‹ Commentaire sur Tite-Live: Complément de l'édition du Tite-Live de laChapitre 12 sur 158 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

Pour le huitième livre Tite-Live a eu sous les yeui plusieurs écrivains : c'est ce qui ressort du chapitre vi, où, parmi les narrations diverses ( Exanimatum , quoniam auctores non omîtes sunt ), il préfère celle qui présente le moins de merveilleux; du chapitre xi , où il suit, sans aucun doute, le récit le plus vraisemblable, ajoutant à la fin que quelques auteurs racontent le fait différemment; des chapitres xvm , xx , nui, xxvi , où il suit les plus dignes de foi , et enfin des ebap. xxx , xxxvu , xxxix , il, où il est bon de remarquer que la tradition qu'il rejette comme trop obscure est cependant confirmée par les fables Capitohns et par les fastes Triomphaux.

Chip. I. — C. Plautius secundum. C'est le C. Plautius dont le premier consulat est mentionné au chap. xxvu du livre précédent. Le consul C. Plautius, du chap. xn du même livre , apparteaait à une autre branebe de la gens Plautia, et se nommait C. Plautius Proculus; celui dout il est question ici, est C. Plautius Hypsœus.

Ibid. — Luœ ma tri. Parmi les divinités que l'on implorait dans les ancieunes prières publiques ( conprecationts), selon le rite romain, Aulu-Gelle (iïoet. AU., XII I , 22) mentionne Luam Saturni, d'après les livres des pontifes. Les Romains dérivaient ce nom de lucre, expier, ( Varro, de L. L. VIII, 56 ) ; ou même de Xûeiv, suivant un passage du grammairien Diomède, III, p. 484 : Dianam Aûyiv cognominacerunt, quasi solutricem malorum. Cette dernière étymologie où l'on reconnaît l'influence de la mythologie grecque, est par cela même plus que suspecte ; la première pourrait, à la rigueur, satisfaire , si le mot lues ne mettait pas sur la voie d'une opiuiou plus vraisemblable. La peste et d'autres maladies, provenant d'une atmosphère infectée, s'étaient souvent déclarées à la suite des grandes batailles : dans les quatre cent cinquante premières années qui suivirent la fondation de Rome, Tite-Live en mentionne plus de vingt. Ou conçoit dès lors que les anciens habitants de l'Italie, Latius, Étrusques ou Romains, aient été conduits à croire qu'une divinité était la came de ce fléau. Aruobe et saint Augustin offrent a cet égard de nombreuse s analogies , qui ne permette ut pas de douter que la mythologie italique n'ait créé de cette manière une partie de ses divinités. Tite-Live fait encore une fois mention de cette déesse , et c'est encore à l'occasion a'une graude défaite, essuyée par les ennemis de Rome, XLV, 33 : Cetera omuis generis arma, cumulata in ingentrm acervum, precutus Marte m. Miner cam, Luam que matrem, et ceteros deos, quibus spolia hostium dicarejus \asque est, ipse imptrator, face subdita, succendtt. Ce passage parait confirmer l'opinion que nous avons émise sur cette déesse. Le génitif Saturni qui suit le nom de Lua dans le passage d Aulu-Gelle que nous avons cité plus haut, a été interprété de plusieurs manières; les uns veulent qu'où l'ait regardé comme la fille* d'autres comme la femme de Saturne. M. Hartung {Rebg. dtr Rœm., t. Il, p. 130) adopte ce dernier sens qui n'est pas le plus vraisemblable.

Cbap. III. — Dodwell [de Cyclis, § 37, p.5!)0 , sqq.; 603) peuse que dans ce eba pitre et dans le xxiv Tite-Live suit surtout Fabius, et qu'il mêle maladroitement les années de Tère de celui-ci avec celles d'autres s ystème s chronologiques. Alexandre d'Épire, ayant commencé à régner , la troisième année de la cent huitième olympiade , a pu se trouver en Italie l'année qu'indique Tite-Live ; mais ce qui

s'y oppose c'est la durée du séjour qu'il y aurait tait, et en outre c'est que, suivant quelques auteurs , il ne partit pour l'Italie qu'après l'expédition d'Alexandre-le-Grand ( Libri chronici apud Gellium . 17, 21 ). L'ère de Fabius offre encore ici , avec l'ère vulgaire , une différence de cinq ou six ans; et pour rétablir la concordance il ne suffit pas d'omettre, comme le veulent quelques-uns, quatre années du règne des rois, ou de rejeter une année à diverses époques, comme le voudraient Dodwell, Petau, etc. Tite-Live n'a pas non plus emprunté ce récit à Fabius seul, puisqu'il dit dans ce chapitre que tous les auteurs s'accordent sur ce point. Mais l'erreur provient ou de ce que cette année il était question d'un autre- Aleiaudre, ou de ce que ce fut cette même année qu'Arcbidamus envoya des secours aux Tarenlins; ou peutêtre aussi a-t-elle été introduite dans les annales par uu faux calcul des olympiades.

