‹ Commentaire sur Tite-Live: Complément de l'édition du Tite-Live de laChapitre 31 sur 158 · LIVRE XXIV · texte numérisé non relu

LIVRE XXIV

au début de ce livre Tite Live a fait usage d'annales plus développées , d'après lesquelles il a rapporté les faits qu'il avait déjà indiqués précédemment à leur place. Ensuite il raconte les événements de Sicile , en ce qui concerne Uieronyme; événements sur lesquels il parait que Polybe s'était fort étendu. 11 reprend aussi , d'après les historiens latins, les événements de Rome (ch. vu, et suiv. ) ; les comices tenus par Q. Fabius , et sa harangue aux centuries. Au chnp. vi et suiv., les événements de Sicile , tels qu'il sont racontés , paraissent tirés du VII e livre de Polybe(ch. u et suiv. ), dont le récit est plus détaillé et plus exact. Tite- Live a passé sous silence, au sujet de l'ambassade, plusieurs (ails qui étaient défavorables aux Romains. Ch. vu, là encore le récit de Polybe est beaucoup plus détaillé que celui de Tite-Live , qui suit toujours l'historien grec , mais en omettant la description géographique de Léontium et les traditions fabuleuses rapportées dans les annales , et dont Polybeavait fait mention. Il a omis encore plusieurs faits relatifs à l'expédition de Philippe en Grèce (cf. Polybe, VII, 9 et suiv.), aux Achéens, et au roi Antiochiis. Dans la description du siège de Syracuse (ch. xxxiv et suiv.) il a fait aussi usage de Polybe , mais en intercallant dans

son récit plusieurs faits tirés d'autres auteurs ( cf. Polybe, VII, 6 et suiv. ) Il en a omis d'autres, par exemple la description de la machine de guerre appelée sambuca, de la main de fer, le mot plaisant de Marcellos. Matthia?. dans ses Anmerkungen zu der Lir.-Polyb. Beschr. der Belagerung. v. Syracus, p. 21 , a comparé avec soin le récit de Tite-Live avec celui de Polybe , et a montré sur plusieurs points l'inexactitude de Tite - Live. Le chap. xl, sur Philippe, est tiré de Polybe (cf. VU, 10), mais Tite-Live a omis ce que l'auteur grec rapporte deMessène.— Ch. xliii. On raconte, dit-il, que les jeux scéniques furent célébrés, pour la première fois, cette année-là. Cette tradition était sans doute consignée dans les annales latines. Il omet ensuite tout ce que Polybe (VII. 14-25 ) nons apprend de Philippe et d'Antiochus. Au chap. xlix, Syphax se réfugie, après la bataille, chez les Maurusiens, qui occupent V extrémité du continent visà-vis Cadix, sur les bords de l'Océan (extremi prope Oceanum adversus Godes colunt). Nauta, sur les fragments de Cœlius , p. 38, remarque que ces paroles sont presque identiques avec celles de Cœlius citées par Servi us ( ad <£n. t IV, 206 ) : Maurusii qui juxta Oceanum cotant, eten conclut que Tite-Live a tiré ce détail de Cœlius.

Coip. I. — Grœcas urbes tentavit. Ceci ne s'accorde pas avec ce que dit Polybe, III, 1 18, qu'après la bataille de Cannes presque toute la grande Grèce embratsa le parti d'Annibal; Tite-Live (XXII, 61 ) mentionne parmi les peuples qui se séparèrent des Romains, omnis ferme ora Grœcorum,

Ibid. — Intérim Locrenses, etc. Tite-Live raconte ici le siège de Locres , qui pourtant s'était rendue aux Carthaginois et aux Bruttiens ( voyes cb. xxx, du livre pré cèdent). Sigonius défend Tite-Live en disant qu'il revient sur des faits accomplis, et rapporte en détail ce qu'il n'avait qu'indiqué sommairement. Mais ceci n'est pas sans difûculté : car, plus loin , dans le même livre (XXIII, 41 ), nous voyons Bomilcar arriver à Locres, avec un renfort de troupes, d'éléphants, de vivres; et les Locriens fermer leurs portes à Appius Claudius Pulcher, qui arrivait de Sicile pour détruire la flotte de Bomilcar. Or il est certain que cela se passait avant l'expédition d'Annibal sur Nola. Et, comme ultérieurement nous voyons Locres encore occupée par une garnison romaine, il faudrait expliquer comment les Locriens ont pu fermer leurs portes à A pp. Claudius.

Cbip. III. — Templum Laciniœ Junonis. Ce temple était sur le promontoire de Laciniura, appelé aujourd'hui Capo dette colonne , sans doute à cause des colonnes qui subsistent encore. Il était recouvert en marbre. Voyes XXVIII, 46; XLïï, 3; Val.-Max., I, i, 20; Lactance, Inst., IL 7, 15; Strabon, VI, 1, H et 12, p. 261-265; les interprètes de Virgile, ad JCn., III, 552; Ovide, Afel., XV, 12 et suiv.; Cicér., de Dit., I, 24 et de Inv., Il, I. 2 (où il raconte qne Zeuxls avait été appelé pour orner ce temple de peintures) ; Justin, XX, 4, Athén., XII, 58. Cf. Heyne, Opuc. acad., t. II, p. 174-186; Jacobs, sur YAnthol. gr. t. 1, p. 1, p. 415, et surtout le Voyage dans la grande Grèce de Riedesel, qui décrit les ruines du temple (t. Il, p. 191 et suiv. ).

CiiF. IV. — Quinquaginta annos absecultam. Hiéron était entré dans l'alliance des Romains la deuxième année de la première guerre punique, sous le consulat de M.

I Valérius Maxiraus et de M- Oiacilius Crassos, l'an de

1 Rome 488.

HISTOIRE ROMAINE. - NOTES

Ciup. V. — Hieronqmns velutsuis vitiis. Selon Polybe, VII, 7» les vices d'Hiéronyme oot été exagérés par les historiens.

Ibid. — Nec vestis habitu, nec alio ullo insigni. Spanhnm {de prœst. et usu numism. Dissert., VIII, g 12) confiât de ce passage que les monnaies d'Hiéron et de Gélon , dont l'effigie porte un diadème , sont postérieures n ces princes, et n'ont été frappées qu'après leur mort pour honorer leur mémoire.

