‹ Commentaires (volume 4)Chapitre 19 sur 21 · DE BI.AISE DE XOKTLUC · texte numérisé non relu

DE BI.AISE DE XOKTLUC

nous dîl depuis. Tant y a que le camp me demeura , avec la perte de trois hommes ^ulement. Des gentils* hommes il nen mourut un seul. Bien tost après arriva le baron de La Garde à Nice, avec Farmée turquesque, conduite par Barberousse (0^ laquelle estoit composée de cent ou six vingts galkres. Tous les princes chrétiens qui soustenoient le party de r£mpereur fai* soient grand cas de ce que le Roy nostre maistre avoit employé le Turc à son recours : mais contre son eniiemy on peut de tous bois faire flesch^s. Quant à moy, si je pouvois appeler tous les esprits des enfers pour rompre la teste à mon ennemy qui me veut rom-^ pre la mienne , je le ferois de bon cœur : Dieu me le pardoint. Monsieur de Valence (^)/ mon frère ^ fut envoyé à Venise pour excuser et couvrir nostre fait; car ces messers crioient plus que tous^ et le Roy ne vouioit perdre leur alliance ; lequel fit une harangue en italien que j*ay voulu mettre icy en françois^ at-^ tendant qu'il nous face voir son histoire : car je ne crois pas qu'un homme sçavant comme on dit qu'il est, vueille mourir sans escrire quelque chose , puisque moy, qui ne sçay rien , m'en suis voulu mesler. Voycy ce qu'il dit*

« L'Empereur estant la cause de toutes les raines, « misères et calamitez advenues à la chrestienté^ illus- Il tiissimes seigneurs , c'est chose que chacun doit

(>)'Hariaden, ou Cheredm, SHrnommé Barberonsse, succéda à son frère fiamch Barberouase au royaume d'Alger, et fut général des ar* Bkées de Soliman II. Il s'acquit une grande réputation sur mer, et s'jrendit formidable par sa valeur et par ses cruautés. Il mourut à Coustantinople en i547y "^ quatre-vingts ans.

C«) On trouvera defl'détaila sur Jean de Montluc, évéque de Valence » dans la Notice qui précédera ks Mémoipres de ChoiAiùn.

ao. 27

4l8- ■ . [l54-a] GOMAIESTAIREa 2

K trouver bien estrange> que ses miiûstres soyent si « impudens et eJOTront^ d'en donner la coulpe au roy c( Très - Ghrestien mon seigneur, le blasmant de ce ce qu'il tient un ambassadeur à Gonstantinople. Mais ce je demanderois volontiers à ces gens-là s'ils pensent ce que les choses tramées par le commandement de te l'Empereur et roy des Romains ^ puis dix ans en ce çà, avec le Grand Seigneur, soient si secrettes , que ce la plus grande partie de la chrestientë n'en soit abcc brevée. Ne sçait-on pas les trefves,-les traictez d'accc cord et de paix, non générale mais particulière, et c( les offres tant de fois par luy faits de donner un « grand tribut (0, et le payer annuellement au.Grand ce Turc paur le royaume d'Hongrie, combien qu'il « pensoit estre un cas de conscience d'endurer qu'un ce petit roy commandast à ce royaume sous la faveur ce et appuy du Turc, luy semblant chose bien peu - « convenable aux Chrestiens? A quoy, avec la vérité, « je poun^ois adjoùster qu'au temps que la paix. fut ce conclue entre vostre serenissime Seigneurie et le ce Turc , le roy des Romains, par l'entremise secrdte ce de ses agens, s'efforça de tout ce cj^'il peut pour ce l'empescher, comme il fut clairement vérifié par l'in^ ce terpretation de leurs courk-rers et depesches. Les «c mesmes ministres de l'Empereur estimoient aussi fc s'eximer de tout blasme, enfaisant grand cas, etacce commodant à leur poste, selon leur coustume, le ce séjour que l'armée navalle du Grand Seigneur a fait (c quelques mois dans nos ports ; et, sous ce prétexte,

(0 Les Lettres e^ Mémoires eilTtat de Ribier, tome i, pag. 584 > pron* vent ({ue rEmpereàr^leroi des Romains , sou frère, officirent au Urc trn tribut annael de ciAepiaate mille ducats.

DÉ BI.ÂISE DE MONTLITG. {l542j ^ig

« veulent, par leurs calomnies. passionnées, forger un

. «. nouveau article de foy, disant qu'un prince , pour sa « deffence , ne peut ny ne doit s'ayder du secours de « ceux qui sont de contraire religion à la sienne; ne

'Cc s'adyisajQS pas qu'en blasmànt le Roy, mon seigneur, « ils taxent David, roy valeureux et sainct prophète, « lequel , se trouvant poursuivy par Saiil , s'edfuit vers

. ce le roy Achis j idolâtre et ennemy de la loy de Dieu ; ce et quelque temps après , luy - mesme se rengea ce parmy les escadrons des Infidelles qui marchoient « pour combattre le peuple de sa propre loy. Et par c< meâme moyen ils blasment Âza, roy des Juifs, qui c< appella à son secours le roy de Syrie, idolâtre, pour fc se délivrer de l'oppression du roy d'Israël. Ils blas- « ment aussi Constantin, prince tres-chrestien^ etce-

