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CHAPITRE IV

Montluc à Cahors. — Combat de Miremont. — Montluc rejoint le duc d'Anjou, après la bataille de Jarnac. — Il retourne en Guyenne. — Entreprise sur La Roche- Chalais.

Depuis que Monsieur, frère du roi, fut arrivé en son armée, elle temporisa vers Poitou et au long de la rivière de Loire, Cependant rien ne se remuait de par deçà, car les vicomtes se tenaient vers Castres, Puy-Laurens, Millau, Saint-Antonin et Montauban, faisant quelques courses pour dé" rober quelque chose. De moi, je ne voulais dresser armée pour le peu de dommage qu'ils pouvaient faire, ne tendant à autre chose qu'à épargner argent, pour le tout envoyer à Monsieur, et ne voulais entrer en aucune dépense. Les capitaines des gens d'armes et des gens de pied qui étaient en l'armée de mondit seigneur venaient ou envoyaient quérir^ des gens, autres se venaient rafraîchir pour incontinent après s'en retourner. Et au bout de quelque temps je reçus lettres de Monsieur, par lesquelles il me mandait que j'allasse en Rouergue combattre les vicomtes, s'il m'était possible : et alors j'envoyai quérir mon neveu de

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Leberon à Sainte- Foy avec ses trois compagnies; et, encore que je connusse bien que je n'y ferais rien, je me mis en chemin. Ce qui m'en faisait ainsi douter, était pour ce qu'incontinent que lesdits vicomtes entendraient que je me mettrais en campagne , ils se retireraient dans les villes et tanières qu'ils tenaient : le droit de la guerre, en laquelle ils se faisaient sages tous les jours, le voulait. La moindre place qui m'eût fait tête me pouvait arrêter, et d'espérance de les trouver en la campagne je n'en avais pas, et connaissais bien que je ne ferais autre chose que manger le public, si je demeurais si longuement aux environs des villes, et que, puisque je n'y pouvais mener d'artillerie à cause qu'il n'y avait point d'argent pour les frais d'icelle, aussi je n'en faisais pas du tout grand amas, par ce que je voulais que tout allât au camp de Monsieur, car c'était là qu'il fallait que le grand jeu se jouât, et qu'aussi c'était raison que la grande dépense s'y fît, car tout le reste de la guerre n'était que petites escarmouches auprès de ce qui se faisait là et de ce qu'il fallait qu'à l'avenir s'y fît. Gomme je préparais mon voyage, arriva M. de Pilles, et avec lui les sieurs de Bonneval, de Monneins, et force autres gentilshommes qui étaient partis de leur camp pour venir assembler desgens, ou bien sur l'entreprise qu'ils avaient sur Libourne, laquelle ils faillirent de prendre; et après ledit de Pilles se mit dans Sainte-Foy, et là fit ses assemblées, par ce que j'en avais retiré

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