MONTLUC REJOINT LE DUC D'ANJOU
dire, l'ayant éprouvé pendant que j'étais lieutenant du roi en la Toscane : ledit sieur duc n'en dira pas le contraire, il est plus français qu'espagnol. L'Angleterre ne vous empêchera pas, car il n'y a qu'une femme1, en Ecosse qu'un enfant1- Bref, rien ne vous doit faire peur. Mais je laisse ce propos pour une autre fois : la mort dudit seigneur prince est cause que j'y suis entré, car je suis Français, et regrette la mort de ces braves princes tués de nos propres mains, qui nous pourraient servir ailleurs.
Or, pour retourner à mon discours, je demeurai audit lieu de Sainte-Foy cinq ou six semaines, ayant encore six enseignes de gens de pied, que mon neveu de Leberon commandait : j'en envoyai quatre à Bergerac, et mondit neveu aussi, afin de démanteler la ville, comme le roi et Monsieur m'avaient mandé ; mais cela fut mal exécuté. Quelques jours après, Monsieur s'approcha, et vint à Montmoreau, où je lui allai baiser les mains, suivi d'une bonne troupe de noblesse. Mondit seigneur me fit une fort grande chère, me commandant de ne bouger d'auprès de lui : Dieu sait si j'en fus aise. J'envoyai chez moi chercher mes charrettes, tentes et argent, comme firent aussi tous les gentilshommes qui étaient avec moi, faisant état que nous ne bougerions plus de l'armée, car aussi