul , un sénateur de son état , il oc pouvait détruire le consulat ni le sénat; l'autorité du sénat, des consuls et des tribuns, demeurait toujours comme un surveillant qui l'empêchait de sortir de son devoir. Il n'en fut pas de même lors de la création des décemvirs : le tonsulal et le tribunal furent abolit. On leur donna, pour la composition dea lois et pour toute autre matière, le pouvoir suprême du peuple lui-même. Demeures seuls, sans consuls, sans tribuns, sans appel an peuple, sans surveillants qui les observassent, ils purent aisément, dès la seconde a unee, eiritea par l'ambition d'Appuis, se porter aux derniers

• Ainsi , qnand nous avons dit que l'autorité librement conférée n'était paa dangereuse dans on état, nuusavona supposé qu'un peuple ne se portait point à l< conférer sans les précautions nécessaires ni pour un temps trop considérable. Hais toutes les fois que , trompé ou aveuglé de quelque manière que ce paisse être. Il la donnera

aussi imprudemment que le peuple romain la donna aux décemvirs , il éprouv era les mêmes malheurs. En vouleztous la preuve? considérez les raisons qui continrent les dictateurs dans le devoir , celles qui en firent sortir les décemvirs ; considérez de quelle manière les républiques réputées sages ont donné l'autorité pour un long temps , Sparte à ses rois , Venise à ses doges , vous verrez dans ces deux états un surveillant toujours attentif qui empêche les rois et les doges d'abuser de leur pouvoir. Il n'importe ici que la substance de l'état ne soit pas corrompue ; un pouvoir absolu parvient bientôt à la corrompre et à se faire des partisans. N'importe encore que le tyran soit sans richesses et sans parenté : les richesses et tous les autres avantages courent au-devant du pouvoir ; et les décemvirs en sont un exemple particulier. Machiavel, ouvr. cité , livre I , ch. xxxv, 1. 1 , p. 294.

Cbap. XXXVI. — Nec attinuisse demi securim. « Valérius Publicola avait introduit l'usage de porter les faisceaux sans hache devant les consuls. Les décemvirs rétablirent l'usage contraire , sous prétexte qu'il avait été permis d'appeler des consuls au peuple , au lieu que leur magistrature avait été créée sans appel. • Cbévikr.

Cbap. XXXVII. — J/i ferre, agere plebem, etc. Les commentateurs proposent diverses manières de restituer ce passage. La conjecture de Doujat, approuvée par Crévier et Liez , paraît la plus plausible. La voici : Ht ferre, agere plebem plebisque res fortunasque : quicquid capilum foret, potenlioris esse,

Ibid. — Hac mercede juventtts nobilis corrupla.

Ainsi décommander la flatteuse habitude Est de l'art des tyrans la criminelle étude; Ses collègues par lui soumis ou corrompus, Nos jeunes sénateurs a ses desseins vendus , ' Qui pensant ramener, grâce à la tyrannie , Dans l'absence des (ois la licence impunie .

Ont préparé le Joug dont on veut nous flétrir, Que même sous ses rois Rome n'a pu souffrir.

La Harpe , Virginie, act. I , se i.

Cbap. XXXVIII.— Ad pignora capienda. Le sénateur qui refusait ou négligeait de se rendre aux assemblées du sénat était , s'il ne donnait pas une excuse légitime , puni d'une amende, pour sûreté de laquelle on exigeait de lui des gages ^ignora), qui étaient vendus en cas de non paiement. Voyez Cicéroo, de Legibus, III, 4; Aulu- Gelle, JV. A„ XIV, 7; Plin., En., IV, 29; et surtout Clcéron , PhMpp., 1,5.

Chap. XXXIX. — Valeriis et Horatiis ducibus pulsos rege*. Le récit de Tite-Live ne justifie pas cette prétention des Horaccs d'a\oir été à la tête de la révolution qui bannit les rois , car il ne veut sans doute pas, comme des commentateurs l'ont cru , Taire allusion ici au dévouement d'Horallui Codes. Son assertion n'en est pas pour cela moins eiacte; nous savons par Denys d'Halicarnasse que re fut M. Horatius qui nt révolter l'armée contre TarquIn-lo-Superbc, et qui, dans son second consulat, rendit Inutiles tous les efforts tentés par Porsenna pour rétablir les Tarquins.

