CHAPITRE XLIV
Le gouTernear part pour la décottTerU à la tête de quatr<
cents hommes.
Dans ces entrefaites , tous les objets nécessaires à l'exécution du voyage dans l'intérieur du pays étant prêts, les dix brigantins chargés de vivres et de munitions , le gouverneui* ordonna de choisir pour ce voyage quatre cents hommes, arquebusiers et arbalétriers. La
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moitié s'embarquèrent sur les bâtiments , les autres marchèrent par terre le long du fleuve avec douze cavaliers, jusquau port de Guaviano. La troupe saivàit toujours les villages et les bourgs des Indiens nos alliés , ce chemin étant le meilleur. On emmena les chevaux; mais pour qu'ils ne restassent pas à attendis dans les navires, on les fit partir huit jours d'avance, afin qu'ils vécussent par terre et qu'ils ne consommassent pas les vivres pendant la navigation : le facteur Pedro Dorantes et le contador Phelippe de Cacercs les accompagnèrent. Alvar-Nulies s'embarqua huit joui's après, et laissa, en qualité de lieutenant du capitaine général , Juan de Salazar d'Ëspinoza, afin qu'au nom de sa majesté il gouvernât le pays en paix et qu'il rendit la Justice. Deux centset quelques hommes de guerre, arquebusiers et arbalétriers, restèrent à l'Assomption avec tout ce qui était nécessaire pour défendre cette place. Six cavaliers faisaient partie de la garnison.
L'église avait ëtë brûlée le Jour de Notre- Dame de septembre ; le gouverneur la laissa terminée et en très-bon état. Lui-même et ses gens avaient continuellement travaillé à sa reconstruction. Il partit de cette ville avec les dix brigantins, cent vingt canots montés par douze cents Indiens , tous gens de guerre, et qui présentaient un fort beau coup d'œil, quand ils étaient en marché : ils emportaient une abondante provision d'arcs et de flèches. Ils étaient tous peints y parés de panaches et de nombreux ornèmentsen plumes ; ils avaient sur le front des plaques de métal très-brillantes qui jetaient un grand éclat lorsque le soleil donnait dessus; ces gens disaient que cétait afin que cet éclat resplendissant aveuglât leurs ennemis; ils partirent en jetant de grands cris de joie. Quand le gouverneur quitta la ville , il commanda au capitaine Salazar de donner tous ses soins pour faire terminer promptement la caravelle qu'il avait ordonnée y afin qu'elle fût prête à son retour
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de la découver le, et qu'il pût rendre compte au roi de son voyage et de ce qui s'était passé dans le pays. Il laissa à cet effet tout ce qui était nécessaire , et le temps lui ayant été favorable, il arriva au por t de ' Copi/a où les chefs vinrent le recevoir. Il leur dit comment il allait découvrir le pays, et qu'en conséquence il les priait, au nom de sa majesté, et qu'il leur ordonnait lui-même^ en particulier, de chercher sans cesse à maintenir la concorde et la bonne amitié, ainsi qu'ils avaient toujours fait. A cette condition; il leur promit de ne pas cesser les bons traitements dont ils étaient l'objet, et de les protéger comme par le passé : puis il partagea entre eux, entre leurs enfants et leurs parents , de nombreux présents qu'il portait avec lui, cela généreusement, après quoi il les laissa très-satisfaits.