‹ Commentaires (volume 2)Chapitre 55 sur 105 · DISPOSITION DE COMBAT · texte numérisé non relu

DISPOSITION DE COMBAT

quinze salades du seigneur Maure, et vingt arquebusiers à cheval : ce qui nous détourna un peu , parce qu'il pria M. de Termes de lui donner un peu de temps pour faire repaître ses chevaux : car ainsi fallait -il qu'il passât par ce même chemin que nous voulions, pour s'en aller à Gairas, qui était son gouvernement ; auquel nous dîmes que nous n'irions que le petit pas, et que nous l'attendrions à Éarennes, mais qu'il se hâtât; car, si nous remarquions que les ennemis fussent prêts de passer, ne le pourrions attendre. M. de Termes d'abord avait envie d'y venir; mais nous capitaines le priâmes de ne venir point , parce qu'il ne faisait que sortir de mala die, et qu'aussi la ville demeurerait seule, et, s'il advenait quelque inconvénient sur nous, serait en danger se perdre.

Étant arrivés audit Marennes, nous fîmes halte, attendant M. de Gental , et nous ordonnâmes notre combat en telle sorte, savoir est, que les capitaines Gabarret et Baron mèneraient les deux cents corselets , et moi les deux cents arquebusiers. Et tout incontinent je me mis devant avec mesdits arquebusiers, venant les corselets après moi, et sortîmes hors du village. Le capitaine Mons fit deux troupes de ses gens de cheval : je ne sais à qui il bailla la première, parce que tous étaient compagnons; mais je pense bien que ce fut au Masses, ou à Monselier, ou à Idron, ou au jeune Tilladet. Et comme nous eûmes un peu marché encore , avant que de nous montrer dans la vallée par où les ennemis

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devaient passer, nous fîmes halte : je pris un gentilhomme nommé La Garde avec moi, étant à cheval, et me mis un peu devant pour découvrir la vallée. Tout incontinent je découvre de l'autre côté, sur la plaine du Babe (qui est un château appartenant au châtelain de Savoie), les trois compagnies italiennes et la cavalerie, qui marchaient droit à Fossano : sur quoi je me pensai désespérer, en maudissant M. de Cental et l'heure que jamais il était venu, croyant qu'il n'y avait pas d'autres gens que ceux que je voyais de l'autre côté, lesquels déjà étaient fort avant; et, comme je m'en voulais retourner pour dire à la troupe qu'ils étaient passés, je regardai en bas (car d'abord je ne regardais qu'à la plaine de l'autre côté), je découvris les Espagnols, et les montrai à La Garde qui ne les avait aperçus non plus que moi , portant presque tous chausses jaunes, et voyions contre le soleil reluire leurs armes, et je connus qu'il y avait des corselets. Nous ne pensions rencontrer rien que ces trois compagnies italiennes, et, sans l'attente de M. de Cental, eussions rencontré les Espagnols et Italiens ensemble, lesquels, à notre avis, nous eussent défaits, vu la défense que firent les Espagnols seuls. J'avertis incontinent les capitaines du tout, et qu'il ne fallait point qu'ils se montrassent encore ; car les Espagnols ne bougeaient et faisaient halte. Je commençais aussi à perdre la vue des Italiens qui marchaient droit à Fossano : c'était une grande iaute à eux de s'éloigner tant les uns des

