‹ Commentaires (volume 3)Chapitre 6 sur 73 · CONSEIL DE M* DE TERRIDE · texte numérisé non relu

CONSEIL DE M* DE TERRIDE

Nérac, et l'autre à Monflanquin, celle de M. de Fontenilles à Moissac ; lequel de Fontenilles courut audit Moissac, étant bien certain que je le manderais bientôt. Et promptement je fis quatre dépêches, TuneàM. de Terride, par laquelle je le priais de se lever de devant Navarreins, et se retirer vers Orthez et Saint-Sever, et qu'il avait Tennemi sur les bras ; le priant de se souvenir des diligences que nous faisions en Piémont lorsque nous étions ensemble, et que je craignais que les forces de M. le maréchal n'étaient encore prêtes pour promptement l'aller secourir, me doutant qu'avant que ma lettre fût à lui, il aurait les ennemis sur les bras, et qu'il ne se devait obliger à [une retraite, ni moins à une bataille, attendu que ses gens étaient tous harassés de peine, et les ennemis venaient à lui tous frais. J'en fis une autre à M. de Fontenilles pour le faire marcher, une autre au baron de Gondrin à Monségur, et l'autre à M. de Madaillan, mon lieutenant, et que je m'en allais devant vers l'Ile en Jordan si les ennemis n'avaient encore passé la rivière, et que, s'ils l'avaient passée, je prendrais le chemin d'Aire, et que jour et nuit ils me suivissent» Il était déjà nuit; et le matin au point du jour, quand j'eus dépêché les messagers, je partis et m'en allai à Lectoure, et delà dépêchai à M. le maréchal, l'avertissant que je m'en allais droit à lui avec cinq enseignes; toutefois, que si les ennemis avaient passé la rivière, que j'étais d'opinion que nous les sui-

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vissions, et que de ma part, s'ils étaient acheminés déjà vers le Béarn, je prendrais mon chemin droit à Aire, le suppliant de n'attendre personne, car incontinent qu'il serait hors de Toulouse, tout le monde irait après lui, connaissant bien le naturel des gens de ce pays : je les avais assez pratiqués, et m'assure qu'il en fût advenu ainsi ; maintes fois ai-je parti, moi trentième, qu'à la seconde journée je trouvais toute la noblesse près de moi. Je n'arrêtai que ce jour-là à Lectoure; et, comme je veux que Dieu m'aide, quand je partis d'Agen je n'avais qu'un gentilhomme vieux avec moi, nommé M. de Lizac, et mes serviteurs ; mais le lendemain matin, il s'en rendit près de moi plus de trente ; et allai coucher à Gauze, et le lendemain je n'allai que jusque à Nogarol, pour attendre les compagnies de gendarmes et cinq enseignes de gens de pied que j'avais près de moi, que le capitaine Gastella commandait, parce que j'avais envoyé mon neveu de Leberon dans Libourne, à cause que le roi m'avait écritquej'allasseme jeter dedans, et que Sa Majesté avait été avertie que les ennemis s'en voulaient emparer; lequel commandement m'était venu au temps que j'avais averti M. de Terride, et n'avais voulu aller audit Libourne, afin de me trouver auprès de M. le maréchal, pour aller secourir ledit sieur de Terride ou combattre Montgommery sur le chemin. Étant arrivés à Aire, nous nous trouvâmes plus de cent vingt gentilshommes, et arrivèrent aussitôt que nous les cinq compa-

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