Cbap. III. — Eo anno Alexandrum Epiri regem ta Italiam classem appulisse constat. 11 ne fallait pas l'érudition d'un Dodwell pour voir que la date donnée par Tite-Live ne s'accorde pas avec l'Histoire grecque. L'année 337, dans laquelle Tite-Live entre ici, est antérieure même à la mort de Philippe de Macédoine. On ne connaît aucune expédition faite par Alexandre en Italie a van t celle dont l'historien parle plus bas, chap. xvn, et qui eut lieu 1 au 329. Il se pourrait cependant que le roi d'Épire ait fait antérieurement une tentative, que les historiens grecs passèrent sous silence; mais quoi qu'il en soit, les notions fournies par l'histoire ne permettent pas de la placer avant la mort de Philippe, et Tite-Live s'est évidemment trompé. Si on ne peut en dire autant de l'assertion qui suit : Ea œtas rerum Magni Alexandri est, il faut au moins convenir qu'elle n'est pas rigoureusement exacte. Niebnhr a cherché les causes de ces erreurs , t. III , p. 1 86 et suivantes

Ibid. — Sorore hujus. Le roi d'Épire était le frère d'Ohmpias.

Cbap. IV. — Libertatis desiderium remordet animot. Expression poétique : voir Virgile, /£«., 1 , 261 ; VII, 402.

Ibid.— Plus ducentorum annorum morem solcertmus. L'orateur veut dire dès le temps de Servius TuUius ( 1 , 45) et de Tarquin le-Superbe (I, 50). Il y avait eu cependant des intermissions (VII, 12) : Magna vis militant ab iis ( Latinis ) ex fœdere vetusto, quod muliis iittirmiserant annis, accepta,

Cbap. V. — Audite, Jus Fasque. Je ne me rappelle pas avoir vu Jus ainsi personnifié. Il n'en est pas de même de Fas qui est invoqué au cbap. xxxn du liv. I. Ou connaît le vers d'Ausone :

Prima dcûm , Fas , Quae Themis e*t Graiis.

Cbap. VI. — Disciplina militaris adpriscos redigeretur mores. « Les Romains n'out rien eu dans leur gouvernement dont ils se soient tant vantés que de leur discipline militaire ; ils l'out toujours cousiderée comme le fondement de leur empire. La discipline militaire est la chose qui a paru la première dans leur état et la dernière qui s'y est perdue, tant elle était attachée à la constitution de leur république.» Bossu et, Discours sur THist. unie, III, part., ch. vi. — «Toutes les fois que les Romains se crurent en danger, ou qu'ils voulurent réparer quelque perte, ce fut une pratique constante chez eux d'affermir la discipline militaire. Ont-ils à faire la guerre aux Latins, peuples aussi aguerris qu'eux-mêmes, Mau'ius songe à augmenter la force du commandement , et fait mourir son

HISTOIRE ROMAINE. — NOTES

Bit qui avait Taiucu sans on Ire. Sont-ils battus à Nuniaace. Scipion Emilicn les prive d'abord de tout ce qui les avait amollis. Les légious romaines out-elles passé sous le joug en ISumidie, Métellus répare cette honte dès qu'il leur a fait reprendre les institutions anciennes. Marius, pour battre les Ombres et tes Teutons , commeuce par détourner les fleuves, et S) lia fait si bien travailler les soldats de son armée effrayée de la guerre contre Mitbridate, qu'ils lui demandent le combat comme la fin de leurs peines. > Montesquieu, Grand, et Décai. des Humains, cliap. II.

Chip. VII. — T. Manlius consulis fdius. Tite-Live raconte l'histoire du Gis de Manlius sans indiquer aucune tradition différente. Cependant , selon d'autres auteurs , il ne fut pas provoqué au combat daus une reconnaissance ; mais il quitta son poste pour combattre, et le Tait arriva dans la guerre contre les Gaulois (Denys, VIII, 79. Catou, daus Sallust. Catil. cb. lu; Elien, Hisl. An. XII , 53; Parallèles du faux Plutarque, t. VII, p. 228, éd. Reiake). Le plus grand nombre le fait p rir par la hache, quelques-uns, cependant, du supplice des baguettes , fusluarium , qui était la peine réservée à ceux qui abandonnaient leur poste (Tite-Live, V, 6; Polyb. \ I, 37; Cic. PhU. III, 6). Le dernier récit parait plus ancien, parce que les historiens , qui vinrent plus tard , cherchèrent, en diminuant la faute, a augmenter la pitié pour le fils et l'admiration pour le père; et peut-être Tite-Live lui-même, l'a-t-ileu en vue, quand il dit,liv. XXIV, cb. xxtvji : nece liberorum etiam suorum parentes eam legem (prœsidio ne décédèrent) sanxisse.