autres. La Garde retourne à moi, et me dit que M. de Cental commençait à arriver, venant avec ledit La Garde un soldat à cheval, lequel je fis demeurer sur le haut, tenant toujours sa vue vers les Italiens; et je descendis en bas avec La Garde pour nombrer ces gens, lesquels me tirèrent quelques arquebusades : mais, nonobstant ce, je m'approchai de si près que je les pus nombrer, et les comptai de quatre à cinq cents hommes au plus ; et incontinent je retournai en haut, et je vis que leur cavalerie retournait à eux, ayant laissé les Italiens qui déjà étaient fort avant et hors de notre vue. Je dépêchai ce soldat devers mes compagnons, pour qu'ils commençassent promptement à marcher ; car les Espagnols commençaient à sonner le tambourin pour s'en retourner. Leurs compagnies de gens de cheval étaient celles du comte de Saint-Martin d'Esté 3 parent du duc de Ferrare, lequel n'y était point, mais bien son lieutenant, et Rosalès, Espagnol : celles des Espagnols à pied étaient don Juan de Guevare, Aguilar et Mendoza, et la moitié de celle de Luis Quesada, lequel s'était mis avec l'autre moitié dans le château de Raconis. Or M. de Cental et le capitaine Mons vinrent à moi seuls, et virent comme moi que lesdits Espagnols se mettaient en file, laquelle nous jugions de onze ou bien de treize par file. Cependant la cavalerie leur arriva.

Or nous avaient-ils déjà découverts, encore qu'ils n'en eussent vu que cinq que nous étions, et j'avais été reconnu, quand je descendis en bas, par le ser-

gent de Mendoza, qui avait été pris à la défaite des Italiens, et rendu trois jours après. Ils mirent toute leur cavalerie devant, et vingt ou vingt-cinq arquebusiers seulement à la tête d'icelle, une grande troupe à la tête dé leurs piquiers, et le demeurant à la queue ; et ainsi commencèrent à marcher tambourin battant. Je pris mes deux cents arquebusiers, et les mis en trois troupes : Tune menait le capitaine Liénard, et l'autre La Pallu, lieutenant de M. de Garces, qui avait ses deux compagnies à Savillan ; et moi je pris la troisième, et me mis à leur queue ; les corselets venaient après : et de prime arrivée me fut tué La Garde. Ils cheminaient toujours au grand pas, sans jamais faire semblant de se rompre, tirant en grande furie sur nous, et nous sur eux : tellement que je fus contraint de faire joindre ledit capitaine Liénard à moi, parce que de leur tête était partie une troupe d'arquebusiers pour renforcer la dernière : et je fis venir pareillement La Pallu ; et ainsi marchèrent toujours, jusques à ce qu'ils furent à la vue du château de Saint-Pré, qui fut trois milles ou plus, toujours combattant à arquebusades. Je les avais une fois presque mis en déroute, passant un fossé près d'une maison où il y avait une basse-cour, et les tins de si près , que nous mîmes la main aux épées ; il s'en jeta vingt ou vingt-cinq dedans la basse-cour, qui, étant poursuivis d'une partie de nos soldats, furent taillés en pièces; et cependant ils achevèrent de passer le fossé. Notre cavalerie les pensa

charger, ce qu'elle ne fit ; car ce qui les en garda, c'était les arquebusades , lesquelles leur avaient tué beaucoup de chevaux. Et quant aux capitaines, Gabarret et Baron firent une erreur, parce que, comme ils nous virent à ce fossé pêle-mêle, ils mirent pied à terre, prenant leurs piques : mais ils n'y purent arriver. Que si les corselets eussent pu cheminer comme nos arquebusiers, je les eusse défaits là; mais il n'était pas possible, par la pesanteur de leurs armes. Et ainsi s'acheminèrent gagnant pays ; et, comme ils furent près d'un petit pont de brique, je laissai nos arquebusiers combattant toujours, et courus à notre cavalerie, qui était en trois troupes. M. de Cental, menant la sienne, qui se tenait toujours à distance des arquebusades, marchait un peu devant ou un peu à côté; auquel je dis ces paroles : « Ah ! monsieur de Cental, ne voulezvous point charger ? Ne voyez-vous pas que les ennemis se sauvent? ils sont au delà du pont, et incontinent gagneront le bois de Saint-Fré ; et s'ils se sauvent, nous ne sommes dignes de porter j amais armes, et quant à moi, je les quitte dès maintenant. » Lequel me dit, enragé de colère, qu'il ne tenait point à lui, mais que j'allasse parler au capitaine Mons : ce que je fis ; et je lui commençai à dire ces mots : « Ah ! mon compagnon, faut-il que nous recevions ce jourd'hui une si grande honte, perdant si belle occasion , parce que vous autres gens à cheval ne voulez charger? » lequel me répondit : » Que voulez-vous que nous fassions? vos corselets ne peuvent

