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MONTLUC APPELÉ AU CONSEIL

tés lesquelles on n'avait pu résoudre. Je m'y trouvai , selon le commandement qu'elle m'en avait fait. Il y eut encore plusieurs disputes. M. de Nemours parla fort sagement, et remontra qu'il serait bon de faire une ligue et association pour le bien du roi et de son État, afin que tous d'une même volonté, si les affaires se présentaient, se rendissent auprès de Sa Majesté pour exposer leurs biens et leurs vies pour son service ; et d'autre part, que si quelques-uns, de quelque religion que ce fût, leur voulaient courir sus ou remuer quelque chose, que tous, d'un accord et union, exposassent leurs vies pour se défendre. M. leducdeMontpensier fut de cette même opinion, et plusieurs autres, disant tous que cela ne pouvait que d'autant plus tenir le royaume en paix , vu qu'on saurait les plus grands ainsi ligués pour la défense de la couronne. La reine me fit cet honneur, de me commander que j'en disse mon avis : alors je proposai que cette ligue ne pouvait porter préjudice au roi, car tout tendait à une bonne fin pour le service de Sa Majesté, bien et repos de son État et de ses sujets; mais que celle qui se faisait en cachette ne pouvait porter que malheur : car, comme l'on entendrait qu'il s'était fait une ligue, d'autres en voudraient faire une autre, et non-seulement une, mais plusieurs, et qu'il n'y aurait rien qui nous menât sitôt aux armes que cela ; et que si les uns tendaient à bonne tin, on n'était pas assuré que d'autres ne tendissent à la mauvaise, car les bons ne pouvaient

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répondre pour les mauvais; que si les cartes se mêlaient une fois de ligue à ligue, il y aurait bien affaire d'en tirer un bon jeu, car c'était une vraie porte ouverte pour faire entrer les étrangers dans le royaume, et mettre tout en proie; mais que tous généralement, princes et autres, devions faire une ligue ou association qui s'appellerait la ligue, ou bien confédération du roi, et faire les serments grands et solennels de n'y contrevenir, à peine d'être déclarés tels que le serment porterait; etque Sa Majesté, ayant fait les conclusions, devait dépêcher messagers par tout le royaume de France, avec procurations pour recevoir le serment de ceux qui n'étaient là présents; et que par là Ton connaîtrait qui voudrait vivre ou mourir pour le service du roi et de l'État : « Que si quelqu'un est si fou d'oser lever les armes, jurons tous, Sire, de lui rompre la tête. Je vous réponds que j'y mettrai si bon ordre en ce pays, que rien ne branlera que vous ne soyez reconnu pour notre maître. Et par même moyen promettons, par la foi que nous devons à Dieu, que si quelque autre contre-ligue se trouve, nous vous en avertirons. Faites signer la vôtre aux plus grands de votre royaume: la fête ne se pourrait jouer sans eux; ainsi on pourra les obliger et pourvoir aux inconvénients. » Voilà ma proposition. Là il y eut plusieurs disputes ; mais enfin fut conclue l'association du roi, et arrêté que tous les princes, grands seigneurs, gouverneurs de provinces et capitaines de gens d'armes, renonceraient à toute ligue et con-

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