- ce luy de tous les empereurs qui a mieux mérité de la

,u rjepublique chrestienne, lequel, en la plus grande fc partie de ses. etpeditions et armées, conduispit avec c( soy un grand nombre de Gots idolâtres. Ils taxent c< Boniface', tant recomm^dé par sainct Augustin ea oc ses Epistres, lequel, pour sa défense, et peut esixe (c pour la vengeance de quelque injure receue, appella

. «c en Afrique les Vandales, hommes ennemis de nostre ce religion., : ' '

ce Ils mesdisent de Narses., esclave de Justinian, ca- « pitaine très -valeureux, mais sur tous religieux,

. ce comme on peut juger par le tesmpîgnaige de sainct « Grégoire, et par les églises qu'il a édifiées dans ceste

. <e illustrissime cité, et dans la ville de Ray énne ;, lequel ii, appella à. son ayde les Lombars, qui en ce temps « :$ibboiToient le nom des Ghrestien$. i^cadius , l'empe^ ce reur de Constantinople, jugé par tous les historiens

^20 [lS4^] COMMENTAIRES

fc non moins religieux que prudent^ voulant sur ses ta derniers jours laisser quelque tuteur et protecteur <c qui fut capable pour conserver la dignité et autho- « rite de l'Empire, tourna sa peilsée devers le roy de ce Perse, idolâtre, et le pria par son testament de vouce loir accepter la tutelle et défense de son fils et de fc TEmpire : ce que fut singulièrement loué par tous « les princes chrestiens de ce temps, et d'autant plus, c( que le roy de Perse n'accepta pas seulement la ft charge^ mais s'en acquitta fidellement jusques à « sa mort. Devant qu'Heraclius se laissa empoisonner fc du venin de l'heresie, il s'ayda en une infinité de «c guerres des soldats sarrasins. Basile et Constantin, « fils de Jean, empereur de Constaptinople, prihdrent fc la Paiiille et la Calabre par le moyen et avec l'aide fc dés forces sarrazines , qu'eux mesmes avoient chassé «( de l'isle de Candie. J'en pourrois dire autant de Fe^ îi deric, qui, avec l'aide des Sarrasins, seigneuria la « plus grand part de l'Italie. Je vous pourrois ame^ « ner Henry et Federic, fireres du roy de Castille, « lesquels, au temps du pape Clément quatriesme, ac^ fc compagnez de Conradin, appellçrent les SaiTazins, Ci tant par terre que par mer, non pour la tuition et ce defience de leur pays, mais pour chasser les Fran^ ce çois de l'Italie ; et en peu de temps, avec l'armée ce des Barbares , s'impatronnerent de la plus grande par' « tie de la Sicilei Je pourrois parler de Ludovic Sforce, o lequel, avec plusieurs autres potentats d'Italie, em* ic ploya les forces de Bajazet.

ce Que diray-je de Maximilian , de la maison d' Aus- « triche^ lequel, non pour se deffendre, ains pour « ruiner vostre Estât ^ très - illustrissimes seigneurs,

DE BLAISE DE UOVTUJC. [l542] 4^1

Il tascha de provoquer et aigrir le Turc contre vous ^ <( à vostre grand ruine et dommage ( ce que se ti^ouve « fidellement escrit par le seigneur Ândi^ea Mocenc nigo ^ qui est des vostres) ; ensemble des remèdes dçs-' « quels vous usâtes en telle nécessité? Que si les rai- « sons naturelles y si les exemples tire^ de la sàincte « Escriture et des histoires chrestiennes y ne suffisoient « pour vous confirmer et persuader entièrement la « vérité de ceste cause, je pourrois Faccompagner de « plusieurs autres , que je laisse, pour n*ennuyer vos c( seigneuries , et qu aussi [e pense qu'il ne vous en f( reste aucun scrupule, veu que je vous ay, par les- « exemples cy dessus alléguez, faict voir le foible fon«« K dément de Farticle de foy nouvellement forgé par « les impérialistes. Et, qui plus est, je dis et maintiens « que le roy Tres-Ohrestien , mon seigneur, à Timita^ « tion de tant de signales et tres*religieux princes, peut, « sans fûre tort au rang qu'il tient ny au nom Tres^ « Chrestien qu'il porte, s'ayder en tous ses affaires et « nécessitez du secours et ayde du Grand Seigneur. « Et si cela se peut, avec la vérité et raison, enten-* le dre de tous ses affaires nécessaires^ combien, à plus K forte raison, doit estre, non seulement excusé, mais « grandement estimé le roy Tres-Chrestien, lequel, « non pour besoin qu'il ait de se deffendre, non pour ce une juste vengeance que Sa Majesté eust peu desi- « rer de tant de torts receus, de tant d'injures à luy c( faites , de tant d'assassinats et meurtres exécutez « contre ses sujets par l'Empereur, et à sa suscitation , « n'a voulu accepter autre secours, sinon celuy que ce Ton void par expérience estre à tous les Chrestiens « plus utile que dommageable? El si quelqu'un de

