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D'un grand ravin

140 COMMENTAIRES DE MONTLUG

aussi le capitaine Ascanio sur un petit cheval gris, qui faisait mettre ses piquiers dans la baisse tous en rang, puis allait courant aux charrettes, pour les ranger près du bout de la baisse là où ils étaient ; et de là courait 'au bagage, le faisant demeurer derrière, puis aux gens à cheval. Je connus bien, à la diligence de ce capitaine, que c'était un brave homme ; et me mis à deviner ce qui adviendrait de notre combat, me mettant lors en doute, pour le bon ordre de ce chef* Toutefois la volonté ne me changea jamais ; et pendant que le capitaine Ascanio dressait son combat, je dressais le mien, et pris Tarquebuserie, la baillant au capitaine Gabarret, qui était à cheval; et notez que la leur était sur le haut delabaisse tirant à nous. Je pris les trois capitaines avec les piquiers, et défendis aux arquebusiers ne tirer jamais, qu'ils ne fussent de la longueur de quatre piques, et au capitaine Gabarret qu'il fît tenir cet ordre ; ce qu'il fit. Je dis aussi au capitaine Mons qu'il me prêtât vingt cinq salades pour m'aider à tuer ; car en un jour, encore que nous eussions eu un bras de plus, à peine les eussions-nous su tuer ; et le reste pourrait combattre leur cavalerie, encore qu'ils fussent plus forts que les nôtres : à quoi il s'accorda, et donna vingt-cinq salades au jeune Tilladet (qui est à présent appelle M. de Saincthorent) et au capitaine Ydrou, chevaux-légers de ladite compagnie, lesquels sont encore en vie, et .beaucoup d'autres qui étaient en cette troupe. Toutes nos troupes

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