LIVRE XLL
Du ch. i au ch. v les événements d' latrie sont racontés d'après les auteurs latins. De même aussi, au ch. vi et x, ce n'est pas Polybe que Tite-Live a suivi de préférence, car l'auteur grec dit qu'après le départ des consuls, ce fut le sénat qui répondit aux envoyés des Lyciens, et que cette réponse ne fut pas faite par lettres, mais par ambassade. Le ch. xx est tiré de Polybe , que Diodore a aussi transcrit ( Cf. Wesseling, ad lib. XXVI, p. 577 ). Tite-Live a traduit encore ce qu'on lit dans Polybe, livre XXVI, ch. x, au sujet d'Antiocbus Épipbane, et sans aucun doute ce qui s'était passé dans l'assemblée des Acbéens (Polybe, ibïi t ch. xxui et xxvi); mais il a
abrégé la'fln. Pour le ch. xxvn il s'est servi de Valérius Antias.
Chap. I. — Jam per omnes orbis partes. Ce premier chapitre et les trois suivants, ne sont pas de Tite-Live, ainsi qu'on s'en aperçoit tout d'abord à la tournure des pensées et du style. Ce morceau a été suppléé par Doujat.
Chap. IV. — A pâtre. C'est par ces mots que recommence le texte de Tite-Li»e. Nous devons les fragments des livres XLl-XLV à Simon Grynaeus, qui les publia en Suisse en 1531 , d'après un manuscrit découvert dans le nionastire de Lorsch ou Laurisbeim. Depuis lors, nul autre manuscrit des mêmes livres n'a pu être retrouvé; en sorte que c'est uniquement d'après cet exemplaire qu'ils ont été donnés jusqu'à ce jour.
Chip. 1 ou V. — Alii consvlendum senatum censebant. Il est certain que les guerres à faire étaient d'abord décrétées par le sénat, qui autorisait ensuite la présentation d'une loi pour obtenir le consentement du peuple. Voyex IV, 50,58; XXXVI, I ; XXXVIII. 45, 46;XLI, 7. Il parait cependant que le sénat pouvait, sans l'ordre et le coucours du peuple, permettre à ceux qui commandaient dans les proviuces de faire des incursious sur les terres des nations ennemis , dont leur province avait quelque dauger à redouter. Cf. XXXIX , 55 et XLV, 21 .
Ibio. — Ad lacum Timaci (immine l mari is lacus). Les anciens auteurs ne parlent clairement que du fleuve Timavus et de ses neuf sources. On croyait que ces sources prenaient origiue dans un lac appelé lacus Ti~ mari, comme l'explique Heyne dans son kxcursus sur la célèbre description que Virgile fait du Timavus, ACneid., I, 214 et soi v. A cette occasion je crois devoir mentionner ici un fait assez curieux, en ce qu'il concerne Tite- Live. Stace (Silv , IV, 7, 55) appelle notre historicu alumnus Timavi ; et pourtant le Timavus coule fort loin de Patavium, patrie de notre auteur. L'erreur de Stace vient de la description de Virgile, dans laquelle Vénus, après avoir parlé du Timavus, montre a Jupiter l'emplacement de Patavium sur le Medoacus (aujourd'hui la Brenta), et continue en ces termes :
Hic lameo ille urbem Patavi sedesque locavlt Teucrorum.
Ces mots hic tamen, qne Vénus prononce en montrant un autre lieu , ont été rapportés par Lucaiu et par Stace au Timavus, dont Virgile a parlé dans le vers précédent, et c'est ainsi que Tite-Live est devenu Jimari alumnus. Il en résulte que, si les documents d'après lesquels nous savons que Tite Live était de Padoue, étaient perdus , l'erreur singulière de Stace le ferait regarder comme natif d'Aquilée ou de Tergeste.
Ibio. — Quinque ferme mi//ia.Vo)ex, sur ce passage, Cluvier, liai. ant„ I, 20, p. 195.
Ibid. — Repentina cohors. C'est ce qu'il nomme ailleurs suMtorii milites, XXXI, 2; XL, 26 et 28, etc. Cf. Juste Lipse, De Milit. Rom., liv. III, ch. îv.
Ibid. — Catmelus. Telle est la leçon du manuscrit. On en a fait depuis Carmelus. Perizonius indique un passage de Velleius Paterculus (II, €4), où le même personnage est appelé Camelus, et remarque avec raison qu'il faut adopter la même leçon dans les deux passages ; mais laquelle des deux faut il choisir?
Chap. Il ou VI.— Af . Licinius Strabo. Pighius remarque que les Strabons n'appartenaient pas a la gens Ltcinia, et propose de lire Licinius Stolo
TITE-UVE.
