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LENTEUR DE M. DE BURIE

lieue. Il me manda que le camp était déjà la plupart logé : j'y allai moi-même sur des courtauds, et trouvai qu'il était déjà logé dans la grange de M. de Tonneins. Je fis tant, avec l'aide de MM. de Malicorne, d'Argence et des autres capitaines des gens d'armes, que nous le fîmes acheminer. Or, quelque bruit que Ton fît courir de lui, je ne le soupçonnais point, comme j'ai dit, et pensais que ce qui le faisait être ainsi lent, était pour crainte de perdre, ne voulant rien hasarder, sachant bien que s'il perdait une bataille, le pays était perdu ; et d'ailleurs il voyait les ennemis s'en aller en France : mais je disais toujours que ce serait faire un beau service au roi de les défaire avant se joindre, et que cent traîtres et rebelles n'attendirent jamais dix hommes de bien. Il s'en plaignait souvent à son neveu M. du Courre, disant que je les ferais un jour tous perdre, et la Guyenne au roi par conséquent. Et quant à moi, j'oserais assurer que cette crainte le faisait tenir bride en main, car il n'était pas méchant ni déloyal à son maître, et n'avait pas faute de cœur ni de sagesse à bien conduire ; mais il ne voulait rien hasarder, qui était un grand défaut à lui*

Or, la nuit, nous envoyâmes par deux fois reconnaître les ennemis à Caussade; il n'y avait que demi-lieue, et la dernière fois ce fut par M. de Berdusan, mon enseigne, qui leur chargea un corps de garde. Or je voulais aller charger, la nuit, car tout leur camp était logé hors de la ville et assez

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écarté; mais jamais il n'y eut ordre qu'il y voulût entendre. Le lendemain matin, j'allai avec la compagnie du roi de Navarre, celle de M. de Termes et la mienne, reconnaître, menant M. de Malicorne avec moi, et trouvâmes qu'il y avait quelques arquebusiers dedans, qui nous tirèrent. Or M. de Duras et le capitaine Bordet étaient allés à Montauban, là où il n'y a que deux lieues, et avaient laissé là tous les bons chevaux qu'avait amenés le capitaine Bordet; car lui et M. de Duras n'en avaient mené que dix ou douze, et avaient couché à Montauban cette nuit-là. Jamais ils ne firent semblant de se montrer, et avaient une grande peur que tout notre camp descendît, car de Mirabel à Réalville n'y a qu'un quart de lieue. Nous temporisâmes là devant plus de deux heures, ne sachant point que ces gens fussent dedans. Bien nous dirent des paysans que M. de Duras était allé le jour devant à Montauban, mais ils ne savaient s'il était retourné. La nuit nous retournâmes à M. de Burie, et entrâmes en conseil, tous les capitaines des gens d'armes, le seigneur don Luis de Garbajal aussi; et là disputâmes si nous les devions aller assaillir dans Gaussade avec les deux grandes coulevrines, parce que les murailles ne valaient rien. Les uns disaient que oui, les autres que non. A la fin ceux qui disaient que non demeurèrent les plus forts ; et comme je vis cela, je proposai que nous devions, incontinent après dîner, descendre là-bas en la plaine et nous mettre tous en bataille, et que nous

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