CHAPITRE XLVI
Le gooTeroeur t'arrête pour traiter avec let naturels du port
d'Yteqni.
Lf 1 3 du même mois, Gabeça de Yack arriva à un autre port, nommé Ftaqui; il y fit jeter Tancre et amarrer les brigantins, pour parler aux habitants, qui sont Guaranis et sujets . du roL Le même jour, un grand nombre dlndiens vinrent porter des vivres pour la
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troupe; ils avaient avec eux leurs chefs, à qui le gouverneur fit des présents comme aux premiers. Il leur dit comment il allait reconnaître le pays , et que jusqu'à son retour il les priait et leur ordonnait de rester constamment en bonne amitié avec les Espagnols qui étaient à FAssomption. Non-seulement il leur donna la valeur des provisions qu'ils avaient apportées, mais encore il partagea, entre la plupart des chefs et leui^ parents, beaucoup de jolis présents; de sorte qu'ils furent bien payés, ce qui les contenta beaucoup. Il sejourna deux jours avec eux dans cet endroit, et il repartit. Le même jour il arriva dans un autre port, nommé Ytaqui; il le dépassa, et il alla jeter Fancre dans celui de Guaçani , le méoie chef qui s'était soûle véavec Taberepour nous faire la guerre dont j'ai pavié. Ces IndieDâ vivaient paisiblement. Dès qu'ils apprirent que le gouverneur était arrivé, ils vinrent le voir avec un grand nombre d'autres naturels, leurs alliés. Alvar les reçut avec
beaucoup d'amitié, parce qu'iU se confort maient au traité de paix qui avait eu lieu. Tous les gens qui les accompagnaient étaient très-gais et sans crainte, car cea deux chefs étaient nos alliés; eux $euls possédaient toute la conti'ée , aussi était-elle ti^auquille et sûre* Le lendemain ces deux Indiens revinrent , et le gouverneur leur fit encore un excellent ac* cueil et leur donna de nombreux pi'ésents , à eux^ à leurs pa^rents et à leurs amis» sans compter qu'il paya les vivres à tous ceu^c qui en apportaient, de aorte qu'ils restèrent aa« tisfaits. Comme ce sont les principaux cbei^ de cette contrée , le gouverneur les traita le plus amicalement qu'il put; il les pria, et leur recommanda de s'entendre pour faire observer la paix dans tout le pays, de $e rendre utiles aux Espagnols qu'il avait laissés à TAssomption , d aller les visiter et d'obéir continuellement aux ordres qu'il leur don* nait au nom de sa majesté. Us répondirent , qu'ayant fait la paix et juré de nouveau
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obéissance à sa majesté , ils étaient déterminés à maintenir leur promesse, ainsi qu'il le verrait. Tabere , pour que l'on crût davantage ce qu'il disait, demanda à partir avec le gouverneur, comme étant plus aguerri , taudis qu il était convenable que Guaçani restât pour garder le pays, et pour maintenir la concorde. Le gouverneur accepta cette proposition qu'il trouvait avantageuse , pensant que c'était une bonne garantie pour leur faire tenir leur promesse , et que le pays serait plus tranquille et plus en sûreté si Tabere venait avec lui. Il en fut donc trcscontent, et consentit à ce qu'il vint. Il lui fit des présents plus riches qu'à tout autre chef des bords du fleuve ; car il était certain qu'en satisfaisant cet homme, tout le pays resterait en paix , et personne n'oserait se soulever tant il inspirait de crainte. Il recommanda vivement les chrétiens à Guacani : celui-ci promit de le satisfaire* Le gouverneur resta quatre jours dans cet endroit. Pendant
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té temps-là il traitait avec eux , cherchant à leur plaire , et leur donnait des présents qu'il avait apportés, ce qui les satisfaisait beaucoup*
Le facteur Pedro Dorantes , en se rendant à ce port avait perdu son cheval : il dit au gouverneur qu'il n'était pas disposé à Taccom^ pagner sans monture j qu'en conséquence il voulait retourner à l'Assomption^ et qu'il laissait en son lieu et place son fils Pedro Dorantes. Le gouverneur et le contador qui Faccompa'^ gnaît recurent Pëdrô dans icette qualité , et l'admirent au grade de facteur, pour qu'il fut de la conquête à la place de son père.
Tabere partit en compagnie du gouver^-
neur avec trois cândts montés par trente na^
turels ) ses parents et ses serviteurs ; et l'on
mit à la voile du port de Guacani, on re^
monta le Rio^^araguay , et le vendredi ^ 24
du mois de septembre , on arriva à un port
nommé Jpaneme y où Al var ordonna de jetei*
l'ancre pour traiter avec les naturels du pays
qui sont sujets de sa majesté; car on lui avait 6. 17
^t? 358 COMMEIITAIRSS
appris qu'il y avait chez ^ux iiq Indien delà nar tion de3 Quaranis q\iî avfiitét(^ lopgtQOip^ prî^ 9onqier .cbe« les Payaguap* €et homme connaissait la langue, \^ pays ^t. la situation des villages decf^^derqi^s, Jegpuxdrneiir Yovlaît l'emmener avec? lui ppur pervir 4'wierprete chez l$s Pay^guiis , qui avaient tu^ Jumi 4e
Ayol«9 et d'iiutr^s «brétifinsr Son inUintion
était d'obtenir d'eux p«r la doucwfw Tpr et r«rg«5iit qu'ils lui i^yiâ^ enlevés*
Aussitôt qu'on tvait. atteint le port, le» niU^urels étaient arrivés Avea heausoup de bonne volonté, et chargés d'une gninde quantité de vivres. Le gony^^rnfmir. If ur ftt bon accueil; il ordonna ^ payer tout cie qu'ils avaient apporté » puis il fit de nombreux pré^ sents aux chefs ; et , s'étant concerté avee eux, il leur communiqua le désir qu'il avait d'emmener ripdÂen qui 4vait été pi^isonnien {ches les Payagiias, afin qu'il servit d'interprète auprès de ces derniers » paur faire k paix ay^ çux, et conduira l'armée où étaient
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leurs villages. Les naturels envoyèrent aussitôt dans certains établissements de Tinté* rieur pour chercher cet homme.