Ci m a p. XL. — Aut sorti. A l'exemple de Durcau de la Mille et do Liez , on a suivi dans la traduction la correction proposée par Crévier, et qui consiste à lire soli au lieu de sorti. En effet C. Claudius, dont l'avis était le plus rigoureux, avait brigué le décemvirat. (Voyez chap. xxiv.) Mais peut-être pourrait-on se dispenser de rien changer à ce passage, si ce n'est l'ordre des moto. Je pro-

pose de lire : « Ut decemviros oppugnarent, aut sociî , aut » hi maxime quidecemviratum petissent.» Peut-être même faut-il conserver la phrase telle qu'elle est , en admettant que ce qu'elle offre d'irrégulier dans sa construction tient au désordre inséparable des mouvements passionnés. Ce qu'il y a de certain, c'est que les décemvirs avaient rencontré deux sortes d'adversaires, ceux-là même qui avaient inutilement brigué ledécemvirat, tels que C Claudius , et leurs propres amis, tels que L. Valérius Potitus, Horatius Barbai us et Cornélius. Sorti a ici le sens <f amiri, [amiliares , sodales.

Cbap. XLII. — A'ihito militiœ , qiiam domi , melius resptiblica administrata est. • On vit manifestement, pendant le peu de temps que dura la tyrannie des décemvirs , à quel point l'agrandissement de Rome dépendait de sa liberté. L'état sembla avoir perdu l'âme qui le faisait mouvoir.

* 11 n'y eut plus dans la ville que deux sortes de gens : ceux qui souffraient la servitude et ceux qui, pour leurs intérêts particuliers , cherchaient à la faire souffrir. Les sénateurs se retirèrent de Rome comme d'une ville étrangère ; et les peuples voisins ne trouvèrent de résistance nulle part.t Montesquieu , Gr. et Dec, des Romains, cb. i.

Chap. XLIII. — L. Siccium. Voyez pour les traits de bravoure de Siccius Dentatus , l'Achille romain , le discours que lui prête Denys d'Halicarnasse , livre X , ch. xxxvi et suiv. Valère Maxime, III, 2 ; et Pline, Vil, 28.

Cbap. XLIV.— - Ad clamorem nutricis. Les nourrices, chez les anciens , devenaient souvent les gouvernantes des jeunes filles qu'elles avaient élevées.

Ibid. — Virginium reipublicœ causa dixissent abc s se.

Quoi donc, oubliez- vous Que son père est absent et qu'il comltat pour nous? Jugerez- vous la fille en l'absence du père ? Un intérêt si grand commande qu'où diffère... Qu'on appelle son père , il viendra la défendre; 11 est au mont Algide , et du péril instruit , Il peut dans nos remparts entrer dès cette nuit. La Harpe , Virginie . act. II , se. m.

Cuap. XLVI. — Kon Virginiam defendi ab Icilio,

Je sais tout ce que tu médites :

Je sais trop que ta haine et ton ambition Ne respirent que trouble et que sédition.

Mais je te préviendrai , je me ferai justice.

Chap. XL VIII. — 2Von ut quemquam quietum violarct. ^

Romains , sachez qu'ici cet appareil des armes Qui dans un lieu de paix a porté les alarmes , Qui du pouvoir des lois soutient la majesté, Menace la révolte et non la liberté.

La Habpb , Virginie, act. II , se. m.

Ibid. — Prope Cloacinœ. Vénus Cloacine était ainsi nommée parce que la statue de cette déesse avait été trouvée dans un égout. Voy. Lactance, I , xx, II. Spanheim, dePrœst, et Usu numxsm., diss. X, p. 191 , et les interprètes de saint Augustin , de Cïv. Dei.

