‹ CommentairesChapitre 118 sur 126 · Jacques, depuis roi d'Angleterre · texte numérisé non relu

Jacques, depuis roi d'Angleterre

en toute la Guyenne rien n'osait gronder, et n'y avait place qui tînt pour les huguenots, que Montauban. Monsieur partit de Montmoreau, et s'en alla à Villebois.

A peine y eut-il séjourné cinq ou six jours, lesquels nous employâmes à discourir des moyens de faire la guerre, que voici arriver un gentilhomme que M. de Montferrand, gouverneur de Bordeaux, avait dépêché en poste vers mondit seigneur, lui donnant avis qu'une grande partie du camp de M. l'amiral était arrivée en Médoc à pied et à cheval, et que deux compagnies de gens de pied qu'il y tenait avaient été contraintes d'abandonner le passage et se sauver la nuit. Monsieur ne se hâta pas trop de le croire, car nous discourûmes sur le passage. Je lui représentai la grande largeur que la rivière a en cet endroit, qu'il fallait toute une marée pour la passer, et un monde de vaisseaux, car une armée mène un grand attirail ; d'ailleurs qu'il n'y avait point d'apparence que M. l'amiral, qui était guerrier, s'allât enfourner parmi les landes, en un pays stérile et au delà des rivières qu'il n'eût jamais repassées. La nuit suivante, arriva un autre courrier qui portait pareil avertissement de la cour de parlement etdudit sieur de Montferrand, encore plus échauffé que le premier, et faisait le nombre plus grand : il est vrai qu'il écrivait à mondit seigneur qu'il montait à cheval pour aller lui-même reconnaître. A ce que j'ai entendu, il y alla, mais il n'avait point de gens de cheval avec

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