‹ CommentairesChapitre 79 sur 126 · NOUVELLES ALARMANTES · texte numérisé non relu

NOUVELLES ALARMANTES

jour je me levai, et me faisant attacher4, regardant à la fenêtre, attendant M. de Saincthorent, arriva un homme à cheval qui venait d'un lieu qui est au long de la rivière de Garonne, lequel je ne veux nommer pour crainte qu'il ne soit tué, car l'homme qui me l'envoya est encore en vie. Et comme j'ouvrais la lettre, mon valet de chambre vit tomber un brevet en terre. Je me mis à lire ladite lettre ; il y avait dedans qu'il me priait de lui laisser vendre à un Portugais un quintal de poivre ; et de colère je déchirai la lettre, maudissant le Portugais, car il me ressouvint alors de la mort de mon fils mort à Madère. Cette lettre était faite en feinte pour mettre le brevet dedans. Mon valet de chambre commence à recueillir le brevet, et me dit qu'il était tombé ainsi que j'ouvrais ladite lettre. Je me mis à lire le brevet, et y avait ainsi : « Du vingt-huitième jusqu'au trentième de ce mois de septembre, le roi pris, la reine morte, La Rochelle prise, Bergerac pris, Montauban pris, Lectoure prise et Montluc mort. » Voilà les propres mots qui étaient dans ledit brevet. Alors je commençai à penser à autre chose qu'à la chasse, et laissai ma colère du Portugais, et fis partir tout incontinent le capitaine Mauriez, qui avait été lieutenant en Piémont du feu capitaine Montluc, le capitaine Jean d'Agen et Beauville, commissaire de l'artillerie, leur commandant d'aller droit à la maison de M. de Saincthorent,

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