CHAPITRE XHn
Les mmn%Ê prefuMnt U ftrilc.
Lbs brigantins étant tout prêts , k» Vivm ehargë^ , les navires ftrmës et garnis de leurs agrès, toils les ol^ets toëcessaires pour la découi^rbe dii paye étant préparés , comme il avait été eotiveftu d'apl^6 l'avis des religieux , du èlef^.et des OflBlëieM du tt)i, oti Hfréta aeeréte-
Û^O COmiElITAniES
ment et sans esclande le commissaire frère Bernaldo d*Armenta , et frère Alonzo Lebron , son collègue, de Tordre de Saint-François, les mêmes qui s'étaient enfuis dans les villages des Indiens pendant la route que le gouver" neur avait découverte depuis le Brésil : ils retournaient à la côte et portaient certaines lettres pour le roi , dans lesquelles on donnait à entendre que le gouverneur se conduisait mal dans le commandement dont sa majesté avait daigné l'investir. Ces religieux étaient jaloux du gouverneur et le haïssaient. Leur but était d'empêcher la découverte que Ton avait projetée comme je l'ai dit; ils agissaient ainsi pour que le gouverneur ne rendit pas service à la cause de sa majesté , et qu'il ne fit rien d'utile.
Voitii le motif de leur conduite : à son arrivée j le gouverneur trouva le pays pauvre , les chrétiens désarmés , et les gens du roi dans la misère. Les habitants se plaignirent à lui des mauvais traitements que les officiers de sa
majesté leur faisaient souffrir; ils avaient prélevé un nouveau tribut dans leur intérêt particulier , et une imposition au mépris de toute justice et contre l'usage reçu en Espagne et dans les Indes. Ils avaient donné à cette imposition , dont nous avons déjà parlé , le titre de quint : mais Âlvar ne leur ayant pas permis de continuer ces exactions, ils s'opposaient à la découverte , et c'est pour cela que les moines cherchaient à s'en aller. L'un d'eux cachait un crucifix sous son manteau , il faisait apposer la main sur ce crucifix et jurer de garder le secret de leur voyage au Brésil. Quand les chefs indiens en eurent connaissance, ils se présentèrent devant le gouverneur et lui réclamèrent leurs filles qu'ils avaient données auxdits religieux pour les instruire dans la foi chrétienne. Ces naturels déclarèrent qu'ils avaient entendu dire que les moines voulaient retourner à la côte du Brésil et emmener leurs filles de force , et qu'avant d'arriver dans ce
pays l'on mourait en route. Gomme les In»
G. jG
dieiines ne voulaient pas s'y rendre et se seraient enfuies, les moines les gardèrent à vue et en charte privée. Le gouverneur neut connaissance de ce fait qu'après le départ des moines; il envoya après eux : on les rattrapa à deux lieues de la ville , et on les y fit revenir. Les jeunes filles qu ils emmenaient étaient au nombre de trente-cinq; ils avaient aussi des chrétiens avec eux ; on les ramena donc ; ce qui causa des séditions parmi les Espagnols et les naturels. Tous les chefs du pays se plaignirent hautement de ce quon leur enlevait leurs filles; on amena aussi au gouverneur un Indien de la côte du Brésil, nommé Domingo, qui était très-utile au service du roi dans le pays. Une instruction ayant été faîte contre les frères et les officiers , le gouverneur fit arrêter les officiers et procéder contre eux en raison du délit commis envers sa majesté. Cependant Alvar, ne voulant pas retarder son départ, commit Tafiaireà un juge pour qu'il connut des accusations et des délits, puis il
DE CABEÇA DE VACA. jt/i'i
emmena avec lui et sur caution deux des coupables ; les autres restèrent en prison , et les officiers furent suspendus de leurs fonctions jusqu'à ce que sa majesté y eût pourvu comme elle Tentendrait.