‹ Commentaires (volume 3)Chapitre 7 sur 73 · OPINIÂTRETÉ DE M. DE TERRIDE · texte numérisé non relu

OPINIÂTRETÉ DE M. DE TERRIDE

gnies de gens de pied. Le matin arriva toute ma compagnie d'un côté, et par les landes à même heure m'arriva le baron de Gondrin, qui le jour devant "-avait fait neuf lieues, et ma compagnie sept; et le soir arriva M. de Fontenilles. Et ainsi que je montais à cheval à Nogarol, le messager que j'avais dépêché de Lectoure en hâte vers M. le maréchal, arriva, qui m'apporta la réponse du sieur maréchal, par laquelle il me mandait que puisque Montgommery avait déjà passé la Garonne, il lui semblait qu'il ne ferait rien d'aller après lui, et qu'il avait donné avis à M. de Terride, dès que le comte de Montgommery s'achemina au long des rivières, de prendre garde à soi, et que ledit Montgommery Fallait attaquer ; lequel lui avait fait réponse qu'il était assez fort pour combattre Montgommery, et qu'il n'abandonnerait pas le siège, qui était la même réponse que ledit sieur de Terride avait faite aussi à moi. En outre me mandait ledit sieur maréchal qu'il allait battre un château qui était près de Lavaur, nommé Figeac, attendant que les gens de pied qui venaient de Languedoc lui fussent arrivés, que le sieur de Saint-Géran de LaGuiche commandait.

Incontinent que j'eus mis pied à terre à Aire, je dépêchai vers ledit sieur maréchal le capitaine Mausan, qui était maréchal des logis de la compagnie de M. de Gramont , et s'était mis n'avait guère de la mienne; et par lui le priais de laisser toute entreprise, et que, ayant combattu Montgom-

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mery, il n'y demeurerait plus rien à combattre en Languedoc ni en la Guyenne, car toutes les forces qu'ils avaient en toutes ces deux provinces étaient avec ledit comte, et que personne ne nous ferait plus tête au dit Languedoc et Guyenne. J'avais dépêché, à mon arrivée à Nogarol, vers M. de Terride, le priant que, s'il n'était retiré, il se retirât, et se débarrassât de son artillerie s'il se voyait pressé, et que plutôt il la jetât dans le Gave avant que s'engager à une bataille, et que j'avais dépêché devers M. le maréchal, de Lectoure, en hâte, espérant qu'il viendrait; et que, quand même il aurait perdu l'artillerie, pourvu que nous fussions ensemble, nous la recouvrerions bientôt. Je promenais cependant en ma tête qu'encore que Montgommery eût une belle et gaillarde troupe, hésiterait d'attaquer M. de Terride, me voyant venir à lui: mais je crois qu'il eut avis que M. le maréchal ni moi ne voulions entrer en pays, et que nous n'étions pas près de nous joindre : voilà pourquoi il suivit sa pointe. Le soir même que j'arrivai à Aire, après avoir dépêché le capitaine Mausan, arriva le capitaine Montant, de la part de M. de Terride, qui me mandait qu'il s'était retiré à Orthez, et qu'il me priait que je marchasse droit à lui. Incontinent je lui envoyai ledit capitaine Montaut, et lui mandai que je ne partirais d'Aire ou bien de Saint- Sever, que M. le maréchal ne fût arrivé, car je n'avais que trois compagnies de gendarmes et cinq enseignes de gens de pied, et que le capitaine Mon-

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