‹ Commentaires (volume 3)Chapitre 37 sur 73 · Le brouillard pour le brouillon, la minute · texte numérisé non relu

Le brouillard pour le brouillon, la minute

Vous, messieurs les princes, maréchaux, lieutenants du roi, qui commandez aux armées, pour une pique particulière n'abandonnez pas le général. M. le maréchal devait considérer que c'étaient des Gascons exilés de leurs maisons qui écrivaient en colère : il ne s'en devait prendre à moi ni à eux, mais les excuser, et pour cela ne laisser le pays à l'abandon. Notre proverbe dit *. « Qui perd le sien, perd le sens. » J'ai souvent recherché l'avis et secouru celui que je savais ne m'aimer guère. Ne permettez que vos dépits et vos passions particulières ofïensent le général. Bien souvent me suis-je trouvé voir des grands qui se fussent voulu entre-manger, bien d'accord pour leur maître, et se parler et entretenir comme frères, et après quelque chose de bon ou quelque bon succès, s'ouvrir le cœur et se faire bons amis. J'ai depuis ouï raconter à ceux qui ont eu ce bonheur d'y avoir été, que la plupart des chefs qui se trouvèrent à cette grande bataille qu'on a gagnée contre le Tare étaient ennçmis mortels, mais que pour le combat ils s'accordèrent, et après la victoire se firent bons amis. Plût à Dieu que M. le maréchal eut voulu laisser le maltalent qu'il avait contre moi à Toulouse, pour venir rompre la tête à Montgommery î il y eut acquis de l'honneur, et le pays du profit, au lieu que sa colère nous a ruinés. Je pensais être le plus colère homme du monde; mais il a montré qu'il Tétait plus que moi; et s'il fût venu, je l'eusse assisté comme le moindre gentilhomme de l'armée.

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