Mais la brillante narration, qu'on lit aujourd'hui dans Tite-Live, a probablement pris la place de ce récit que Tite-Live devait avoir suivi dans la première édition de ces dix premiers livres. C'est pour ce mo.if que Servius (ad AUneid. VI, 824 ) euteud ces mots de Virgile : Sœvum securi , non pas de la hache même , mais du droit de faire mourir par le supplice des baguettes , per fustuarium, Quaut à cette conjecture dune première édition des dix premiers livres , elle n'est pas hasardée. C'est ainsi que Denys d'Halyc. publia d'abord séparément les deux premiers livres de son histoire; puis les donna de nouveau en même temps que le reste , mais avec un autre préambule. Pline nous apprend (Hist. Nat. pnef.), et uous le voyons par les sommaires des différents livres de notre auteur, que les histoires de Tite-Live furent divisées en plusieurs parties et publiées à des époques différentes. C'est la première édition de la première décade que Servius a eue entre les mains. En effet , ce qu'il cite des dix premiers livres est presque toujours différent du texte que nous avons. Cf. ad ALneid. I, 242 et 559; VI, 8 et 814; IX, 745.

Nonius, au mot balteus, p. 194 (Mercer.), cite ce passage du livre IX de Tite-Live, auratœ vaginœ , aurata baliea Mis erant, qui appartenait à la description des armes d'or des Samnites, cb. il, et qu'on n'y retrouve plus aujourd'hui.

Ibio. — Lapsus per gradus. Ce sont probablement les cent marches I centum gradus), qui conduisaient du Velabrum sur la roche Tarpéienne. Telle est du moins l'opinion de Kiebuhr, t. III; p. 151, éd. allem.

Chip. VIII. — Scuta pro clypeis. Voyez la note sur le ebap. XLiudu liv. ï, p. 785, col. 2. Postquam stipendiant facti stint, • Depuis l'établissement d'une solde. ■ Voir IV, 59; V, 7. Beaucoup d'interprètes ont, à tort» rapporté le mot stipendiera aux Latins.

Chip. VIII. — Manipulatim , de telle sorte qu'il y avait des intervalles entre les manipules. L'ancien ordre de bataille n'en avait pas, mais était continu comme la j.ba lange des Macédoniens.

Ibid. — Ordo sexagenos... minimœ fiduciœ manum. C'est un des passages les plus controversés de Tite-Live, et peut-être faut- il attribuer à l'historien une partie des embarras qu'il a causés a ses interprètes. Cette description de la légion romaine , telle qu'elle était organisée à cette époque , ne parait guère être le produit d'une idée bien nette et bien arrêtée sur tous les détail», et je ne serais pas él .igné de souscrire au jugement naïf que Biaise de Vigenère émet sur notre hislorien : • En quelque sorte qu'on vueille ny puisse tourner ce lieu icy du latin, je ne pense pas pour cela que les lecteurs en puissent tirer beaucoup de cognoissance ny instruction Car en premier lieu (et cecy soit dit une fois pour toutes) on voit assez par tout le contexte de Tite-Live, que c'estoit à la vérité, un homme docte et de bonnes lettres, propre à tenir une chaire de Docteur régent dedans Home, en quoy il passa tout le cours de sa vie, mais de la guerre, je ne voy pas nulle part qu'il en ait eu gueres de cognoissance, fors que ce que la lecture et l'ouyr dire lui en ont peu imprimer en la fantaisie. De manière que ce qui est excellent en lui consiste es formules de l'antiquité; et sur tout en ces concons et harangues, qui sont moileuses et toutes entretissues de graves sentences et beaux traicts; si qu'elles se peuvent paragoner à tout ce que mesme la Grèce peut avoir produit en semblable : là où toutes les fois que le fil de l'histoire l'amène en quelque combat et faict d'armes , soit par la terre, soit par la mer, il ne me semble point, quant à moy (chacun neantmoins en juge A sa fantaisie) qu'il traicte cela es termes et en la manière qu'il faut : si que le traducteur, s'il est homme versé aux affaires, et qu'il »e vueille en sa conscience juger soy-méme de ce qu'il en sent en son esprit, se trouvera plus empesché qu'en nul autre entroict, si non de le redresser, à tout le moins de le soulager. •

