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MARCHE DES HUGUENOTS DE PROVENGE

armée. Je lui en baillai un en qui je me fiais; il fallait qu'il contrefît le huguenot, et ainsi s'en alla les trouver- Pour revenir à l'avertissement de M. de Cahors, nous tournâmes tous vers Galiors pour les aller combattre. M. de La Valette se mit devant avec ma compagnie, et amena avecluiM.de Fontenilles, qui pour lors était mon lieutenant, avec la moitié de la mienne. J'attendais la réponse du roi sur une prière que je lui avais faite de donner la moitié de sa compagnie audit sieur de Fontenilles, et l'autre moitié au chevalier mon fils,pensant de ne vivre guère, pour la longue maladie que j'avais eue, d'où je n'étais point encore dehors, m'efforçant toujours de faire plus que je ne pouvais.

M. de La Valette fit une si grande traite pour aller découvrir ces gens, que de deux jours nous ne pûmes nous rassembler, car les chevaux s'étaient tous déferrés : c'était un chef bien diligent autant que j'en connus jamais. Il fallut qu'ils demeurassent un jour à Cahors pour les ferrer, car tout le chemin qu'ils avaient fait est tout pays pierreux. Et ayant entendu M. des Gars que l'ennemi prenait le chemin et la route de Limousin, il voulut aller défendre son gouvernement ; mais il ne demeura guère à s'en repentir, car les ennemis s'acheminèrent vers Assier etGramat : ce qu'entendant ledit sieur des Cars, et par ainsi qu'ils étaient au devant, il tourna à nous ; et nous ralliâmes à Gourdon, qui est à M. de Saint-Sulpice. Je mandai

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promptement au chevalier, qui était déjà fort avancé vers Cahors, que tout incontinent il tournât visage à nous, et mandai à M. de La Valette qu'il s'avançât, et qu'il se rendît à Gramat le lendemain, afin de les combattre ce jour-là ou bien le lendemain matin. M. des Cars et moi, M. de Gondrin, MM. le vicomte de Limeuil et du Masses, partîmes incontinent après avoir repu, et marchâmes droit à Gramat; j'envoyai M. du Masses et le vicomte de Limeuil, et la compagnie de chevaux-légers devant avec le maréchal de camp, droit à Gramat. Et comme nous fûmes aux justices de Gramat, à trois ou quatre arquebusades de la ville, nous fîmes halte, attendant M. de La Valette et sa troupe qu'il avait avec lui, où M. de Sainte-Colombe, et tous ces autres que j'ai nommés, l'avaient suivi, et nos gens de pied. J'avais départi en trois régiments nos trente enseignes ; encore que le chevalier commandât tout, M. de Leberon en commandait dix, et le capitaine Sendat les dix autres ; et comme ce pays est stérile, ils furent contraints de loger un peu séparément : ce qui fut cause, après le long chemin qu'ils avaient fait, de retourner en arrière, parce que les logis des trente enseignes étaient séparés, et que M. de La Valette ne se put rendre à Gramat ce jour-là que nous y attendîmes jusqu'à ce qu'il fût si tard que le soleil se voulait coucher. D'heure en autre M. du Masses nous mandait que les ennemis marchaient, qu'ils prenaient le chemin vers la Pordogne, et qu'il en voyait camper

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