Ibid. — Tkraso quidam. C'est ceTbrason, flatteur d'Hiéronyme, selon le témoignage d'Athénée, et qu'un autre flatteur, nommé Osis, aurait fait périr, selon le même auteur ( VI, 59, p. 252) : )wXox* -ytvioôai epâ- 9fi>va tôv Kapxapcv ÊmxaXoujJievov. Et il ajoute : Tgûtov à 1 incimov* àvoiptOrivat u-nro toû îepcûvujAGU fripe; xoXaÇ Aot; ovop.a. Il faut probablement, comme l'a vu Gronove, lire 2û>at;, qui serait alors le même Sosis que Tilc-Live nomme ensuite parmi les conjurés qui tuèrent le tyran. Voy. en. ni v un, xxv.

Ibid. V.— Avertit ab consens in insontes indicium, etc. Cette phrase offre des difficultés. Une ancienne édition iortc, à la suite â'ab latere, ces mo's inde eos nominat. M. Lemaire adopte ce texte et lit ainsi : .... Avertit ab

conscv s in insontes indicium. Taras- nem ausuros.

ab latere inde eos nominat tyranni, quorum, etc. Cette leçon est nette et le sens, qui en résulte . fort clair Gronove rejette ces mots inde eos nominat, parce qu'ils manquent dans les meilleurs manuscrits, et il lit : Arerlit ab

consciis in insontes indicium { Thrasonrm ausuros)

ah latere tyrannis, quorum, etc. Faisant rapporter ainsi ab latere tyranni à ce qui précède la parenthèse, au mot insontes. A la rigueur cette leçon est intelligible, mais difficilement acceptable pour la latinité. Je trouve une troisième leçon dans cette édition et dans celle de la collection Panckoucke. Suivant cette leçon , ab latere n'est nullement séparé à' ausuros, et s'y rapporte immédiatement, ce qui fait dire à la traduction, les intimes du tyran n'auraient jamais osé. Mais il est évident que ab latere rentre dans le récit général, et ne peut appartenir, en aucune façon , à la phrase indirecte qui dépend de mentitus: encore bien moins les mots qui suivent, quorum capita. Et , ce qui le prouve, c'est que le traducteur n'a pu les rendre intelligibles qu'en traduisant les mots inde eos nominat. que cette leçon n'admet pas : et il nomma parmi les ptus indignes.

Dans l'édition Panckoucke le traducteur, s'apercevant Je la difficulté qu'il y a à rapporter ab latere à ausuros , a laissé la son texte, et traduit exactement celui de l'éd. Lemaire. C'est en effet à ce dernier qu'il faut s'en tenir. Drackenborch qui reconnaît, avec Crévier, combien la physionomie de la leçon de Gronove est peu latine , ne la conserve que faute d'une meilleure, et par cette seule raison que l'autre n'est pas autorisée par les manuscrits. Mais M. Lemaire remarque que l'ancienne édition , d'où elle est tirée, a fort bien pu la prendre dans des manucrits perdus. Eu outre ces mots, inde eos nominat, sont appelés très- naturellement, par ceux qui suivent , quorum capita occurrere « et il nomma eusuite ceux qui lui venaient à l'esprit. » Et, comme nous l'avons fait remarquer, il est presque impossible de rendre ces derniers mots sans y ajouter cette idée.

Je m'aperçois encore que, dans nn autre endroit, le traducteur n'a pas bien saisi cette phrase. Il dit : et il nomma parmi les plus indignes ceux qui en outre se pré' sentaient, etc., tandisque le texte dit simplement : parmi

Us intimes du tyran, il nomma les phts vils qui se présentèrent à son esprit.

Quand au sens du mot ab latere, voyez Q. Curée ( III, 5 ) : « Inexperta remédia haud injuria îpsis esse « suspecta , quum ad pernicicm cjus etiam a latere iprios c pecunia sollicitaret hostis. • Il est expliqué spécialement ici par ce passage de Valère-Maiime ( III, 5 , se rapportant au même événement et au même homme et où il a peut-être eu en vue la phrase de Tite-Live : • Sa- « tellitem ( Thrasonem ). in quo totius domination»

• summa, quasi quodam cardine, versabatur, falsa cri-

• minatione inquinando, fidura lateri ejus custodem eri- « piunt. »

Cnip. VI. — Legatique ad Annibalem musi. Ces députés étaient Polyclite de Cyrène et Pbilodème d'Argos; Polybe ( VU, 2 ) : noXûxXtiToç 6 Kupwaîoç xaù OXôZnpc; 6 Apyeîoç. Tite-Live les nomme plus tard (XXV, 25 et 28 ) Polyclitus Cyrenens s et Philodemus Argivus.

Idio. — Ac remissi ab eo, etc. Polybe ( ibid. ) : kiciittiityi toùç TrpiaCsiçlAnnibal), <niv £î tcutci; Àwfëxv rfev Kap^Yi^dvicv ovra tôt* Tpnipapxov, xal tcù; Z'jpaxcaiGvç l7nr«cpaTïQ xaù tov à£eX«pôv owtgG tov vturepov Etoxu^t*. Cet Aunibal ne reparait pas dans la suite du récit de Tite- Live, où les deux autres jouent au contraire un grand rôle. C'est ce qui fit croire à Gl»reanus que le teite était altéré , et il corrigea : remissi ab eodem AnnibaU tiobiles adolescentuli. Cette correction, approuvée par Sigonius, fut reçue dans un grand nombre d'éditions, quoique Ursinns en eût démoutré la fausseté eo citant ce passage de Polybe, dont le témoignage est cependant positif. Cet Annibal partit, a ce qu'il parait, de Syracuse avec les députés qu'Hiéronyme envoya au sénat de Cari ha ce.- voilà pourquoi il ne reparait plus ensuite.

Hippocrate et Epicyde, nés à Cartbage, et d'une mère carthaginoise, étaient originaires de Syracuse , dont leur aïeul avait été exilé, pour avoir tué, disait-on , Agaiharchus, un des 61s d'Agathocle.

Cbap. VIL — Dinomeni fuit nomen. Pausanias ( V, n, 12), parle aussi de ce Dinomène, par la main duquel i fait périr, à tort, non pas Hiéronyme, mais Hirron l'aïeul de celui-ci.

Ibid. — Provinciam regnique fines, etc. Ce texte n'a pas de sens, mais il est donné par tous les manuscrits. Pigbius {Annal., p. Kio) pense qu'il faut lire ad jirovinciat regnique fines. Cela e«t très raisonnable. Après la première guerre punique, lorsque les Carthaginois eurent abandonné la Sicile, file entière fut divisée en deux parties, la province romaine et le royaume d'Hiéron.

