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Sans barbe

104 COMMENTAIRES DE MONTLUG

envoyer promptement des gens dans Cahors ; car, puisque les eaux se pouvaient passer, à leur arrivée ils emporteraient la ville, n'y ayant dedans que les habitants ; je fis élection de M. de Saincthorent, avec quatre-vingts ou cent argoulets qu'il avait en sa compagnie de gens de pied, et le priai de faire diligence jour et nuit. Je comptai que de là où les ennemis étaient, il irait dans sept ou huit heures à Cahors. Et comme Dieu veut garder, quand il lui plaît, que le mal n'advienne, nous avions nouvelles, et pensions qu'elles fussent véritables, que les ennemis venaient à Moissac, et ne se parlait point de Cahors. M. de Saincthorent fit grande diligence, ne séjournant jamais, sinon pour manger sur le chemin un peu de pain et boire un peu de vin, qu'il avait fait porter pour les soldats : aussi il lui était bon besoin de la faire ainsi ; il fallait qu'il passât tout auprès de leur camp, et comme il marchait la nuit, ainsi faisaient les ennemis; de sorte que, comme le matin au soleil levant il arriva par delà la rivière, les ennemis arrivaient deçà, et il trouva la ville tout ébahie, et les gens commençaient à l'abandonner pour se sauver parles montagnes. Ils reprirent courage; et sur l'heure, sans entrer en maison aucune, M. de Saincthorent sortit à l'escarmouche, et se jeta sur le passage de la rivière, ayant de fort bons soldats, car aussi c'était la première compagnie qui avait été faite; et tout le jour les ennemis demeurèrent aux environs de la rivière, faisant toujours quelque

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