Gflip. II ou VI. — Qumtanamque. Polybe (VI, 50, 6) nous explique l'origine de ce nom : (&o£oç, inquit, h xaXoûot'irc^Trrriv, BiOLtb i?xpà irtfATtrà Toé^ara irapiixeiv). Ainsi, selon cet auteur, avec quiniana il faudrait sous entendre via. C'était uu chemin, une rue daos le camp. Selon Festus , c'était une porte. « Quiniana appellabatur « porta io castris post pretoriom, ubi rerum utensilium • forum fuit. • Hygin parle aussi de cette porte Quiotane. (de Castramet., p. 7, al. 1,085). Cf J. Lipse, Mil. Rom., V, 5; Schel, sur Polybe, ( dans Graev., Trésor des AnU rom., t. X, p. f ,165 ), et sur Hygin., 1. c; et Ernesti, snr Suétone, Aer., 26. Ne pouvait-il pas se faire que la porte et la rue qui y conduisait portassent le même nom? De la sorte, Polybe et Hygin ne seraient point en opposition. Le mot précédent, forum, est, avec raison, regardé comme une glose par Duker et par Dacier, dans leurs observations sur le passage cité de Festus.
Chip. III ou VII. — L. Acius. Le manuscrit donne Atius.
Chap. IV ou VIII.— Signiferum saurn. La traduction: son porte-enseigne ne parait pas très-exacte. Les tribuns commandaient toute la légion, qui avait autant d'enseignes et de porte-enseignes qu'il y avait de manipules. Comment alors le tribun Acius pouvait-il avoir son porte-enseigne à lui ? Suus signifie ici, comme souvent , « favorisé plus que les autres, préféré à d'autres, qui a la confiance entière de quelqu'un. » Voilà ce qu'ii fallait faire entendre dans la traduction.
Chap. V ou IX. — Nuvelli Aquileienses. D n'y avait que cinq ans que l'on avait envoyé une colonie latine a Aqnilée. Voir XXXIX, 55.
Iiid. — T. Claudius prœtor. Crévier et, avant lui, Duker, ont remarqué que c'était avec raison que Pighius avait conclu de ce passage que Claudius et M. Titinins , nommé plus bas, étaient chargés de rendre la justice daus la ville. En effet les autres préteurs étaient alors partis pour leurs provinces. Mais comme au chapitre suivant nous lisons que M. Titinius, permit l'entrée du sénat a Sera prou i us et à Postumius, ce qui rentrait dans les fonctions du préteur urbain , en l'absence des consuls, le même l'ighius en conclut que Titinius était investi de la juridiction urbaine, et Claudius Néron, de la juridiction entre les citoyens et les étrangers. Du reste , il faut lire Ti. Claudius, et non pas T. Claudius. comme le porte le manuscrit, qui offre ici une confusion très-fréquente. On a eu soin de corriger celle faute plus bas , au ebap. m.
Chap, VI ou X. — Prorogaia jam in annum provineia. La suite montre qu'il ne faut pas entendre in annum de toute l'année suivante , mais de cette partie de l'année qui pouvait s'écouler avant que les nouveaux magistrats fussent instillés. Comparez le chap, x.
Ibid. — Senatus datus in œde Bellonœ. Voyez VIII, 5 ; XXVI, 21 . Polybe, parlant des exploits de Sempronlus Gracchus en Espagne, racontait entre autres choses qu'il avait détruit trois cents vides (iroXtt;) aux Cellibériens , XX \ I» cb. iv. Mais Posidonius, ne tenant pas compte de l'étendue de la signification du mot t?oXtç , qui peut «/entendre aussi des castella , s'égayait sur Polybe , et disait que pour flatter Gracchus, il avait donné le nom de ville à des tourelles (iruprou;) telles qu'on les portait dans les marches triompales; faisant ainsi allusion aux peintures qu'on exécutait à la Dite en pareille circonstance, et où souvent les villes étaient plutôt indiquées par quelques fortifications que reproduites dans tous leurs détails. Je ne
sache pas que l'on se soit servi de ce passage intéressant au sujet des peintures qui figuraient dans les triomphes.
Cbap. VI ou X. — 1 lieuses. Voyez la note sur le livre XL, en. xix.
Ibid. — Balarorum. C'était aussi un peuple de la Sardaigne , mentionné par Pausanias, dans le passage où il parledes Uiens; par Strabon, V, p. 225, et par Pline, JlisL nat„ 111, 7.
Isid. — AEque miserabilis legatio hgeiorum, etc. Polybe nous offre également le récit de cette légation, XXVI, 7; mais il la place a l'année suivante; car ici les expressions de l'épitomé (§ I er ) n'admettent aucune espèce de doute.
