‹ Commentaires (volume 3)Chapitre 50 sur 73 · INCENDIES AUTOUR DE TOULOUSE · texte numérisé non relu

INCENDIES AUTOUR DE TOULOUSE

ce qu'il a couché dans sa lettre, et que ma conscience en est du tout exempte. Nous verrons de lui ou de moi qui mieux servira son maître : il a deux avantages sur moi, il est grand seigneur et jeune, et moi pauvre et vieux; mais je suis gentilhomme et chevalier qui n'ai jamais souffert injure, et suis moins taillé que jamais de l'endurer, tant que pourrai porter épée. J'oserais croire que pour lors le susdit évêque n'avait encore rien entendu de l'entreprise que l'on a voulu exécuter contre moi; mais son méchant frère vint demeurer quatre ou cinq jours avec lui, lequel pendant ce temps le convertit d'entendre à cette belle exécution de laquelle je n'écrirai rien davantage, car Dieu a commencé de faire paraître ses miracles pour me venger : j'espère tant en lui, qu'il ne s'arrêtera pas là. Or les princes s'en allèrent par le même chemin que j'avais mandé à M. le président, et firent l'exécution du brùlement entrepris. Je voudrais de bon cœur que mon avertissement ne se fût pas trouvé véritable, car j'ai appris de beaucoup de gens de bien de Toulouse que l'armée des princes leur apporta dommage de plus d'un million de francs. Je ne me veux mêler de mettre ici ce qu'ils firent par le Languedoc, |car je ne me mêle point d'écrire ce que les autres ont fait, ou le devoir auquel se mit ledit sieur maréchal, et retournerai à une lettre que le roi m'écrivit pour aller en Béarn.

Sa Majesté me mandait que j'assemblasse tant

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de gens que je pourrais et le plus promptement, et que je prisse de Tartillerie à Toulouse, à Bayonne et Bordeaux, et là où j'en trouverais, et que j'allasse attaquer le pays de Béarn. Et écrivait à MM. les capitouls de Toulouse de me bailler de l'artillerie et munitions : d'argent, il ne s'en parlait point pour les frais ou pour payer les gens de pied et Téquipage du canon ; et Dieu sait si en telles entreprises il faut que rien manque. Une armée ressemble une horloge ; si rien défaut, tout va mal à propos. Je lui envoyai Espalanques, gentilliomme béarnais, avec ample instruction de ce qu'il me fallait et qui était nécessaire pour marcher; je fus contraint de ce faire, parce que les lettres que Sa Majesté m'avait écrites pour l'entreprise étaient si maigres, qu'il semblait que celui qui les avait rédigées n'avait point grande envie que j'y allasse ou bien que j'y fisse rien qui valût, si ce n'est qu'il fût du tout ignorant. Mais je ne lui en mandai autre chose, sinon d'écrire une lettre bien pressante aux capitouls, pour me prêter deux canons et une couleuvrine avec des munitions, et dont je leur répondrais, car l'argent et munitions sont à eux. Déjà ils m'avaient fait réponse n'avoir point d'artillerie prête, encore moins de munitions, à cause que M. de Bellegarde leur en avait dépensé la plupart au Cariât et à Puylaurens, et que M. le maréchal Damville leur avait dépensé le reste à Mazères. J'écrivais aussi à Sa Majesté qu'il lui plût commander à M. de Valence qu'il me fît délivrer

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