arriver au combat; voulez-vous que nous les combattions tout seuls? » Sur quoi je lui répondis, en jurant de colère, que je n'avais que faire des corselets, souhaitant de bon cœur qu'ils fussent à Savillan, puisqu'ils ne pouvaient se joindre au combat; il me dit : <r Allez parler à la première troupe, et cependant je m'avancerai. » J'y courus, et commençai à remontrer aux gentilshommes de M. de Termes qu'il n'y avait que neuf ou dix jours que nous avions combattu les Italiens ; et à cette heure que nous devions combattre les Espagnols pour acquérir plus grand honneur, faut-il qu'ils nous échappent? Lesquels me répondirent tous d'une voix : « Il ne tient point à nous, il ne tient point à nous. » Or je leur dis s'ils me voulaient promettre de charger, dès qu'ils verraient que j'aurais fait mettre les épées aux mains aux arquebusiers pour leur courir sus : ce qu'ils m'accordèrent à peine de leurs vies, Alors j'avais un mien neveu, nommé Serillac, qui depuis fut lieutenant de M. de Cipierre à Parme, et pris prisonnier avec lui, et depuis tué à Monte-Pulciano. Et, à la vérité, entre ces trente salades, il y avait des meilleurs hommes que M. de Termes eût en toute sa compagnie. Je dis audit Serillac : « Serillac, tu es mon neveu; mais, si tu ne donnes le premier, je te désavoue, et dis que tu n'es point mon parent. » Alors il me dit promptement ces mots : « Si je donnerai, mon oncle, vous le verrez tout à cette heure : » et de fait baissa la visière pour donner avec tous ses compagnons.

Je leur criai qu'ils attendissent que je fusse à mes gens : alors je courus aux arquebusiers, et à mon arrivée leur dis qu'il n'était plus question de tirer arquebusades, car il fallait venir aux mains. Capitaines mes compagnons, quand vous vous trouverez à telles noces, pressez vos gens, parlez à l'un et à l'autre, remuez-vous, croyez que vous les rendrez vaillants tout à fait, quand ils ne le seraient qu'à demi. Tout d'un coup ils mirent la main aux épées ; et comme le capitaine Mons, qui était un peu en avant, et M. de Cental, qui était à côté, virent baisser la visière à la première troupe, et me virent courir aux arquebusiers, et en même instant les épées aux mains de^ soldats, ils connurent bien que j'avais trouvé gens de bonne volonté, et commencèrent à s'approcher. De ma part je mis pied à terre, prenant une hallebarde à la main (c'était mon arme ordinaire au combat), et courûmes tous à corps perdu nous jeter sur les ennemis. Sierillac tint sa promesse : car il donna devant, comme tous confessèrent; son cheval fut tué à la tête des arquebusiers et des gens à cheval, de sept arquebusades. Tilladet, La Vit, Idron, Monselier, les Maurens et les Masses, tous gentilshommes gascons qui étaient en cette troupe, compagnons dudit Serillac, chargèrent de cul et de tête dans les gens à cheval, lesquels ils renversèrent tous sur la tête des gens de pied. M. de Cental donna aussi parle flanc au travers des gens à cheval et des gens de pied ; le capitaine Mons donna pareillement par

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l'autre côté : de sorte qu'ils furent renversés tous, tant ceux de pied que de cheval. Lors nous commençâmes à mener les mains, y demeurant morts sur la place plus de quatre-vingts ou cent hommes. Rosalès , capitaine d'une des deux compagnies de chevaux légers, se sauva, lui cinquième, comme fit don Juan de Guevare, mestre de camp, sur un cheval turc, avec son page seulement, qui se trouva à cheval , parce qu'il avait eu une arquebusade au travers d'une main, dont il est demeuré estropié : je crois qu'il est encore vivant.