Cbap. VIII. — M. Mmilins Regilfus flamen est Quirinalis. Pighius ( Annal. Urb., 529 et 556 ) pense qu* c'est le même qui fut préteur la deuxième année de celte guerre ( XXII, 9 ). Mais il est appelé ici Flamen Quirinal, et au livre XXIX, ch. xi et xiiviu, Tite-Live parle de L. /Erailius Regillus, Flamen Martial, et cela dii années plus tard. Selon Pighius il faut, ou que Tite-Live se trompe dans le second cas , ou qu'il y ait eu deui hommes du même nom , dont l'un fut Flamen Quirinal , et l'antre Flamen Martial. Quant au fait en lui-même, la religion interdisait à tous deux , au Flamen Quirinal et au Flamen Martial, de sortir de la ville pour aller à la guerre.

Ibid. — Si aliquid eorum reipublicœ prœstitit. Cependant nous avons déji vu (XXIII, 41 ) T. Otacllius ravager le territoire de Cartbage, et s'emparer de la flotte carthaginoise avec les hommes qui la montaient.

TITE-LiVE.

Cbap. IX. — Quia in urbem non inierat. On voit, dans Denys d'Halicarnasse, lib. Y, p. 292, que Valérius Publicola fit ôter les haches de ses faisceaux dans la ville. Tite-Live, en cet endroit (II, 7 ), dit bien qu'il abaissa ses faisceaux devant le peuple, mais il ne dit pas qu'il en fit ôter les haches. Il résulte cependant des paroles de Fabius que, dans la ville , les faisceaux n'étaient pas surmontes de haches. En effet Fabius , en arrivant de l'armée , se rendit droit au champ de Mars , sans traverser la ville « ex itinere prœter urbem in campum descendit (ch. vu). Il avertit donc Otacilius qu'il n'est pas entré dans la ville, et que par conséquent les haches sont encore au bout des faisceaux; qu'il en fera usage « si l'ordre est troublé.

Ibid. — Maximum Rullum. C'est le même qui est appelé , au liv. VIII, chap. xxix, Rullianus ou Rutïlius, et Rutilianus ; car les manuscrits varient , et peut-être fautil lire Rullus, comme ici et ailleurs encore, XXX, 26. En ces deux endroits en effet quelques manuscrits donnent aussi Rutilius. — Q. Fabius Maximus Rullus et P. Decius Mus furent consuls l'an de Rome 457, Maximus Rullus pour la cinquième fois. L. Pa pi ri us Cursor et Sp. Carvilius Maximus furent consuls tous deux , pour la seconde lois, l'an 480, et ils triomphèrent tous deux.

Cbap. X. — AI'. Pomponius in Gallico. M*. Pomponius avait été préteur urbain deux ans auparavant (XXII, 55). Maison ne voit nulle part qu'il ait été envoyé, l'année suivante, dans la Gaule comme propréteur. Tite-Live dit au contraire ( XX11I, 23 ), qu'à cause du peu de ressources de la république on négligerait la Gaule pour cette année, malgré la juste vengeance que réclamait le massacre du consul L. Postumius et de son armée daus la foret Litaua. Comment donc pouvait-on continuer ce commandement à M'. Pomponius ? Il faut croire qu'on avait changé d'avis, et que le propréteur M' Pomponius avait été envoyé en Gaule avec une armée, ce que Tite- Live aura omis.

Ibid. — P. Cornelio Lentulo prœtori Sicilia, etc. A pp. Claudius Pulcher, qui commandait l'année precédeule en SicuV comme préteur, reste cependant dans la province cette année et y fait la guerre, comme on le voit ch. xxvu et suivants, et cb. xxxix. Il n'est donc pas douteux qu'il n'ait été aussi continué dans son commandement, malgré le décret qui attribuait la province à un autre préteur.

Ibid. — In vico Insteio. Au lieu de Insteio plusieurs éditions, entre autres Drakennorcn et Lemaire, donnent Jstnco. Comme ces deux noms ne se rencontrent nulle part ailleurs , Gronove lit Tihco, mentionné souvent dans les auteurs. Mais on a fait remarquer que nous ne connaissons pas tous les noms des rues ou voies romaines , qu'on en retrouve tous les jours de nouveaux dans les inscriptions; qu'ainsi cette raisou ne suffit pas pour autoriser un changement.

Ibid. — Vt strias, etc. Séria est une espèce de vase dont on ne connaît pas très-bien la grandeur, la forme, la matière et l'usage. Il parait cependant qu'ils avaient une forme allongée. Calphurnius sur un vers de Térence (Htaut., III, î, 5);Relevi dolïa omnia, omnes sérias, dit: séria, vas fictile, de imo oblongum. Il n'est pas douteux qu'ils n'aient eu d'assex grandes dimensions. On voit , dans Columelle ( XII, 28 ), du vin transvasé de ces seriœ daus des vases plus petits , codi et amphorœ. Le même auteur parle a'.issi de seriœ de la contenance

de sept amphores. Ce qui prouve en outre que ces vases avaient une capacité assez considérable, c'est que le mot séria, avait un diminutif uriola. Perse, Sat. îv, 29 :

Seriola) vête rem ineuiens detrahere liraum.

Il résulte eucore de ce vers de Perse, ainsi que du passage de Calphurnius, cité plus haut, que ces vases étaient en argile. Un passage de Lampridius ( HeliogabaI,cb. vi) montre aussi qu'ils étaient faits d'argile, ou au moins d'une matière fragile : « Quumque seriam quasi veram « rapuisset , quamvis virgo maxima falsammonstraverat, • atquc in ea uihil reperùset, explosant freg t. » On peut conclure encore d'un passage du vieux poète Pacuvius, cité par Feslus, au mot serilla, qu'on en faisait aussi avec des cordes de genêt enduites de poix {spartum: voyez la note du livre XXII, ch. xx, p. 894 ) :

Nec ulla subscus cohibet compagem alvi

Sed suta lino et «parti* serilibus.

Quant à l'usage de ces seriœ, ils paraissent avoir servi surtout à contenir du vin. Voy. Dlpieu, 1. XV. g (j, ae Us ufr. Toutefois ce n'était pas leur seul usage. 1 1s servaient encore à renfermer des viandes salées; Coltinelle, Xil, 55 : Sed quum ad fauccs seriœ perventum est, sale reliqua pars repletur, etc. On voit aussi dans Varron, de R. R., III, 2, des seriœ oleariœ. destinés à contenir de l'huile ou des olives confites.

