LIVRE LVUI
SOMMAIRE. —Malgré l'opposition du sénat et des chevaliers, Tib. Sempronius Gracchus. tribun du peuple, propose une loi agraire qui défend de posséder plus de cinq cents arpents des terres publiques. Il se porte à de tels excès, qu'il fait abroger par une loi le pouvoir de sou collègue , M. Octa>ius , qui soutenait le parti contraire, et se nomme lui, son frère Gracchus, et Ap. Claudius, son beau-père, triumvirs pour le partage des terres. Il promulgue une >utre loi agraire, dont les
dispositions sont encore pi. s larges, et qui permet aux mêmes triumvirs de décider si telle on telle terre est du domaine public ou du domaine prive. Puis comme il n'y avait pas assea de terres pour qu'on pût faire un partage qui satisfit même les plébéiens, dont la cupidité était excitée outre mesure, il annonce qu'il va promulguer une loi pour distribuer l'argent provenant du roi Attale a tons ceux qni, d'après la loi Sempronia, devaient recevoir des terres. Attale, Gis d'Eume ne, avait en effet institué le peuple romain son héritier. Ces scandales soulèvent l'indignation des sénateurs, et entre tous de T. Annius, homme consulaire, qni après avoir parlé contre Gracchus dans le sénat, entraîné par celui-ci devant le peuple et dénoncé aux plébéiens, monte à la tribune et l'accuse eiicoie. Gracchus voulait se faire nommer tribun du peuple une seconde fois, quand les patriciens excités par P. Cornélius Nasica, brisent les bancs, l'en frappent et le mettent à mort, au Capitole ; son corps, privé de sépulture et confondu parmi ceux des autres victimes de cette sédition* est jeté dans le fleuve.— Vient ensnite le récit des événements divers de la guerre des esclaves en Sicile.