Ibid. — Ad tabernas. Sur l'emplacement du temple de Vénus Cloacine ou Cluacine (Plin., XV, 29 et 56), voyez Martian., Urb. rom., III, 5; Panvini, Descr. urb,, reg* VlII;Fabricius, Descr. urb,, c. X; ISardini , Rom. vet., V. 8.

Hoc te uno , quo possum.

Reçois de mon amour la marque la plus chère. •

Beonverincuat et libre, et de la mita don père. Li Hstra, Virginie. set. III , te. il.

Ti, ■■«■il, Appi.

UnU.nmbti a-tmiiuf.it?

t- /Md.,icl. V, K . 1(1.

*■§ Cas». XLVin. — Eamnt tibernrum prorreandonrat M maiiianrm. ■ Le spectacle de la mort de Virginie, M bumolfr pir ion pire a II pudeur el 1 la liberté, Dt J évanouir la puissance de» décemvirs. Chacun se trou» fibre , parce qne chacuo Fut offensé; loul le monde devint citoyen. , parte que loul le monde <e trouva: père. Le astaal et le peuple rentrèrent dans nue liberté qui avait «*■* confiée i de» lyrans ridicules.

• Le peuple romain , plut qu'un aulre , s'émouvait par le» spectacles : relu) du corps sanglant de Lucrèce fit Unir .la royauté ; le débiteur qui parut sur 11 place couvert de plaie* Dt changer la forme de la république; la vue de Virginie fit chasser les décemvirs ; pour Taire condamner Manlitu il fallnt ôler au peuple la vue du Capilole; lai robe sanglante de César remit Rome dans la servitude.' Moktuqciid. Fïpril des Lois, XI , (S.

Ca»r. L. — .V quod icelui App. C'aiidil esset. Kofiuim . voyei ce sang! c'ral mol... Non, par ma main Appuis a plongé le poignard dans son rein.

Cul lui , loi.

Là Hun . rirglnU, act. V. se. m.

Cm LI. — Praroqatiram. Dans les assemblée* du peaple. le sort décidait dans quel ordre voteraient les mtnries ou tribus ( sorfilio /létal ). On jetait leurs notas dans une urne (ïileHn dtfrrlur, Cic, ftf. D , 1, 18; «ilelio altata est ut sortirenlur. Tîle-Lite, XXV, 31. On •gîtait cette urne poar mêler les bulletins; la centurie ou b tribu désignée par la sort pour avoir l'Initiative dans remission des rotes recevait le litre de pro-ronn ti r« ; celles qui la toi nient étaient dites primo toeatœ (Tile- Live, X, 15 et 22) . les autres jure roi-atie (XXVII, 6). Le vote de la centurie prérogative était regarde comme le plus important. Par extension le mol prarooa lira désignait ce vote lui-même , et était pris quelquefois pour un ligne on un gage , pour un avis ou un augure favorable de l'avenir t suppfiralto Ml prnroaaiira (rimut-nf , Cic., fin., XV, 5), pour no exemple, une autorité, comme dans le passage qui donne lieu à celte note , etc. Clip. LIL — Via jVcmenfana, eeu Fïrtt'ensi. Celle voie était ainsi nommée parce qu'elle conduisait a Nomentum et * Ficolea ou Ficulnea , tilles des Sabins. Voyez Drakenborcb, et Adler, Deicript. de Rome, p. 60. Catr. LIV. -ÂMirant tt mngiitralu , tngetili omnium fortifia. • On remarquera d'abord qne l'établissement du décennies t lot produit â Home par les mêmes causes qui, uirtoui ailleurs , ont toujours fait tomber dam la même faute : le trop grand désir d'être libre de la part du peuple , de la pai I de* nobles ta trop grande envie de commander. Quand ces deux passions sont eilrêmes, si les déni partis ne s'accordent point a faire une loi qui serre de rempart el de sauvegarde i la liberté , niais que l'un des deui au contraire s'efforce d'élever au citoyen, ton: est perdu : on a un tyran . Ce fut le désir d'abolir le consulat d'une part, le tribunal de l'autre, qui réduit à Home les noble* et le peuple pour créer de* décent vin et leur confier nne autorité al absolu*.. Les décemt 1rs nne fois

leura

leur ambition.