Voici, selon moi, comment il faudrait entendre le texte , si l'on croit ne devoir 6e permettre aucun changement. D'abord il paraîtrait qu'on peut appliquer ici la remarque de Polybe (VI, 22), sur la légion romaine : Kat tô jaèv jxe'po; (xatarcv fcaXeaav xai ra^pta ( ordinem) xat aretpav ( manipulum \ xat ar^atav ( vexillum ) ; ce qui ne peut avoir, en grec, d'autre sens que celui-ci : • les mots ordo, manipulus , vexillum, sont synonymes dans l'usage. • Si l'on n'admet pas cette synonymie, attestée d'ailleurs par un écrivain digne de foi , on ne pourra se tirer de la description suivante. 11 faut cependant reconnaître que les mots qui précèdent (quod antea phalanges similes Macedonicis . hoc postea manipulatim structa acies cœpit esse : postremo in plures ordines instrueban tur), pourraient porter à croire que Tite-Live a voulu indiquer une différence; mais il parait avoir eu seulement l'intention de dire que quand on eut renoncé à l'ancien ordre de bataille, semblable à la phalange, on divisa les légions en manipules, et plus tard on multiplia encore les divisions. L'ordo avait, dit-il ensuite, soixante-trois hommes; mais plus bas, il est question d'ordines bien plus forts : donc il faut restreindre cette première définition aux hastati et aux prin cipes, dont nous avons parlé, ainsi que des triarii, au chap. xxi ii du livre précédent. — Le mot gœsum est expliqué par Nonius (p. 555, 10) : Ulum GaUiarum tenerum.

Le dernier mot est omis à tort dans quelques manuscrits ; car, partout où le mot se trouve, il est fait mention de deui gœsa que le soldat portait a la fois. Vairon , dans le troisième livre de Vita populi Rom. , cité par Nouius : Qui gladils cincti sine scuto cum amis gœsis essent. Et de même dans notre passage, qui halam tantum casaque gérèrent. Le traducteur a donc eu tort de rendre le mot gœsa par le singulier.

Les hastati formaient quinze manipules , qui , d'après le chiffre indiqué par Tite-Live, composaient un total de neuf cent quarante-cinq hommes. 11 en était de même des principes. Après ces deux bataillons , nommés antepilani, parce qu'ils précédaient les pilant, ou les triaires qui portaient le pilum, venaient quinze antres ordines, rangés, dit Tite-Live, sub signis : passage que le traducteur a mal compris, puisque les mots sub signis appartiennent au i triarii , et non pas aux antepilanu Du reste, ces mots pré»eutent quelque difficulté : car les hastali et les principes avaient aussi des étendards. Mais la difficulté disparait si l'on sauit bien la di férence qui existe entre signum et vnillum. Signa est pris ici pour le drapeau de toute la légion : et celte explication est confirmée par ce qui suit, triarii soa vkxillis considebant.

Les rorarii étaient des corps légers qui commençaient ordinairement le combat, comme la rosée précède la pluie ( quod ante rorat qjuam pluit, dit Varron ) : car les grammairiens s'accordent à faire dériver ce mot du verbe rorare. Le vieux poète Lucilius leur donne plus d'une fois l'épi thète velox.

Les arc en si remplaçaient, selon F estas, les soldats morts {et ad cinsuh legionum adjiciebantur), et ne combattaient qu'avec des projectiles (missilia). Mais comment 6e fait-il que les rorarii, troupe légère, et les accensi qui ne pouvaient avoir de place fixe, se trouvassent réunis aux triarii , près de l'étendard de la légion? Il est vraisemblable que tel était leur poste au moment où l'on rangeait l'armée en bataille ; que les rorarii , après avoir escarmouche romme nos tirailleurs, se repliaient sur la réserve et venaient s'y reformer; tandis que de là aussi des détachements tfaccensi se dirigeaient sur tous les points où la mort avait fait des vides. Les triarii se trouvaient donc triplés par l'accession des rorarii et des accensi : et c'est pour ce motif que les manipules ne se composaient pas de soixante-trois hommes, comme ceux des hastati et des principes, mais bien de cent quatre-vingtsix hommes : ce qui donne , pour ce troisième corps , une somme de deux mille sept cent quatre-vingt-dix soldats qui, avec les deux bataillons de neuf cent quarantecinq chacun, dont nous avons parlé plus haut, portait Pcfectif de la légion à quatre raille six cents quatre-vingts, somme qui ne s'éloigne pas beaucoup du nombre de cinq initie, que Tite-Live assigne plus bas à ce corps. Et si l'on admet, ce qui est très-vraisembable , que les viugt hommes de troupe légère, qui se trouvaient réunis a chaque manipule des hastati , n'étaient pas compris dans le nombre de soixante-trois , on aurait trois cents hommes de plus à ajouter aux quatre mille six cent quatrevingts, et par conséquent cette somme serait portée à quatre mille neuf cent quatre-vingt qui atteindraient facilement le nombre de cinq mille, et même le dépasseraient un peu si l'on y réunissait les tubicines, les cornicines, les [abri et les calones. Voyez du reste la note suivante.