Ibio. — Lileras Lyciis ad Rkodios dédit. Polybe dit, XXVI, 8, que les Romains envoyèrent des ambassadeurs à Rhodes, et ne parle pas de lettres. Les deux faits peuvent être vrais : le sénat aurait donné d'abord des lettres aux Lyciens qui s'en retournèrent, et aurait envoyé ensuite des députés, pour être plus sûr de l'exécution du sénatus-consulte.
Cbap. VIII ou XII.— Cn. Cornélius Scipio. Il ne s'agit probablement pas de celui qui avait déjà été préteur deux ans auparavant (XL, 44), et qne l'on suppose n'être autre que le consul de l'année suivante (plus bjs.ch. xiv). Pighius le nomme C. Cornélius et non pas Cn. Cornelins; mais c'est un changement arbitraire; car, dans cette grande famille, il pouvait bien exister deux Cnœi.
Ibid. — Cives suos Romœ censos. Nous avons déjà vu, au cb. m du livre XXX IX , les plaintes arriver de tous les points de I Italie à Rome sur la désertion des villes , et cette migration toujours croissante qui, au témoiguage de Tiie Live, commençait à encombrer la ville d'une population d'étrangers, multitudine alienigenarum. Il parait qne l'enquête provoquée par ces plaintes, et à la suite de laquelle douze mille Latins avaient été renvoyés dans leurs foyers, n'avait pas opposé une digue bien puissante à cette espèce d invasion de la cité ; car bientôt les mêmes plaintes se reproduisent plus nombreuses et plus fortes, et viennent nous révéler un état de choses vraiment extraordinaire. Rome qui pendant si longtemps avait déversé sur l'Italie l'excédant de sa population , se trouve envahie à son tour par une sorte de reflux de la population italienne. Le flot qu'elle avait poussé sur l'Italie tend chaque jour, comme par une loi de la nature, à rentrer daus son premier lit. Ce renouvellement de la population romaine par infusion, si l'on peut s'exprimer ainsi , a été parfaitement mis en lumière dans un chapitre de l'histoire romaine de M. Hichelet, que nous regrettons de ne pouvoir citer qu'en l'abrégeant.
« L'ancien système de Rome, qui avait fait sa force et sa grandeur, c'était d'accorder des privilèges plus ou moins étendus aux villes , en proportion de leur éloignement. Ainsi autour de Rome , se trouvait une ceinture de villes municipales, investies du droit de suftrage, et égales en droits à Rome elle-même... Puis vienuent les municipes sans droit de suffrages et les cinquante colonies fondées avant la secoude guerre punique. Ces colonies avaient toutes la cité, mais sans le privilège qui lui donnait de la valeur, le droit de suffrage. Au-dessous des municipes et des colonies se trouvaient les Latins et les Italiens. Les Italiens conservaient leurs droits et étaient exempts de tributs. Les Latins avaient de plus l'avantage de devenir citoyens romains, en laissant des enfants pour les représenter daos leur fille natale , en y remplis-
HISTOIRE ROMAINE. - NOTES
saot quelque magistrature, enfin en convainquant de prévarication un magistrat romain. Est il nécessaire de dire que personne n'était asseï hardi pour tenter de devenir citoyen par cette dernière voie?
■ L'Italien, le Latin, le colon, le municipe sans suffrage, dont les droits plus ou moins brillants se réduisaient daus la réalité à recruter, jusqu'à exstinction de leur population , les années romaines , tous voulaient devenir Romains. Chaque jour ce litre était plus houorable, chaque jour aussi tous les autres changeaient en sens inverse et devenaient plus humiliants.
« Pour échapper à la tyrannie que les magistrats romains faisaient peser sur h s villes de l'Italie , chacun tâchait de se rapprocher de Rome et de s'y établir, s'il était possible. Rome exerçait ainsi sur l'Italie une sorte d'absorption, qui devait en peu de temps faire du pays an désert, et la charger elle-même d'une éuorme population. L'Italie, n'ayant pu détruire Rome , ne songeait plus qu'à s'unir à elle, et l'étouffait en l'embrassant. Les Latins pouvaient seuls devenir citoyens romains, l'Italie affluait dans le Latium, le Latium daus Rome....