crées, le peuple se plut a favoriser Appius, persuadé qu'il était devenu tout populaire , et qu'il abaisserait la noblesse. Mais lorsqu'un peuple commet la faute d'élever quelqu'un afin qu'il abaisse le parti cou traire, ce favori M bien malhabile s'il ne te rend point absolu. Qu'il se serre d'abord delà faveur rlu peuple pour a ha lire la noblesse, et qu'il ne commence l'oppression du peuple qu'après que lea nobles seront abattus : alors le peuple sentira vainement son esclavage ; loul refuge lui sera i'*é.

• Telle est la méthode loujours employée par ceui qui, dans le soin d'un état libre, ont établi une tyrannie. Et si Appius avait su la mettre en usage , sa tyrannie , pins profondément enracinée , n'eut pas été si prumptement abattue. H se conduisit tout différemment. Tel fut l'eicès de sun imprudence , qu'il se donna pour ennemis cent doul la faveur l'avait mis en étal d'usurper le pouvoir snprémeet pouvait consolider son usurpation, et qu'il voulu! être l'ami de ceui qui, dans le principe , n'ajanl pas concouru à son élévation , n'auraient pas eu le pouvoir de l'y maintenir; aussi perdit il tous ses veillâmes amis, tandis que la folie le portait a se lier avec tous ceux qui ne pouvaient l'être. En effet , quoique la noblesse aspire A la tyrannie, réunies nobles qui ne la partagent pas détes-

loujoiirs le 1) ran. Jamais assez riche pour rassasier aiuais assez d'emplois pour assouvir renoncer i les gagner tous. C'est ainsi qu'eu laissant le peuple pour se lier avec la noblesse Appius commit une faute émiriue.

• Indépendamment des raisons ci-dessus alléguées, il est évident que toute violence a besoin, pour s'établir, d'une force supérieure a la résistance qu'elle éprouve. Aussi les tyrans qui ont le peuple pour ami , el pour ennemi la noblesse , voient s'élever bien plus sûrement leur autorité que ceui qui, hais du peuple, ne sont appuyés que par les grands. La faveur du peuple leur suffit pour être les malins au dedans; elle suffit à [Subis, tyran de Sparte , lorsqu'il ta que par les (lires et par le* Romains , assuré d'un Irès-peiit nombre de nobles , mai* chéri du peuple , il Irouva les moyens de se défendre. Sans l'amilié du peuple il s'eu serait vainement flatté.

> Il n'en est pas de même des lyrans qui n'ont d'amis que la noblesse. Trop faibles au dedans, ilsout besoin de s'étayer par des furces extérieures, soit en se procurant une garde composée d'étrangers , soit en armant les campagnards, atln d'en tirer les mêmes services que le peuple leur aurait rendus ; ou en se liant avec des voisins assez puissants pour les défendre. C'est par ces moyens seulement que, malgré la haine du peuple, un tyran penl se soutenir. Mais Appius ne pouvant point armer les campagnard*, parce que la ville et la campagne étaient à Home la même chose, et négligeant les autres moyens qu'il aurait pu employer, sapa lui-même les fondements de son édifice.

> Les fautes énormes du peuple et du sénat dans ta création des décemvîrs ne sauraieul être eicusées par ce qn'on a dit ci-dessus au sujet de la dictature. Il est certain que l'autorité qui détruit la liberté n'est poiut celle que le peuple donue, mais celle que l'ambition sait toi arracher. 11 n'est pas moins vrai que le peuple ne doit la donner qu'avec des précautions qui ne permettent guère d'en abuser ; au lieu d'élever ces barrières salutaires , le* Romain* les abattirent toutes, en détruisant toutes les magistral ures, aliu de faire des décennies les seul* magistrats de la république. Kl ce fut. comme on l'a dit, d'une part, le désir d'abolir le consulat, de l'autre, celui de •e défaire des tribuns, qui aveugla le peuple et le sénat

au point de les faire concourir à l'établissement le plus destructeur. Les hommes, disait le roi Ferdinand , ressemblent à certains petits oiseaux de proie , que leur avidité naturelle acharne tellement sur celle qu'ils poursuivent , qu'ils ne sentent pas que d'autres plus forte fondent sur eux pour les déchirer.

