‹ Commentaires (volume 2)Chapitre 42 sur 105 · AFFAIRES DE PARTISANS · texte numérisé non relu

AFFAIRES DE PARTISANS

naient la loi : mais ils en portèrent la peine, car on en massacra plusieurs à l'issue de la ville, J'avais pris dix soldats davantage plus que les vingt-cinq, pour me tenir escorte à passer le Maupas, qui est un lieu ainsi appelé, et à demi-mille de Marennes, où on ne manquait guère jamais de trouver rencontre de la garnison de Fossano : et audessus, et à main droite de Maupas, il y avait une hôtellerie abandonnée, d'où on pouvait voir tout ce qui venait de vers Savillan droit à Cairas, et dudit Cairas audit Savillan. Comme je descendis en la plaine, tirant droit à Maupas, il y avait soixante soldats italiens de Fossano regardant toujours vers cette hôtellerie, qui est sur un lieu haut ; je vis partir la troupe, qui allait gagner le Maupas du côté de Cairas, pour m'aller combattre en cet en* droit : qui fut cause que je tournai chemin à main droite, et les allai prendre par derrière venant à l'hôtellerie : mais ils m'aperçurent, et voulurent gagner le chemin de Fossan pour se retirer, ayant quatre chevaux qui les menaient. Toutefois je les poursuivis de si près, que je les contraignis de se jeter dans une maison où il y avait une étable tout contre, à laquelle je mis le feu : et ainsi qu'ils se virent perdus, ils commencèrent à crier miséricorde, se jetant à corps perdu, les uns par les fenêtres, et les autres par la porte. Mes soldats en tuèrent quelques-uns, parce qu'un de leurs compagnons qu'ils aimaient fort était mort, et deux blessés : je renvoyai le reste à Savillan, tous attachés

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avec cordes d'arquebuses, d'autant que les miens qui les menaient pas n'étaient en si grand nombre qu'eux. Puis je m'acheminai droit à Cairas, et au moulin dessous Gairas trouvai M. de Gental, gouverneur dudit Cairas, qui me dit que Mondovi était rendu, ayant encore en main les lettres qu'on lui avait écrites. Je retournai tout court pour regagner Savillan, et dire la perte à M. de Termes, pour en avertirM. de Boutières : mais comme je fus au deçà de Cairas, et au commencement de la plaine, près des maisons qu'il y a, qui s'appellent les Rodies, regardant en arrière, je vis une troupe de gens de cheval qui venaient devers Possano au long de la prairie tirant à Albe qu'ils tenaient pour lors ; je m'arrêtai à ces maisons, pour voir ce qu'ils feraient: étant assez près de moi, ils me découvrirent et me voulurent approcher, s'acheminant par une petite montée qu'il y avait, bordée de haies aux deux côtés : et comme je les vis à demi montés, j'enroyai au-devant quatre ou cinq arquebusiers, qui leur blessèrent un cheval ; sur quoi ils tournèrent arrière. Ce que voyant, je pensais que ce fût de peur : qui fut cause que je m'acheminai dans la plaine ; je n'eus fait cinq cents pas, que je les découvris en icelle ; car ils étaient passés plus bas, étant quatorze salades tous porte-lances, et huit arquebusiers à cheval, et un autre qui venait après conduisant le cheval blessé- Je n'avais en tout que vingt-cinq soldats, desquels il y en avait sept piquiers, et le capitaine Favas, et moi, qui

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