Ciiap. X. — Arcem in Sabinis. Drakenborcb donne nucem au lieu de arcem. Les manuscrits varient entre arcem et vocem. On voit bien quelquefois citer parmi les prodiges des arbres frappés de la foudre Virgil., Ed., I, 17 ; Tite-Live, XXVII, H : In Alhano monte Un ta de cœlo erant signum Jocis aroorqiie teinplo propinqua. Mais , comme ou le voit, c'est seulement quaud ces arbres étaient remarquable s sous quelque rapport ; soit qu'ils fussent eux-mêmes célèbres , ou situés dans quelque lieu important, soit à cause de leur voisinage d'un temple ou d'une ville. Et on ne connaît pas de noyer, nuiem, dans le pays des Sabins, assez célèbre pour qu'où citât, comme \ uu prodige, qu'il eût été atteint de la foudre.

Ibid. — Hastam Marti*... sua sponte promotam. Servius [ad Virgil., j£n., VIII, 5 ) : t ls, qui belli susceperat « curam, sacrariuin Mai lis ingressus primo ancilia « commovebat, post bastam simulacri ipsius, dicens, « Mars vigila. » Aussi la lauce de Mars venait-elle à s'agiter d'elle-même, c'était un prodige qui annonçait une guerre teri ible.

Cbap. XL — Millibus œrxs quinquaginta, etc. 2,400 fr. de notre monnaie, d'après M. Saigey. Voy. liv. XLIfl, cb. i, p. 783. Cl. Perizonius, de Aïrc gravi, § 19; Gronove, de Pecun. vet. , II, 5, p. 80; Bœckb, Metrologische Untersuchungen, p. 585.

Ibid. — Sociis navalibus compleretur. Compleretur, comme en grec ffXmpoùv ; d'où tb i?X^pttp,a, rà itXtipûjuiTa, l'équipage du vaisseau. C'est ainsi qu'en latin le nombre de matelots, de rameurs, rémiges, socii navales, nécessaires à la manœuvre, est appelé simplemeut numerus. Cicér., Verr., V, 51, et ailleurs encore. Voy. Scbeff., de Milit. naval.. II, 5, p. 105.

Cbap. XIII. — Duo prœtores profeeti. Profecli est répété encore un peu plus loin. Un manuscrit donne prœfecti. Mais Gronove pense que ce mot doit être supprimé comme ayant passé de la marge dans le texte , et il lit :

In Siciliam eodem tempore duo prœtores - prœcsset,

et ceteri in suas quisque provincias profeeti.

HISTOIRE ROMAINE. - NOTES

Chip. XVI. — Non aliter quam stantes. Même an souper. Car les soldats romains dînaient ordinairement debout. Cette punition ne pou? ait donc avoir d'effet qu'au repas du soir.

Ibid. — Pileati aut lana atba velatis capitibus. La laine blanche était l'emblème de la liberté. Le pileus était un bonnet de laine blanche que les affranchis recevaient au moment de la manumission. D'où l'expression servos ad pileum vocare, appeler les esclaves à la liberté. Avant de prendre le pileus les affranchis se rasaient la tête. Polybe (XXX, 16) rapporte que Prusias, se reconnaissant pour l'affranchi du peuple romain, et portant les insignes de cet état, se présenta aux députés de Rome la tète rasée et couverte du pilens. Car, ajoute t-il, on se rasait la tête pour prendre le pileus. Voy. Servius , ad VirgiL ,Eneid., VIII, 564. Nonius : « Qui liberi fiebant « ea causa cal ri erant, quod tempestatem scrvitutis vi-

• debantur effugere; nam naufragio liberati vel qui e

• morbo periculoso convaluerant, lœtitiœ causa soient

• caput radere. »

Chip. XVII. — Pomponio proprœtore cum eo exercitu, etc. On a vu, au commencement de cette année . ch. x, que M'. Pomponius Matho devait rester dans la Gaule , où il commandait l'année précédente , et dont on lui continuait le commandement. Maintenant nous le retrouvons en Campanie, au camp de Suessula , sans qu'il ait été fait mention de lui en aucune façon. Il faut croire que la distribution des provinces, faite au commencement de l'année, fut changée depuis, et que le commandement du camp de Suessula fut assigné à M*. Pomponius. Tite- Live profite, comme il fait souvent, delà première occasion qui lui est donnée , pour indiquer ce changement dont il a négligé de parler.

Chip. XVIII. — Tribuque moti , œrarii omnes facti. Selon Marc. Donat on appelait tribu moti ceux que les censeurs faisaient passer d'une tribu dans une autre inférieure, par exemple d'une tribu rustique dans une tribu urbaine. Car les tribus rustiques étaient plus honorables que les tribus urbaines, comme nous l'apprend Pline (XVIII, 5 ) : • Rusticae tribus laudatissima? eorum c qui rura habebant. Urbanœ vero in quas transferri c ignorai niœ esset, desidiœ probro. » Cela provenait du grand honneur où était autrefois l'agriculture à Rome. Vairon, lib. II, de R. R., ch.l : t Viri magni majores nostri

■ non sine causa praeponebant Romanos urbanis. Ut « ruri enira , qui in villa vivunt ignaviores , quam qui in « agris versantur in aliquo opère faciundo , sic qui in « oppido sederent, quam qui rura colerent, desidiosio-

■ res putabantur. » Aussi les nobles s'empressèrent-ils de passer dans les tribus rustiques. Denys dUnlicarnasse nous apprend qu'App. Claudius passa dans une tribn rustique, qui, de son nom, s'appela plus tard Claudia. C'est ainsi que dans la suite des temps un grand nombre de ces tribus prirent le nom des familles illustres qu'elles avaient reçues dans leur sein ; comme les tribus Papiria, Corne! ia, A£milia . Fabia, Horatia, etc. Auguste, qui cependaut tirait son origine des deux familles Julia et Octavia , était inscrit dans les tribus rustiques , Fabia et Scaptia; dans la première comme de la famille Julia, dans la seconde comme de la famille Octavia : car Suétone {Augvst.,\L) dit que les Fabianiet les Scaptienses étaient tributaires d'Auguste. Une autre cause de la prépondérance des tribus rustiques , c'est que leur nombre augmentait à mesure. qu'on étendait le droit de cité à plus de peuples, tandis que les tribus urbaines restaient

toujours, comme primitivement, au nombre de quatre En outre celles-ci étaient composées des citoyens les plus vils. On voit en effet, dans Tite-Live (liv. IX, ch. 46) que le censeur, Q. Fabius , ramassa tout ce qu'il y ajait de plus vil dans les autres tribus, pour les jeter dans les quatre tribus urbaines. Les tribus rustiques étant ainsi supérieures aux tribus urbaines, elparla quantité et par la qualité, elles l'emportaient dans les votes. Aussi tenait on à honneur d'en faire partie, tandis qu'on infligeait les autres comme une punition.