• Telle était la situation de l'Italie. Les extrémités du corps devenaient froides et vides. Tout se portait au cœur qui se trouvait oppressé. Le sénateur repoussait du sénat et des charges Y homme nouveau, le chevalier, le riche, et lui abandonnait en récompense l'envahissement des terres du pauvre. Le Romain repoussait le colon du suffrage; le Latin, de la cité; celui-ci à son tour repoussait l'Italien du Latinra et des droits des Latins. Rome avait ruiné l'Italie indépendante par ses colonies , où elle rejetait ses pauvres; désormais elle ruinait l'Italie colonisée, par l'envahissement des riches, qui partout achetaient, usurpaient les terres et les faisaient cultiver par des esclaves. *
Cbap. IX ou XIII. — Decretœ. Il faut suppléer consultons , si ce mot n'a pas été omis par les copistes, comme le pensent Périzooius et Drakenborch.
Ibid. — J^gionem unam cum eqnitibus trecentis. C'était le nombre ordinaire des cavaliers dans nne légion (XL, 56 : Binœ legiones Romœ cum »tio equilatu ) : Tite-Live n'aurait pas eu besoin d'ajouter mm trecmtis equitibus; mais, de ce qu'il l'a fait, il ne faut pas en conclure que pour cette fois la cavalerie de la légion aurait été portée à trois cents.
Ibid.— Lucum Martis. Le manuscrit donne lacum, ce qui est évidemment une fausse leçon. Ce bois sacré de Mars était situé , à ce qu'il parait , entre le Tibre et la Via Salaria. Voyez Cluvier, liai, ant., II, 9, p. 657 et suiv. ( passage où il cherche aussi à fixer l'ancienne position de Crustumerium ), et les notes de Holstenius sur cet ouvrage, p. ICI.
Ibid. — Dictator, interrex, censor. Les jurisconsultes romains ne font pas mention de ces trois magistrats parmi ceux <iui recevaient les manumissions; parce que de leur temps , ces magistratures n'existaient plus.
Cbap. X ou XIV. — Pion paludatus . sine lictoribus. Correction nécessaire de Gronove. Le manuscrit donne ici non paludalis lictoribus , et répète encore deux fois dans ce chapitre paludati lictores. Malgré l'évidence et la nécessité absolue des corrections faites ici par Gronove, il s'est trouvé des savants qui en ont contesté l'opportunité. Voyez Drakeoborcb , p. 572-574 : il a rassemble à ce propos un grand nombre de passages remarquables sur le paitidamentum , et sur la dilférence qui
existe entre le sagam, qne portaient les lic'eurs et le paiudamentum qu'ils n'ont jamais porté.
Cbap. XI ou XV. — Kesactium. Le manuscrit porte Nesatlium. leçon qui a été corrigée par Cluvier, Hal. ant., 1,21, p. 215, d'après Pline, llist. iYa/., III, 19 ou 25. Ptolémée, III, I, l'appelle Néaxxr&v. C'est aujourd'hui Caslel Nuovo, sur le Ueuve Arsa . qu'il faut reconnaître dans les mots : amnemque prœUrfluentem mania.
Cbap. XII, ou XVI. — Prœlor priore anno. Voy. ch. v.
Ibid. — Ad Scultennam flumen. Aujourd'hui le Panaro, qui se jette dans le Pô. près de Ferrare. Voy. Cluvier, Hal. ant.. 1,56, p. 417.
Cbap. XIII ou XVII. — Avem sangualem. Il est assez difficile de savoir quel était cet ois» au. Julius Obsequens l'appelle sanqualis. Il parait que déjà du temps de Pline on ne savait pas au juste quelle espèce d'oiseau on désignait par ce nom ; car cet auteur rapporte l'opinion d'un certain Masurius , suivant lequel cet oiseau est le même que Yossifraga < qui brise les os ), que nous appelons en français orfraie ( Pline , X, 7 et 8 ). Cet oiseau était cousacre à Sangus ou Sancus.
Quelle était cette pierre sacrée que l'oiseau avait brisée avec son bec? Les uns pensent, avec Drakenborch , qu'il s'agit peut-être de la pierre tombée du ciel, dont il est parlé dans le chapitre u; le plus grand nombre ( voyez les commentateurs de Juvén., XVI, 58; Heyne, sur Tibulle, I. I, 11 et 12; Casaubm, sur Théophr. Caract., xvi; Cuper, ad Auctor. de Mort, persecut., chap. u, etc. ) pensent qu'il s'agit d'une pierre servant de borne. Ces sortes de pierres étaient sacrées ; on leur rendait les honneurs divins. On les oignait d'huile, on les ornait de couronnes de fleurs; et surtout on ne se hasardait jamais à les remuer ni à les changer de place; on se Tût par là rendu coupable d'un grand crime. C'était assurément une politique habile que de mettre ainsi les limites des propriétés sous la protection des dieux.