4^2 [l54s&] COMMENTAIRES' -

« ceux qui favorisent le party de TEuiperetir deman- « doit comment Tarmée turquesque peut estrè dàn» ce nos ports, non moins pour le bien de Tltaii^ que « pour.nostre profit particulier, je luy pouiTois de- « mander pour response, par quel moyen on pourvoit' « prouver que la chrestienté ait reçeu aucun dom-f « mage en ce que nous avons reçeu et r€freschy C€Sle «armée dans nos ports: à quoy je suis asâeuré que c( ne me pourroit respondre le plus avisé et le plus « affectionné des partisans impériaux^ ^inon que ce « fut quelqu'un qui print plus de plaisir d^en ouyr « conter et deviser, que d'entreprendre le discours « véritable et la negotiation, et en apprendre la rai- « son. Mais, pour ne laisser la moindri^ chpsè du €< monde qui peut engendrer quelque doute en Tescc prit de. ceux qui ne sont informez de ce feit enliere- « ment, j'en tûucheray ce point le plus Iwiefvemeiife « que je pourray. A toutes les fois que vôstre sérénité « à esté recherchée par les ambassadeui^ de l'Empe-' «reur pour donner passage par les. terres de yostre <c Seigneurie à leurs soldats tudesques , italiens' ou fc espagnols, tout. aussi tost on a entendu mille plain* « tes des assassinats et debondemens de leurs soldat&r «c Ety a seulement quelques mois que les Tudesques,- « qui disoient aller à Carignan faire leurs pasques,> « pour surmonter ceux-là qui avoyent si vilainem^it c t^ché l'honneur de vos subjects, et si meschamment « pillé leur bien, desployerent une partie de leur « rage contre les églises, coupant avec un grand vî-» « tupere et mespris de la religion chrestienne , les « oreille^, le nez et les bras desxsrucifix et des autres « images qui repr^seotoyent les saiuctsqui sont au ciel.

DE BLAISE DEHORTLTJC. ,[1542] 4^^

<c L'armée grande et puissante^ da serenissime « prince y. partit de Cohstantihople estant composée de fc :soldats estrangers de nostre religion ^ et , estant des^ n tinée et envoyée pour le secours du Roy mon sei- <c gneur, passa au milieu de vos isles , s'arresta au « pays de TEglisé, traversa les terres des Siennods et ce Genevois ( peu{Jiles qui plus- volontiers favorisent la « grandeur de l'Eknpereur que leur propre liberté) ; « niais il ne se peut sçavoir ny ne se trouve personne « qui se plaigne qu'aucun tort luy ait esté faict ^ ains ce ont usé de toute courtoisie^ et donné libre j^assage « à tous ceux qui ont esté rencontrez en mer/ et payé c( tout ce qu il a fallu prendre ^ passant pays, pour leur ce provision et ayitaillement de l'armée : lequel bien ce je ne crois pas qu'on puisse rapporter ailleurs qu'à ce la seule présence du capitaine Polin, ambassadeur «c du Roy^ De façon que jamais au passé ny Turcs ce ny Ghrestiens ne se sont si modestement çonv- « portez.

« Qui sera celuy-la, serenissime p^nce, qui puisse et oii vueille nier que » si l'armée, n'eust esté retenue CK parla majesté du Roy mon maistre pour ladeffence a de ses frontières, que la chrestienté n'en eust esté ft assailUe avec infinies pertes? Qui sera celuy qui ne ce jugera que ceste armée, avec une si grande puisce sance, eust triomphé d'une infinité d'ames chres- « tiennes, et de quelque ville d'importance, si nous « ne l'eussions convertie à nostre profit? ce qui aurpit le reiissi au bien des afiaires du Grand Seigneur, et « advantage grand de ses capitaines, ennemis^ de nosce tr€ fpy. Donçques, ceste armée estant disposée et car <c pable pour faire quelque haut exploit , toute per«

4^4 [i54^3 cohmeutàires

(K sonne de bon jugement pensera qu'il a est^ pins «utile à la chrestienté qu'elle aye eslë employée « pour servir à la majesté du Roy mon seigneur^ que « non pas si de soy-mesme eile^ sans aucun frein, « eust marché contre les Chrestiens. Si bien qu^on* « tre qu'il estoit besoin et nécessaire an Roy mon « maistre s'ayder de ceste armée pour reprimer Finie solence des gens de TEmpereuf, lesquels avoyent ja te prins quatre de ses gallérés dans le port de Tolon, « il se peut aussi dire sans replicque , qu'en cecy nos* « tre utilité privée estoit conjoincte avec le bien pute blic de toute la chrestienté: Je crois > serenissime « prince, vous avoir représenté clairement, et conte firme par raisons toutes évidentes et arguiaens cer- « tains, deux points principaux : le premier, que le ic Roy, sans prefudice du nom et de l'honneur de tt Ti'es-Cîhrestien, a accepté les forces qui luy ont esté « envoyées par le Grand Turc^ le second, que ce se- « cours a esté plus utile que dommageable à la chresfc tienté^ et j'adjousteray le troisième avec la brefVeté «c que l'importance de la matière me permettra ': c'est « que la majesté du Roy, non pour ambition de doit miner, non pour se venger des injures receùiës, non «c pour s'investir du bien d'autruy, non pour recou^ « vrer ce qu'injustement luy a esté usurpé; mais seu- « lement a retenu ce secours pour se defiendre : j'ente tehs, illustrissimes seigneurs, pour deffendre son fc royaume , lequel l'Empereur de tousjoârs , avec « des violences ouvertes ^ avec dés cautelleà isecrettes, ic avec des intelligences, avec des trahisons, avec toute (c raison et justice, a cherché de ruiner. Et mainte- <c nant ses ministres , comme s'ils parloyent par mocque-

