BÈGNE DE FRANÇOIS IL
Francis) II , âgé de seize ans , monta sur le trône avec son épouse, Marie Stuart, qui en^voit dtx4iuit: Catherine de Médicis, parvenue à Tâge oh d'ordinaire les femmes portées à la galanterie^ subordonnent ce
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iSSg. ^oùt à des passions plus sérieuses (0 > Aéw)ré^ alors dii désir de gouvamerr, et chérie du peiuple depuis sa bdle oonduîle après ia bataoUe de Saiot-^-i^iientîny avoit espéré commander au nom de soti iUs^ mais la jeune R<^ioe , appuyée des Guise aes oncles, do«ee des charmes les f>lus toudiiiDS et des «j^alilés les plus ai'« mables , s'«|oit emparée de l'esprit de son >^xmx^ ^pii ; pâu de jours après la mort de Hénn li^tléclara aux dépttiés du parlement de Faits ^chargés (délai énnan«* der à qui ils dey voient désormais s'adresser pour sa^Mr ses volontés, çue, de l'agrément de sa mère^ iV4H^oit donné là charge entière de toutes cftases au cardinal de Lorraine e< 'Oi^ duc de Ouise* • <]ette*déeisH>n du firâ étant icomracy cft les :âeuK mi4 mstrçft ayMt pris- le tiinao des àfiaii^es y tout^plia en apparence : Gatherine sembla s'associer irancànmeM à ceux qui ^poissédoient la confiance de son £ls; «t Vé^ le^neme&t de Diane de Poitiers, son<ancîeiline rivale^ fut «ne Satisfaction sans conséquence qu'on s'emprtssa de lui donner. Mais les princes du sang, à la tête des^ quels figùroient le roi de Navarre et le prinbe de Condé, indignés de ce que dés étrangers seivssent em^ parés du gouvemementy ressemèrent les liens qui lev unissoient déjà aux partisans des doctrines ^nouveiUesi le connétable y exhorté ironiquement par le jeune Roi à prendre enfin quelque repos à un âge avancé, se retira très-mécontent à Chantilly ; et l'amiral de Coli« gny, ainsi que ses deux frères d'Andelot et le cardinal de Cbâiillon, devinrent ies principaux <&ei5 Aé' ce parti, (Juii5'aecrat<:haqtte jour de tous ceux dont Taitt* jbition avoit lété trompée.
^ (>) Elle av<Mt quarante ans. *
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Les Guise y sentant lé besoin d^être appuyas par rSSg. lopinibn puliliquc, lui firent un sacrifice en rendant lès sceaux au x^ânÊeliér Olivier, disgracié soi^s lé rè-* gne précédent y et qui passoit pour un magistrat aussi éclairé qu'intègre : mais ils profitèrent ;habilémeiit de la dépendance daj^ laquelle ils surent le mettre , pour le pousser à des mesures extrêmes* Le procès id' Anne Dùboûrg et de ises cmiq collègues fut poursuivi : lôs débats se prolongèrent , et les adveisaires des P^otesr tans pr^odirenique, dans leurs assemïdées seci'ètes, il se commettott ^des abominations; ce dont ils ne purent jamais apporter la moindre preuve. Dubourg, lé pritucipal accusé, récusa 1^ président 'Minard, auquel il reprocha d'4tre -son ennemi personnel, et qui ne continua pas midins de siéger à^aixis cette affaire. La <^lem* que montroient les Catholiques , les irrégularités qn^ou remarquoit dans la procédure, exaltèrent les Protestans, et entraînèrent quelques- uns d'entre eux à des crimes qui furent le premier signal de la guerre civile. Minaird, en rentrant chez lui, fut assassiné presque ^en plein jqur, et Julien de Fresne réprouva le même sort, dans le palais niême , au ^loment oh 'A poctûit des pèces contre les accusés. Ces attentats, commis avec tant de hardiesse, accélérèrent la cbnh .damnation de Dubourg, qui périt sur Téçhafaud, ht veille de Noâ , après avoijr prononcé un discours intrépide qui le £t considérer par ses partisans <;omme uu martyr.
Pendant que ce procès , dont les débats pleins d'a^ nimosité étoient <lans toutes les bouches, entretenôit à Paris une fermentation inquiétante, un complot se tramoit en secret : les princes du sang, les Montmo-
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1559. rencyi les Çhâtillon, le favorisoient; et La Retiandie,e espèce d^aventurier plein de résolution , en étoit le chef apparent. Le but avoué étoit d'obtenir la tolérance et d'utiles réformes; le but secret, d'arrêter les Gùise, de les massacrer s';ls résistoient, et de s'emparer du gouvernement. Cette conspiration, dont le
T?Ti^f ^^ ^^y^^ ^^^* ^ Nantes, avoit , dans le midi de la France, YieilleyiUe, de fortes ramifications : mais l'indécision du roi de Naliv. 8. varre, la pétulance du prince de Condé, émpéchoient
iiy. I. ' Q°® ^^^ conjurés n'agissent d'ensemble, et quelques bravades imprudentes excitoient la surveillance des ministres.
