‹ CommentairesChapitre 40 sur 126 · ATTAQUE DU CHATEAU DE PÈNË · texte numérisé non relu

ATTAQUE DU CHATEAU DE PÈNË

droite en la muraille, et je fis aller un soldat, le ventre à terre, pour reconnaître le ressaut. ]] monta jusquesà la moitié du mur, et trouva qu'il était fait comme s'ils y avaient laissé des degrés pour monter par là, puis retourna à moi ; et tout incontinent je m'en allai à M. d'Ortubie, et plaçâmes un canon un peu à main droite. Nous eûmes assez affaire de l'y pouvoir loger, à cause que c'est un précipice bien grand qui allait jusqu'à la rivière. De là nous tirâmes en biais à cette muraille, et, parce qu'elle n'était pas là guère forte, en quatre coups de canon nous eûmes percé la muraille, de sorte que par le trou on pouvait voir dedans leurs tranchées. Je redescendis incontinent, et fis monter le môme soldat par ces degrés jusqu'à reconnaître si le trou était vis-à-vis de la tranchée, et qu'il ne se découvrît point en aucune manière ; ce qu'il fit, et me retourna dire qu'ils étaient tous en bataille dans la tranchée, et qu'il y avait force corselets, comme il était vrai. Alors je fis prendre les échelles que j'avais fait rechercher partout; y en pouvait avoir douze ou quinze. M. de Burie se tenait à l'artillerie : je vins régler devant lui l'assaut ; je le priai que les Gascons donnassent les premiers, et les Espagnols après. Don Luis dit qu'il désirait qu'ils combattissent ensemble, ce qui lui fut accordé. Cependant je fis choix de quatre arquebusierspour monter ces degrés, car il n'en pouvait pas plus demeurer sur le haut pour tirer dans la tranchée par le trou, quand les nôtres donneraient l'assaut

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par la tête, et ainsi leur livrai l'assaut. Les soldats prirent eux-mêmes les échelles, et je me rendis auxdits degrés avec les quatre arquebusiers. Et comme les uns dressaient les échelles, les quatre montaient ; et en même temps que les enseignes montèrent les échelles, les quatre arquebusiers tirèrent dans leur tranchée. Ils m'en tuèrent un qui me tomba aux pieds, j'en fis remonter un autre. Comme les ennemis se virent tués par ce trou, ils se retirèrent en une autre forteresse, là où ils se défendirent plus de trois grosses heures, et par deux fois repoussèrent nos gens jusque sur la brèche ; et je connus alors deux choses, encore que d'autres fois je les eusse bien remarquées : c'est que les Espagnols ne sont pas plus vaillants que les Gascons ; et l'autre, que les grands combats se font par les gentilshommes, car plus de cinq cents hommes espagnols ou gascons furent renversés sur les échelles, ou par terre. Toutefois il ne faut point ôter l'honneur à celui qui la acquis, ayant les capitaines gascons avec les gentilshommes de leurs compagnies soutenu tout le jour le combat; je ne veux pas dire que les capitaines espagnols n'y fissent leur devoir, mais bien peu de leurs soldats. A la fin, je donnai courage à nos gens leur faisant remonter les échelles, encourageant les uns et menaçant les autres, car j'avais l'épée nue au poing, pour faire quelque mauvais coup si j'en eusse vu de poltrons. Tous commencèrent à faire mieux, Espagnols et gascons, tellement qu'ils

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