CHAPITRE III
Montluc retourne en Piémont sous le maréchal de Brissac. — Prise de Quiei-s. — Prise du château de Lans. — Montluc se jette dans Casai.
Notre nouveau roi ayant la paix avec l'empereur, après la reddition de Boulogne, ayant aussi
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accordé avec le roi d'Angleterre, il semblait que nos armes dussent demeurer longuement au crochet ; comme aussi, si ces deux princes ne remuent, la France a de quoi demeurer en repos. Après avoir séjourné quelque temps chez moi, le roi me rappela, et me donna la charge de mestre de camp, et le gouvernement de Moncalier, sous M. le prince de Melphe S lieutenant général en Piémont, étant M. de Bonnivet notre colonel. Il se souvint bien de moi, et, si ceux qui le gouvernèrent depuis m'eussent aimé, j'en eusse eu autant de bien et d'honneur que gentilhomme qui sortit jamais de Gascogne.
[1550] Je demeurai là dix-huit mois, sans que pendant ce temps je fisse chose qui soit digne d'être mise par écrit, car je ne veux écrire que ce où j'ai eu quelque commandement. Ayant eu mon congé pour venir jusqu'à ma maison, j'arrivai en Gascogne, où peu après je fus averti qu'à cause de la vieillesse et maladie de M. le prince de Melphe, le roi y envoyait M. de Brissac pour y être son lieutenant général ; qui fut occasion que le capitaine Tilladet, qui avait aussi eu son congé, et moi, nous en allâmes à la cour, et trouvâmes que ledit seigneur avait pris congé du roi. Nous nous présentâmes à Sa Majesté, qui nous fit fort bon accueil, et à M. le connétable, lequel était revenu à la cour
1. Jean Caraccioli, prince de Melphe, maréchal de France en 1544.