S'il s'agit d'une pierre formant borne, elle devait avoir une cerlaiue grosseur et une certaine dureté. Comment un oiseau comme Yorfraie, avait-il pu entamer ( c'est déjà restreindre de beaucoup le sens de rendisse ) une pierre semblable? C'est ce qu'il n'est pas facile d'expliquer; et à vrai dire, si le Tait n'avait eu rien de merveilleux on ne l'aurait pas remarqué.
S'il s'agit de la pierre tombée du ciel, comme rien n'en indique le volume ni la dureté, la chose ne paraitrait pas aussi invraisemblable.
Ibid. — Vaccamœneam Syracusîs ab agraiï tauro.... imtarn. Cela rappelle les nombreuses épigrauimes de l'Anthologie grecque sur la célèbre vache de Mjron. i4nth.po/at.,lX,7i5à742.
Ibid. — Victorialûm. Sous-entendn nummorum. C'étaient des pièces de monnaie à l'effigie de la Victoire, dont parle Pline (lib. XXXI 11, 5 ou 15». \oy. Hard. sur ce passage. Nous savons par Volusius Mscianus que le victoriat avait la même valeur que le quinaire , 41 ceut.
Ibid. — Lucam. AujourJ'hui Lucca. Voir sur cette colonie Pline , H. IV.. 111, 5 ou 8 ; Velléius Paterc. ,1,15.
Ibid. — L. Egilius. Nom inconnu parmi ceux qui ont eu des dignités à Rome. Drakenborch lit : L. /Lmilius*
Cbap. XIV ou XYI1I. — M. Cornélius Scipio. C'est probablement celui qui portait le surnom de Maluginensis. \ oyez la discussion de Duker à ce sujet.
Cbap. XIV ou XV III. — in jecinore caput non inventutn. Voyez la note du ch. ix du livre VIII, 1. 1, p. 854.
Ibid. — Bove perlitarejussus. La traduction « ordonna de compléter le sacrifice • , omet bove . Il ne faut pas entendre ce mot à la lettre. Le sénat ne pouvait pas savoir par avance si le bœuf qu'il immolerait présenterait d'heureux auspices; car, plus bas, il en tue trois, sans arriver à la perlitation. Bove indique seulement le genre de sacrifice : ce mot est ici synonyme de majoribus hostiis.
Cdàp. XV ou XIX. — Bocissexcenarli. Le manuscrit donne sescenaris, mot que Ton a tâché en vain d'expliquer par une glose de Festns au mot Scena. Gra?vius a corrigé sexcennrii, que le traducteur a rendu ; mais à côté il traduit la leçon jecur defluxisse, d'après l'explication d'Ernesti. La vraie leçon est celle de notre texte, jecur diffluxisse, que l'on peut appuyer d'un passage de Festus ( p. 41 , Egger ), où on lit, comme exemple de prodige, ces mots, jecur cum distabut.
Ibid. — M. Tilinius et T. Fonteius. Fonteius commandait depuis deux ans dans l'Espagne ultérieure, Titinius dans la citérieure, comme on peut le conclure avec Crévicr , de plusieurs indications données en divers endroits par Tite-Live.
Cbap. XVI ou XX. In una hostia. C'était le taureau immolé à Jupiter Latiaris, dans un commun sacrifice par les quarante-sept peuples du Latium, qui immolaient, chacun en particulier, des minores victimœ.
Ibid. — Ante triduum quam. Il faut absolument intba triduum selon la remarque de Périzonius. Ante ne peut se soutenir.
Cbap. XVII ou XXI. — Paludatus. Les consuls ne prenaient le paludameulum qu'au moment de sortir de Rome. Le mut parait mis à dessein pour faire mieux ressortir l'ambition dont l'auteur vient de parler : cupidus provinciœ. Toute cette affectation d'aller et de venir dans Rome, avec cet équipage, avait pour but de grossir le danger et d'accélérer son départ , qui ne pouvait avoir lieu aux noues d'août ; car les fériés latines étaient annoncées, comme il est dit au ch. xvi, pour le troisième jour avant les ides; et le consul devait y assister.
Cbap XVIII ou XXII. — Balistam. Cette montagne a déjà été mentionnée, liv. XXXIX, 2.
Ibid. — Pariettbus affigunt. comme ailleurs impingere. La leçon du manuscrit ajfigunt ne pouvait pas être conservée. Plus bas, les mots in speciem, paraissent être une glose ô'ornamento.
Ibid. — Camps Macris. C'étaient des champs entre Parme et Modène. Voyez Columelle, VII, 2, et Vairon, fl. Rust. t II, dans la préface. Strabon, V, I, p. 216, cite le même nom comme celui d'une ville, Kâa-rcct Moutpct. Nous retrouvons le nom plus bas, et XLV, 12. Nous ne déciderons pas si le traducteur a bien fait de traduire les plaines maigres, mais l'opinion de Strabon nous parait préférable.