Drakenborch, contrairement à l'opinion établie par Marc. Donat, dans une fort longue note, donne , du mot œrarii facti, une explication qui est aussi en opposition complète avec la traduction, et ils devinrent tous simples contribuables. C'est à peu près l'explication de Marc. Donat que Drakenborch réfute par des arguments assex forts. Selon Donat, inter œrarios referri, c'est devenir simple contribuable, on plus exactement , c'est être réduit an rang de ceux qui ne payaient que l'impôt personnel, par tête, les capite censi, et qui pour cette raison ne pouvaient servir à l'armée. Mais les chevaliers et les sénateurs, en raison de leur patrimoine, payaient certainement un impôt plus fort que le tribut personnel des capite censi. Si cela est, devenus œrarii, ils seraient donc condamnés à payer un impôt moindre que celui qu'ils payaient auparavant; quelle punition? En outre le service militaire était une des charges de la république, et les capite censi n'en étaient exempts , que parce qu'obligés de vivre au jour le jour, il leur fallait pourvoir aux besoins de la vie par un travail assidu. Comment donc croire que, devenus œrani, les sénateurs et les chevaliers auraient été exempts de cette charge? Bien plus, au liv. XXIX, ch. xxxv ii, le censeur M. Livius note tout le peuple romain, à l'exception de la tribu Ma?cia. Voilà donc trentequatre tribus rendues œrarii. Alors, suivant l'explication de Donat, on ne pouvait tirer de soldats pour l'armée que de la seule tribu Mscia ; ses tribulaires seuls paient l'impôt en raison de leur patrimoine, tandis que tous les autres ne paient que le tribut par tête. Ainsi la seule tribu que n'atteint pas la note du censeur est obligée do supporter toutes les charges de la république; singulière faveur pour l'une et singulière punition pour las autres 1 Et plus loin les censeurs rendent œrarii, deux mille jeunes gens qui n'avaient pas fait de service militaire depuis quatre ans.jSuivant Donat, en punition de ce qu'ils n'ont pas fait de service, ils en sont exempts. Donat, i l'appui de son explication, cite un passage d'Asconiua Paxlianus ( m Divin. Cicer., ch. m ) dont l'exactitude est contestable : « Censores cives sic notabant, ut, « qui plebeius esset, in Cœritum tabulas referretur et « aerarius fieret, ac per hoc non esset in atbo centurias t suas, sed ad hoc esse civis tantummodo, ut pro capite « suo tributi nomine sera penderet. * Il résulte de ce passage que les censeurs notaient les plébéiens en les faisant passer sur la liste des habitants de Caeré, in Cœritum tabulas ( voir la note du chap. lui, livre XXI, p. 888 ) et en les rendant œrarii ; qu'alors ils étaint rayés de la liste de leur centurie, et n'étaient plus citoyens que par l'impôt personnel qu'ils payaient. D'abord on ne voit nulle part que les sénateurs et les chevaliers, devenus œrarii, cessassent de faire partie de leur centurie. Ensuite les plébéiens étaient pour la plupart capite censi; et par conséquent , suivant cette explication, œrarii. On ne pouvait doue leur infliger comme punition ce qui constituait leur état ordinaire.

Inter œrarios referri ne peut donc pas avoir ce sens;

tfeat plutôt, ao contraire, être puni d'une augmentation de cens. En Tain dira-ton avec Donat que, quand il s'agit d'une condamnation pécuniaire , la somme est toujours exprimée. Cela n'est pas exact pour cette note des censeurs. Car Tite-Live | IV, 24 ) après avoir dit d'un certain JEmilios , qu'il fut condamné à payer huit fois la valeur de son cens, octuplicato censu œrarium factum ; dit simplement plus loin ( IX, 54 ), en parlant du même homme, œrarium factum. On voit donc que la proposition d'augmentation du cens, le sextuple, le décuple, exprimée quelquefois par les auteurs, est omise le plus souvent, comme nous disons eu français être puni d'une amende, être mis à l'amende, sans en exprimer le montant. En résumé, c'est mal comprendre que de traduire. Us devinrent tous de simples contribuables. Cf. la note sur le chap. xxiv du livre IV, p. 820, et Niebuhr, 1. 1, p. 525; t. II, p. 229 et suiv. de la tr. fr.

Cbap. XVIII. — Curuliumque equorum prœbendorum.

• Chevaux destinés aux magistrats curules. » M. Dubois traduit aussi de cette façon ; mais ce n'est pas le véritable sens. Fentus explique equos curules par equos quadrigaUs. C'étaient en effet les chevaux qui traînaient les quadriges dans les jeux publics. Dans les deux codes Tbéodosien et Justinien , et dans les écrivains de la décadence, eqni curules et circenses sont employés indistinctement. Ces chevaux ainsi que les quadriges étaient fournis par le trésor public ou par les adjudicataires des jeux. II parait, d'après un passage unique d'Ascom us, que cette adjudication était permise aux sénateurs : « Antonius redemlas habebat àb aerario vectigales qua- « drigas, quam redemtionem senatori habere licet per

• legem. * ( Àsconius, ad Cicer. Or. in toga cand. )

Ibid. — Qui hastœ hujus generis. Il paraît que les enchères, pour l'adjudication des travaux ou opérations publiques , étaient annoncées par une pique plantée en terre , comme chez nous les ventes à l'encan. — Le traducteur dit : ceux qui se chargent de ces sortes de ventes : c'est un contre-sens; il ne s'agit pas de ventes , mais au contraire d'enchères et de locations faites par l'état.

Ibid. — a quœstore perscribebatur. « Le questeur en prenait note dans ses comptes. • Ces mots ont un tout autre sens. Perscribere pecuniam , c'est , comme nous dirions aujourd'hui, tirer une lettre de change (scriptura mensœ) ou un billet à ordre, d'ordinaire sur un banquier [argentarius). Maintenant il faut probablement entendre a quœstore dans le même sens que ces mots d'Horace, Serm., II, m, 69 : Scribe decem a Nerio ; c'està-dire danda ou solvenda. L'argent des pupilles et des veuves ayant été déposé dans le trésor public, lorsque les tuteurs de ceux-ci faisaient pour eux quelque achat, ils donnaient en paiement des billets souscrits à l'ordre du questeur, comme administrateur du trésor public. C'est dans le même sens que Cicéron dit : attribuere pecuniam, per attributionem solvere. Quelques-uns cependant donnent ici à attribuere et attributio le sens d'hypothèques, donner un gage de paiement.

Chap. XIX. — Medixtuticus erat. Voyez la note sur le livre XXIII, ch. xxxv, p. 905.