Tout en promettant d'expliquer le passage , sans y faire aucun changement, je n'ai pas prétendu y comprendre les mots earum unamquamque primiim pilum rocabunt, qui ne peuvent nous donner qu'un sens absurde. U faut

absolument lire, avec Grooove, earum pbiham quamqiu primtim pilum. leçon que M. Lemaire a reçu dans son texte, ou, earum unamquamque primamprimum pilum vocabant. Voy. Nest. Rœm., Alterth, p. 126-142.

Niebuhr, t. III, p. 112-120, trouve dans ce chapitre des bévues immenses. Dans ce que Tite-Live dit sur les triarii il prend tout à la lettre , quinze ordines , chaque ordo de trois primipili ; chaque primtts pilus, de trois vexilla; chaque vexillum , de cent quatre-vingt hommes ( les six aulres étant des centurions ) : ce qui ferait vingtquatre mille trois cents soldats pour les triarii ; tandis qu'au dire de Tite-Live, toute la légion n'était que de cinq mille. C'est évidemment vouloir tout embrouiller pour être en droit de tout nier.

Chip. VII I.— Scribebantur autem quatuor frre legiones quinis millions peditum. Trois interprètes s'accordent ici pour transposer la particule fere : quatuor legiones (ère quinis ou quiuis fere millibus peditum, parce que durant longtemps il fut de règle de ne lever que quatre légions. Ce changement, fait daus une toute autre intention que celle qui me porterait à l'admettre, vient à l'appui du calcul que j'ai établi dans la note précédente.

loin. — Veserim. C'était un fort on une petite ville de la Campanie , comme le prouve Cluvier, l taiia antiqua* p. 1187.

Chap. IX. — A familiari parte, de la partie du foie dont les signes se rapportaient è lui et aux siens, opposée à la pars hostilis (Lucain, I, 619); les deux parties étaient séparées par une ligue imaginaire appelée fissum ; mais on nommait aussi, par extension, fissa, les deax parties produites par le fissum.

Ibid.— Jane , Jupiter, etc., Macrobe, Saturnal.. III. 9, nous a conservé en entier une autre formule religieuse 9 évidemment plusrécente que celle que Tite-Live a trouvée dans les annalistes. Sur les divi Norensiles , qu'on appelle aussi [S or en s ides ( Varron, L. L. V, 74 ), nous n'a vons d'autres renseignements que ceux qui nous sont fournis par Arnobe ,111, 122. On y voit que les uns faisaient dériver la première partie de ce mol, de norem, les aulres de novus. Quanta la seconde, M. Hartung ( Relig. der Rœm., p. 94 ) y retrouve le même radical que dans sedere, par suite d'une permutation dont on retrouve des exemples dans les anciennes formes : Ainqua pour lingua, dacrimœ pour lacrimœ , Capitodium pour Capitolium, odor et olere, meditari et pL&Xttàv, etc. ( Voyez Festus, p. 228, Egger . Ce même savant voit dans ces divinités des dieux nouvellement établis, noveinsides, par opposition aux indigetes , opinion qui était celle des anciens annalistes et de Cincius Alimenlus. Niebuhr compare aux dieux Novensiles les neuf dieux fulmioateurs des Étrusques , sur lesquels on peut voir K. 0. Muller ( die Etrusker, t. H, p. 84 et 163). Les dii indigetes sont tout simplement les dii patrii, quoique presque tous les grammairien? s'efforcent de n'y trouver que des hommes divinisés, in diis agenies. Voyez p. 774, col. 2.

Ibid. — Se in mtdios immisit. On verra peut-être avec plaisir comment Ennius racontait cette histoire dans des vers qui ont échappé à la perte de ses Annales ( tib. V, 5-1 4, ( édition de Merula et Spangenb. ) :

• Divi , hoc andite paramper.

• L't pro romano populo progitaviter armis

• CerUndo, prudens aniniam de corpore mitto. s Se tum , sicut equus, qui de praesepibus aclus Vincla suis magnis auimis abrumpet, et indu

HISTOIRE ROMAINE. - NOTES

S£fc>

Fert sese campis per cerula totaque prata , Celso pectore . «aepe jubatn qua»sat simul altam , Sj.iritus ex anima calida s'pumas agit albas; lnjicit initatu* . tenet occasu' , Juvat res.

Et cet autre yers que l'on présume être tiré de l'exhorta-

tioo de Fabius a ses soldats :

Dis,>erge bostts, distrabe, diduc, divide, differ.

et enfin ce yers qui se rapportait a la défaite des Latins : Cogebant hoste s lacrimantes ut miserercnt.

Cbap. X. — Consurgite nunc. Voyez dans le Cii ( acte iv, ac. 5 ), un mouvement semblable.