DE BLÂISG DE XOHTLUC. [154^] 4^5

« ri€, n'ont poiat lM>nte de dire que sa majeâlë Gesarée it n'a ^estë esmeuë par autre raison d'entreprendre ' « contre le royaume de France, que pour dissoudre « lamitié. qu'on dict esire entre la majesté du Roy et « le Grand Seigneur. O les délicates consciences! ô « les sainctes propositions ! ô re^ponces bien justifiées, « pour s'en sei^ir toutesfois envers quelques sots et ce ignorans, et non pas envers vous, illustrissimes sei- « gneurs, qui, avec vostre admirable et accoustumée V prudence, avant mesmes que j'aye parlé, avez, en « vostre conscience et en vostre esprit, jugé tout -le ft contraire; et recognoisses que le fondement delà « guerre n'a esté autre que le dessein de ruyner ce » royaume-là , qui depuis mil ans en çà s'est monstre « le vray et prompt recours de toutes personnes opte pressées, et le seul refuge de tous Estats affligez. Je « voudrois entendre de ceux qui inventent de si sub«p « tils argumenjs, quel sainct esguillon de la foy poussa « l'Empereur, ligué avec le roy d'Angleterre, de ve- « skir assaillir la France par les costez de la Cham** <c paigne et de la Picardie, faisant reiissir finalement fc tout le fruit de son entreprinse au brnslement de je <c ne sçay quels villages, et siège de Mesiere pour luy €c fort honteux? Quelle religion l'espoinçonna (0, au c( temps que lltalie vivoit en repos et asseùrance^ ce pour estre Naples, Milan, Florence et Gènes poste sedez par divers princes , de venir mettre le tout en €c trouble et discorde? quelle religion, dis- je, l'esmeut c< de se joindre et liguer avec le pape Léon, pour ence lever l'Estat de Milan , lequel par droicte ligne ap* « partient aux enfans de mon Roy? Quel si grand

(0 L'exeâte.

« zele de la foy les conseilloit de vouloir faire tuer (<) flc le Roy par le moyen d'un prince de France, lequel ce il avoity pour cest effect, avec promesses et larmes « suborné? Et, voyant que ces te malheureuse praa ticque, plustost qu'approcher de Texecution , estoit a toute descouverte y il envoya le seigneur de Bource bon en France avec un nombre infiny de gens, sous K esp^ance de pouvoir gaigner à force ouverte ce K que, la bonté et prudence de Dieu ne leluy permette tant pas, il n avoit peu exécuter avec ses trahisons, ce Quelle inspiration du Sainct-Fj^rit peust estre celle- « là qui conduisoit il y a sept ans l'Empereur avec €< sept mil fantassins et dix mil chevaux , pour assaillir « la France , et y entrer par la Provence et par la <t Picardie? Quel commandement de TEvangile se « pourra jamais trouver tel que Font trouvé cenx-cy, « qui se monstrent en apparence si grands zélateurs « du nom chrestien , qui puisse jamais justifier aux ce yeux de tout le monde la confédération de TEtnpe* ne reur et du roy d'Angleterre, veu que ledict roy ana glois , à la suscitation et poursuitte de sa Gesarée et majesté, a este par les papes dedaré schismàtique, ce hérétique et rebelle? Laquelle conspiration ne se «peut baptiser du nom d'un secours nécessaire, ains

«une injuste, meschante et détestable conjuration

(>) Il s^agit ici de la coiiBpiration du connétable de Bourbon : Jean de Hontlac parle diaprés le compte qu'en rendit Biron en parlement de Paris assemblé, a La fureur du connétable, dit-il, ne tendoit pas moins « qu'à remettre la x>er8onne sacrée du Roi entre les mains de l' Anglais, « faire des pâtés des enfans de France, et livrer à Fétranger nos plus « ricbes provinces. » En supposant que ces accusations fussent exagérées, il n'^en est pas moins certain que si le plan du connétable i^étoît accompli, François I e&t été détrôné , et la monar€liie détruxte.

DE BL AISE JDE XONTLTJC. [ 1 54 2] 4^7

ft faicte entre eux deux, pour s^entrepartir tin royaume ce ohrestien et catholique, lequel de tout temps y lors « qu*il s*est présenté quelque occasion pour Fagran- <c dissement de nosti^e foy, s'est tousjours monstre (c prpmpt à employer et son sang et ses moyens* « Quelle immense dharité pourra estre celle-là , qui en « si peu de temps a induit FEmpereur d'embrasser^ « favoriser et se conjoindre aux princes allemans , les« « quels puis vingt ans en ça il avoit jugez hérétiques, (f schismatiques et aliénez de nostre foy ?

<c Tout le monde, serenissime prince, neluy bastôit ce pas, tant il estoît enclin à Tambition et à la vente geance. N'eust il pas senty le honteux scome qui « luy fut fait par le. rôy d'Angleterre, en la personne K de sa tante, si son dessein de sub juger toute la chresfc tienté ne Teust transporté à oublier cest outrage 7 (c Combien de fois en vain, pour obvier à r.entreprise et turquesque, et à l'évidente ruyne de l'Hongrie et de « l'Allemagne , a on tenté et cherché les moyens pour tt mettre quelque paix et union entre ces princes ?Maisf ft laissans à part toutes les haines particulières, les in-* fc terests privez, le respect de la religion, le désir do jn la commune liberté, l'obligation de tant de benece fices anciennement receus desnostres, et depuis quel* ce que temps de nous, finalement, à nostre grand dom-*^ «• mage ils se sont conjoincts et ralliez; et firenftout « ainsi qu'HerodeS/etPilate, lesquels, d'ennemis ca^i- « taux qu'ils estoyent, devindrent amis, et s'associe- <c rent pour persécuter Jésus -Christ. Ira doncques « FEmpereuf ,' serenissime prince, avec intention de « s'emparer de la France, et d'ofFehcer ce Roy, le- » quel, après avoir reçeu tant d'injures, accorda si vo*