Voilà la vérité de ce combat comme il fut fait : y ayant pour le jourd'hui beaucoup de gentilshommes en vie qui s'y trouvèrent, je n'en demande autre témoignage que le leur, pour savoir si j'ai failli d'un seul mot d'en écrire la vérité. M. de Gental mena prisonnier le lieutenant du comte de Saint-Martin, parce qu'un de ses gens l'avait pris, et quelques autres à pied et à cheval, qui étaient prisonniers de ses gens ; et avec nous les capitaines Aguilar et Mendoza, le lieutehant de Rosalès, celui qui portait sa cornette , et celui qui portait celle du comte de Saint-Martin, sans qu'ils eussent les drapeaux, et tout la reste des gens de pied et de cheval à Savillan. En dix jours toutes ces trois factions se firent, à savoir la défaite des Italiens, la mort du comte Pietro d'Apport à Barges, et celle-ci des Espagnols. Je veux donc dire, pour ce qu'il me touche, que, si jamais Dieu a accompagné la fortune d'un homme, il a accompagné

la mienne : car il ne s'en fallut d'un quart d'heure que ne rencontrassions les Espagnols et les Italiens tous ensemble ; et crois fermement que, si Dieu n'y eût mis la main, nous eussions été défaits : mais il nous envoya Cental, qui nous amusa bien à propos pour nous. Que si cela fût advenu, on n'aurait jamais parlé d'un plus furieux combat que celuilà eût été : car, s'ils étaient braves et vaillants, nous ne leur devions rien. C'était une belle petite troupe que la nôtre. Et pour ne laisser rien en arrière, je ne voudrais pas qu'on pensât que les corselets n'arrivassent au combat par faute de cœur, n'y ayant autre chose qui les empêchât de s'avancer que la pesanteur de leurs armes : car nous avions à peine achevé, qu'ils arrivèrent au lieu du combat, maudissant leurs armes, qui les avaient empêcnés d'avoir part au gâteau*

Or, ces trois compagnies et demie d'Espagnols défaites, et les trois qui allèrent à Fossano, ce qui s'était retiré avec M. de Savoie et le marquis du Ouast, les 2000 Allemands et les 2000 Espagnols qui étaient dans Carignan, furent cause que l'armée de l'ennemi s'affaiblit fort : de sorte qu'au bout de quelque temps M. de Boutières se résolut, ayant MM. de Tais et de Saint-Julien auprès de lui, d'assembler toutes les forces qui étaient dans les garnisons, pour dresser un camp volant, et me manda que j'allasse trouver à Pignerol avec ma compagnie les deux de M. de Garces et celles du comte de Landriano, Italien. Il mandait aussi à M. de

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Termes qu'il ne retînt que deux compagnies avec lui, savoir, celles de Gabarret et du baron de Nicolas : la garnison était fort bonne, et furent bien aises lesdits gentilshommes que M. de Termes les priât de demeurer avec lui. Je veux écrire ici un mot; pour tenir en cervelle les capitaines, et pour leur montrer qu'ils doivent penser à tous les inconvénients qui leur peuvent advenir, et de même aux remèdes. M. de Termes voulait exécuter une entreprise à Castillole, au marquisat de Saluce, sur trois enseignes d'ennemis qui s'étaient mis en trois palais, l'un auprès de l'autre, ayant bastionné les rues, tellement qu'ils pouvaient aller de l'un à l'autre; et pensait ledit seigneur faire d'une pierre deux coups : c'était qu'il m'accompagnerait jusqu'à Castillole, et en emporterait, avec deux pièces qu'il amenait, les palais ; et que de là je m'en irais a Pignerol, et il s'en retournerait à Savillan, menant lies deux compagnies du baron de Nicolas avec lui, pour lui servir d'escorte à ramener l'artillerie. Toute la compagnie des ennemis était logée h Pingue, Vinus et Vigon, et en deux ou trois autres places circonvoisines. Je n'étais point d'opinion d'exécuter cette entreprise, parce que les ennemis étaient si près dudit Castillole, que en sept ou huit heures ils pouvaient venir à nous, et en autant de temps être avertis : M. de Termes, qui était désireux d'exécuter cette entreprise, ne voulut orendre en payement aucune raison que je lui en donnasse, et surtout, qu'il n'y avait pas quatre