> On voit toutes les fautes que commirent les Romains en foulant maintenir la liberté , celles que commit Appius en foulant se rendre absolu.

» Une des fautes les plus énormes d'Appius fnt de changer trop promptement de manière et de caractère. On ne peut assez louer sa finesse à tromper le peuple eu prenant des manières toutes populaires , son adresse à trouver les moyens pour faire proroger les décemvirs, son audace en se nommant lui-même contre l'opinion de la noblesse, son attention de se donner des collègues dévoués à ses volontés. H mérita toute sorte de blâmes , lorsque» changeant tout d'un coup de caractère, il se montra l'ennemi du peuple, de son ami qu'il était; lorsque d'uflable et d'humain, il se rendit fier et cruel ; et cela si promptement, que sa fausseté dut frapper les moins attentifs sans lui laisser la moindre excuse. Pour devenir méchant après atoir paru bon, il est des gradations à observer ; il faut si bien ménager ce changement, l'accorder si bien aux circonstances, que les vieux amis qu'il vous fait perdre se trouvent remplacés d'avance par les nouveaux qu'il vous attire, de manière que votre pouvoir n'en soit nullement affaibli. Autrement, découvert et sans amis , vous êtes perdu sans ressource. » Macbiavel , IXèfl. sur Tite-Lite , liv.I, cb. xl et xli.

Cbap. LIV.— Prœslo erit pontifex maximus. Dans les temps réguliers la présidence des comices assembles pour Féleciion des tribuns du peuple appartenait à l'un des tribuns en fonction que le sort désignait ( voyez chap. lxiv). Mais comme, après l'abdication des décemvirs, il n'existait pas de tribuns, le grand pontife, qui, comme les tribuns, était nommé dans les comices par tribus . se trouvait être le seul magistrat en état de présider l'assemblée.

Chap. LV. — Tenerentur ne patres plebiscilis. On appelait plébiscites les lois que le peuple adoptait dans les comices par tribus, sur la proposition des tribuns.

Cbap. LVI. — Plebiscilis. « On n'avait point de droit è se disputer sous l< s décemvirs; mais , quand la liberté revint , on vit les jalousies renaître; tant qu'il resta quelques privilèges aux patriciens, les plébéiens les leur ôtèrent.

• Il y aurait eu peu de mal si les plébéiens s'étaient contentés de priver les patriciens de leurs prérogatives, et s'ils ne les avaient pas offensés dans leur qualité même de citojen. Lorsque le peuple était assemblé par curies et par centuries, il était composé de sénateurs, de patriciens et de plébéiens. Dans les disputes , les plébéiens gagnèrent ce point , que seuls, sans les patriciens et sans* le sénat , ils pourraient faire des lois qu'on appela plébiscites, et les comices où on les fit s'appelèrent comices par tribus. Aiusi il y eut des cas où les patriciens n'eurent point de part à la puissance législative, où ils furent soumis è la puissance législative d'un autre corps de l'état : ce fut le délire de la liberté. Le peuple, pour établir la démocratie, choqua les principes mêmes de la démocratie.» Montesq., Esprit des Lois» XI, 16.

Ibio. — Judicibus , decemtiris nomisset. Les mots judicibus et decemtiris ont embarrassé les interprètes et embarrassaient déjà les jurisconsultes au temps de Tite-

Live. Bauer croit que par le mot judicibus la loi Horatit désignait les édiles plébéiens, que Denys (THalicarnaaat

[VI, 90) appelle imjpi-nti rûv <hipMpx<*v xac ovvdftpvraf a*

Axaerrcfcç, et que par decemviri on indique d'une manière plus précise les tribuns du peuple. Mais ces deux me* j gistratures étant déjà nommées dans la loi , l'interpré» f talion de Bauer ne parait pas admissible, et il vaut mieux * croire avec quelques commentateurs qu'il s'agit ici P de quelques ofhViers de justice subalternes , puisque 4 les juges qui portèrent le nom de décemvirs ne furent ** institués que beaucoup plus tard. On a aussi pro- * posé de lire duwmriri, magistrature dont il a déjà été * question ( 1 , 26); mais les manuscrits portent tous decemviri. Dans celui que M. Lemaire a consulté, ce mot manquait dans le principe, mais il a été rétabli postérieurement.