428 [lS4^] COXKEBTAIEES

c( loDtiers et si amiablemeat la trefve de dix ans? s^en €c ira rEmpereur avec intention de ruyner ce prince^ « lequel y après avoir esté tant de fois indignement âsff sailly dans son royaume, et comme revenant des « obsèques de cest illustrissime et serenissime Dauphin, fc qui luy fut si poltronnement, pa[r les eerrùptions de fc FEmpereur, empofeonné, alla neanimbins, avectou» « ses autres enÊms et princes de son sang, jnsqiies en « la gallerç dudit Empereur, avec péril de sa propre a vie , luy monstrant combien la paix neccéssaire à « tous, les Chrestiens, estoit continuellement désirée « de Sa Majesté ? S'en ira TEmpereur avec intention (c de ruyner , brusler et mettre en proye ee royaume, « passant par lequel il la esté bien-viegné, caressé et « honoré, et non autrement que si e^eust esté Diea ic quifust d^cendu en terre? S*«fibrcera 3, avec des m moyens indeus et violens de se rendre seigneur de A ce royaume, dans lequel durant cinquante jours, « par la ^courtoysie et bénignité du Roy mon seigneur, ff il s'est trouvé plus respecté que son naturel sei- •c gneur, et avec tout pouvoir d'y commander plus qu'en €c sa propre maison? Iront les Tudesques avec mten- « tion de faire serfs et esclaves ceux qui, povr conser- « ver la liberté de la Germanie, se sont si libéralement c< employez aux despens et perte de leur chevance, et fc effusion de leur sang? Iront les ÂUèraans et les Anr< glois avec volonté de destruire ceste religion , que «c nous, avec nos valeureuses armées, et avec la doc* ce trine d'un nombre infiny d'hommes exelleos en sça- « voir, avons publiée par tout le monde? Iront les n Espagnols, qui si souvent et à force d'armes ont esté « par nous reduicts à la foy chrestienne^ avec inten«

DE BLA.ISE DE MONTLUC. [l54a] 4^9

ft tion d*en prendre vengeance , et pour nous con« « tramdre à laisser ]a religion, laquelle avec si grand « honneur du nom de Christ nous avons si longce temps conservée? Que si nous sommes, contre tout (c devoir y abandonnez du reste des Chrestiens (ce que « Dieu ne permette ), nous pourrons, nous sujects «du Roy mon seigneur, très -justement demander ce vengeance à Dieu coiltre tous d'une si grande in* « gratitude.

« Ce ne seront pas les mérites deuz à nos pères anff ciens, pour avoir par la grâce de Dieu gaigné et ce acquis à la chrestienté tant de victoires sous la con* « duitte de Charles Martel, au temps qu'ils combatce tirent et taillei^nt en pièces cinquante mille Sarrac zins venus d'Espagne.

« Ce ne seront pas les mérites que nos majeurs par « la grâce de Dieu ont acquis à la chrestienté au «temps que par leurs forces, sous la conduictè de « Charlemaigne , les Infidelles et Sarrazins furent « chassez des Espaignes et d'une partie de l'Asie ? Ce « ne seront pas les mérites que par la grâce de Dieu tt les nostres ont acquis au temps d'Urbain second^ « lequel, sans beaucoup de peine ny contradiction , ce disposa nostre Roy , ses princes , nostre noblesse, et a generallement tout le royaume contre les adversài- « res de nostre foy , si bien que tous ensemble , et par n nostre secours, conquirent le royaume de Hierufc salem et la Terre Saincte. Pourront lire jaitiais les fc Chrestiens , sans recognoissance de l'obligation que K nous avons sur eux, l'oraison prononcée par l'eves- « que Oliviense, au temps de Calixte, en présence de « vostre serenissime seigneurie? Le commencement de

43o [1542] COMMENTAIRES

c( laquelle contient ces mots : Aucuns de nous nMgnôre, ce illustrissime seigneur^ qu'il y a vingt ans que ce c( victorieux exercite des Gaulois passa d'Europe en €<,Asie, où, par .la bénignité de Dieu et par leur « vertu , tout le pays de Bastero jusques en Syrie a t( esté destourné de la foy de Mahomet. Ce ne seront <i pas donc les recompi^nses des mérites de tant d'ex- « peditions contre les adversaires de la foy , heureuse- « ment faites par nos ancestres au temps de Philippes ce et Charles de Valois. Et quand sa Saincteté verra «c tant de nations ensemble conjoinctes, et avec un ce mal-heureux désir de ruiner le reste de la chrestienté, «et résolues d'opprimer ce royaume, qui sur tous les c( auti'es a bien mérité, de la republique chrestienne, « je ne croy pas qu'elle ne vueille, pour nostre tuition « et deiTence, nous prester Taide et le secours qu'elle « )ugera nous estre nécessaire. Et quand sadicte Saincc( teté en useroit autrement , elle feroit son très-grand « dommage, et contre le devoir d'Italien , de Chres- « tien, et de pontife : d'Italien, pour ce que nostre «c $ainct Père sçait bi«n , que la servitude et calamité c( de l'Italie, ne peiit naistre d'autre accident , que de ce la ruyne et destruction du royaume de France ; de . cr Chrestién, d'autant qu'ayant esté de tout temps le ce nom de Christ défendu et amplifié par ce royaume, « et estant h cest heure. combàtu par le moyen et amcc bition de l'Empereur et de tant de nations aliénez c$ de nostre religion , il ne -pouira estre abandonné en « ce besoing, sinon dès mauvais Chrestiens; de Ponce tife, p^rce que ce sera contre le devoir de Sa Salnc- « teté, pui$ qu'elle est entièrement et en toutes sortes ce esclarcie et tres-asseurée comme l'Empereur, obs*

