CHAPITRE XIV
Les Espagnol! qu on avait laines malades sur las bords du Pliqiieri«rriveat à l'Assomption.
ÏL y avait Iluitjerurs que !e gouverneur était à f Assomption lorsque tous les chrétiens malades ou bien portante qu'il avait envoyés danë des radeaux sur le flio-Parana y arrivèrent. Ils étaient fatigués de la route ; mais il n^efi manquait qu'un seul qui avait été tué
par un tigre. Ils rapportèrent à Alvar-Nunez 6. 7
^8 COM MENTAIAES
que les Indiens de la rivière , ayant formé de grandes coalitions , s'étaient rassemblés sur le Paraguay et sur les rivages, et pendant que les nôtres descendaient ce fleuve , un grand nombre les avaient attaqués, et leur avaient lancé une grêle de flèches en jetant de grands cris et en battant du tambour. Ensuite ils les avaient entourés avec plus de deux cents canots, afin d'entrer dans les radeaux pour prendre et tuer ceux qui les montaient. Pendant quatorze jours et quatorze Duits les Espagnols n'avaient cessé que peu
d'instants de combattre. Les naturels qui occupaient les bords et ceux des canots tiraient
continuellement sur eux. Ces Indiens avaient de grands harpons pour amener les radeaux à terre. Leurs cris et leurs hurlements étaient tels qu'il semblait que le ciel et la terre combattaient ensemble. Ceux du rivage relevaient ceux du fleuve ; tandis que les uns se reposaient, les autres combattaient, et cela avec tant d'ordre, qu'ils ne cessaient de causer aux
nôtres beaucoup de fatigue, si bien qu'il y eut jusqu'à vingt Espagnols de blesses, mais à la vérité légèrement Cependant les radeaux ne cessaient de naviguer jour et nuit. Comme le courant était fort , ils étaient emportés sans qu'il fût nécessaire de beaucoup travailler, excepté pour empécber qu'ils ne touchassent la terre où était tout le danger* Néanmoins, quelques tourbillons d'eau firent plusieurs fois courir de grands dangers aux radeaux en les faisant pirouetter, et si ce n'eût été la grande adresse de ceux qui les dirigeaient , ces tourbillons les auraient portés à terre où les Espagnols eussent été massacrés. Ils voyagèrent ainsi sans trouver qui les secourût. Les Indiens les suivirent dans leurs canots pendant quatorze jours sans cesser de tirer des flèches et de combattre jour et nuit. Enfin les nôtres arrivèrent près du village de l'Indien Francisco , qui avait été esclave et élevé chez les chrétiens.
Ce chef, accompagné de ses gens , vint sur
IDO COMllEffTAIHlS DB CASBÇà DE VACA.
-le bord de la rivière pour recevoir les chré'tiens et les protéger. Il les conduisit dans une lie , près de son village , où il leur donna des vivres, car ils étaient épuisés par les fatigues du combat continuel qu'ils avaient soutenu , et ils mouraient de faim. Les blessés se repo-sèrent dans cet endroit, s'y guérirent « et les ennemis battirent en retraite sans oser les atta* quer. Les deux brigantins envoyés pour leur porter secours étant arrivés, ils s'y embarquèrent et vinrent à l'Assomption.