CHAPITRE LVIII
Le goaTemeiiT tient conteil arec les oiBcien ; il 1«or fait part
de ce qvâ te ptMait
Le gouverneur fit aussitôt réunir les officiers et les prêtres , et leur ayant communiqué les renseignements sur les Xarayes et sur les Guaranis, qui sont près des frontières de ces derniers , il fut arrêté que , pour plus de sûreté , deux Espagnols et deux Indiens Guaranis iraient avec des naturels pour parler aux
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Xarayes et examiaer leur pays et leurs villages. Ils devaient prendre auprès d'eux des informations sur les peuplades de l'intérieur du pays , sur la route qui conduit de chez les Xarayes chez ces indigènes, et tâcher de parler aux Guaranis , puisque par eux on pourrait, avec certitude , apprendre la vérité. Le même jour, deux Espagnols, nommés Hector d'Acuila et Antonio Correa, interprètes des (■uaranis , partirent avec dix Indiens Sacocis etdeux Guaranis. Le gouverneur leurordonna de dire au chef des Xarayes qu'il les envoyait pour lui parler de sa part et pour contracter amitié, qu'il le priait de venir le voir, parce qu'il désirait s'entretenir avec lui. Les Espa.gnols eurent ordre de prendre des renseignements sur les villages , la nature du pays de l'intérieur , et le chemin qui cotiduisait chez ce chef, afin de pouvoir s'y rendre. Cftbeça de Vaca leur remit de nombreux présents et un bonnet écarlate pour le chef des Xarayes, et autant pour celui des Guaranis,
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il qui ils devaieût tenir les mêmes discourir qu'au premier.
Le letidemâin , le capital ue Gonzalode Metiijloce , étant arrivé au port avec sa troupe et las oavires, raconta ce qui suit : La veille de la Toussaint, pendant qu^il naviguait près des rivages habités par les Guaxarapos, après qu'il eut parlé à ces gens qui s'étaient présentés en amis , disant qu'ils en avaient agi de même avec les navires qui avaient passé auparavant, le vent devint contraire, et les Espagnols, que montaient les brigantinSf descendirent à terre. Au moment où l'on doublait un circuit que décrit le fleuve , et qu'il était possible de faire usage d:es voiles à bord des cinq bâtiments qui mai^chaient en avant, un brjgantin,commandépar Augustin deCampos, resta en arrière et tout l'équipage s'occupa à haler le navire. Les Guaxarapos, voyant que tous les gens qui le montaient étaient à terre , les assaillirent, tuèrent cinq chrétiens, et Juan de Bolanos se noya en se réfugiant à un na-
3a8 COMMENTAIftES DB CABIÇA . DE YAGA.
vire Les nôtres avançaient sans défiance, r^ardaient les Indiens comme des amis , et se fiaient à eux. Si les autres ne s'étaient pas réfugiés dans nos brigantins , tous auraient été tués, puisqu'ils étaient sans arme. La mort de ces chrétiens fit un grand tort à notre réputation ; car les Guaxarapos se rendaient dans leurs canots chez les Indiens du port des Rois , leurs alliés , pour traiter avec eux. Ils leur racontèrent comment ils avaient massacré des chrétiens , que nous manquions de courage, que nos crânes étaient mous, qu'ils devaient tâcher de nous tuer , qu'en cela ils les aideraient. Depuis lors , les Indiens dn port des Rois commencèrent a nourrir de mauvaises intentions et à se soulever.