DE BbAISE DB MOUTTLUC. [l542] 4^1

« tine en sa volonté , résolu de mettre sous son a joug François et Italiens , et tous autres Ghrestiens^ « n*a jamais voulu prester Toreille à aucune condition « de paix que Sa Saincteté luy ayt proposée. Au contt traire , le Roy mon seigneur , désireux d'icelle et du « repos des Chrestiens, a voulu bien souvent remettre « tous les droits et différents au jugement du sainct « Père. Doncques, pour faire Tofiice de vray pontife « et de vray juge , ne pourra-il pas prendre les armes « contre celuy qui sans honte n oseroit nier qu'il ne ce soit le seul perturbateur du bien et du repos public? « Et quand il ne fera cela , pour luy reprocher son « ingratitude en cet endroit > les os de Grégoire troi- « siesme, d'Estienne second ^ d'Adrian premier ^ d'Es- « tienne quatriesme , de Grégoire neufiesme, de Gec( lazio second) d'Innocent second , d'Eugène sixiesme^ « d'Innocent quatrie^me,. d'Urbain, et de plusieurs « autres pontifes, s'esleveront tout à coup : lesquels ^ (c estans persécutez, partie par les ennemis de lafoy^ «ç partie par les empereurs y ont esté secourus par lés « forces du royaume Tres-Chrestien et par le moyen de « ceste Couronne , comme l'ancre sacrée de toute la « chrestienté ; ont esté garentis et restituez au sainct « Siège. Les os , les cendres du pape Clément s'es- « leveroient , lequel , contre toute raison et justice , re- « duit eji extrême calamité par l'Empereur (lequel « mamtenant, alié et fortifié d'heretiques , prépare et (c excite tant de tragédies aux bons et vrais Chrestiens), ce fut délivré de toutes ses oppressions par les forces ce du Roy ^lon seigneur , avec une notable perte de» ce uostres. Je ne croy pas., illustrissimes seigneurs ,.qae « vous ayez du tout oublié l'union et confédération

43 à [i54-a3 comment aihhs

m qui depuis sept cens ans a este inviolablement gar • (c dée entre ceste illustrissime Seigneurie et la Cou- « ronne de France.

« Oublierez vous Testroict^ alliance qui estoit entre ce vous et nous aux dernières gueires? Vous n aui'ez ce perdu la mémoire de ceste entrëprinse en laquelle <c vous et nous en si peu de temps conquismes Cons- « tantinople (0. Pourrez-vous supporter qu'une nacc tion que vos majeurs ont tant aymée et honnoree, ce demeure afibiblie par le moyen de nos ennemis, ce avec laquelle , n'estans ny vous ny nous dégénérez « de la vertu de nos prédécesseurs, vous pouvez enfc core espérer de faire d'autres entreprises, qui seront « pour vostre accroissement avec le bien de toute la ic chrestienté? J'espère, illustrissimes seigneurs, que « vous considérerez avec vostre accoustumée prudence, « que, s'il advenoit (ce qu'à Dieu ne plaise } quelque tt sinisti*e accident au Roy mon seigneur, la liberté « de vosti*e serenissime republique seroit, sans aucun ce remède, exposée en proye à celuy qui ne tend à au- « tre fin que sousmettre ies deux à un mesme joug, « comme ceux qui se sont trouvez unis tousjours pour « la deffense de la commune liberté. Eï quand vous <c feriez autrement, en nostre faveur s'esleveroient les « os de nos anciens pères, lesquels , voyant Philippe « Maria Vicomte avoir subjugué Gènes, et ja réduit ce toute la Toscane en un misérable estât, pour ne ce vouloir souffrir une chose si injuste, et laisser envi- « ronner le pays des princes si puissans, reprindrent, « avec l'aide des Florentins , Gènes , et par ce moyen,

(0 Les FraniçaLs et les Vénitiens prirent Gonstantuiople le second âimanche d'après Pâques, Fan xao4>

DE BULCSIS DE ICOKTLUC. [x|54a] ^^^

^ non seulemeiU repoussèrent Tambition d^ ce tyran ^

4c maisi avec une singulière louange et obligation- de

Kc ritalie, reconquirent Bresse , Bergaqie et Crémone.