Iaio — Suovelaurilibus. C'était un sacrifice où l'on immolait un porc, une brebis et un taureau an dieu Mars. Cf. le cbap. xliv du livre premier, et voyez Musée cies Antiques, n. 138, de Yiscomi, 176 de M. de Clarac, un bas-relief représentant cette cérémonie. Tout ce passage , à partir de lierre ronsuli dïctatorique, est de la plus haute importance. C'est un document d'autaut plus précieux qu'il ne se trouve point ailleurs et nous fait connaître le plus curieux des rites guerriers en usage chez les Romains. Le style même de ce passage prouve qu'il est fidèlement extrait des anciens liitncls dout nous avons parlé plus haut, page 762. Tite-Live lui-même , en convient au commencement du chap. suivant, haud ab re dtut, verbis quoque ipsis, ut tradita nuncupataque sunt, referre. Quant au regret qu'il éprouve de voir négliger les antiques usages de la patrie [prisca ac patria ), on peut voir aussi ce que dit Cicéroo sur le mérite de Varron, Académie, poster., I, 5.

Cbap. XI. — Venia urbs, « C'est probablement , dit !Niebuhr(t. III, p. 158), l'endroit qui s'appelle aujourd'hui S. Agata di Goti, où l'on trouve beaucoup d'antiquités prouvant qu'une ville a dû exister dans cet endroit. Les montagnes voisines de cette portion, et que l'on a à sa droite en allante Capoue, sont indubitablement les montes IVsrini. •

Ibid. — Post diem decimum Latinamm, est traduit à dessein six jours après les fériés latines. Elles duraient quatre jours; ainsi, dix jours après les feries latines, comme traduit M. Corpet, en critiquant Dureau-Delamalle, donnerait une idée tout à lait fausse.

ibid.— Denarios nummos quadringenos quinquagenos. Le denier d'argent, connue le remarque Kolliu, n'existait pas encore , puisqu'on ne commença à frapper ce genre de monnaie à Rome que l'an 269 avmt J.-C. M. Letronne peuse qu'il s'agit vraisemblablement ici de la drachme grecque , en usage dans les villes de la grande Grèce. Voyez, sur la valeur de cette drachme, M. Saigey, Traité de Métrologie, p. 42.

Cbap. XII. — Campis Fenectanis. Ces plaines ne se trouvent mentionnées nulle part. Cluvier {Ital. Antiq., p. 965 , corrige Pédants ; Doujat, Ft rentinis : de Pedanura et de Fereminum , tous deux dans le Latium. Plusieurs manuscrits donnent Ferentanis. La conjecture de Cluvier parait plutôt contredite que confirmée par ce qui suit.

Ibid. — Lanuvio. D'après les tables triomphales il faudrait lire ici Lavinio, et dans le chapitre suivant, Lariniosque, au lieu de Lanuviosque. Les manuscrits offrent lea mêmes variantes. \ oici le texte des tables triomphales : C MAENIVS. P. F. P. N. COS. DE ANTIATIBVS. AN. CDXV.

LAVIKEIS. VELITERNEIS. PRID1E E. OCT.

Crei ier suit cet deux leçons.

Cbap. XII. — Très legcs tulit, etc. Voyez ISicbubr, t. III, p. 167-175.

Cbap. XIII. — Ad Asturœ flumen. Festus, p. 198, éd. Egger. : Stura flumen in agro Laurenti est, quod quidam Asturam rocant. Cluvier, Ital. Aut., p. 901.

Cbap. XIV. — Civitas data sacraque sua reddtta. Cette assertion pourrait surprendre , parce qu'on ne lit nulle part que les Romains fussent dans l'usage d'enlever aux peuples vaincus leurs rites religieux ; mais en évocant les dieux, peut-être les Romains pensaient-ils rendre nulles les cérémonies religieuses des ennemis. Toutefois, il est plus naturel d'eulendre ici, par sacra, les lieux sacres, au» quels se rattachaient les cérémonies et les fêtes. C'est ce qui parait prouvé par ce qui suit.

Ibid. — Sospita Juno. Ce fut sans doute plus tard que l'on construisit à Rome uu temple en l'honneur de cette déesse, à côté du temple de Cvbele. Cicéron raconte qu'il fut réparé de son temps.

Ibid. — Lo maints municipibus. Aux habitants de Lanuvium devenus citoyens romains. • Municipes, dit

• Aulu-Gelle (XVI, 13), sunt cives Romani ex muoici- *

• piissnojure et legibus suis uteutes, muncris tantum

• cum populo romauo honomrii participes, a quo mtii nere capessendo appellali vident ur, ou'.lis aliis necessi-

• tatibus, neque ulla populi romani lege adstricti. ■ Les privilèges de ces rauoicipes n'étaient pas égaux ; les uus joignaient au droit de eité celui de sulfrage, les autres avaient le premier sans le second, comme, par exemple, les habitants de Céré. Voyez Adam, 1. 1, p. 70, et Creuzer, S 208, p. 515.