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mois que MM. d'Aussun et de Saint-Julien y avaient défait deux compagnies, et pris leurs capitaines, où j'étais avec eux, d'autant qu'ils m'avaient demandé à M. de Boutières, et ma compagnie quant et moi; je lui disais que c'étaient les mêmes capitaines qui étaient sortis de prison après avoir payé leur rançon, lesquels avaient connu la faute par laquelle ils s'étaient perdus, et y avaient bien remédié : car, depuis qu'un homme a fait une perte en un lieu, il a bien la tête grosse, s'il se trouve en même hasard, s'il n'y pourvoit et ne se fait sage à ses dépens. Aussi ai~je ouï dire à de grands capitaines qu'il est besoin d'être quelquefois battu, et d'avoir souffert quelque déroute ; car on se fait sage par sa perte : mais je me suis bien trouvé de ne l'avoir pas été, et j'airne mieux m'être fait avisé aux dépens dautrui qu'aux miens.

Toutes mes remontrances ne servirent de rien , et commençâmes à marcher sur l'entrée de la nuit; de sorte qu'une heure devant jour nous y arrivâmes. M. de Termes mit son artillerie à cent pas d'un des palais : le baron de Nicolas s'offrit incontinent à la garder, et il fallut que le capitaine La Pallu, le comte de Landriano et moi fissions le combat. Je gagnai l'un des palais, non celui que Fartillerie battait, mais perçant les maisons d'une à l'autre, jusqu'à ce que je fis un trou audit palais, par lequel on me garda bien d'entrer (il me souvenait de ce trou où j'avais été si bien étrillé, au voyage de Naples) : ce qui fut cause que je mis le feu à une petite 13 1-12

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maison joignant icelui palais : alors ils se retirèrent dans Fun des autres, ayant duré le combat jusqu'à trois heures après midi, sans que personne s'en mêlât que nos quatre compagnies, j'y perdis quinze ou seize soldats ; M. de Garces autant ou plus ; et le comte de Landriano n'en demeura pas exempt : et néanmoins nous les avions réduits à quitter l'autre que l'artillerie battait, et se remettre au troisième. Et, parce qu'il fallait démurer deux portes, on ne fut point d'opinion de tenter plus avant la fortune; mais que M. de Termes s'en devait retourner en diligence à Savillan, et moi tirer mon chemin avec les quatre compagnies droit à Pignerol, à mon grand regret, car je voulais parachever ou me perdre, et tout le demeurant de ma compagnie. On a toujours remarqué ce vice en moi, que j'ai été trop opiniâtre à un combat : mais, quoi qu'on dise, je m'en suis plutôt bien que mal trouvé. Ce qui fit que M. de Termes condescendit à ne faire rien davantage, c'est qu'il craignit d'y perdre quelque capitaine, dont il eût pu avoir reproche , parce que le lieutenant du roi n'avait rien entendu de cette entreprise. Je m'acheminai droit à Barges; avant que je fusse arrivé au bourg, la nuit me surprit; il fallait encore que je passasse trois grands milles de plaine avant que je pusse arriver à Gavour, où je voulais repaître et séjourner trois ou quatre heures. Et étant à l'entrée de la plaine, je mandai au capitaine Liénard, qui était avec moi, d'aller savoir de M. de Boutières, pour son capitaine,

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