‹ Commentaires d'Alvar Nuñez Cabeça de Vaca (volume 2)Chapitre 33 sur 130 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Commeni le gouTemenr pounnit les eoncmb.

Les Guaycurus ayant été défaits , le gouverneur se mit à leur poursuite. Un cavalier qui l'accompagnait se trouvant très-près d'un Indien ennemi , cet homme se jeta au col de sa jument, et perça de part en part la poitrine de cet animal avee trois flèches qu'il tenait à la

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main. Op ne put lui faire lâcher prise qu'en le tuant Si le gouverneur n'eût pas été présent au combat, il est bien douteux que la victoire nous fût restée.

Ces Indiens sont de grande taille, très-'

^agiles, très-forts et très-braves. Ils vivent dans Fidolàtrie , n'ont pas de- demeures fixes et se nourrissent de gibier et de poissons. Les

' Espagngls seuls ont pu les vaincçe. Ils pensent généralement que si quelques peuples les battaient ils se reconnaîtraient esclaves . des vainqueur^ Leurs femmes ont le droit ,

. lorsqu'un prisonnier est en leur pouvoir,^ de le délivrer, et alors l'on ne peut ni le mettre à mort ni le réduire en esclavage ; et si cet étranger veut rester chez eux* ils le traitent comme leur compatriote. Il ^st certain que les femmçs ont une plus grande liberté que celle que la reine Dona Isabelle » notre souveraine, a accordée aux dames espagnoles» Le gouverneur , ayant cessé de poursuivre l'ennemi , retourna au camp « rassembla son

DE CABEÇA DE YAGA. iSg

armée en bon ordre et se mit en marche pour l'Assomption. Les Indiens Guaycurus les suivirent longtemps pendant la route , et souvent ils lattaquèrent, ce qui fut cause qu il eut beaucoup de peine à prot^er ses Indiens. Les Guaranis ont l'habitude une fois qu'ils ont une plume , une flèche ou une natte d'un des ennemis , de regagner leurs pays sans aucune précaution. Aussi arriva-t-il que vingt Guaycurus tuèrent séparément mille Guaranis isolés. Le gouverneur et ses gens firent dans cette journée quatre cents prisonniers , tant hommes que femmes et enfants.

Pendant la route, les archers blessèrent et tuèrent une grande quantité de cerfs. Les Indiens furent très-^surpris de voir que les chevaux étaient assez agiles pour pouvoir les atteindre. Ils tuèrent à coups de flèches une grande quantité de gibier. A quatre heures après midi ou s'arrêta , pour se reposer, sous de grandes futaies, et cette nuit les soldats se livrèrent au sommeil après avoir placé des sentinelles et une bonne garde.

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