Clarigatio. Ce mot est rangé, par Quiutilien (Vll,3), parmi les rores obscuriores et ignotiores. Le verbe clarigare est expliqué par Pline (XXII, L', 3), res raptas clare repeter e, déûnitiou conforme a l'usage que Tite- Live a décrit au chap. xixii du livre I. Motre passage peut doue très-conveuablemeut être paraphrasé delà manière suivante : et ab eo, qui cis 1 xbtrim deprehensus esset, repetitio pecuniœ tanquam raplœ usque ad mille pondo esset. Il était regardé tout de suite comme le débiteur d'une telle somme, ex rapto. Plusieurs interprètes ont voulu trouver ici le sens de pignus , mais c'est une supposition gratuite.

Ibid. — Campanis equitum honoris causa... civilns sine suffragio data. Nous avons vu plus haut, au th. xi, que le droit de cité avait été accorde aux cavaliers campaniens. Ce privilège est , à leur considération , étendu à la nation entière. Un vers d'Euuius rappelle ce fait : Civeis romani tune facti sunt Campani.

Ibid. — Interdictumque mari Antiati populo est ( à cause de leurs pirateries ) et ciritas data. Heyne ( Opusc, t. III, p. 89 ) a trouvé ici une difficulté qui u'en est pas une. • Si coloni ascripti, quomodo ripifa* data? • Les Romains, pour être suri de la mer, envoyaient a Antium une colonie, à laquelle pouvaient se réunir ceux des Autiates qui le jugeaient convenable. Aux autres, populo Antiati, on laissait le territoire qui n'était pas occupé par la colonie , et on leur accordait en outre le droit de cité. Ce n'était pas les traiter en ennemis, comme le pense Ile) ne {si tam gravis muleta imposila. unde ctrttalis beneficium? ); seulemeut les Bomaius mettaient leur colonie à l'abri d'une attaque du côté de la mer.

Ibid. — Templum. On sait que ce mot désignait tout lieu consacré par les augures. XXIII, 10 : Egressus

curia in templo magistratiis consedil. Voyez la note sur le chap. vi du livre I, page 776.

Chap. XIV.— Naves Anliatum, etc. Cf. XXXVI, 3. « Si on déclamateur, qui ne se complaît qu'à rapetisser ce qui est ancien à des proportions enfantines (Florus, I, i I ), a réduit à six vaisseaux la force de la flotte d'Antiura, c'est apparemment parce qu'il y en avait tout autant de murés dans les» rostres à liome. J'ai retrouvé les rostra nora dans les longues fondations , qui vont en forme d'angle rejoindre les trois colonnes qui appelées successivement de divers noms, et le plus lougttmps colonnes de Jupiter Stator, faisaient dans la réalité partie de la curia Julia. D'après les rostra nova on peut aisément juger qu'elle était la forme des anciennes rostres. C'était un suggestum long de plusieurs pas, mais fort peu large, avec un escalier aux deux extrémités : l'orateur allait et venait sur un grand espace. Il y avait assez de place pour mettre les statues qui obtenaient cet honneur.

• Les anciennes rostres étaient entre le comitium et le forum, de façon que l'orateur pût se tourner d'un côté et de l'autre. Les nouvelles rostres étaient construites en briques et eu tuiles et ciment, bien entendu que le tout était revêtu de marbre. Lesauciennes, sans doute, étaient entièrement construites de péperin. C'était sur l'une et l'autre place comme une muraille d'environ dii pieds de haut; on y incrustait les rostres des vaisseaux. — Du reste les Grecs mutilaient aussi les vaisseaux conquis pour en faire des trophées de leurs victoires. Cela s'appelait àxpcû-ropiâÇsiv.» Niebuhr,t. III, p.fb7; t. V,p. 198 de la tr. fr. — Voyez sur les rostres , Pline, XVI, 5 ; XXXIV, 5 ou I i ; Nouius, 1, 53 ; Florus loc. cit.; Varron, L. L. V, 153, p. 45» éd. Egger.

Chap. XV. — Suspecta propter mundiorem cultum. Ainsi qu'on l'a remarqué , c'était toujours la coquetterie qui perdait les vestales. Ainsi au livre IV, cb. iliv, nous avons vu la vestale Postuniia accusée d'inceste, reconnue innocente, mais ab suspicione propter cultum amœniorem ingeniumque liberius quam virginem decet, parum abhorrens. Il en est de même d'une autre vestale plus célèbre dont parle Ovide ( Fastes IV, 505) : Claudia Qulnta genus Clauso referebat ab alto ;

Nec faciès impar nubilitale fuit.

Canta qu dem , sed nun et crédita : rutnor iniquus

Lissera t , et Calai cnuiinis acta rea est.

CultiM et omatis varie protlUse capillis Obfuit ad rigidos protupUque liugua seiies.

