‹ Commentaires (volume 2)Chapitre 64 sur 105 · Boucla, investit, bloqua · texte numérisé non relu

Boucla, investit, bloqua

214 COMMENTAIRES DE MONTLUG

vint loger à la montagne près Carmagnole, et le jour de Pâques partit pour venir à Cerisole. La compagnie du comte de Tende était ce jour-là de garde : le capitaine Taurines en était lieutenant, lequel manda à M. d'Enghien que le camp marchait et que Ton entendait les tambourins clairement. M. d'Enghien me commanda de monter à cheval, et que je courusse découvrir le tout, pour en porter nouvelles certaines; ce que je fis. Le capitaine Taurines me bailla vingt salades. J'allai si avant que je découvris la cavalerie, qui passait au long des bois de l'abbaye de Staffarde , et entendais les tambourins les uns marcher en avant, et les autres en arrière. Gela me mit en peine de découvrir ce que ce pouvait être. A mon retour, je trouvai M. d'Enghien, MM. de Châtillon, qui a été amiral, de Dampierre, de Saint-André, des Cars, père de ceuxci, d'Assier et de Jarnac, dans la chambre dudit sieur d'Enghien, parlant à lui, ayant porté leur* armes sur les lits dans ladite chambre, et lui rapportai ce que j'en avais vu. Alors tous ces seigneurs lui dirent : « Allons, monsieur, allons les combattre aujourd'hui qui estbon jour, car Dieu nous aidera.» Lors me commanda ledit seigneur que j'allasse dire à MM. de Tais et de Saint- Julien de mettre les régiments en campagne; il envoya un autre à la gendarmerie et cavalerie en faire de même : ce qui fut fait tout incontinent, et nous mîmes hors Carmagnole, en une plaine tirant à Cerisole, et là tout le monde se mit en bataille. M. de Mailly,

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