Cbap. LVI. — Ad œdem Cereris, Liberi, Liberœque. Voyez Hartung, Heligion des Romains , t. II, p. 135.

Cbap. LVII. — Tabulis duodecim est nomen. « Je me trouve fort dans mes maximes lorsque j'ai pour moi les Romains ; et je crois que les peines tiennent à la nature du gouvernement, lorsque je vois ce grand peuple changer à cet égard de lois civiles à mesure qu'il changeait de lois politiques.

» Les lois royales, faites pour un penple composé de fugitifs, d'esclaves et de brigands, furent sévères. L'esprit de la république aurait demandé que les décemvirs n'eussent pas mis ces lois dans leurs Douze Tables ; mais de» gens qui aspiraient à la tyrannie n'avaient garde de suivre l'esprit de la république.

■Tite-Live <liv. I, chap. xixvm)dit, sur le supplice de Met i us Suffécius , dictateur d'Albe, qui fut condamné par Tullos Hostilius à être tiré par deux chariots , que ce fui le premier et le dernier supplice où l'on témoigna avoir perdu la mémoire de l'humanité. 11 se trompe , la loi du Douze Tables est pleine de dispositions très-cruelles.

» Celle qui découvre le m eux le dessein des décemvirs est la peioe capitale prononcée contre les auteurs des libelles et les poètes. Cela n'est guère du génie de la république , où le peuple aime à voir les grands humiliés ; mais des gens qui voulaient renverser la liberté craignaient les écrits qui pouvaient rappeler l'esprit de la liberté.

• Après l'expulsion des décemvirs , presque toutes les lois qui avaient fixé les peines furent ôtées. On ne les abrogea pas expressément ; mais la loi Porcia ayant défendu de mettre à mort un citoyen romain , elles n'eurent plus d'application.

» Voilà le temps auquel on peut rappeler ce que Tite- Live dit des Romains , que jamais peuple n'a plus aimé la modération des peines.

■ Que si l'on ajoute à la douceur des peines le droit qu'avait un accusé de se retirer avant le jugement , oo verra bien que les Romains avaient suivi cet esprit que j'ai dit être naturel à la république. » Montesquieu, Esprit des Lois, XI , 15.

Les Romains faisaient le plus grand cas de la loi des Douze Tables. Cicéron , au chap. xuv de Y Orateur, en fait un pompeux éloge et ne craint pas de les préférer» tant était grande la sagesse qui y réguait, à tout ce que les philosophes avaient écrit sur la même matière. Ce juge* ment si f.ivorable ne doit pas étonner si l'on réfléchit que ce code était l'abrégé ou l'extrait de tout ce qu'il y avait de meilleur dans les lois antérieures et dans la législation grecque. Aussi les jeunes patriciens qui étudiaient la jurisprudence étaient-ils obligés de l'apprendre par cœvr,

HISTOIRE ROMAINE. - NOTES

des ¥cn, sans changer ni transposer un seul utt itmmqmmm terme* necessarium, Cic, de Leq., II, S). Le temps ne nous en a malheureusement «raser? é •«quelques fragments, qui ont été l'objet Ce savantes racaerehes. Les éditions les plus estimées sont celles de Jseq. Godefroy, de Bouchaod , de Dirksen , qui présentai sous une classification différente. M. Micbelet , daus fcs notes du tome I de son Histoire romaine,* inséré les les plus importants recueillis par les différents et les a interprétés. On peut consulter aussi le que l'auteur de ce commentaire a consacré à cette ■apportante question dans son Précis d'Histoire romaine,

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