‹ Commentaires (volume 2)Chapitre 63 sur 105 · SATISFACTION DE L' ARMÉE · texte numérisé non relu

SATISFACTION DE L' ARMÉE

mots en m'embrassant : « Je savais bien que tu ne nous apporterais pas la paix. Or sus, mes amis, dit-il à ceux qui étaient auprès de lui , à ce que vous voyez, il y faut faire. » Je lui racontai la difficulté qu'il y avait eu d'avoir le congé, et que le roi seul en était cause : ce qui nous devait plus encourager à bien faire au combat. Il fut aussi très-aise quand je lui dis que les seigneurs susnommés venaient après moi, étant bien certain qu'encore plusieurs viendraient après eux, comme ils firent, me recommandant ledit seigneur, que je m'allasse acquitter envers tous les colonels, capitaines de gens d'armes, chevau -légers et de gens de pied, de la charge que le roi m'avait donnée : ce que je fis, n'y ayant connu homme qui ne se réjouît grandement, leur faisant bien au long entendre l'assurance que j'avais donnée au r*oi de la victoire. Je ne me contentai pas d'en parler aux chefs, mais en parlai aux particuliers, les assurant que nous serions tous récompensés du roi; je faisais la chose plus grande qu'elle n'était : il faut souvent mentir pour son maître.

Pendant mon voyage à la cour, M. d'Enghien boucla1 Garignan, ne le pouvant emporter de force sans beaucoup de perte , campant cependant à Vimeux et Carmagnole. Et bientôt après l'arrivée de cette noblesse, le marquis du Guast partit avec son camp, le vendredi saint, d'Asti, et

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