‹ Commentaires d'Alvar Nuñez Cabeça de Vaca (volume 2)Chapitre 29 sur 130 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

Le gouTemeiir enToie des cfpioiift à la recherche des Guay-

cums.

Le samedi le gouverneur recueillit les avis des capitaines et des religieux. Il fut convenu qu'avantde pénétrer dansFintérieur, des éclaireurs iraient à la découverte,. afin d'apprendre où les Indiens Guaycurus avaient établi leurs villages , et dans quelle situation ils se

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trouvaient, pour pouvoir les expulser du territoire des Guaranis. A quatre heures du matin ces gens furent de retour, et dirent que les Indiens avaient marché toute la journée , que leurs femmes et leurs enfants les précédaient ; mais ils n'avaient pu apprendre où Tennemi se fixerait. On résolut à Tinstant de s'avancer à sa recherche le plus secrètement possible. L'on ne devait pas faire de feu pendant le jour, dans la crainte d'être découvert, et il fut défendu à nos Indiens de se séparer pour chasser ou pour d'autres motifs. Ces dispositions ayant été prises, on partit en bon ordre le dimanche matin. On traversa des plaines et des forêts. Afin de marcher sans êti'c aperçu, on envoyait toujours des Indiens en avant pour reconnaître le pays : c^étaient des gens très^giles et fa^s-bons coureurs qu'on avait choisis pour cet emploi. Os venaient continuellement donner des informations ; outre ceux-là , des espions avançaient toujours avec beaucoup de précautions « en suivant Ten

nemi, afin de dou8 prévenir quand il aurait fixé ses habitatioDS*

Voici Tordre que le gouverneur avait réglé pour la marche : les Indiens formaient un corps d'armée qui pouvait avoir une lieue de longueur. Chaque homme était peint et paré de phimes de perroquets fort jolies , ils portaient des arcs et des flèches , et marchaient avec beaucoup de régularité et d'ensemble : c*était l'avant^arde. Après eux , et dans le eorps de bataille ^ était le gouverneur avec ses cavaliers , ensuite venait l'infiinterie espa* gnole» les arquebusiers, les archers et le convoi des femmes qui portaient les nourritures et les vivres des chrétiens. Les Indiens avaient leur bagage au milieu d eux. On mar^ cha ainsi jusqu'à midi.

Les troupes se reposèrent alors dans use grande forêt : se rafraîchirent y puis accompagnées des Indiens elles se mirent en marche par des sentiers qui suivaient le pied des montagnes et la lisière des bois. Les naturels qui

l4o COMMENTAIRES DE GABBÇA DE YACA.

connaissaient le ]Miys les conduisaient par des chemins où Ton trouvait , ainsi que dans les plaines , une si grande quantité de cerfs et d'autruches, que c'était une chose surprenante. Cependant, dans la crainte d'être découvert , on ne chassait pas et Ton marchait en bon ordre. Les Guaranis formaient l'avantgarde, comme je Fai dit, tous réunis en un seul corps en bon ordre , et qui se composait bien de dix mille hommes. Les naturels étaient peints de terre rouge et d'autres couleurs ; ils avaient le col couvert de colliers blancs et de plumes, et portaient de nombreuses plaques de cuivre qui , lorsque le soleil frappait dessus , réfléchissaient une si vive lumière , que cela produisait un coup d'œil merveilleux. Ils étaient pourvus d'arcs et d'une grande quantité de flèches.

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