Cbap. XX. — Oppida ri capta, Compulteria. Compulteria avait déjà été reprise par les Romains (XXIII, 59). Depuis il n'a pas été question qu'elle fût retombée au pouvoir des Carthaginois; soit qu'elle eût été prise, soit qu'elle eût embrassé de nouveau leur parti. II faut ce-

pendant qu'il en ait été ainsi, puisqu'elle est prise ici par les Romains.

Cbaf. XXX — Andranodorus et lnsulam. Syracuse était divisée eu quatre parties , qui semblaient autant de villes, l'Ile ( Insula, en grec Hvlaoç ou Nôwoç, d'où Tite- Live l'appelle Nasus. XXIV, 24) située entre les deux ports, le grand et le petit, appelé Laccius ; la Tyché, ainsi nommée d'un temple antique, consacré à la Fortune; l'Àcbradine ou Acradioe, la plus vaste, la mieux fortifiée et la plus ancicune : elle renfermait les plus beaux édifices de Syracuse; baignée par la mer, elle était séparée de la Tyché au nord par un mur élevé ; aussi estelle appelée, par Plutarque, t> f$a> rcoXiç ; enfin la partie la plus récente, appelée iïeapolhs, la nouvelle ville. Quelques-uns même en distinguent une cinquième, sous le nom d'Épipola?, lieu escarpé et peu habité. Voyez l'écrit de Gœller, de situ et origine Syracusarum. Leipsic, an 1818.

Cbap. XXII. — Sœpe usurpatœ Dionysii, etc. Ces paroles, devenues proverbiales, sont attribuées à l'historien Philistus , ami de Deuys. Voici comment la chose est racontée par Diodore ( XIV, 8 ). Les Syracusains s'étaient révoltés, et Denys , accablé de toutes parts, et ne sachant plus quel parti prendre , demanda conseil à ses amis. L'un d'eux, Pbiloxène, lui conseilla de prendre son meilleur cheval et de gagner au plus vite la province carthaginoise, <îttv XoêovTa tôv c^ôra-rcv fjnrev et; tw tû>v Kapx^&vîwv tîTocpârsiav à<pt7nriùacu. C'est alors que Philistus répondit qu'il ne fallait pas monter à cheval pour s'élancer au galop hors de la tjranuie, dont on ne devait sortir que tiré par les jambes; itpccnixeiv eux t<p' faitgu ôiovtg; (mieux que ôiacvto;; à moins qu'on ne veuille lire ÔéXovra ) sxwx^âv U ttiç Tupawi^&ç, éXkà tcû axiXooç sXxoptsv&v «po<nnirrctv. Plutarque ( Dion, ch. XXXV ) reproduit aussi ce mot d'après Timée.

Cbap. XXIII. — Intérim juvenes mililares. Ceci ne se rapporte pas à tous les jeunes gens , comme la traduction le fait entendre, mais à ces jeunes gens, c'est-à-dire Hippocrate et Epicyde, dont Tite-Live dit quelques ligues plus haut , duces regios, peritos militïœ.

Cbap. XXV. — Hereditatem regni creverit. Hereditatem cerner e t c'est proprement délibérer pour savoir si l'on doit accepter ou non une hérédité. D'où cretio, le délai fixé par le testateur, et dans lequel l'héritier était appelé à accepter l'hérédité.

Cbap. XXVI. — Heraclea erat plia Hieronis. Hiéron , fils d'Hiéroclès, descendant de Gélon, ancien tyran de Sicile, fut préteur d'abord, puis roi de Syracuse. Il eut trois enfants : deux filles, Damarate, qui épousa Andranodorus, et Hëracléa, épouse de Zolppe; un fils, Gélon, qui épousa Neréis, fille de Pyrrhus, et mourut avant son père, laissant deux enfants; Hiéron y me, qui succéda à son grand-père, et Harmonia, qui épousa Tbémistus. Mais il n'eut pas deux jeunes filles vierges, comme le dit M. Lemaire, dans une note du cbap. îv, où il parait avoir mal compris l'arbre généalogique de la famille d'Hiéron, dressé par Drakenborcb. U les confond avec les denx jeunes filles d'Héraclée, épouse de Zolppe, qui furent tuées en présence de leur mère.

Cbap. XXVII. — Ad Murgantiam. Il y avait aussi une ville de ce nom dans le Samnium. Celle dont il est question ici, aujourd'hui Jaretta, est située sur le bord de la mer, non loiu de Syracuse et au-dessus de l'embouchure du Simœthus. Elle est appelée aussi Morgentia, MopytvTia, Mop-yavrtov , Mopyavriva , Mo'ppva et Mi'o-java. Voy. Schw eigheuser, ad Polyb., 1, 8.

HISTOIRE ROMAINE. - NOTES

CfliP. XXVTIT. — Mittique ntm eis. A quoi te rapporte eis? aux députés romains dont il est parlé au chap. précédent? c'est bien loin. Peut-être faut-il transposer cum eis, et placer ces mots après placuit.de cette façon : « Pacem fleri placuit cum eis ( Romanis ) mittique legatos « ad rem confirmandam. »

Chap. XXIX. - Nam et illis et M. IUis se rapporte ici au plus proche; M, au contraire, au plus éloigné. Les exemples ne sont pas rares , et sans chercher ailleurs, dans Tite-Live lui-même : ■ Melior tutiorque est certa « pax , qnam sperata Victoria. Hœc in tua , illa in deorum «manu est» (XXX, 50). Et encore, cEtsi Demetrius « minore artate, quam Perseus , esset , hune tamen justa • malrefamilias, illum pellice ortum esse » (XXXIX, 55).

Cbap. XXXI. •— Prœlores Syracusani, etc. Le traducteur se trompe. Ces mots prœlores Syracusani» etc., ne sont pas le salut d'usage. Car alors ut ossoUt qui Tient ensuite» ne se comprendrait pas trop. Tite-Live dit que la lettre commençait par ces mots .* prœtores Syracusani ; Tenait ensuite le salut d'usage , après lequel on lisait, etc. Cette remarque paraît assez peu importante, mais comme plusieurs éditions portent salutem après Marcello, elle peut n'être pas sans valeur. Enfin, si quelque doute restait , il serait dissipé par ce passage tout à fait semblable de Platon, Epistol., 1H. : npoç «jàp fà iravra Towra ^v irapeaxcuaafjivT) ttjv £pxw «X Wffa ^ iwMrreXÀ tî$é im çpàÇouffot, aioictziox nAATûifi* rà vo'fjujxa. tVt toOtmç ttiràv, où£èv to j«Tà toûto etict irpoTepov, yï, etc.