Ibid. — Sortem in sitellam, etc. Ce passage est fort obscur et prouve que le manuscrit unique de cette partie de Tite-Live a reçu bien des gloses dans le texte. Ce qui précède in Petillio id vitio factum n'est pas intact non plus. H est étonnant que les critiques n'aient pas cherché avec plus de soin à remédier à ce qu'il y a de défectueux dans cette phrase. Ruperti propose de retrancher, comme des gloses introduites dans le texte , extra
templum ou foris ; ce qui ne nous avance guère. Voici au reste l'explication de Drakenborch. Le tirage au sort avait dû se faire dans le temple, c'est-à-dire dans le lieu consacré par les augures ; et pour qu'il fût fait sous de bons auspices on avait dû observer soigneuement que personne ne jetât de sort dans l'urne avant qu'elle fût entrée dans le templum. Celte explication , comme on le voit , contrarie la traduction.
Cbap. XVIII ou XXII.— 5e eo die Letum capturum esse. Ce qui faisait l'ambiguité, c'est le mot letum . qui était le nom de cette montagne, et qui pouvait aussi lignifier la mort ( lethum ). En sorte que la phrase pouvait recevoir ces deux sens : aujourd'hui je m'emparerai du Létns; ou bien, aujourd'hui la mort s'emparera de moi. Valère- Maxime (I, S) s'exprime en ces termes : « C'est encore un présage assez digne de remarque, que celui d'après lequel périt le consul Pétillius. Dans une guerre contre les Liguriens, ayant résolu de forcer une hauteur nommée Letum, mot latin qui signifie mort ; il dit à ses soldats en les haranguant : je prétends l'avoir aujourd'hui ( le mont Létus, ou la mort ). Il l'eut en efîet ( la mort |. S'élant exposé témérairement dans le combat, il vérifia par sa mort le mot qu'il avait dit au hasard. »
Ibid. — Morte Q. Pciillii. Pour ce supplément voyez Pighius , i4nu. Roman.; Valère- Maxime, IL 7 ; h>« XL , 58; Polybe, Légal., 62.
Aux mots periti religonum recommence un lambeau de Tite-Live, conservé par Priscien, Gramm., XVII, p. 1050 et 1097, éd. Putsch.; pnis à ces mots, res ad interregnum rediit, reprend un nouveau supplément, jusqu'au mot deduxit inclusivement, qui se lit dans le manuscrit de Vienne.
Ibid. — Auàenam amnem. Aujourd'hui la Via , ou VAula. Voyez Cluvier., Hal. ant., I. 10, p, 78. Intra est une conjecture de Crévier. Le manuscrit donne inter. Au lieu de P. Mucius , Sigouius a corrigé Q. Mucius, d'après les fastes.
Ibid. — Miscente Perseo. etc. Voyez XL, 57, 58, et Polybe, XXVI, 9.
Ibid. — Romano more, etc. Depuis ces mots jusqu'à la fin du chapitre, Drakenborch pense qu'il est question d'Antiocbus Épiphane, et non pas de Persée. Ce qui a pu faire penser le coutraire , ce sont les derniers mots dn sommaire de ce chapitre, qui ont été déplacés à tort.
Antiocbus Épiphane, fils d'Antiochus le grand, était roi de Syrie. Il avait été envoyé comme otage à Rome par son père; et cette année-là même il succéda à son frère Seleucus Philopator. Voyez YEpilome, liv. XLI; Appien, Syr., ch. xxxix-xlv ; lauteurdu livre desMacbabées, I, i , n° 10; Polybe, XXVI. 10 et XXXI, 5-4, qui parait avoir été consulté par Tite-Live, ainsi que de Diodore, Excerpta Valesii,p. 577 et 585 du vol. II, deWesseling.
Ibid. — Quidam ludere quidam insanire
Ot (xÈv àçs'Xeiav, oi S* àXofïav, nvè; £è p.avttx> oùtoG xaT8-pcû<TXûv, Diodor. et ot (xtv àçiXvi -rv»a, aùtov tlvai umXâaêavcv, et Si fAatvopwvov, Polyb., aux endroit* cités.
Le mot sirop/iciier est employé ici dans le sens de naïvement, et veut dire qu'il ne tenait aucun compte du jugement des hommes , qu'il se livrait sans contrainte à son caractère , et se moquant , comme on le dit, du qu'en dira-t-on. Le sens de ce mot ressort assez bien do pas* sage de Polybe.
