ESCARMOUCHE
que le capitaine Arne me dit qu'il avait été averti que ce matin même ceux de Nérac sortaient, et qu'ils avaient pris toutes les armes du château ; mais il ne savait où ils devaient aller : et encore les eussions-nous rencontrés, si ce ne fût été que M. de Saincthorent s'alla amuser à une escarmouche contre ceux de Layrac, qui étaient sortis bien avant vers les vignes ; il me coûta plus d'une heure avant que je le pusse faire retirer, à cause qu'il leur voulait faire une charge jusqu'à la porte de la ville, s'il les eût pu tirer des vignes. Et comme nous fûmes près Moirac, eûmes avis que les ennemis étaient devant Franciscas ; ce qui nous fit mettre au trot sans cesser, jusqu'à ce que nous fûmes auprès dudit Franciscas. J'envoyai six chevaux pour reconnaître là où ils seraient, lesquels me mandèrent qu'il y avait près d'une heure qu'ils étaient retirés devers Nérac, pour avoir entendu le partement du capitaine Arne la nuit de Gondom, car ils ne savaient aucunes nouvelles de moi. Je commandai aux coureurs qu'ils s'acheminassent toujours après eux, et que je les suivais, comme ils firent; et les découvrirent à demi-quart de lieue de Nérac, et nous toujours au grand trot après; mais ce fut pour néant, car ils se sauvèrent dans la ville. J'avais grande envie de trousser ces armes pour armer nos gens nouveaux et mal armés.
Et voilà le chétif commencement de notre guerre de la Guyenne, en laquelle les huguenots nous prirent au dépourvu ; de façon que c'est chose mi-