Ibid. — Recte eum atque ordine fecisse. C'était la formule solennelle dont se servaient le sénat et le peuple romain pour approuver les actes des citoyens , et surtout des magistrats. Quelquefois on y ajoutait ces mots, et e repubhca.

Cbap. XXXII. — Prœtorumque omnes. Il faut

remarquer ce génitif avec omnes. C'est ainsi que lit Drakenborch avec Gronove. M. Lemaire lit prœtoresque, selon la leçon vulgaire. On trouve bien le génitif avec mufti, pauci ; mais du génitif avec omnes on trouve rarement des exemples. Tite-Live ( liv. XXXI, ch. xlv ) • Maredonum fere omnibus et quibusdam Andrionim ; cependant on peut suspecter cet exemple, la leçon ne ■'appuyant que sur un seul manuscrit. Ici plusieurs manuscrits donnent prœtorumque.

Cbap. XXXI Y. — Ex ceteris navibus. • Du haut des autres vaisseaux. • Je ne sais si c'est bien le sens. Il ne s'agit pas ici d'autres ? aisseaux , mais des mêmes quinquérèmes, dont les unes étaient remplies de soldats de traits , et les autres étaient réunies par couples pour porter les machines ( Polybe, VIII, 6). Siroth , au lieu de ceteris , propose ex Us, ou ex sexaginla his, d'après Polybe. Mais cette correction n'est pas nécessaire. Ceteris répond à aliœ qui vient ensuite. Sans doute referi est or dinairement le dernier terme d'une énumération ; mais il n'est pas sans exemple qu'il soit placé avant les autres termes, surtout quand il exprime le plus grand nombre comme ici : taudis que le reste était occupé.... etc., les autres vaisseaux, etc. Il est vrai que aliœ est assez loin de ceteris ; mais il est évident que ces deux termes sont correspondants. Car sans cela, après ceteris, il ne resterait plus rien , et on ne pourrait pas dire aliœ naves. Polybe d'ailleurs, auquel Tite-Live emprunte tous ces détails, dit positivement que c'étaient des quinquérèmes. Ceci semble , il est vrai , formellement contredit par ces mots : junctœ'aliœ binœ ad qidnqueremes, qui distinguent ces vaisseaux des quinquérèmes, comme dans la traduction;

« aux quinquérèmes étaient attachés , deux par deux , d'autres vaisseaux , » ce qui ne se comprend pas. Mais le texte est certainement fautif, et il n'est pas douteux qu'il ne faille lire, avec Juste-Lipse, d'après Polybe et Piotarque, ad oclo quinquérèmes, dans le sens de usque ad octo ; des quinquérèmes réunies deux à deux jusqu'au nombre de huit, Polybe, VIII, 5 : Xjjux & toûtccç oktm irsv-niptoi irapaXtXtipuuvatç toùç TapoGÔç, etc. Plutarqae ( Marccll . ch. XIV ) : rwèp £è {u^aXcu Çtu^ato; vt&v àcrit wpôç àXXiiXa; <Tov$e$ip.tv<ûv {XT^avYiv £paç, etc.

Cbap. XXXIV. — Telum inhabile ad remUtendnm Is*peritis esse. Les vélites portaient sept javelots, appelés relitares, et en grec «Ypo<x?oi ; d'où ceux qui en étaient armés étaient appelés «rpo<x<pou<xxot. Selon Polybe ( VI, 22 ) ces javelots avaient une hampe de deux coudées, épaisse d'un doigt; et une pointe longue d'une palme, et si fine et si aiguë, qu'au premier choc elle se courbait et ne pouvait plus alors servir aux ennemis : «art xxr'anv^Kvt cùftts*; dwro rfi; irpwTTjç C{jl€cXy5; xafiirrtotiai, xat jxtj £ûvao6au rtitç ttoXcpîou; àvTtêaXXetv.

Juste-Lipse, de Milit. rom., TII, 1, fait remarquer que si ce javelot était si flexible , qu'il ne pouvait plus être lancé de nouveau , comme le dit positivement Polybe, il devenait dès lors inutile, aussi bien aui habiles qu'aux inhabiles; et le mot impmtis, dans la phrase de Tite- Live , ne se comprend pas. H propose donc impeditis, au lieu de imperitis, dans ce sens qu'il fallait du temps et des précautions pour redresser ce javelot ; et qu'on oe pouvait le faire lorsqu'on était embarrassé dans le combat, impeditus. Cela est très acceptable. Mais je crois qu'il vaudrait encore mieux lire, avec Sctael. ad Polub., cb. xiv : impttitis ou petitis, dans ce sens que ceux qui en étaient atteints ne pouvaient les renvoyer. De cette façon on concilierait très-bien Polybe et Tite-Live.

Ibid. — Velut naves agerentur. Au lieu de velut naves. peut-être faut-il lire velut navis, selou la conjecture ingénieuse de Juste-Lipse. Les huit quinquérèmes réunies marchaient comme un seul vaisseau. On trouve dans un manuscrit velut unaves ; d'où Crévier tire velut una varis.

Ibid. — In eas tollenone. Festus : « Tolleno dicitur

• machins genns, quo trahi lu r aqua in alteram partem « prœgravante pondère. • Végèce , IV, 21 : • Tolleno dit citur quoties una trabs in terra m pra?alte defigitur, ctd

• in summo vertice alia transversa trabs longior dimensa c medietate connectitur, colibramento, ut si unum capot

• depresseris. aliud erigatur. • Voyez Polybe ( VIII, 8) et Plutarque (Marcelms, ch. XV et sniv.) Cf. J.-Lipsc, Poliorc, liv. I, 6.

Cbap. XXXV. — Heracleam quam vocant Minoam.

Ville maritime , peu éloignée d'Àgrigente. Elle fut, dit-on, bâtie par Minos , quand il était a la poursuite de Dédale (Diodore,IV,79etXVI, 19).

Chap. XXXVII. — At illi, si ad sibi saltem, etc.

Cette syntaxe est assez fréquente dans Tite-Li? e ; I, 41 : ■ Si tua re subita concilia torpeot , at tn mea sequere. » III, 31 : « Si plebeiœ leges displicerent, at illi comniii-

• niter legnra latores sineredt creari. » Q. Curt., III, 8 :

• Si consilium daranaret , at ille divideret saltem copias. * Piaule {CapL, III, v, 23) :

Si ego hic peribo , atque ille, ut dixit, non redit ; Al erit mibi hoc factum mortuo memorabile.

Virgile ( jEn. $ 1. 542):

Si genn* huraaaum et mortalia temnttis arma , At sperate deos memores faudl atque nefandi.