C»ap. XVII ou XX II. — Prytaneitm, ubi publiée. ..vescuntur. Sur la airr,atç tv 7cpUTavEÏw, voyez Casaubon, sur Athénée XV, 49 et les autres commentateurs de cet écrivain; et sur la situation des irpuravtîa dans les villes , Spanheim sur Callimaque, Hymn. in Cercrem, V, 429.
Ibid. — Jovis Olympii templum Athenis, unum in terris inchoatum pro magnitudine de». Voyez Pausanias, 1, 18, 6, 7; 40, 5; V, 12, 2 et 5, Meursius, Athenœ Atticœ, liv. I, en. îx.
Ibid. — Delon aris insignibus statuarumque copia exornavit. Il est à craindre que Tite-Live ne se soit trompé ici. Polybe dit (XXVI, 40-42) : twv wtpl tov »v MX* pwp.ôv àv^ptoîvTfùv. C'était sans doute le célèbre autel construit de cornes ( xepà™o; pw(xo; ), qu'il euloura de magniflques statues. Tite-Live parle de arœ insignes. Cependant il est difficile de rien décider avec certitude, le récit de Polybe étant précisément interrompu aux mots cités.
Ibid. — Sine missione. Quand le peuple avait été vivement intéressé par un gladiateur et qu'il le voyait sur le point de succomber sous les coups de son adversaire victorieux, il lui permettait quelquefois de vivre; c'est ce qui s'appelait missio. Au contraire quand le peuple jugeait à propos que le combat eût lieu à outrance, jusqu'à la mort de l'un des deux cbampions, le combat s'appelait sine missione.
Cbap. XXI ou XXVI. — In Corsicam jussus est transire. C'était une mesure extraordinaire; car la Sardaigne et la Corse étaient reunies sous l'administration d'un seul propréteur, comme on le voit XL, 1 8, 19, 34; XLU, 4 et 7.
Ibid. — Cornelio. Pighius pense que c'est Sergius Cornélius Sulla, nommé plus bas (XLV, 47 ) parmi les prœtorii.
Ibid. — L. Claudio. Il avait le surnom ô'Asellus.
Ibid. — Duos legiones consules scribere jussi, justo numéro peditum equitumque. Cette addition, justo numéro, vient à l'aide de la conjecture que j'ai émise XLI, ch. ix ; car Tite-Live ajoute : ddectus consulibus eo difficilior erat quod peslilentia (pecorum) verterat in ho • minum morbos. C'est sans doute pour cela que le sénat usconsulte ajoutait : justo numéro.
Ibid. — T. Veturius Gracchus Sempronianus. Drakenborch pense qu'il faut Ti. au lieu de T., Tiberius au lieu de Titus.
Ibid. — Auximi. Auximum ou Auxumum ( AOS-oujaw , Strabon, V, 4, p. 244 ), ville du Picenum, aujourd'hui Osimo ou Osmo. Le mauuscrit donnait Oximi.
Ibid. — Cœritesque. Priscien ( VI, p. 635, éd. Putsch), parait avoir trouvé dans un ma d user il : ..• lapsœ sunt ( à Rome ) Lanuvini Cœritesque anguem, etc. Sur languis jubatus, voyez les commentateurs de Virgile, Enéide, 11,206.
Chip. XXII ou XXVII. — Nonis juniis. Le manuscrit donne ju/., que Sigonius a corrigé; car Tite-Live dit quintiles, et non julias. '
Ibid. — Aùscutapii. Il y avait aussi nn temple d'Esculape à Carthagène en Espague. Voy. Polybe, X, x, 8.
Cbap. XXIII ou XXVIII. — Liiterœ... Sigonius remplit ainsi la lacune ; Utteras ad Achœos misit, quibus se servos eorum, qui ad se transfugerant, bénigne remUtere mis scripsit.
Cbap. XXIIÏ ou XXVIII. — Callicratides. Sur cet homme qui trahit odieusement sa patrie, voyez, outre les passages de Polybe recueillis dans la table de Schweighaeuser, Pausanias, VII, ch. x-xu.
Cbap. XXIV ou XXIX. — Archo. Polybe, XXIII, 40, et dans la suile de ce chapitre donnée par le palimpseste du Vatican , le nomme Àpx«v. Il est nommé Arco dans les anciennes éditions.
Ibid. — Thessali jEtolique. Il est impossible qu'Archon ait nommé ici les Étoliens. Les interprètes proposent : Dolopesque, Epirotœque, Almopique, Perrhœbique , Bœotique. — Fiat ddectus.
Ibid.— Qirum classis romana Cenchreis slaret, consul cum exercitu Elatiœ essit. Voyez XXXII, ch. xix, et les ch. suivants.