« Pour la memoii^e de tant de braves actes , je croy

« vous avoir osté toutes les difficultés et empeschemens

js qui par les calomnies des Impériaux vous estment

0 opposez. £t, comme serviteur de tous, vous, illus^

.« tnssimes seigneurs, je vous conjure et supplie vou-

« loir considérer en quel estât se trouve la misérable

fc Italie , et généralement toute Jachrestientë, et, avant

(Cc vous résoudre et prendre party, vouloir, fionseu>

j(c lement escouter le reverendissime et tres-illqstre

fc cardinal de Ferrare (<} , mais examiner par le menn

jK ce qu il proposera à vostre Sublimité de la part du

«c Hoj mon seigneur. Je supplie encore un coup vos-

« tre Sérénité vouloir, avec son accoustumée prudence,

« considérer comme l'Empereur est non seulement la

te cause de la ruine et misère de TltaKe, mais aussi lè

« recognoîstre comme insidiateur de la liberté de cestè

« illustrissime Seigneurie. Recogqoissez , recognois^

<« sez , je vous supplie , la maison d' Austriche pour

<( vostre ennemie capksde, et comme celle qui de tout

« Jtemps a fait tout effort d'enjamber et usurper les

icbiens et pays d'autruy, et spedallement ceux de

« vo^re illustrissime Seigneurie. Au contraire, re-

« cognoissez la majesté du Roy tres-chrestien , mon

(«) Hipp0lyl«41S[A, cardiiial de Ferrare, fut long-temps attaché à la Ftffoçe, En idS» Henri II U noimiia Yio^^roi en Tof cfme et. son lieuctenaat-général k Sienne.Ce cardinal fivoit quaue cents personneff à sa suite pour son service personnel, sans compter ses gardes, lorsqu'il s'installa dans sa vice -royauté. {^MemorU storico criticke dtUa cita ai

ao. aS

434 [l^4^] C6MHE1ITAXIIB9

«c seigneur^ pour vostre ancien , fidèle et aflêctionnj ce amy y et avec quelle promptitude il vous a departy ir ses moyens pour le recouvrement de vos places fc occupées injustement par ceux de la maison d'Aus* ce triche. La reprise de Bresse et de Yeronne en peu-» « vent donner asseuré tesmoignage. Et si ne vous faut ce craindre qu'une telle amitié se puisse dissoudre ou K violer en aucune sorte ^ parce que, n^y ayant entre «i la couronne de France et ceste illustrissime Seigneu<* m rie aucuns differens, ny anciens ny récents , et ne « tenant Tun aucune cbose de Tautre ^ les occasions « defeillent aussi pour lesquelles les amitiez se peuvent 4< dissoudre entre les princes : ains au contraire leur «[ unité y alliance et conformité sont telles, que la €c ruine de Tune menasse et promet asseurement la fc dissolution et calamité de Tautre. »

[i543] Je ne sçay pas quelle opinion resta à la Sei« ^eurie d'un si grand -affaire,' ny si Feloquence de mon £rere leur fit trouver bon ce qu ils trouvoyent si mau« Tais : une chose sçay-je bien , que lors et depuis f ay tous* |ours ouy blasmer <:e fait, et croy que nos affaires «te s'en sont pas mieux portez ; mais ce n'est pas à moy ii demesler de si grandes fumées. Ce grand secours du Turc amvé,.tout le monde pensoit que la terre ne fust assez capable pour eux. Voyla que c'est des cho« ^s qu'on n'a pas essayas. Monsieur d'Anguien, qui estoit pour lors lieutenant du Roy en Provence, assembla quelques enseignes de Pravencemix, et vint se planter devant Nice , où , après avoir faîct une grande batterie, l'assaut fiit donné par les Turcs et Provenceaux ensemble; mais ils furent repoussez. En fin la ville se rendit, non pas le çhasteau. Monsieur de Sa^

K>E ILÀISE DE MOnTLtlC. [t543] 43&

voye soUicitoit cependaat le marquis de Guast poiu* le secotirir II lequel se lait eu campagne avec une bonne armée* Les Turcs mesprisoient fort nos gens ; si croy- - Je qu ils ne nous battroîent à forces pareilles : ils sont plus robust€|Sy obeyssans et patiens que nous; mais, je ne çroy pas qu'ils croient plus vaiUans; ils ont une ad? vantage, c'est quils ne songent rien qu'à la guerre. Barberousse (0 se faschoit fort, et tenoit despropo» aigres et piquans , mesmement lors qu'on fut con-» trainçt luy emprunter des popdnes et des balles. Tant y a qu'ils se rembarquèrent sans avoir faict de grai)d$ faits d'armes : aussi Thyver approchoit. Ils se potlèrent bien modestement à l'endroit de nos confederez. Les Proyenceaux ai|8$i se desbanderent.

J'avois oublié à vqus dire qu'après le mauvais suo* ces de la^ guerre de Perpigfaaa^ le Roy nous manda marcher droit enPiedmont» et monsieur d'Annebaut^^ qui estoit admirai , alla iTjLettre . le siège devant Çony p là QÙ nous firmes aussi mal qu'à Perpignan ; et fusmet bien frottez en donnant rassaiit, pour avoir mal re-* cogaeu la bresche ^ oh je vis bien £aiire au brave e^

vaillfiOit capitaine Sainçt Petro (?) Corsse , qui fut

(«) On voit par les dëpécKes de rambassadeiir de France k Constaii** tînople , qae Boilberoussfe atoit' tonjoars été trés-mal disposé àîégard des Français. « Votxé Majesté, dit Fambassadeur' au rot François X a en lui annonçant la mort de Barberousse, ne doit pas avoir trop . o grand déplaisir : car à la vérité )e n^ai veu homme par-deçà j^ob con<« a traire à tout ca qui tonchoit votre service qiae luy, à tout le moins « depuis qpie j'y suis; et )e se pais penser qv^û en eutt'eu -autre causé ff que le bon traitement qui luy fut fait en ^Provence, lequel', an lien jfc de le reconnoitre, a £ait depuis les pbis médians offices qn'ila peai « et. croy que , i^il eust peu davantage , qu'il Teust fait : toutesfois Die«l « y-apôurveu. » '

