CHAPITRE XYv
Le gouverneiir, Toulant repeupler Buenos-Ayrei , envoie dn renfort a ceux qui s'y rendaieoi soc le TaJifeau tmiral.
AiTA A-Nu NEZ ordonna de préparer deux brigantine le plus tôt possible , de les charger de vivres et d'autres objets nécessaires; et, les ayant fait monter par d'anciens colons du port de Buénos-Ayres qui connaissaient le Bio-Parana, il les envoya porter du secours
1 03 COM MENTAIftES
aux cent quai^nte EçpSsf^ols embarqués sur le vaisseau ainiral.^;*i^'il avait fait partir de
Sainte-Catherine;* ter ces gens se trouvaient
dans un graTO*aanger, puisque le port de Bue-
* • nos-A^esavai t été abandonné. H ordonna de le
rep<>Udtruire dans l'endroit le plus favorable,
•..çétfé colonie étant indispensable pour la sûreté
\ '• v.'des Espagnols qui habitaient cette province et de ceux qui pourraient venir par la suite. Eln effet » les navires chargés pour cette contrée doivent aller jeter Tancre dans le fleuve : là on est forcé de construire des brigantins pour le remonter pendant trois cent cinquante lieues, distance de ce port à l'Assomption. Cette navigation est très-difficile et très-dangereuse.
Les deux premiers brigantins partirent le i6 avril. Le gouverneur commanda aussitôt d'en faire deux autres, qui , chargés de provisions et de monde , devaient aller aussi porter du secours aux Espagnols et repeupler le port de Buénos-Ayres. II donna l'ordre aux capital-
nesdeces brigantins de bien traiter les naturels du Rio-Parana, sur lequel ils devaient navi<guer, et de les attirer par la douceur sous la domination du roi ; il leur dit de prendre note de tout ce qu'ils feraient dans cette expédition pour qu'il pût en rendre compte à sa majesté. Ces dispositions ayant été arrêtées, il commença à s'occuper des choses qui avaient rapport au service de Pieu et de sa majesté et k la pacification de la province. Afin de mieux remplir ces deux devoirs, Alvar convoqua leclergé , les religieux qui y résidaient et ceuj; . qu'il avait emmenés; puis, devant les officiersde sa majesté , les capitaines et soldats, rassemblés à cet efiët , il les pria en termes afïectueux de prendre un soin particulier de Tinstruction et de la conversion des naturels sujets du roi. II ordonna ensuite de donner lecture de certains passages d'une lettre du roi , où sa majesté parlait de la conduite qu'il fallait tenir avec les Indiens, et disait que les moines, prêtres et religieux devaient veiller,
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avec le plus grand Boin, à ce qu'ils ne reçussent aucuns mauvais traitements. Le gouverneur leur dit de l'avertir de ce que l'on ferait contrairement à ces ordres, afin d'y apporter remède, promettant de fournir tout ce qui serait nécessaire pour cette sainte cause et pour la célébration des offices divins. En conséquence , ils reçurent du vin , de la farine, et des ornements qu'il avait apportés pour desservir les églises et les monastères, pour le besoin du service divin, et pour administrer les saints sacrements; le gouverneur leur fit aussi délivrer un tonneau de vin pour leur usage.