‹ Commentaires (volume 2)Chapitre 85 sur 105 · GRAND RENFORT DE NOBLESSE · texte numérisé non relu

GRAND RENFORT DE NOBLESSE

autant de regret que si je fusse été son propre frère : aussi m'aimait-il de bon cœur, et faisait beaucoup d'état de moi. Pendant notre séjour, par trois fois il vint tenir le conseil au chevet de mon lit, comme peut témoigner monsieur le président de Birague, qui est en vie. Il prenait grand plaisir d'ouïr discourir en sa présence, mais en peu de mots; et, si quelqu'un disait quelque chose, soudain il en demandait raison. Or audit Quiers ou à Moncalier je demeurai deux mois et demi sans pouvoir bouger du lit, de cette grande chute.

Le sieur don Fernand laissa la guerre de Parme, et s'en vint à Asti assembler forces pour dresser un grand camp, ayant laissé au Parmesan le seigneur Caries et le marquis de Vins. Le roi, en étant averti, commanda à monsieur l'amiral qu'il envoyât six de ses compagnies à toute diligence à monsieur le maréchal de Brissac; le capitaine Ynard, lequel pour lors n'était que sergent major, les mena. Monsieur d'Aumale1, qui était général de la cavalerie, arriva aussi; comme fit quelques jours après monsieur de Nemours, et, bientôt après, messieurs d'Enghien et prince de Condé frères, puis monsieur de Montmorency, qui aujourd'hui est maréchal de France, fils aîné de monsieur le connétable; monsieur le comte deCharny, et son frère, monsieur de La Rochefoucauld, ayant une grande suite de noblesse avec eux, tellement

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