‹ Commentaires (volume 3)Chapitre 16 sur 73 · AVIS DU MARÉCHAL · texte numérisé non relu

AVIS DU MARÉCHAL

que j'y arrivai^ un courrier de monsieur le maréchal m'apporta des lettres par lesquelles il me mandait qu'il avait entendu , tant par M. de Joyeuse que d'autres, que je m'en voulais aller à Libourne sur le commandement que le roi m'en avait fait, et que quand le roi m'avait écrit de m'y aller mettre, il ne savait pas que les affaires de la Guyenne allassent si mal ; et qu'il me priait que je les considérasse bien, et que si j'abandonnais le plat pays, le roi ni Monsieur ne le trouveraient pas bon. Je lui écrivis que, quelque chose que j'en eusse dit, ce n'avait jamais été ma volonté, et qu'il s'assurât que je n'étais pas marchand pour être pris au premier mot, et que j'étais fort réjoui de ce qu'il voulait encore temporiser en la Guyenne, pour voir la délibération que l'ennemi voudrait prendre, car il me mandait ainsi par ses lettres ; et que s'il lui plaisait, cependant que son camp ne faisait rien, marcher vers Nogarol et le Mont de Marsan, pour voir si l'ennemi voudrait prendre courage de sortir de Béarn pour nous venir combattre, nous pourrions faire quelque chose, et que cela, selon mon avis, profiterait, afin que si Montgommery voulait entrer sur les terres du roi, il connût qu'il lui serait bientôt sur les bras pour le combattre. Il me récrivit qu'il était content, et qu'il se rendrait à Auch dans cinq jours, et que je m'y trouvasse. Je ne voulus bouger les cinq enseignes que mon neveu de Leberon commandait, de Libourne et Sainte-Poy, combien que les deux qui

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demeuraient à Sainte-Foy n'y fussent que pour épargner les vivres de Libourne ; mais advenant un siège, elles avaient charge qu'incontinent que M. de Leberon leur manderait, elles se retirassent à Libourne, où le chevalier Horloge était, qui faisait des tranchées par dedans, comme si de jour en jour on eût attendu le siège. Je pris les cinq enseignes que le capitaine Castella commandait en Tabsence du chevalier et de mon neveu, ma compagnie, celles de MM. de Gondrin et de Fontenilles, dépêchai en poste à M. de La Chapelle Lozières, qui était à Cahors, et qui se tenait toujours prêt pour amener la noblesse de Quercy, qu'il marchât en diligence, et que M. le maréchal marchait de son côté droit en la Chalosse : ce qu'il fit promptement, et amena sous sa cornette soixante-dix gentilshommes. Tous ceux d'Agénois vinrent avec moi ; il n'en demeura un seul en sa maison, sauf le capitaine Pauillac le vieux, que j'en fis retourner par force à Villeneuve, par ce qu'il en était gouverneur, tant pour garder ledit Villeneuve que pour favoriser de ce qu'i^pourrait Libourne, si les ennemis y allaient.

M. de Cassaneuil était maréchal de camp de notre troupe, et logeait, comme son rôle portait, cent trente-cinq gentilshommes sous ma cornette et soixante-dix sous celle de M. de La Chapelle Lozières, les susdites compagnies de gendarmes et six cornettes d'arquebusiers à cheval. Voilà la troupe que j'avais. Sous la cornette de M. le raaré-

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