C») Le corse 5aa*Pittro , dit Bastelica , é(oit hmà'mt faadQt^lMttft

436 [i 543] CQHHElVÏAIftBS

|>re8que assommé. Ledict sieur admirai y se voyant surrhjver^ s'en retourna en Frtiâce^ ayant pris quel- .^iiies |)etites places > et laissa motisîeiit* dé Botieres, lieutenant du Roj ^ leqciâ retivOjâ èû garnison à Oabacret ^ ^ moy à Sâvilkn où mdiisieKr de Termes ^toit gottverjaeur, qui en fut bien aisé 9 ^r àUssi il tiens demandoit. Penéant WiKi^^€ séjour > il se di^ssa pluj^ieurs entreprises » taÉt^ul: ThliHn que âur nous, et jatous alissi sur nos ônMnaÂS) esprouVahl ttotost la >onne» lasitost la mauvaise fbttun^; tbëi^ , i>lairce qu'il jk'y a rieh de ihoh partîiailier, je m'en tàiitiy ; aussi ne .8eroit^oe jamais laict> si je voulôSs «scr ife tôUi^ les corn- ,|>ats.oà je aie suisfroUv^k

Âpres que les Tteos irelUrf^Éit^th^fs, cdînme nous «vons dit^ monsieur de Satiiiye et le mnjbquis de Gnast ihirent le siège au Moaild^ , où le seigneur de Dros, piedbiontois y estait gouverneur^ ayant aVéc luy quatre jcompàgnies italiennes y«tdeu& côknpagmes de Suysses ^s sii de monsieur dé Suinc^ lulilàn^ qui firent tous- |outs;fort bîen^ encorës que ée ne toit \évêt mèsliër de ^rder |>laces : lât y Ait doîmé deuk oii trois assauts. {Monsieur de Botiéires li'avdit nul moyéh de ks secourir; car le Roy avoit lors peu de soldats en Piedittiont. Les Suysses, qui avoient perdu leurs capitaines îet lieutepans, de coups de dînons , se commencèrent à

& s^atUohli ^^abord au Bcârice dé Fraiice, fnà T«ldittrta« cm CoMè, oè il ^pouA iiaç niche eimoblé Jbéiitiére. Lonque 'làOoMte fut Irendne aui Génois» â qpittta ïïlà^ et y lentra plasietirs fois i ttiidaar«ft\éé. H ii*eM |N» inoûia ooilmi par m lérocité que par sti br-liviau« : il tua un de sa Aeveux btt duel, eiéti^augla liu-mémé sa feniiàe, Mort 4tï 1S67, a Vïfjt .4e 'Solkanta^fiiaL .ana, on croit qu'il fut tué par vn dfe ^iea officiers. H laissa un fils , Alphonse d'Oroano , dont il sera souyeat iÇMStMMi dii» b«iii«4df^liatt4

DE B|.AISS DE MON^LUC. [l543] 43^

nmtiaer contre le seigneur de Droa ^ gQm^erinèup ; teUe* meBt qu'il fi^ contraint de capituler- Pour \ny p^ei? toute espérance de secoiurs^ U luarqi^^s 4p Q'Uast^ <jw a esté un des plus fins e^ rusj^z q^it^iiiQs d^ PQ^ra aage, .fit cputrefaire. des lettres d^ pion^eur df» B/E>tii^ resy par lesquelles il luy escrivqit qu^l priât partyi n'y ayant moyen de le ^ecourior : U n^ p^iojk Ae^CP»-^ vrir 1^ ruze , et se rend^ vies et ba^gi^es S49y^9> voymt la mutin^erie des Suysses. Tpptesfoi^ U CQiDpositioii (à la grand IiofUe du Qua$$} fut {aal.g^rd^/9^ et l« seigneur 4^ Dr os pçursiuivy y lequel $e sauva sur un cheval d'Espagne ; ^t bien pow luy , car touf. Vçr du inonde ne Teust sçeu ç^auver j^ pour la baii^e que là due de Savoy e luy portoit^ parc/e qu^e3taut soù sub^ftct, H s'estoit révolté contf*e luy* On disoÂt qu jl s'esjtoîi sauvé babillé eu prest^e, paç le naoyen d'un Aolda^ kaliea qui ;avqit .esté à luy : ]fi fijfpy tpuJtesfcis qua ce Ait compie i'ay d^. Je puis j$?e sans iffxentir xpie c'estoit ua des vaÛl^s bipmmes et dies m^Ue^ars esprks qui sortît jamais de Piedm^t^ Il mo^^t h la bat^Hle de Seriç^Ue^ fort v^llaain;i.eut| etle J9ur mesme queie Mont4evi se perdit. J'est;9is purty 4» Savillao avec vingt-cinq soldats, au graud régirent d^ monsieur de Termes (0, pour essayer si je p^i^rrois ^nti^r .dedans ;

(») PauldeXia Barthe, ^^(xa de Tgrmefi, chfyalifr d? l'ordre d^ Roi, capitaine de cinquante hommes dWnJes, gouverneur de Paris eX de l'ïle-de-France, né à Gonséraiis, en 1482;* d'une famille noble » maill pauvre; maréchi^l de France en i558 1 c«tte même ^nuée il ,perdtt la batoilje de Grayeliïiw , où ilM ^^^^ etfai^pripowiier. Oepui^.cçtte défaite il passa pour un capitaine malheureux, ce qui n'empêcha pas (fu'îl ne jouit d'une grande considération. H mourut sans enfant eÀ i56a, âgé de quatre-vingts ans. De Thou dit que c'étoit un homme de bien et un sage capitaine, aussi lUustre.danAla paix que dans la

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