Chap. XXXVI l. — Consentit in postèrent diem concio edkcitur. Edicitur manque dans les meilleurs manuscrits. U faut peut-être lire, avec Gronove : Consensa in posterum diem concio. Consensa, comme lib. I» ch. xxxu : Belhm erat consensum.

Cbap. XXXVIII. — Ceres mater ac Proserpina. Henna était consacrée a Cérès et à Proserpine, parce que ce fut dans ses environs que Pluton enleva Proserpine. Voy. cb. mu. Cicéron {Verr., iv, 48) : • Vosctiamatqueetiam

• imploroatque appello, sanctissimœ de», qu» illosHen-

• nenses lacus lucosque colitis. • V, 72 : « Dii , qui urbem,

• lacus lucosque colitis. »

Cbap. XXXIX. — Hœc in SuHlia, etc. Crévier soupçonne Tite-Live d'avoir confondu deux années en une seule. D'abord l'année suivante , sous le second consulat de Tib. Sempronius et de Q. Fabius, Tite-Live ne rapporte aucun fait arrivé en Sicile ; il parle seulement des prières adressées par les soldats de Cannes à Marcellus , et des lettres de celui-ci au sénat. Ensuite , d'après Polybe , lib. VIII, Marcellus passa huit mois à assiéger Syracuse avec Appius Claudia» , avant de marcher contre les villes de Sicile qui appelaient les Carthaginois. Mais après ces buit mois le consulat de Marcellus devait se trouver bien près de sa fin. Ou peut donc reporter ses expéditions contre les Siciliens, contre Uimilcon et Hippocrate, à l'année du deuxième consulat de Tib. Sempronius et de Q. Fabius.

Cbap. XL. — Apolloniam tentasse. Apollouia , aujourd'hui Pollonia , ville maritime de l'Illyrie macédonienne, voisine d'Oricus et du flenve Aous qui se jette dans l'Adriatique. Elle était florissante par le commerce et les lettres.

Cbap. XLI. — Ad Castrum Album. Toutes les éditions portent Castrum Altum, tous les manuscrits s'accordant sur ce mot. Castrum Album est une bonne correction proposée par Drakenborch dans ses notes, et qui est confirmée par Diodore ( Eclog. du liv. XXV ), quiditqu'Hamilcar périt près d'une ville qu'il avait fondée, et qui, à cause de sa situation, s'appelait Axpa Atoxin.

Cbap. XLIL — Ad Mundam. Ville de la Bétique à quelque distance de la ville moderne de ce nom. Elle est célèbre par le combat acharné dans lequel César vainquit les fils de Pompée. U y avait aussi une autre Munda dans la Celtibérie.

Ibid. — Octavumjamannum. Si l'on place, avec Tite- Live ( XXI, 15), la prise de Sagonte à la première année de cette guerre , nous sommes non pas à la huitième année, mais à la cinquième , et à la sixième suivant le calcul plus exact dePolybe qui place la prise de Sagonte un an avant cette guerre. Voyez la note du ch. xv du livre XXI, p. 882.

Cbap. XLIV. — Prêter tmderim fasces. Il résulte de ce passage, ce qu'on sait d'ailleurs, que les licteurs précédaient le magistrat, non pas en troupe, mais un à un et à la file. C'est ainsi qu'ils sont représentés sur les médailles.

Animadtertere était le terme dont se servaient les licteurs pour annoncer le consul : Animadrertite ! (Voyez Pline, Paneg., LXI.) — Le trait rapporté par Tite-Live est raconté aussi par Plutarque (Fab., ch. xxiv); Valère- Maxime, II, 2; Aulu-Gelle, II, 2.

Cbap. XLV. — Dasius Altinius. tVfcvoc tiç.... toû Araptfsuç vo|AtÇo'i«va;, Appien, Annib., XXXI. Selon cet

auteur, il se rendit a Rome, d'où il fut chassé et erra dans l'Apulie, redoutant tout le monde, Carthaginois et Romains.

Cbap. XLV. — Ad Faleriorum Pyrrhite proditorem. Voyez V, 27 et Epi t. lib. XIII; Aulu-Gelle, III, 8 et Valère-Maxime, VI, 5.

Cbap. XL VIL — Eam portam scalis prius transgressas t ad murum pergere. Le texte est évidemment altéré. En franchissant la porte ils franchissaient aussi le mur, et ils n'avaient pas besoin de se diriger vers le mur, pergtre ad murum. Crévier, d'après cette leçon d'un manuscrit , transgressos amurum perire , corrige : eam portam, scalis prius transgressos murum, aperire. La seule objection à faire, c'est que les portes étant ouvertes il devient inutile d'en briser les verrous , ri claustra refringere. Alex. Roellius, en transposant seulement ad, arrive à une correction plus nette : Ad eam portam scalis prius transgressos murum, pergere.

Cbap. XLVIII. — Syphax erat rex Numidarum.... ad Galam, in parte altéra A'timidiar {Massyli ea gens vo~ catur). Syphax n'était pas roi de tous les Numides , mais seulement des Numides Massaesyliens , comme Gala et Massinissa l'étaient des Numides Massyliens. Syphax commanda cependant quelque temps aux Mass) liens, après avoir chassé Massinissa de son royaume.

On comprenait sous le nom général de Numides diverses peuplades africaines : les Massyliens, Massassyliens, Maures et autres. Les Massaesyliens habitaient dans la Mauritanie Césarienne, depuis Metagonium jusqu'au cap Tritnm, ou depuis le fleuve Mulucha ou Molochath ( aujourd'hui Mulvia ), jusqu'au fleuve Ampsaça, à peu près l'Algérie. C'est là que régnèrent Syphax , Juba , Boccbus. Les Massyliens habitaient la Mauritanie Tingitane, ou Gaditane, ou Mauritanie proprement dite, depuis le fleuve Ampsaga jusqu'à la Zeugitana, ou depuis les frontières du royaume de Maroc jusqu'au détroit de Cadix. C'est là que régnèrent Gala , Massinissa , Jugurtha , Bogud, etc. Les deux Mauritanie faisaient partie de la Numidie; mais la Mauritanie Tingitane était appelée aussi Numidie nouvelle, ou proprement dite. Voy. Cellarius, Geogr. .intiq., IV. 5.

Cbap. XL1X.— Septem et decemnatos. Massinissa avait certainement plus de dix- sept ans. D'après tous les témoignages des auteurs, il mourut nonagénaire. Selon Valère-Maxime, il mourut l'an de Rome 605, lorsque Manilius était proconsul en Afrique; ce qui porte à peu près l'époque de sa naissance à l'année 515. Nous sommes * l'année 540; il avait donc vingt-sept ans ou au moins vingt-cinq.

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