i56or L'hiver s'étant passé sans que l'orage éclatât, les
Guise crurent la fermentation appaisée, et, effrayés de l'état de foiblesse dans lequel étoît tombé le jeune Roi , ils résolurent, pour rétablir sa santé, de le conduire à Blois, dont le château, situé sur une éminenee, étoit entouré dé promenades charmantes, mais où la Cour pouvott facilement être surprise par une troupe de gens déterminés. C'étoit en effet le projet de La Re^ naudié, qui, étant venu à Paris pour donner les derniers ordres, eut l'imprudence de s'ouvrir à l'avocat Desavenelles, son hôte, dont l'air frondeur lui -fit croire qu'il poùvoit sans danger lui confier ses secrets. A peine Desavenelles en fut -il dépositaire, qu'il s'empressa, par l'espoir d'une grande récompense, de les livrer à un secrétaire du cardinal de Lorraine. Aussitôt la Cour quitta Blois, et alla s^enfermer dans lé château d' Amboise , lieu favorable à une longue défense ; le prince de Condé et Famiral de Coligny la suivirent ,' datas l'espoir d'aider les conjurés : mais^ surveillés avec soin par les éwis-
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saîres des Guise, ils ne purent exécuter leur des- i56o. sein.
Cependant les révoltés, conduits par La Renaudie, parurent dans les environs d*Amboise. Les ministres firent faire contre eux des sorties, à Tune desquelles leur chef fut tué : alors le découragement s^empara de leurs cœurs, et un grand nombre tombèrent entre les mains des Catholiques. La plupart de ces mal-heureux furent, sans aucune forme de procès, pendus aux crénaux des tours, d'autres furent jetés dans la Loire ; et , malgré une amnistie accordée à ceux qui n^avoient point posé les armes, les débris de cette troupe, qui, en retournant dans ses foyers, ne pouvoit plus inspirer que la commisération, furent indignement massacrés sur les routes ^ d'api*ès les or* dres secrets du gouvernement. Le chancelier Olivier, devenu Tinstrument de tant de cruautés, mourut de désespoir , et Catherine de Médicis parvint à faire obtenir sa chai'ge au célèbre L'Hôpital, quelle croyoit pouvoir opposer aux Guise. t
Après que Témotion fut calmée, quelques-uns des conjurés furent soumis à .une procédure régulière; Dans les tortures,^ ils chargèrent le prince de Condé, qui, plus intrépide que le roi de Navarre, son frère, avoit eu Faudace de rester a la Cour. François II, par le conseil de ses oncles, fit au prince les réproches les plus amers; et ce dernier, loin de paroi tre inti-^ midé, demanda qu'il lui fût permis de s'expliquer, en ' plein conseil. Il y déclara « que la personne de. Sa « Majesté exceptée, et celles de messieurs ses frères, « de- la reine sa mère, et de la reine régnante, ceux « qui ^voient dit qu'il étoit le chef de la conjuration
go INTRODUCTION kV^ MÉMOIRES
i56o» <c contre la personne du Boy et de son Ekat^ en « avoient menty faulsement ; et autant de fois qu'ils (c le diroient/ autant ils mentiroient^ en ofirant dès- « lors, à toutes heures, de quitter le degr^ de princ0 « si proche du Boy, pour les xxMnbattre, » Cette vé^ ponse menaçante imposa aux Guise, et le prince put quitter Amboise sans ^ré arriêté. Ccligny et ses deux frères suivirent son exemple, et payèrent d'audaee: ils furent secrètement soutenus par Càtlierine de Mé^ dicis, qui , charmée de pouvoir of^oser au nûmstère un parti puissant ^ lia dès-lors une corresponcUace avec FamiraL
I^a conjuration d* Amboise avoit,.ee|B«ae onTa^lky des ramifications dan& le midî de la France : au motment où elle éclatait, les Etats <le Languedoc étoieot réunis pour aviser aux moyens de payer les dettes quavoit laissées le feu Roi, lesquelles se montoieni à <{uarante*deux millions. On fit dans cette assemblée les propositions les plus violentes; et Terlon, Tun des capitouls de Toulouse, enthousiaste de la réfonnie;, mit en avant, pour la premièi:» fois, le projet de dépouiller le clergé catholique, afin de soulager TEtat* Jl dit a que Texpédient le plus prompt eâtok^de preor fi dre tout le temporel de TEglise, en réservait aux ce bénéficîers les maisons et teiires adjacentes de leurs « bénéfices, et une pensioa équivalente aux revenu^ <c de ces derniers, que le Roy assignerait sur les bonnes ce villes de son royaume. » Cet avis, fortement appuyé par le tiers-état, fut rejeté par le clergé et la noblesse c mais il donna lieu aux déclamations Iqs plus furieuses contre les ecclésiastiques, et fut la principale cause des excès auxquels on se livra contre eux Tanùée $ujk