Cb4p. XXV ou XXX. — AStolorum in semetipsos furor. On en voit la preuve dans Polybe, XXX, 14 ; mais il est bon de remarquer que Polybe ne parle que d'une époque postérieure , et où cet état de choses s'était aggravé.
Ibid. — Hypatœis. Voyez XXXVI, 14.
Ibid. — Lycii quaque. Voyez plut haut, ch. vi,et Polybe cité dans la note.
Cbap. XXVII ou XXX IL M. Cornelii Maluginensis, qui bienno ante prœtcrin Hispania fuerat. Il avait bien été nommé préteur et désigné pour aller en Espagne ; mais on voit, cbap. xv, ce qui l'empêcha de se rendre à sa destination. Pfrizonius (Animadv. historié., cbap. vin , p. 342) et Crévier ont donc supprimé avec raison les mots in Hispania. Dans cette partie de Tite-Live nous avons trop de preuves d'interpolations pour, en cas d'erreur, ne pas soupçonner le copiste plutôt que l'historien.
Ibid. — L. Cornelii Scipionis. Valère Maxime (liv. III, ch. v) parle, en termes assez durs, de cet indigne fils d'un grand homme.
« Comment, dit-il, ne pas regarder comme un avorton monstrueux le fils du premier Scipion, lui qui , né pour ainsi dire au sein de la gloire, n'eut pas honte de se laisser prendre par une très-faible partie de l'armée d'Antiochus. comme s'il n'eût pas dû mourir mille fois, plutôt que de déshonorer les deux surnoms illustres entre lesquels il se (routait : celui qu'avait déjà mérité son père par la conquête de l'Afrique, et celui que préparait à son oncle la conquête de l'Asie, déjà très avancée; en présentant ses mains auz chaînes de l'ennemi et en recevant la vie comme une grâce de celui dont L. Scipion devait triompher bientôt de la manière la plus brillante, à la face des dieux et des hommes ? Ce même Scipion, aspirant à la préture, parut au Cbamp-de-Mars avec une) robe blanche si sale, si couverte de taches, qui décelaient la turpitude de sa conduite, que, sans le crédit de Cieeréius, autrefois greffier de son père, il n'y avait pas d'apparence qu'il eût réuni les suffrages du peuple. Au surplus, que lui importait d'essuyer un refus ou d'obtenir ainsi la préture? Encore ses proches, voyant qu'il déshonorait sa charge, prirent-ils des mesures p ur empêcher qu'il ne siégeât et qu'il ne rendit la justice; ils lui ôtèrent même du doi^t son anneau, sur lequel était gravée la tête de Scipion . son père. Grands dieux ! comment souffi Itesvous que de ce foudre brillant il sortit de si épabses ténèbres! •
Ibid. — Ex iis M. ACmVio, etc. Il faut lire Exm
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M. y£m., avec Drakenborch. M. iEmilius Lépidus était consul de l'année précédente et non de celle-ci. Plus bas, aux mots advenlus consulte, Drakenborch propose advenlus proconsulis ; mais la correction n'est pas nécessaire.
Chu». XXVII ou XXXII. — Censores vias sternendas silice in urbe, glarca, etc. Ce passage important sur le pavage de la ville et des routes qui y aboutissaient, a été discuté ex professo par Berg*er, depublicis etmilitaribus Jmp. Rom, viis, liv. III, sect. v.
loin — Ova. Ces œufs, qui étaient de bois, étaient consacrés à Castor et Pollux. La première course finie on en ôtait un ; à la seconde un autre, et a nsi du reste. Au lieu de ad notas, Crevier propose ad metas; car ces œufs de bois étaient mobiles et se pinçaient sur deux ou quatre colonnes, auprès des bornes du Cirque.
Chap. XXVIII ou XXXIII. — Decem miUia pondo argenti, quinque mdlia auri. Trois mille deux cent quarante kilogr. d'argent, valant 690,000 fr., et mille six cent vingt kilogr. d or valant 4,750,000 fr.
Ibio. — Hostixim cœsa aut capta sti}<ra octoginta milita. Plus haut, chap. xn et xvu, nous avons vu vingtsept mille hommes tués en Sardaigne. nombre cependant bien in rérieur à quatre-vingt mille. Mais peut-être les lacunes contenaient-elles d'autres indications. Ceci toutefois peut donner une idée de l'immense multitude de prisonniers que Gracchus avait amenés, et confirme en outre l'explication du vers proverbial,
Sardi vénales , alius alio nequior, qui ferait allusion à la masse et au vil prix de ces prisonniers sardes, d'après Siunius Capito, cités par Festus, page 207 , éd. Egger.