CHAP. I. CAUSES DU DIVORGX, ART. 230, S
Poser une telle question, c'est la résoudre. Reconnaissons donc que les faits antérieurs au mariage ne peuvent servir de base à une demande en divorce, ni à raison de leur caractère propre, ni à raison de cette circonstance que Tépoux défendeur les aurait dissimulés à son futur conjoint (1).
Mais il peut arriver que des faits antérieurs au mariage, et déjà directement injurieux à cette époque, produisent après le mariage, des conséquences d'où pourra ressortir une nouvelle injure pour l'un des conjoints. Dans ce cas, ils pourront être articulés comme griefs, à raison de ces conséquences postérieures au mariage. Ainsi nous avons parlé plus haut (n^ 11), des marchés qui peuvent intervenir entre un entremetteur matrimonial et un individu pour faciliter le mariage de ce dernier avec une personne déterminée. Un tel marché, surtout quand la personne envisagée n*est pas connue de celui qui s'oblige à payer tant pour cent sur le montant de la dot, est en lui-même une injure incontestable ; il témoigne d'une indifférence profonde envers la personne et ses qualités soit morales, soit physiques, et d'une attention exclusive* ment concentrée sur le chiffre de la fortune. Le mariage ayant été célébré, si l'époux qui a souscrit l'engagement paie, sans débat, le prix stipulé, il est certain que l'autre conjoint qui viendrait à découvrir l'existence du traité conclu à son occasion, ne pourrait se plaindre. Si, au contraire, l'auteur de l'engagement veut se soustraire à son exécution, et rend nécessaire, par son attitude, un procès, c'est-à-dire un débat public sur la validité, l'étendue, etc., d'un tel engagement, il y aura dans cette publicité une nouvelle injure postérieure au mariage qui pourra être retenue par les juges de la demande (2).