Ibid. — Familiamque in potestate habere. On lui défendit d'affranchir aucun de ces esclaves, afin qu'on put les mettre à la question, ce que l'affranchissement aurait rendu impossible.

Ibid. — Dextra via strala. Ces mots peuvent s'expliquer de deux manières différentes et également fondées sur l'usage de la langue. 1* « De manière que le cbeuiiu pavé fût à droite », c'est-à-dire a gauche du chemin, 2° . A droite du cheuiiu pavé. » La conjecture de Jacques Gronove, dextra via Salaria , a été justement réfutée par Fabretti ( Apolog. p. 43 et suiv.). Le campus sceleratus au témoignage de Denys d'Halicarnasse ( II, p. «27), de Plutarque (Nunia , eu. a ) et de Servius (ad /En, Xi! 216) était dans l'euceinte de la ville, taudis que la no Salaria (voy. Festus au mot Salariam), commençant à la porte Colline, se trouvait hors de Rome.

Cmp. XVI.— Cales urbem, en Campanie ; aujourd'hui Calvi.

Caip. XVII. — Bellum *Alexandri Epirensis. Cette guerre et ses suites ont été habilement traitées par Niebuhr, t. III , p. 181 et suiv., t. V, p. 215 et suiv., de la tr. fr. Nous y renvoyons nos lecteurs.

Chap. XVIII. — iïeque de veneficiis ante eam diem Bomœ quœsitum est. L'auteur du sommaire de ce livre va plus loin que Tite-Livc; il prétend que de cette époque date la loi sur les empoisonnements, Lex de venefir cio tune primum constituta est, Manucc ( de Le g. rom. ch. xxvu ) et Torrentius ( sur Suet. AVr., cb. xxim ) ont réuni ces deux textes et font dater de cette année ( l'an 422 de Rome) la première poursuite et la première loi contre l'empoisonnement. Primum de veneficiis quœsitum legemque constitutam esse. Us ont d'ailleurs pour eux le témoignage de Valère Maxime. On lit en effet dans cet auteur ( II, v, 5 ) : • VeneQcii quaeslio, et mori- • bus romanis ignota complurium matronarum patei facto sceîere orta est. » Duker ne partage pas cette opinion. Il pense, avec raison, d'après Festus (au mot Privilegium, passage, il est vrai, fort mutilé), d'après Gains ( in 1. 236 D. ) et les autres interprètes du droit romain, que les lois des Douze-Tables devaient avoir prévu le crime d'empoisonnement, puisqu'il y est question de ceux qui tuaient ferro, aliave vi aut fraude et que d'ailleurs à cette époque on connaissait les sortilèges, les incantations, etc.

Ibio. — Prodigii ea res loco habita. Voltaire ( Dictionn. pbilos., au mot Empoisonnement ) a longuement discuté l'authenticité de ce fait, et se fait le défenseur de la vertu des dames romaines.

Ibid. — In secessionibus quondam plebis clavum a dictature fixum. Crévier observe avec raison que dans les trois retraites du peuple, qui ont été racontées plus haut, il n'est fait aucune mention de cet te cérémonie. Voyez, relativement à l'usage d'enfoncer un clou , la note sur le chap. m du livre VII.

Cbap. XIX. — Creati consules. On voit par les fragments des Fastes capitolins qu'entre les anuées de Rome 418 et 424, Tite-Live a oublié de rapporter les noms de deux consuls, noms qui ont été conservés par Solia ( Polyh , chap. xxxn ); c'étaient L, Papirius ( Cnrsor ). et C, Patelius ( Libo Vi olus II ). Pigbius et les éditeurs des Fastes capitolins les insèrent avant les consuls nommés au cbap. xvii. Dodwell croit qu'il vaut mieux les placer ici , avant L. Papirius Crassus.

Ibid.— Fabraterni, Ce peuple, dit Pline (H. N. III, 5). habitait dans le voisioage de Falerne, in agro Falerno.

Ibid. — Lucani, Ce mot ne dépend pas de ex Volscis, comme le traducteur parait l'avoir cru. — Les Romains leur accordèrent plus tard ce qu'ils demandaient : voyes chap. xxv.

Ibid. — Vitruvius Vaccus. — t D se nommait plutôt Facrius. Vitruvius parait être un prénom osque. » Kiebuhr, t. III, p. 200; t. V, p. 257.

Ibid. •— Vacri prata. — Cicero pro domo, c. 58 : In Vacci pralis domus fuit AL Vacci, qua publicata est et eversa.

Ibid.— Claudius, C'est l'annaliste C. Claudius Quadrigarius. Voir l'introduction, p. 770, col 1.

Ibid. — Trecentos quinquaginta ex coiyuralionis. Lisez ex conjuratis.

Cbap.XX.— rwi-ere*.... in dreo. Varron de L. L. L V .

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