CHAPITRE XXIII
En iiÛTant Vamemi le goarecneiir apprend poniquoi il se portait pins en ayant et marchait pendant tont le jour.
gouverneur et son armée s'avançaient cfans Tordre que nous avons indiqué , lorsque vers le coucher du soleil , à l'Angelus , il s'éleva , parmi les Indiens, une querelle qui fut cause qu'ils en tinrent aux mains. Ils se disputèrent à l'arrivée d'un espion qui venait de chez les Guaycurus. H leur avait fait
l42 GOMMENTAIIIBS
soupçonner que ces Indiens se retiraient parce qu ils avaient peur des Guaranis, et qu'ils marchaient dans la même direction. II les avait vus toute la journée chasser dans la campagne ; les femmes et les enfants étaient sans cesse en avant , et ils se proposaient d'établir leur village le soir même. D'un autre côté les Guaranis avaient été avisés par des prisonnières faites peu de jours auparavant chez les Merchires que les Guaycurus étaient en guerre avec les Guatatas^ et craignaient que ces derniers ne vinssent attaquer leur village , que telle était la raison qui les fiiisait avancer dans l'intérieur avec tant de précipitation.
Les éclaireurs suivaient toujours Tennemi pour voir où il ferait halte , et en donner avis. Le gouverneur, ayant appris le rapport du dernier espion , et voyant que cette nuit il devait faire un beau daîr de lune , ordonna à toute l'armée de se porter en avant « tou* jours dans le même ordre, lies archtrs te-
DE €ABBÇA DE YACA l/^Z
liaient leurs arbalètes armées , les arquebusiers leurs arquebuses chargées et les mèches allumées, comme Foccasion l'exigeait : car bien que les Guaranis marchassent avec nous et qu'ils fussent nps alliés, on prenait toutes les précautions possibles et Ton se méfiait d'eux autant que des ennemis. Quand on leur accorde de la confiance ou qu'on manque de prudence, ils se livrent aux plus noires trahisons.