‹ CommentairesChapitre 27 sur 126 · III · texte numérisé non relu

III

raculeuse comme ce pays s'est pu sauver, vu les intelligences secrètes qu'ils avaient en toutes les villes : mais ils montrèrent qu'ils étaient apprentis; aussi étaient- ils conduits par leurs ministres. Que si, avant de faire tant de surprises, ils eussent tenté Bordeaux et Toulouse, ils n'eussent failli à emporter Tune ou l'autre, et peut-être toutes deux. Mais déjà on se tenait sur ses gardes. Dieu a conservé ces deux forts boulevards en Guyenne, afin de garder le reste. Je rompis fort leurs desseins, envoyant gens de tous côtés, et ne demeurant guère en un lieu; car, faisant ainsi, un lieutenant du roi tiendra tout le monde en cervelle, parce qu'on ne sait pas son dessein; et chacun pense qu'il vient à lui, et a peur : au lieu que s'il croupit toujours en même endroit, il ne pourra pourvoir à tout, ni arriver à propos ; et ainsi votre séjour donne avantage à votre ennemi, qui a ses coudées franches. Davantage, par lettres et messages j'entretenais tout le monde. Croyez-moi, vous qui avez cet honneur d'être gouverneurs de province, que c'est une belle chose et utile à vos maîtres, d'entretenir par lettres ceux que vous savez avoir tant soit peu de crédit. Je m'assure que si je n'en eusse ainsi usé, que la plupart eût pris le parti de ces gens nouveaux, qui nous apportaient tant de belles

choses.

Bientôt après arriva le capitaine Gosseil avec lettres du roi et de la reine, par lesquelles ils me commandaient de demeurer en Guyenne et faire le

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