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yanla.' X'auleur contempiCMnaùi auquel nous devons i5ôo. cette, cniiefise pteticularUé , peti^ avec beaucoup de Teritë rioœititiifie'oà.se trouvoient aloi^s les esprils, elles idées anjerdiiiqaes x|uî commençoient à se répandre daiffi la société. « Usi air de râorme, dit^il, dont K les pDédkatmirs de la nouvelle religion feisoient « voir la nécessité, séduisoit les uns; la li^berté qu'elle fc faivsoris<nt CKKTOtiipoit les autres ; et 4an5 Tincerti* a tade, cm ^«r niieux ^liref, rignoranoe de la reli- Il ^u catholique et de la Feligion réformée , oii on K estait-, on ue .^avoit à laquelle des deiux en devoit « slattacfti^?, et jquels pasteurs it Catiloil; isuivre. »
Le^sbaaoelier 'de L'Hopilat , effrayé des troubles qui se prép(aroieii(t> «e flartta 4e po«ivoir lépprocher les diefs des éeuxpailns par clés cîofucessions réciproques ; et^ €at !dans^G0tte vue qu'il convoqua une assemblée denotables^dans le^dhfitean de Fontainebleau [a août]. Le roi de Navaia>e et lepiîmce deCondé, ayant formé 8ur Lyion" uaie eirtrqprise «ecrète , re&tsèrent de s'y rendre. Le ponuétable et Tamiral dé Coligny y arri^ vèrent^avec une suite nombreuse. A peine rassemblée fut-elle ouverte y ea tfrésertoe du Roi et des deux rei-^ oes, que Coligny demanda sans détour, au nom de scm parti, la liberté d'avoir des temples publics. Peu frappé. des omirmtires qu'excita cette prétention inattendue, A pomreumt'Son discours sur le même ton; et, après avoir rappelé les excès auxquels la garde dii Roi >s'éloît ^?mée k Afld>oisé, il insista pour que cette garde fiàtjlîdenciée ; mesure qm eût mis aussitôt le gou* vemement entre ses mains. lie chanéelier s'efforça de calmer T^fierviescence qu'une telle proposition avoit fait naître.: Montluc^^véque de Valence, et Marillac,
56o. ai^cbeV^que de Vienne ^ partisans secrets de la i^forme> appuyèrent ses vues de' tolérance; mais cela n'empê-* cba pas que le duc de Guise ne portât à Goligny les. défis le& plus violenSy et que, dans Fimpossibilité de maintenir cette assemblée , on ne fût obligé de convoquer les états-généraux^ dont L'Hôpital attendoit plus de modération.
Ces états y qui dévoient d^abord se réunir à Meaux^ Tune des villes où il y avoit le plus de Protestans,. furent définitivement indiqués à Orléans pour le mois d'octobre. Appuyés par le ministère , les Catholiques obtinrent une grande majorité dans les élections; et les. Guise résolurent d'y attirer le roi de Navarre, ainsi que le prince de Condé^ dans l'intention de procèdes contre eux et de les perdre. Ces princes, aysmt manqué leur entreprise sur Lyon, et ignorant que le gouvernement avoit intercepté une lettre qui les compromettoit, s'acheminèrent vers Orléans, après quelques hésitations. Us trouvèrent cette ville remplie de troupes dévouées à leurs ennemis : On les y reçut avec une froideur sinistre; et bientôt le prince de Condéfut arrêté, tandis que le roi de Navarre, son frère, étoit gardé à vue. Quoique la prison du prince fât très-rigoureuse, qu'il ne pût voir que Chavigny,. chargé de veiller sur lui, et qu'on lui fit les menaces les plus terribles,, il ne perdit pas courage, soutenu probablement en se^ cret par Catherine de Médicis, quinevouloit passa mort, et qui envoyoit toutes les nuits Yieilleville conférer avec le roi de Navarre. Il conjgédta durement un «prêtre qui avoit été envoyé poUr dire la messe dans sa chambre, et il répondit à un émissaire des Guise , qui lui proposoit de se réconcilier avec eux :
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K II "SLj a meilleur moyen d'appointement que la xS6o. ' f( pointe de la lance. »
Cette audace y qui étoit dans le caractère du prince de Condéy se trouvoit encore fortifiée par la certitude ^e François II , moissonné à la fleur de Tâge, alloit être enlevé à ses peuples. U ne s'agissoit donc pour lui que de gagner du ten^. Les GUiise, voyant la puis* sance sur le point de leur échapper, pressèrent vivement la condamnation de leur ennemi. Une commis^ sion fut nommée pour le juger^ et eut à sa tête le président Christophe de Thou : deux avocats célèbres^ Claude Robert et François de MarUlac^ se chargèrent de le défendre. D'après leurs conseils y il déclara que , conformément à la constitution du royaume ^ il ne ^ ^*''^^^*'* • répondroit que devant la cour des pairs légalement vieilkville assemblée. Mais ce moyen préjudiciel ne Tauroit pas Uv. 8. sauvé, si le Roi nefût mort le 5 décembre , etsi ce erand ^^*^® ^*"
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iSvénement n'eût entièrement changé la face des afTaiices*